lundi 31 décembre 2012

Newsweek #LastPrintIssue? ou plutôt Welcome #NewDigitalLife!

Newsweek #LastPrintIssue? ou plutôt Welcome #NewDigitalLife!

GreenSI ne pouvait pas terminer l'année sans partager avec vous la couverture du dernier Newsweek que vous trouverez en kiosque (si vous vous dépêchez!) : #LastPrintIssue.

Le dernier numéro imprimé du magazine Newsweek dont l'audience et les finances sont en chute libre depuis quelques années. Une fin de publication annoncée en octobre dernier et qui finalement bien été mise en œuvre aujourd'hui. Une couverture qui fait un clin d’œil à l'ancien immeuble de Newsweek à New York et montre du doigt une des composantes de la presse de demain : Twitter (#)

Plutôt qu'un dernier numéro, GreenSI préfère y voir l'annonce du prochain numéro totalement numérique qui sera lisible sur tablettes et sur internet. 

Le pari est risqué et TheDaily lancé début 20111, le premier journal sur iPad et GalaxyTab, en a fait les frais en mettant la clef sous la porte le 15 décembre dernier. 

Le business modèle de Newsweek Global (le prochain nom) ne sera donc pas simple à trouver. Mais quand on abandonne un monde qui va mal, on trouve plus facilement le chemin de la réussite que quand on est dans le confort. Car contrairement à TheDaily lançé en grande pompe pour être le premier du genre et réinvestir les revenus générés par un grand groupe de presse NewsCorp, Newsweek n'a rien a perdre et ne risque pas de cannibaliser les ventes d'autres quotidiens.

Alors suivons la nouvelle aventure de Newsweek Global et souhaitons leur bonne chance pour défricher le nouveau monde numérique de la Presse.

dimanche 30 décembre 2012

Quand le numérique descend en ville

Quand le numérique descend en ville



Le numérique est en marche du côté des entreprises. Et comme le résume Guy Mamou-Mani président du Syntec numérique, le porte-parole et acteur majeur de l’industrie des Logiciels et Services : le numérique c'est le futur de l'industrie et l'industrie du futur.

Le futur de l'industrie, car peu d’industries imaginent un futur où le numérique n'y joue aucun rôle. L'industrie du futur car le numérique est un nouvel espace créateur de valeur, et on l'espère, d'une industrie facteur de compétitivité de la France.

Mais les collectivités locales ne sont pas en reste dans cette transformation de l'économie et de la société, et elles ont dans les mains la responsabilité de la ville numérique.

Déjà de multiples initiatives numériques ont été lancées ces dernières années. Le maitre mot est souvent "la dématérialisation" une première étape essentielle de la transformation numérique. Et avec des budgets 2013 plus serrés, il y a fort à parier que cette dématérialisation se poursuive sous l'angle des économies. Mais ce n'est qu'une étape et désolé pour celles qui seraient déjà essoufflées.
L'enjeu pour la collectivité n'est pas d'en rester au numérique pour l'amélioration de son fonctionnement interne, mais d'engager deux autres étapes essentielles que sont :
  • la dématérialisation de ses relations, notamment avec les citoyens;
  • le développement de nouveaux services numériques pour bien vivre la ville,
Dématérialisation des relations, car aujourd'hui, collectivité numérique rime avec citoyen 2.0. Et l'extension des horaires des guichets de la Mairie ne suffira pas pour garder le contact 24h / 24h avec ces nouveaux citoyens.
 
Des citoyens qui ont accès à internet, qui aujourd'hui tirent l'innovation numérique depuis qu'ils sont la cible des Google, Facebook et autres Youtube, et qui veulent entretenir une relation avec la ville quand ils le veulent. C'est ainsi qu'une ville comme Limours en Essonne (moins de 10.000h) va au-delà de la simple information de ses habitants via son site web, et gère leur demandes et leur compte citoyen qui leur permet d'en suivre l'avancement. Et comme ces  citoyens sont de plus en plus mobiles, ils peuvent aussi signaler un problème dans la ville et envoyer une photo depuis leur smartphone. Autant d'informations riches pour les services traitants dans leurs interventions.
 

La relation de la collectivité avec les citoyens sur les réseaux sociaux, va dans le même sens en amenant ce dialogue sur les outils choisis par le citoyen (et non le site de la Mairie) et y engager la relation, voire de les mobiliser pour les associer au fonctionnement de la ville.

Mais l'enjeu le plus important qui attend la collectivité c'est comment optimiser le fonctionnement de la ville, en tant que système, et délivrer une meilleure expérience de vie aux citoyens à l'aide du numérique.

Cet enjeu passe par le développement de nouvelles infrastructures pour rendre partout possible le numérique, par des applications pour de nouveaux services et par un fonctionnement de la ville plus "intelligent". Et cela commence par la collecte de données sur le fonctionnement de la ville, de ses flux, de son fonctionnement et leur analyse pour une utilisation optimisée de ses ressources.

Le champ des applications qui se développent actuellement est très vaste. Et il ne représente certainement qu'une petite partie de ce que sera une ville numérique dans 5-10 ans :
  • comment mieux circuler et se garer? Avec une application mobile indiquant les places de parking disponibles aux alentours
  • comment simplifier les paiements? Avec des cartes de services, maintenant couplées au NFC dans les villes pilotes, pour régler ces services, du parking, au titre de transport en passant par l'accès à la piscine
  • comment privilégier l'achat local? Avec des cartes de fidélisation pour les achats dans les commerces de proximité,
  • comment réduire l'empreinte environnementale de la ville? Avec une meilleure information des habitants, des conséquences de leurs choix, et des conseils pour contribuer à un objectif collectif. Avec des immeubles plus intelligents dans la gestion de l'énergie.
  • comment rendre visibles les services? Car le numérique est "un monde parallèle" qui demande des passerelles permanentes avec le monde réel. Et surtout pour les services dans les loisirs, un domaine qui évolue avec des congés plus courts, plus nombreux, réservés moins longtemps à l'avance. Une présence numérique qui est donc indispensable pour attirer les "touristes numériques", le smartphone à la main, leur enrichir la réalité avec des données et des guides interactifs avant qu'ils ne passent leur chemin. Toute une signalisation de la ville numérique a inventer et qui a commencée avec des QRcodes qui fleurissent certaines villes,
  • comment gérer les crises? Avec une augmentation des phénomènes climatiques, voire de la délinquance, demandant une information de la population plus fréquente et sa participation pour remonter de l'information et aider les opérations de secours ou d'évacuations,
  • comment aborder des modèles de partage des ressources? Surtout quand elles sont individuelles ou peu utilisées dans l'année comme les voitures, les vélos, les déplacements et pourquoi pas les logements vacants.



