samedi 2 novembre 2013

LinkedIn: exploitez les changements de poste pour dynamiser votre réseau

Il semble que l'on puisse tout "socialiser." Ce n'est qu'une question de temps pour que les usages se développent. 

GreenSI ne parle bien sûr pas du programme de campagne de la majorité présidentielle, mais bien du fait que tous les objets et évènements du web peuvent être un prétexte pour "liker", échanger et se connecter. Avec comme résultat de créer ou renforcer du lien social au sein d'un groupe d'utilisateur.

Comment se faire une place dans la "jungle sociale"?


Cette conviction est déjà partagée par de multiples startups
se lançant sur les traces de Facebook, mais qui se concentrent sur un seul type "d'objet" ou "d'évènement" à partager et essayer de se faire une place dans la jungle des réseaux sociaux.


Dans les plus connus, Pinterest pour partager des photos (déjà 20 millions de membres), Foursquare (33 millions) pour partager son passage par un lieu ("check-in"), ou les moins connus comme 43Things pour partager ses objectifs et les progrès accomplis ou anobii pour partager ses livres et ses lectures.
Chacune s'appuyant sur la précédente pour faire croire a son succès: Instagram voulant être le Facebook de la photo, finalement rachetée par Facebook, et Magisto, un des plus récent acteur, voulant être l'instagram de la vidéo.

Et ça marche! Du moins dans les valorisations en bourse et le nombre d'utilisateurs, mais toutes n'ont pas encore trouvé un modèle économique rentable, et beaucoup disparaîtront avant. Mais ne nous laissons pas aveugler non plus par les "success story", car comme dans le show-business, on entend parler que des réseaux qui montent et réussissent, c'est à dire certainement moins d'un pour cent. Pour s'en convaincre, vous pouvez consulter la liste des plus de 150 réseaux sociaux "connus" donc référencés sur Wikipedia.

S'emparer d'un objet ou d'un évènement et d'essayer de créer du lien social autour est donc une approche qui marche.

LinkedIn socialise les changements de postes

En mettant en place une règle de surveillance du réseau social LinkedIn, j'ai réalisé que cette tendance pouvait aussi s'appliquer à l’intérieur d'un réseau pour le redynamiser. Et dans le cas de LinkedIn, en l’occurrence, une socialisation des changements de poste.

En effet, au fur et à mesure des mises à jour par les internautes de leur évolution de carrière, LinkedIn est capable de vous dire qui a changé de poste récemment dans votre entourage.

Je me souviens de mon premier patron et mentor, quand je suis passé par le conseil, qui découpait consciencieusement les carnets de nominations des journaux économiques. Puis, une fois par semaine, il prenait sa plume et son papier à fort grammage, pour féliciter les dirigeants qu'il connaissait personnellement ou dans le réseau des anciens de sa formation.

Dans le conseil, c'était une source importante de nouvelles affaires. Car qui dit nouveau job, dit incertitude et consultation assez large sur les quelques idées qui marqueront les futures actions de ce dirigeant.

Ce n'est donc pas un nouvel usage. Mais LinkedIn le fait à l'échelle de ses 250 millions de membres dans le Monde, qui ne sont bien sûr pas tous dirigeants.

Aujourd'hui le carnet d'adresses mondial, c'est LinkedIn ou son équivalent Viadeo plus présent sur certains pays ou certaines fonctions.

Avec un outil comme IFTTT, qui "automatise le web" selon sa formule, on peut simplement programmer des alertes pour être prévenu par email en cas de changement de poste d'une de nos relations dans LinkedIn (ou par SMS, ou republier l'information dans un autre réseau).
NB: si vous utilisez IFTTT et que vous voulez récupérer cette règle, cliquez sur l'image de la règle pour la récupérer.


Par expérience, la qualité des données dans LinkedIn est déjà très bonne, car elle est vérifiée par chaque membre et par ses pairs qui peuvent l'enrichir en validant ses compétences, le recommandant ou signaler des erreurs et du spam (chiffres LinkedIn).

Celle des changements de poste s'améliore, avec le développement des usages des salariés qui pensent à mettre à jour leur fiche dès qu'ils arrivent dans une nouvelle société ou a un nouveau poste. A tel point, qu'en interne de grandes entreprises, GreenSI ne serait pas surpris de constater que l’information dans LinkedIn y est plus fiable que celle qui figure dans les dossiers RH. Et qu'elle est mise à jour plus rapidement par les salariés.
IFTTT se base donc sur les notifications de LinkedIn pour signaler un changement de poste.



Après avoir cliqué sur l'email indiquant un changement de poste, on se retrouve sur la page proposée par LinkedIn, des évènements de changements de poste. On peut simplement féliciter y la personne, ou y laisser un commentaire, voire y retrouver des connaissances pas encore dans notre réseau, mais qui félicitent la personne que l'on connait.