Tous ces services sont en train d'évoluer avec le numérique, et avec eux se créé une nouvelle infrastructure numérique de la ville :
  • du réseau haut débit qui sera de plus en plus un critère de choix entre un logement et un autre, entre un village ou un autre,
  • l'accès mobile au réseau internet avec le développement des hotspots dans les lieux municipaux. Une tendance que l'on voit dans certains lieux publics est aussi l'accès à l'électricité, de préférence avec des panneaux solaires, car tous ces terminaux demandent à être rechargés.
  • le réseau d'information de la ville qui s'interconnecte et quitte les panneaux d'entrée de ville pour être accessible sur des bornes interactives tactiles, sur le web et bien sûr en mobilité.
  • du stockage de données en masse et des données temps réel, et parmi ces données de la vidéo des caméras de surveillance qui peuvent aussi être utilisées à d'autres fins que la sécurité,
  • des données géographiques et géolocalisées, voire en 3D pour les plus plus grandes villes déjà armées d'équipes SIG (Système d'Information Géographique),
Et bien sûr l'équipement des services municipaux pour suivre ces flux de données, de demandes, d'usages... intervenir et adapter ses services. Car la ville numérique "n'est pas un truc à côté" et on continue comme avant, mais bien une réelle transformation de la ville et de ses services. Bien sûr la collectivité n'est pas seule pour la construire. Elle peut s'appuyer sur un écosystème local qui a intérêt à la développer ou qui est incité à le faire.

Les citoyens sont un premier renfort comme on a pu le voir. Et c'est dans cet esprit que les initiatives autour de l'open data sont intéressantes, car elles montrent l'importance des données et du chemin qui passe par l'innovation pour développer des services aux citoyens qui les utilisent. Mais ces réalisations sont pour l'instant marginales en terme d'impact.




Pour passer à la vitesse supérieure, la collectivité va devoir stimuler ce développement d'infrastructures partagées et d'interopérabilité, et pour cela s'appuyer sur les entreprises, grandes ou petites. Et c'est là que vont peut-être se rejoindre les systèmes d'information des entreprises numériques avec ceux de la ville numérique. Surtout si la ville commence à regarder du côté de l'informatique en nuages... Ce n'est pas encore à son habitude, privilégiant des systèmes d'information hébergés en interne, mais c'est là que cela risque de se passer. Et elle pourra y amener son expérience de l'open source.

Alors l'open source dans le Cloud pour construire la ville numérique, vous y croyez ?

mercredi 26 décembre 2012

Des budgets d'investissements gelés en 2013? Une chance pour la DSI !

Des budgets d'investissements gelés en 2013? Une chance pour la DSI !

2013 s'annonce comme une année maigre pour les investissements informatiques.

En septembre l'étude Ipsos MediaCT 2012 prévoyait une stabilité, mais depuis la situation économique n'a certainement pas tiré ce scénario à la hausse. Pour le Syntec numérique (SSII, Editeurs), c'est la perspective d'une croissance zéro pour le secteur, après un second semestre de conjoncture qui a déjà impacté les budgets des DSI en gelant des projets.

Pour beaucoup d'industries, une croissance faible ou zéro est une bonne nouvelle depuis la crise, mais pour l'industrie informatique qui affiche fièrement 4,5 fois la croissance du PIB depuis 25 ans (chiffres Syntec Numérique), c'est presque un traumatisme !

 
 2013, s'annonce donc comme une année où la DSI ne va engager que ce qui est indispensable... ou déjà en cours! 

Mais finalement c'est peut-être une bonne nouvelle pour certaines DSI. Car investir à tout-va en année N c'est se créer une augmentation du budget récurrent en année N+1 (de l'ordre de 15% des investissements de l'année N). Et comme les nouveaux projets ne suppriment pas toujours des applications,  c'est une augmentation finale des coûts SI qui se profile à chaque fois. Une augmentation pas toujours assumée ensuite par les métiers...

2013 est donc finalement une opportunité pour démanteler des applications, et donc pour se préparer de la place pour les investissements et les futures applications 2014.
Car démanteler des applications est aussi important qu'en créer des nouvelles. Cela devrait se gérer comme un projet d'ailleurs et c'est rarement le cas. Il n'est pas facile de rencontrer un chef de projet fier d'avoir démantelé une dizaine d'applications, et par là, avoir rendu un grand service à son entreprise, sans toujours en recevoir une grande reconnaissance en échange.
Alors c'est sûr que les chefs de projets se battent plus pour développer la prochaine application à la mode que rationaliser le parc applicatif existant.
Et pourtant arrêter une application n'est pas si simple. Cela demande a minima de:
  • migrer les données vers une autre application, voire Excel quand le besoin est simpliste,
  • archiver les programmes et les données pour respecter les obligations légales (Loi de finances),
  • convaincre les derniers utilisateurs de passer à autre chose et notamment remplacer tous les dévoiements de l'application. Et c'est là que l'on découvre par exemple que l'ancienne application annuaire interne que l'on veut supprimer sert en fait de CRM a plusieurs services, et qu'elle stocke les emails des clients, car l'application de facturation ne sait pas les stocker...
    Le coût de conduite des changements d'un démantèlement peut être très important. Alors de là a penser qu'il vaut mieux ne rien toucher...
Pire, le chef de projet qui lance en grande pompe le nouveau projet "MegaFinances+" n'a pas prévu le démantèlement de son œuvre dans 7 à 10 ans. Et encore moins de provisionner son coût voire de le comptabiliser dans le ROI de la fiche projet avant de faire accepter l'investissement. La notion de "dette informatique" est loin d'être maîtrisée par nos Directions métiers et parfois occultée par la DSI elle même.

Or les raisons de démanteler des applications sont nombreuses. Cherchez par exemple les applications :
  • qui supportent un besoin temporaire... et sont toujours actives,
  • dont le coût par utilisateur a atteint des sommets par désaffection des utilisateurs et augmentation des coûts de maintien en conditions opérationnelles, y compris de migration de la plateforme technique,
  • qui ont un périmètre fonctionnel réduit et qui couteraient moins chers à rejoindre l'ERP ou être fusionnées dans une seule application. Car les coûts du support applicatifs sont malheureusement proportionnels au nombre d'applications,
  • qui ne sont tout simplement plus maîtrisées et que l'on ne sait pas faire retomber en marche en cas d'incident. Alors pourquoi ne pas réduire le risque en anticipant la coupure qui de toutes les façons arrivera,
  • ...
Depuis 2005, la loi impose aux détenteurs de matériels informatiques usagés de les éliminer en utilisant des services d'entreprises agréées. Mais rien d'équivalent n'existe pour les applications ;-)
La gestion du cycle de vie des applications est pourtant un concept connu, mais s'arrête bizarrement avant le démantèlement dans les documents trouvés sur internet.
La démarche que je préfère, car la plus simple, se résume en une seule matrice. De gauche à droite le besoin métier gagne en maturation et du haut vers le bas en valeur délivrée et en impact business :
  • Les nouveaux besoins sont expérimentés en bas à gauche dans l'application "StartUp" sans chercher à les intégrer à l'ensemble du SI,
  • Si ils s'avèrent pertinents et gagnent en valeur métier, ils sont industrialisés sur la plateforme applicative "Méga" et bénéficient d'une plus grande intégration au SI,
  • avec le temps, tout nouveau besoin devient une commodité, alors "Méga" se déplace vers la droite et on cherche son optimisation fonctionnelle,
  • puis sa valeur métier délivrée baisse (en valeur absolue ou en nombre d'utilisateurs) et une optimisation économique s'impose. Ces deux derniers stades d'évolution étant connus par les américains sous le nom de "sweathing the assets",

Et quand l'optimisation économique n'est plus possible, car les coûts remontent au delà de ce que l'entreprise est prête a dépenser pour ce service, il est temps de débrancher la perfusion... sans convoquer de comité d'éthique.

Avec moins d'investissements et de nouveaux projets en 2013, c'est une opportunité pour la DSI de faire le point sur son parc applicatif, d'estimer la dette informatique qu'il représente, et pourquoi pas de commencer a prendre les premières décisions de démantèlement et de fixer des objectifs de rationalisation. Bien sûr cette démarche se fait avec les métiers qui sont co-gestionnaires et donc aussi co-responsables de cette situation, même si certains ont parfois tendance à l'oublier.
Vous allez être surpris par le nombre d'applications, de flux de données, et de batchs que l'on trouve sur les serveurs par simple listing et qui ne servent plus à rien ou qui coûtent très cher, quand on creuse un peu...

vendredi 21 décembre 2012

Fin du Monde: Message aux survivants   =============> Open IT !

Fin du Monde: Message aux survivants =============> Open IT !

Dans les années 70s, l'informatique avait créé un calendrier sur 6 octets et 99 ans. Il eu un certain succès car il économisait la mémoire des ordinateurs de l'époque, mais il s'est vite transformé en cauchemar dans les années 1995-2000 quand il a fallu préparer le passage de l'an 2000. Car ce calendrier n'avait pas anticipé que les applications qui l'utilisait dureraient si longtemps...

Mais finalement après un effort important, l'informatique a survécu a ce bug de calendrier de l'an 2000.

Aujourd'hui si vous lisez ce billet c'est que vous avez survécu a la fin du monde de 2012. En revanche, cette fois-ci l'informatique n'aura pas résisté à la fin du calendrier Maya.
Entrainée certainement par l'arrêt de toutes nos centrales électriques, si essentielles au maintien de notre monde numérique. Un monde totalement virtuel qui était pourtant si présent et si essentiel à nos vies.

Par anticipation de cette fin annoncée, ce blog GreenSI a été imprimé sur papier et plastifié le 20 décembre 2012. Une sorte de sauvegarde pour survivre dans un monde temporairement sans électricité.


Si vous avez survécu a cette fin du monde et que vous lisez ces papiers plastifiés, j'espère qu'ils vous éclaireront sur les erreurs a ne pas refaire en utilisant les systèmes d'information pour développer une nouvelle ère.

Notre monde numérique a dépensé beaucoup d'énergie et de temps a se fabriquer des standards incompatibles pour protéger les intérêts d'un petit nombre de sociétés. Toute l'innovation développée en dehors de ces standards était ainsi régulièrement perdue, renforçant encore plus la position des standards dominants auxquels elle aurait fait de l'ombre.

Si a un stade de l'évolution de votre nouvelle ère vous décidez d’utiliser l'information pour vous développer, mettez toutes vos intelligences et vos moyens au service d'un seul dessein. 
Ne construisez qu'un seul système mondial mutualisé et ouvert à tous. Une seule base de données ouverte et collaborative. Et détruisez rapidement toutes les barrières qui vont chercher à le cloisonner, voire interdisez le dans votre constitution. 

Notre monde a eu quelques succès dans ce sens comme un réseau mondial au protocole ouvert appelé "Internet" et des services mutualisés comme une formidable encyclopédie du savoir mondial ou des logiciels open source et des initiatives open data.

Mais il a aussi connu beaucoup d’échecs ou de chemin tortueux que vous découvrirez sur ces papiers plastifiés. Alors découvrez-les et tentez de résister à leurs charmes, et ne pensez qu'à une seule chose : Open IT !



lundi 17 décembre 2012

Cachez-moi cette informatique que je ne saurais voir

Cachez-moi cette informatique que je ne saurais voir

La magie des réseaux sociaux c'est d'augmenter les chances de rencontrer les gens que l'on devait rencontrer parce qu'ils partagent les mêmes idées que vous.

C'est ce qui m'est arrivé cette semaine en voyant circuler dans un tweet une infographie de Thomas Chejfec sur le "shadow IT" et de le contacter via Twitter pour lui proposer d'écrire ensemble un article sur GreenSI. Et une semaine plus tard de le rencontrer "in real life" par hasard, a la cérémonie de remise du prix du DSI de l'année (01Business&Technologies). Car Thomas, DSI du groupe ALDES entre 2007 et 2012, a été DSI de l’année 2010 catégorie PME. Actuellement il suit un programme "executive" à temps partiel à HEC où il défriche dans le cadre de son mémoire le "Shadow IT: de la menace à l’opportunité”.

Son infographie présente le résultat d'une enquête qu'il a menée auprès de 129 "managers IT" sur le thème du "Shadow IT", ou l'informatique invisible, car conçue et utilisée sans autorisation de la Direction, et suivez mon regard, sans implication de la DSI. On parle bien sûr des applications sous Excel, des bases de données fantômes, d'ordinateurs ou de terminaux achetés dans le commerce et non déclarés à l'inventaire et même d'ERP... qui impacteraient le fonctionnement de l'entreprise s'ils venaient à disparaître.