C'est là que la magie du social s'opère avec sa part de sérendipité, car le hasard fait souvent bien les choses.



GreenSI a donc été très surpris de constater que depuis quelque temps les échanges y sont nombreux. Et c'est une très bonne nouvelle pour LinkedIn car cela donne une raison de revenir plus souvent sur ce réseau.

Comme quoi, à l'intérieur d'un réseau social, la socialisation d'un évènement particulier peut renforcer le réseau et pour certains générer du business, comme pour mon premier patron, le stylo Mont Blanc en moins.

Et à la DSI?

Je profite de ce billet pour relancer une idée déjà discutée avec plusieurs d'entre vous. Si on peut socialiser n'importe quel évènement sur internet, pourquoi ne pas socialiser des événements dans l'entreprise, et plus particulièrement dans le SI: les messages d'erreurs? 

Donc faire que sur l'écran du message d'erreur, l'utilisateur qui tombe dessus puisse y laisser un commentaire (avec son nom et sa photo). Le second qui a le problème va donc voir ce commentaire et pourra bénéficier de l'expérience du précédent. Et ainsi de suite. Cela suppose bien sûr que l'on a déjà un réseau social en place et que son usage est assimilé.

C'est une idée qui peut paraître étrange de premier abord, mais quand on y réfléchit à deux fois :
  • la page d'erreur sera plus sympathique qu'actuellement, à l'image de ce que font déjà les géants du web.
  • les codes erreurs sont souvent génériques et abscons et peuvent être précisés par les utilisateurs. Surtout quand le même code est utilisé par beaucoup d'erreurs
  • une erreur est l'occasion d’accéder à une documentation pour que l'utilisateur comprenne pourquoi il ne peut pas faire cela et comment il faudrait faire
  • cette page erreur est peut-être... une erreur. Les règles métier évoluent aussi et ce qui n'était pas possible hier l'est peut-être aujourd'hui.
  • le développeur pourra revenir vers ces utilisateurs pour partager leur expérience et améliorer l'expérience utilisateur future
Le principal intérêt étant au-delà. Car ces échanges vont créer du lien entre l'utilisateur et l'application. En donnant son avis et partageant de l'information, vont indiquer vouloir contribuer à l'évolution de l'application ou à l'amélioration de son utilisation. Certainement car elle est importante pour leur métier ou qu'ils ont un niveau d'expertise qu'ils veulent faire connaître et partager.

Le code erreur ne serait que l’amorçage d'une dynamique "sociale" d'appropriation des applications par les utilisateurs, avec à la clef une meilleure satisfaction. En effet, de nombreuses études dans plusieurs domaines montrent que la satisfaction augmente avec une participation plus active.

Après tout le BYOD montre aussi que les utilisateurs ont la maturité de vouloir prendre leur outils informatique en main (sans jeu de mot!) alors pourquoi ne pas les associer plus et les faire rentrer dans l'équipe de maintenance applicative?
Peut-etre une piste pour rompre avec la routine et revisiter nos façons de fonctionner et pourquoi pas d'en réduire les coûts de fonctionnement.

dimanche 3 juillet 2011

Cloud + Mobilité + Social: Les questions nouvelles qui se posent à la DSI

Cloud + Mobilité + Social: Les questions nouvelles qui se posent à la DSI

L'évolution des SI: Cloud + Mobile + Social
La stratégie mobile ne peut plus être pensée seule. Elle est totalement liée à l'évolution du Cloud et du Social computing. Ce sont les trois éléments fondamentaux de l'ADN de nos futurs SI. Ils sont chacun individuellement des éléments de rupture et de transformation majeure de nos entreprises et de leur mode d'organisation.
Ce fut l'objet de ce post publié sur GreenSI (voir: Article) et sur ZDNet.