"Shadow IT" est une terminologie apparue il y a 5 ans, mais qui révèle un phénomène bien plus ancien, peut être apparu avec les premiers ordinateurs individuels dans les entreprises, qui ont laissé une liberté infinie aux utilisateurs par rapport aux terminaux de sites centraux (mainframes). Surtout avec l'arrivée consécutive des logiciels bureautiques (Lotus 123, Wordperfect... puis Microsoft Office, sans oublier Access) directement dans les mains des utilisateurs. Cette "liberté" fut même le thème très porteur du marketing de Microsoft à l'époque et aussi d'un certain Apple qui fabriquait des Macintoshs...

Le schéma ci-après représente le pourcentage de fois où le terme est cité comme exemple de Shadow IT. En tête, les macros Excel mais aussi des phénomènes plus récents comme le BYOD - Bring Your Own Device - qui lui a été dopé par le développement des réseaux 3G et du Cloud.


Informatique fantôme, mais besoins réels

Au-delà des chiffres, ce qui intéresse GreenSI dans ce phénomène, c'est le côté révélateur à la fois du fossé qu'il peut y avoir entre une DSI et des besoins de l'entreprise... ou du moins de certains utilisateurs. Et donc l'effort de transformation a accomplir côté DSI mais aussi utilisateurs, pour le combler et profiter pleinement du potentiel des technologies informatiques. Car certes, les initiatives des utilisateurs au plus près des besoins peuvent être perçues comme de l'innovation et en sont certainement parfois, mais n'oublions pas qu'elles font aussi courir un risque à l'entreprise, par exemple en cas de départ des petits génies. C'est donc la charnière création-industrialisation qui doit fonctionner et pas uniquement création ou industrialisation.

Les chiffres de l'étude montrent cependant que le phénomène est plus développé dans les structures où le ratio "effectif DSI / effectif total" est le plus faible (pour 50% des sociétés avec du Shadow IT, ce ratio est inférieur a 2%). Ce qui tend a montrer que finalement c'est aussi un indicateur de dimensionnement de la DSI. Si la DSI n'existe plus, les utilisateurs vont la recréer!

Une évidence dans les petites PME où la DSI n'existe pas. Et j'ai même rencontré dans ma carrière une société où le Directeur Financier était le père du SI facturation et comptabilité et le mettait à jour le week-end. Remplacer son SI par un progiciel pouvait être perçu comme un acte d'infanticide, pas toujours simple à gérer... Pour une PME entre 50 et 100 personnes, le seuil de structuration de la DSI et de gouvernance du SI est atteint, et des décisions doivent être prises par la DG.

Le cas d'Excel est intéressant. Où est la limite entre un simple tableur financier et une application masquée de reporting des comptes aux marchés financiers?
Et pourtant si une erreur se glisse dans ce dernier, c'est le cours de l'action qui peut chuter... et les auditeurs financiers avec. Des auditeurs qui n'aiment d'ailleurs pas que des états sortent de tableurs qu'ils seraient censés auditer et certifier, comme ils le font avec les applications. Dans ma DSI ce sont même les demandes de changement et de mise en production des applications sensibles qui sont auditées. Sur Excel a part la date de création et la dernière date de modification du fichier on ne peut pas dire grand chose de plus. Et combien de CRM, de gestion de stocks voire de facturation sont sous Excel?
Certainement beaucoup, car la Finance avec les Services aux professionnels, sont les deux secteurs qui ressortent du sondage comme les plus friands en ShadowIT.


Mais ces tableurs, à l'apparence anodine, ne sont pas en dehors de la loi de la pesanteur informatique: la montée de version. Car même Excel change de version et la compatibilité ascendante n'est pas toujours assurée sur les macros. Et quand elle l'est, la bonne gouvernance voudrait qu'elle soit testée. Or c'est là que le bât blesse, car comment tester des milliers de tableurs sous Excel, non répertoriés et reposant sur des utilisateurs dont ce n'est pas toujours uniquement la seule activité. Les DSI encore sous XP/Office 2003 savent bien que le passage à 2007 et surtout à 2010 (et bientôt 2013), amène des changements importants pour les utilisateurs avec le risque de saturer leur helpdesk. Alors tant qu'Office 2003 marche... mais une vrai bombe a retardement dans certains cas.

Pour la Business Intelligence c'est un peu le même sujet, avec cette fois-ci la problématique d'être sûr que les données que l'on analyse et que l'on a prises dans les applications (sans demander) sont les bonnes et donc que les décisions que l'on prendra avec aussi. Car les applications sources évoluant, il n'est pas rare par exemple que l'on décide, de ne plus mettre les avoirs dans le fichier des factures, mais dans un fichier à part, et le décisionnel qui continue sans le savoir à lire un seul fichier devient faux.
Pour le Cloud c'est clairement la désintermédiation de la DSI qui est en jeu. Et là la DSI doit réagir en proposant de "légaliser" le système et en y amenant plus de sécurité, notamment sur les droits d'accès. Car des droits d'accès des applications contenant les données de l'entreprise, gérés par des fournisseurs, il n'y a pas besoin de lire des romans d'espionnage pour comprendre que c'est très risqué et sans trace d'audit.
Pour le BYOD, les utilisateurs veulent reprendre la main sur les outils de leur productivité et de leur collaboration. L’informatique personnelle que l’on achète en supermarché est souvent plus puissante que celle fournie par l’entreprise. La réponse de la DSI devrait être de proposer le BYOD, avec le contrat entre le SI et l'utilisateur qui va bien et de donner a chacun ses responsabilités. Une action vue par GreenSI comme un très bon moyen de gagner en image auprès des utilisateurs, qui en plus ne demandent qu'a payer leurs terminaux et à la DSI juste de les homologuer.


Vers une nouvelle répartition des tâches entre DSI et utilisateurs?

D'un autre côté la DSI est bien contente qu'on ne vienne pas la chercher pour gérer ces applications visiblement nombreuses et presque à traiter au cas par cas avec chaque utilisateur. Car c'est bien la limite d'un modèle DSI très centralisé.
 
Et si c’était le message porté par le développement du "shadow IS team", cet utilisateur qui assure le support informatique autour de lui avec pour seul bénéfice la reconnaissance de ses collègues.

Avec le développement des compétences informatiques chez les utilisateurs depuis les années 2000, pourquoi ne pas imaginer un support en réseau impliquant aussi les utilisateurs. Par exemple en utilisant un réseau social d'utilisateurs comme remontée d'information et chercher a stimuler l'entraide efficace entre utilisateurs, tout en restant vigilant pour faire intervenir le support au bon moment. Le modèle du centre d'appel centralisé a peut être vécu. Le support de Free avec des clients qui mettent eux même à jour les FAQ quand de nouveaux terminaux sortent, doit quand même faire réfléchir. Et pourquoi pas un bouton "Feedback" sur chacune de nos applications comme on le trouve sur les sites internet pour automatiser ce lien entre le moment où l'utilisateur à besoin de support (où à une idée) et cette communauté de support mêlant DSI et utilisateurs?

Autant d'idées qui montrent qu'il est peut-être urgent de repenser les responsabilités de la DSI, d'en partager clairement certaines avec les utilisateurs et d’entamer le dialogue avec les métiers, mais surtout avec chaque utilisateur. Le temps des utilisateurs illettrés numériques est peut être révolu et avec le lancement du "plan numérique pour l'école" par Vincent Peillon cette semaine, les nouvelles recrues le seront encore moins.

Alors prêt à partager des responsabilités avec les utilisateurs ?
En attendant, je vous laisse découvrir l'infographie et le blog de Thomas (en cliquant sur l'image) :

dimanche 9 décembre 2012

LeWeb 2012 sous l'oeil intéressé de la DSI

LeWeb 2012 sous l'oeil intéressé de la DSI

Il s'est tenu à Paris cette semaine le 9em opus de l'évènement "mondial" LeWeb 2012. Un rassemblement de start-ups, d'entrepreneurs, d'investisseurs, mais aussi de "m'a tu vus" et autres "j'y étais", content de pouvoir s'afficher dans un évènement au ticket d'entrée supérieur à 2000€ pour les entreprises. 

LeWeb, un monde pas toujours visible des DSI. Mais qui est pourtant en train de forger, au moins par ses idées, l'internet de demain et cette année l'internet des objets. Un internet qui sert aussi de plateforme à nos systèmes d'information et sera le terrain de conquête de l'entreprise numérique.

C'est un rassemblement de plus de 3000 personnes du monde entier qui viennent partager leurs idées et parfois leurs réussites. Et quand on s'appelle Tony Fadell, l'un des créateurs de l'iPod qui présente pour la première fois en France Nest son thermostat intelligent et qu'il est interviewé par Xavier Niel, VP d'Iliad directeur de la stratégie, forcément c'est unique. La rencontre de deux perturbateurs via la technologie de leurs marchés respectifs, la musique et le quadruple play, et c'est à Paris que ça se passe.

Car depuis cette année, LeWeb se tient aussi à Londres. Une ville qui après le départ de la flamme des JO, aimerait bien voler la vedette à Paris en matière de startups et postuler au titre de capitale européenne de l'innovation. Et qui aimerait bien rivaliser a terme avec la Silicon Valley depuis "Tech City of London" où Google vient d'y ouvrir un "campus", traduisez un espace pour incuber des startups. Chez nous on a le "camping ou la cantine. Il n'y a pas à dire, les Américains voient les choses en grand dès le début...

Mais de belles startups espagnoles étaient aussi présentes (Green momit,...), et Paris n'a pas à craindre que le nord de l'Europe, surtout la semaine ou HEC perd sa première place de meilleur école de commerce européenne et la cède à l'IE Business School (Madrilène Instituto de Empresa).


Des startups qui sont maintenant la cible de toutes les attentions, au point de déplacer Fleur Pellerin, notre ministre déléguée aux PME, à l'innovation et à l’Économie numérique, venue remettre en personne les prix du concours de startup organisé pendant LeWeb.

La gagnante: Qunb, une start-up française qui propose une plateforme de visualisation de données, un catalogue de données gratuites ou payantes, mais vérifiées, et surtout une modélisation sémantique de ces données et de leurs relations.
Une société déjà présente à la Cité de la Réussite à la Sorbonne, où la SNCF y avait présenté sa démarche opendata (voir Open SNCF) et sa plateforme finalement assez simple par rapport aux systèmes décisionnels de nos SI, mais non moins intéressante pour nos métiers. Mieux elle préfigure peut être les services décisionnels "tout-en-un", incluant la mise à disposition de base de données externes, internes, payantes, en opendata... le tout modélisées et croisées indépendamment de leur origine, avec un navigateur, requêteur en ligne et de la visualisation de données dynamique.

Et là GreenSI se dit que finalement cette sélection de statups n'est peut-être pas si éloignée des systèmes d'information de nos entreprises, et des évolutions qui les attendent. Quand on y regarde a deux fois et que l'on écarte les paillettes faites pour attirer les investisseurs, on y retrouve :
  • Qunb : la donnée devient essentielle et prépare la collaboration multi-acteurs autour des données ouvertes,
  • Wiman, se propose de déployer du Wifi dans les lieux publics qui in fine va booster la demande pour les applications mobiles pour les clients,
  • Snapeous, veut reconnecter à internet tous les objets qui nous entourent. C'est le paradigme de l'internet des objets qui va avoir le même impact que le web 2.0 il y a quelques années quand les internautes ont commencé à produire du contenu. Sauf que là c'est les objets qui vont devenir plus intelligents et qui vont interagir avec nous de façon plus naturelle (voir IoT va transformer nos IHM). Nous permettant d'imaginer de nouvelles interfaces pour optimiser ou développer de nouveaux usages ou applications.
  • Biletu qui propose un moyen simple d'organiser et de payer des évènements avec des copains. J'organise le restau et fini le dilemme de qui paye quoi à la fin. Une application qui préfigure l'intégration du paiement dans l'expérience utilisateur, une des forces de Ebay-Paypal et qui pourrait inspirer nos propres sites de e-commerce ou de service client. Comment rendre ludique de payer, voir que nos clients nous disent merci d'avoir payé, parce qu'on leur a amené une autre expérience et un nouveau service grâce au numérique. Si vous trouvez la solution, votre service marketing va vous sauter au coup.
  • Et encore de nombreuses autres startups dans les allées du salon et parmi les visiteurs.
Toutes ont une approche mobile, reliée à Internet, des plateformes mondiales dans le Cloud, des interfaces à couper le souffle, une approche sociale. Et solidement installée sur cette plateforme Mobile + Cloud + Social chère à GreenSI, et du haut de leurs quelques mois ou années d'existence, elles lorgnent sur la faille de votre marché qu'elles sauront transformer en niche, et qui deviendra peut être un jour le marché tout entier.