Cette présentation est de même inspiration. Elle est extraite d'une conférence sur l'impact des téléphones, tablettes et Apps dans l'entreprise. Elle rentre un peu plus dans le détail des questions nouvelles qui attendent l'entreprise numérique 
dans ce monde ouvert qui remet l'humain ("augmenté") au centre de son organisation et de ses métiers. 
Tout dabord une révolution majeure est celle de la donnée et de son repositionnement. Le coût de transfert de la donnée a dépassé son coût de stockage, alors stockons et reconstruisons le SI là où elles sont:
  • La donnée s'enrichie (rich data) avec l'arrivée massive des données anciennement dites "non structurées" et données multimédia. Le SI construit sur un modèle de base relationnel avec un compagnon décisionnel qui est certainement en train de vieillir. Le développement du "in memory" avec QlickView en innovateur et challenger se répand et casse des codes bien établis.
  • La donnée explose ("big data") et selon les calculs d'IDC, son volume est doublé mondialement tous les deux ans. En 2011 avec 1800 milliards de Go, on a donc atteint le Zétaoctet
  • La donnée s'ouvre, la tendance de l'"open data" dépassera largement les collectivités locales et repose les fondamentaux de l'architecture du SI en matière d'échanges et de communication, où justement l'entreprise a une certaine avance (SOA, web services, urbanisation...) remettant au premier plan le rôle des architectes.
  • La donnée se "met en scène" avec le développement du datavisualization, car masse de données doit rimer avec plus d'intelligence et d'appropriation par tous
Au niveau du développement du Cloud se posent clairement les questions de la sécurité et de l'interopérabilité où, ne soyons pas naïfs, les acteurs actuels se cherchent et déploient des stratégies "prédactrices" pour gagner un avantage de premier entrant et de masse critique le plus rapidement possible. Ensuite ce sera la guerre des brevets. L'entreprise et la collectivité peuvent y laisser des plumes.
Un garant de cette maîtrise du Cloud et de la défense des intérêts des utilisateurs doit donc émerger. Les DSI sont quand même bien placées pour cela, mais si elles ne se bougent pas les métiers s'organiseront eux mêmes pour protéger leurs investissements. L'illusion de la simplicité de l'outsourcing aidant.

Une fois sécurisé, le Cloud sera une plateforme de stockage de données intéressante pour la suite de l'histoire: l'accès aux données en mobilité. En effet, le lien clef entre le Cloud et la Mobilité sera l'accès au Cloud directement depuis n'importe quel terminal. C'est clairement la stratégie iCloud d'Apple mais qui n'a pas attendue Apple pour être engagée par les entreprises. La nouveauté va être la continuité de l'information entre les différentes situations et les différents terminaux. Par exemple commencer une activité de saisie sur un smartphone, y retrouver le contexte de saisie (historique,...), quand un autre agent peut y accéder via une tablette pour avoir une vision plus globale temps réel depuis le terrain, et enfin un troisième produire des activités de type back-office avec ces données depuis son terminal fixe du siège.

Le terminal lui, bardé de capteurs et en lien avec les capteurs d'autres chaînes numériques, permet d'exploiter le "contexte ambiant" de données pour améliorer les usages opérationnels. Ainsi un agent en déplacement est géolocalisé et retrouve l'information des équipements autour de lui au fur et à mesure de son déplacement. Il est aidé dans ses déplacements. L'enrichissement de certaines données comme la détection de la présence d'un équipement de sécurité (extincteur) peut même se mettre à jour automatique avec une technologie RFID.

Le terminal est donc intimement lié à l'agent lui même en relation avec son "réseau social" que ce soit celui de l'entreprise qui lui permettra d'obtenir de l'entraide dans ses missions ou son réseau personnel. Et d'ailleurs le terminal peut aussi être son terminal personnel ("BYOD" Bring Your Own Device) dans lequel l'entreprise aura installé un espace sécurisé pour y mettre ses services d'accès aux ressources de l'entreprise. C'est toute la question de la "consumerisation" de l'IT mais en allant plus loin, de la frontière toujours plus floue entre la vie (numérique) privée et de l'entreprise.

Enfin le Cloud c'est aussi la capacité pour l'entreprise de construire sa présence numérique sur Internet, que ce soit son site web qui évolue vers quelque chose de beaucoup plus dynamique, construit sur les bases de données partagées et reprenant les "extranets" d'échanges avec les clients et partenaires. Mais aussi tous les actifs numériques que la collectivité ou l'entreprise va construire dans les réseaux sociaux déjà en place ou via de nouvelles plateformes construites autour de nouvelles bases de données gigantesques et partagées. Ces données privées mise en relation avec des données publiques peuvent générer encore plus de valeur.

D'autre part cette présence numérique doit aussi pouvoir être exploitée par les salariés qui vont s'y "déplacer" via le système collaboratif interne qui s'est construit a coté des applications. C'est la fin de l'intranet et du mail comme seuls systèmes d'interactions. Le développement des réseaux sociaux d'entreprises et une gestion documentaire plus collaborative, deux moyens de partager au delà des frontières de l'entreprise et de faire vivre l'entreprise numérique en construction.

Toutes ces nouvelles questions apparaissent une par une et ont déjà été abordées sur GreenSI. On sent bien qu'il y a un lien entre elles et c'est ce modèle Cloud+Mobile+Social (encore brumeux, je l'accorde!) que propose GreenSI. Il évoluera certainement avec le temps et je compte sur vos commentaires!

Pour zoomer sur certains sujets déjà abordés par GreenSI:
- la fin de l'intranet et la collaboration 2.0
- la continuité des données
- la consumerisation de l'IT
- le cloud et la dissolution des applications
- la présence numérique et la fin du web et le retour des grands magasins
- l'évolution du poste de travail

L'humour de ceux qui aiment le numérique