Et pour seules armes, un nouveau business modèle, mais aussi un système d'information au coeur de leur avantage concurrentiel et de leur vitesse de déploiement. Est-ce que la DSI a des choses à apprendre de ces startups, de leur façon de construire leur services numériques? GreenSI pense que oui, au moins pour se convaincre qu'il y a plusieurs façons de faire les choses et que les plus anciennes ne sont plus toujours les meilleures.

Et si vous en doutez encore, l'évènement est toujours disponible en replay sur sa chaîne sur YouTube : http://www.youtube.com/leweb

samedi 8 décembre 2012

Google+ ça décolle et les communautés s'installent

Google+ ça décolle et les communautés s'installent

Le VP de Google+ (profil) a revendiqué sur son blog 135 millions d'utilisateurs actifs. Pas mal quand même pour une plateforme ouverte il y a 1 an et demi.

Par exemple par rapport à LinkedIn qui a annoncé avoir dépassé ce nombre en 2012 (143 millions) mais qui a été créé en 2003 !
Bien sûr c'est peu devant le milliard d'utilisateurs enregistrés sur Facebook annoncé en octobre, mais Google+ ce n'est pas Facebook.

Google+ n'est pas Facebook parce que Google+ gère mieux la diffusion de l'information et les droits d'accès grâce aux cercles (voir Vivement que les cercles rentrent dans l'entreprise).

Google+ n'est pas Facebook parce qu'il a le potentiel d'intégration avec une application email leader (Gmail), d'applications bureautiques (Google Docs) et de stockage en ligne (Google Drive), de "hangouts" des visioconférences et donc une sorte de poste de travail collaboratif en ligne. De son coté Facebook gère mal les documents mise à part les photos qui restent son centre d'intérêt confirmé avec le rachat d'Instagram et la guerre qu'il déclenche en coupant le lien de ce dernier vers Twitter.

Et avec l'ajout cette semaine de la fonctionnalité Communautés, un nouveau système de partage apparait. Il ne permet pour l'instant que de classer les contributions dans des dossiers personnalisés, de partager des évènements et de les rechercher, mais c'est déjà un pas vers un fonctionnement qui rappelle les réseaux sociaux d'entreprise comme BlueKiwi par exemple.

Et comme Google+ est aussi disponible sur la plateforme Google Entreprises sur abonnement, gérée directement par les DSI des entreprises, il n'y a pas loin à penser que la cible court terme de Google+ ce sont les professionnels. En interne sur Google entreprises (même stratégie que Salesforce Chatter) ou en externe quand ils utilisent Google+ comme moyen de rester en contact avec leurs réseaux.

Et là LinkedIn doit commencer a préparer son plan B car c'est exactement le positionnement de ce réseau, avec ses groupes et la publication des news. Coté contenu, le bouton +1 donne un nouvel avantage de 100 millions d'utilisateurs actifs à Google+. Et coté vidéo rappelons que YouTube est une marque de Google. La force de ce bouton va augmenter avec le nombre de services Google connectés (une nouvelle loi de Metcalfe ?).

Comme pour le bouton LinkedIn, on peut avec +1 publier directement dans une communauté et pas uniquement sur son profil. Donc alimenter son réseau avec des news ciblés sur l’intérêt choisi pour la communauté.


La différence actuelle que je vois en LinkedIn et les Communautés de Google+, concerne la population de ces réseaux. Les plus à l'aise avec le social sur internet sont très actifs sur Google+ et les moins à l'aise avec les réseaux ne fréquentent que LinkedIn (hypothèse). LinkedIn c'est un peu la classe de neige de la prise en main, c'est du moins ce que je constate dans mon entreprise. On s'attaque à LinkedIn quand on commence a se dire que l'on rate quelque chose avec les réseaux sociaux, et ce, bien avant d'aller sur Twitter ou sur Facebook dont la maîtrise du partage fait encore peur aux professionnels. Mais avec le temps cette différence va s'estomper et les utilisateurs de LinkedIn pourraient avoir envie d'aller ailleurs sur les pistes bleues et noires du Social, et de ne laisser au "chalet LinkedIn" que leur CV.

Même analyse avec Viadeo pour les pays ou Google+ est très présent, car une caractéristique de Viadeo c'est son implantation forte en Chine.
 
Le seul point délicat pour Google dans ce scénario c'est que son business modèle dépend actuellement plus des revenus de la publicité que des abonnements Google Entreprises, et a terme des abonnements à ses outils des particuliers si ils veulent enlever la publicité. Et cette semaine Google a annoncé la fin de la gratuité des Google Apps pour les entreprises de moins de 20 salariés... ce qu'il avait juré ne jamais faire il y a 5 ans (article ZDnet)


Mais cette croissance des abonnements ne va pas à court terme compenser les milliards de la publicité. GreenSI voit donc mal comment Google peut abandonner la publicité ciblant Mme Michu Sociale a Facebook, même si il la contourne bien avec sa recherche multi-écrans (PC, tablette, smartphone, TV).
Et pour l'instant ce n'est pas encore avec sa nouvelle cartouche Google+ Communities qu'il va pouvoir tendre une embuscade au leader mondial et incontesté du réseau social

Alors Facebook pour Mme Michu Sociale et Google+ pour les pros?
Vous y croyez? L'avenir nous dira si c'est dans ce sens que se spécialiseront ces réseaux.

En attendant, l'eldorado des communautés est ouvert et les plus actifs hier et ce matin sont en train d'essayer de créer les premières communautés sur les sujets où ils sont influents. J'ai déjà été invité à Entreprise 2.0, Internet des objets, Community Manager... ;-)
Très intéressant d'ailleurs car les 135 millions de Googlers+ sont en train de révéler leurs centres d'intérêts. Pour l'instant je trouve que le social et l'internet dominent, mais c'est certainement juste les plus rapides a intégrer la nouvelle fonctionnalité.


Si vous etes sur Google+ testez les communautés en rejoignant celle de GreenSI+ et poursuivons nos discussions entre deux billets sur ce réseau. En tant que communauté professionnelle, cela parait en phase avec le scénario décrit, donc un bon investissement à long terme ;-)


Alors à bientôt sur Google+ : Communauté GreenSI sur Google+  

lundi 3 décembre 2012

Marketing de la DSI: prenez vos marques!

Marketing de la DSI: prenez vos marques!


J'ai assisté ce vendredi à la soutenance de thèse professionnelle d'Aurélie Vallée, étudiante en Mastère spécialisé Marketing, Management & Communication à ESC Toulouse, sur un thème cher à GreenSI : "le marketing de la DSI". Le diagnostic est sans appel pour les DSI : tendances suicidaires en matière de communication et confusion totale en matière de marketing produit.

Et dans les travaux antérieurs, citons le livre de Béatrice Collin (ESCP) "valoriser la DSI au sein de l'entreprise", un titre qui n'ose pas mettre le mot "marketing" en première page et lui préfère "valoriser", mais qui l'aborde quand même en profondeur le marketing à la DSI. Peut-être tout simplement parce que ce mot dérange dans les DSI et que ce type de démarche est regardé avec suspicion.

Comment en est-on arrivé là?

C'est ce que nous révèle ce travail original qui va au-delà du traditionnel et trop simple "la DSI ne sait pas communiquer". Car communiquer certes, mais avec quel objectif? Et c'est là toute la question qu'une démarche marketing peut éclairer en cherchant à "vendre en interne la maison DSI et ses services".

Pour la majorité (en nombre) des clients internes, la DSI n'a de visibilité que pour le service minimumqu'elle rend, à savoir la fourniture d'un poste de travail, de logiciels, d'un accès internet et d'un support.

Des services qui en 2012 deviennent des commodités et surtout que ces mêmes clients internes peuvent comparer avec ceux qu'ils ont chez eux en externe. Et là, la DSI ne gagne pas toujours. Pas nécessairement à cause du service rendu, mais de la perception qu'en ont les clients (service perçu). Une perception qui ressort des enquêtes d'images menées auprès de ces clients internes. Et ces clients sont de moins en moins captifs. Les technologies grand public elles de plus en plus sophistiquées, mariant le Cloud, la mobilité, le multimédias, le tactile et la géolocalisation... de façon simple. Un contraste fort quand, de par la nature de ses activités et le parcours de ses collaborateurs, la culture de la DSI est souvent technique et complexe.

Allez écouter une démo produit dans un Apple Store ou à la Fnac et voir son atmosphère pour vous en convaincre.

Pire, la DSI ne communique que pour annoncer des mauvaises nouvelles.Avez-vous déjà reçu un email pour vous dire que l'état du réseau est bon et que toutes les applications sont opérationnelles? Non? Et pourtant c'est le cas 95% du temps et plus chez les meilleurs!
En revanche tous les utilisateurs sont arrosés régulièrement de messages, aussi abscons et hétérogènes les uns que les autres, pour leur dire que telle application (qu'il n'aurait de toutes les façons pas utilisé aujourd’hui), a un problème... Quand je vous disais suicidaire!

Par comparaison, pensez à votre présentateur ou présentatrice préféré(e) de la météo qui tous les soirs annonce généralement des mauvaises nouvelles à la moitié de la France avec le sourire et surtout qui dit quand le beau temps va revenir et n'hésite pas pour cela à utiliser des probabilités. Vous voyez bien que c'est possible!



Coté produits la DSI met en avant gratuitement les marques de ses fournisseurs et parle de SAPRH ou de BO. C'est dire la force du marketing de ces fournisseurs qui nous conditionne même a abandonner nos noms! Quand ce n'est pas le nom de la SSII qui a développé le logiciel qui est recopié sur tous les écrans... et affiché à nos clients. Et j'ai même déjà vu avec un copyright de la SSII, ce qui enfreint les règles de propriété intellectuelle des contrats de service.

Très souvent on mélange les noms des projets dont l'objectif est de mobiliser une équipe pour le faire (RéussirRH, Concerto, Symphonie, GRC2015,...) avec le nom d'une application qui doit être parlant pour l'utilisateur et immédiatement évoquer ce que fait l'application. Et là, la DSI n'a pas toujours compris que l'acronyme subtil en trois lettres n'est pas son meilleur allié... Et certainement pour flatter l'égo des chefs de projets, ces noms prolifèrent et pullulent à tel point que personne ne s'y retrouve et que certaines applications ont plusieurs noms. Une réflexion sur les gammes de produits s'impose pour regrouper les applications entre elles selon la logique des clients et non celles des technologies utilisées ou de l'organisation interne de la DSI.

La confusion est donc totale, et malheureusement pour des années puisque la durée de vie moyenne d'une application est de 7 à 10 ans. Et avec l'entreprise numérique, quand ces noms de produits arriveront, sans passer par la case marketing, jusque chez les clients de l'entreprise qui vont les utiliser tous les jours, vous imaginez le désordre.

Que peut faire le marketing pour sauver le soldat DSI?

L'idée forte qui va soutenir dans le temps un ensemble d'actions est celle de la marque. Créer la marque DSI et définir sa politique:
  • Une marque à laquelle la DSI aimerait s'identifier. Apple par exemple: technologie, innovation, simplicité.
  • Une marque tellement forte qu'on ne challengerait pas son coût, car elle serait un gage d'engagement, de sécurité et de vision long terme. Un iPad mini se vend plus cher qu'une tablette Nexus7 ou Galaxy a performance égale grâce a sa marque.
  • On peut bien sûr en imaginer plusieurs pour des DSI aux multiples activités, ou avoir une marque "low cost" si le coût pour certaines BU est un sujet.
  • Attention la marque concerne le service rendu (pour en maximiser la valeur perçue) et pas l'organisation ou l'entité DSI
La marque permet de clarifier le message et la vision à faire passer de la façon la plus compréhensible possible. Elle traduit la valeur perçue, est reconnaissable, identifiable et participe à la différenciation par rapport aux concurrents.

Car la DSI a des concurrents, et de plus en plus. Les SSII quand la DSI développe encore en interne, le Cloud quand la DSI gère ses datacenters, le BYOD quand la DSI fournie les postes de travail et les smartphones... Et ces concurrents investissent beaucoup en marketing. Alors pour être visible la DSI va aussi devoir y engager des moyens sinon la bataille sera inégale et son issue certaine.

La marque ne se décrète pas, mais se construit petit à petit, jour après jour. Et pour cela l'ensemble de son personnel doit y adhérer et se mobiliser pour se faire connaitre et reconnaitre par ses clients.
ITIL nous a fait travailler sur le catalogue de services, bien. Mais comme la carte n'est pas le territoire, la marque n'est pas le catalogue. Elle est l'expérience perçue du produit de ces services. Une expérience portée par des valeurs que la DSI souhaite incarner et déployée par ses collaborateurs.

Quelles peuvent être les marques de la DSI?

Le support est peut-être un bon point de départ pour la majorité des DSI. Quand un client interne dira "tu n'as qu'a appeler SOS-DSI" à son collègue ayant un problème, on saura que cette bataille est en voie d'être gagnée.

Mais la marque peut porter aussi sur le poste de travail surtout si il est mobile et bourré d'applications collaboratives qui améliorent la productivité des utilisateurs ("avec la TabletteDSI je suis plus performant !"), ou sur une cellule de conseil interne "task force" pour assister les métiers en toutes situations,... bref sur tout ce qui va permettre de créer cette expérience utilisateur unique et de la rattacher à la DSI. Car tout l'enjeu est bien sûr de ramener la performance de l'ensemble de la chaîne de services, jusqu’à ce point de contact avec l'utilisateur qu'est la marque.

Clairement le marketing de la DSI est un fil rouge de sa transformation à venir et certainement pas quelque chose que l'on peut confier entièrement en externe. Désolé, il va falloir se retrousser les manches et peut être demander de l'aide au service marketing ou à la communication interne.

N'ayons plus peur du mot marketing, mettons le en couverture et prenons nos marques... avant que d'autres ne nous les volent.

dimanche 2 décembre 2012

GreenSI dans le palmarès 2013 des 100 du numérique en France

GreenSI dans le palmarès 2013 des 100 du numérique en France

Dans le numéro du 29 novembre de 01 Business & Technologie, la rédaction publie sa sélection de 100 personnalités qui font avancer le numérique en France. Patrons, chercheurs, politiques... ceux qui cherchent à ouvrir de nouveaux espaces et de nouvelles perspectives.

Dans la catégorie DSI et patrons de l'innovation (p50), j'ai été très flatté d'avoir été retenu dans cette sélection pour mes contributions sur la mutation numérique des entreprises et collectivités locales, via ce blog, GreenSI.

Des contributions qui n'auraient pas été possibles sans vos commentaires et nos échanges sur Twitter, Google+, LinkedIn et Facebook. Continuons en 2013 et je proposerai a  01B&T une photo de groupe ;-)

Et ce au coté d'autres DSI :
  • Jérôme Filippini le DSI de l'Etat,
  • Hichem Jaballah, Crédit Agricole Technologies, 
  • Michel Fouton, LaPoste Courrier
  • Rani Assaf, Illiad
  • Morald Chibout, Autolib,
  • Jean-François Caenen, CapGemini
  • Guus Dekkers, Airbus
    et mes maîtres à penser :
  • Yves Caseau et Alain Moustard de Bouygues Telecom,
  • George Epinette du Groupement des Mousquetaires,
  • Bernard Duverneuil, Essilor
  • et Pascal Buffard d'Axa Groupe Solutions et président du Cigref.

    Sans oublier mes consultants préférés (comment ça c'est du copinage?):
  • Olivier Ezratty, Bertrand Duperrin, Bernard Dubs et Guillaume Plouin
Si vous voulez parmi ces 100, suivre ceux qui ont un compte Twitter, GreenSI a créé une liste sur Twitter que vous pouvez suivre en seul clic... mais sans oublier de suivre @fcharles en plus puisqu'en tant que créateur de la liste je ne peux pas être dedans ;-)

En espérant que ce qu'ils partageront en 2013 sur le numérique sera à la hauteur de leur nomination!

Les 100 du Numérique

dimanche 25 novembre 2012

En route vers le multi-écrans

En route vers le multi-écrans



Pour simplifier, Windows 8 est un système bicéphale qui sait gérer un mode tablette et un mode PC. Une façon, astucieuse pour Microsoft, de répondre à l'évolution de sa gamme Windows sur PC (XP, Vista, Win7) tout en essayant de prendre des parts de marchés du coté des tablettes.

Des tablettes qui au 4em trimestre dépasseront les portables en volume (21,5 millions contre 14,6), effet Noël oblige, sachant qu'elles ont déjà dépassé les PC de bureau en début d'année.  


Mais pour GreenSI la rupture ce n'est pas le débat portable versus tablette, mais le multi-écran.

Car si dans le même temps les applications et les données migrent dans le Cloud, l'ergonomie et le temps d'accès deviennent prédominants sur le stockage et la puissance de traitement local. Certains sont prêts a renoncer a leur PC avec 1To pour une tablette à 32Go, si ils ont tout le temps accès a leur information. Mais tout le temps, c'est plus que la tablette et le PC...

C'est ce sur quoi surfe Evernote, en proposant à ses millions d'utilisateurs de gérer au quotidien leurs notes textuelles, vocales, photo ou video, où que vous soyez, sur tous les terminaux. De pouvoir les partager et plus encore.



A coté de cela, le "grand-père" de la catégorie OneNote de Microsoft, déjà présent sur Office 2003 il y a 10 ans, est resté un produit peu utilisé, dans l'ombre de la suite Office et que sur PC. Depuis Microsoft a mesuré le potentiel d'un produit multi-écrans avec Office365 et sa stratégie Azure et OneNotes a même sortie en février une version Android après la version iOS.

Or dans tous les domaines, l'ergonomie se satisfait rarement du "one size fits all". La voiture en est un exemple. L'industrie automobile a beau se consolider et les plateformes utiliser de plus en plus de composants communs, l'utilitaire, la familiale et le cabriolet survivront. Car ce sont trois ergonomies distinctes.

Et actuellement dans les postes de travail on a cinq "ergonomies dominantes" :

  • le smartphone (une main) et terminal personnel,
  • la tablette (deux mains) et  terminal personnel,
  • le portable/PC (bureau) et  terminal partagé,
  • la télévision (mur) et terminal partagé,
  • le mur d'image (salle), déjà présent dans les salles de télécontrôles, de visioconférences avancées, mais qui pourrait se développer dans les lieux publics comme avec les magasins virtuels.

Bien sûr une chaîne de télévision comme BFM Business peut se regarder sur son smartphone, sur sa tablette, sur un PC et bien sûr sur une télévision (et même s'écouter à la radio sans les images!). On comprend donc la confusion amenée par le mot "télévision" qui veut dire en langage courant aussi bien le contenu que le terminal d'accès. Or c'est bien vers le multi-acccès, que GreenSI simplifie en multi-écrans, que l'on se dirige. Et ce pour toutes "les chaines d'information" mais aussi et surtout pour GreenSI, pour la partie du SI en interactions avec les agents, les clients et les partenaires, qui peuvent être considérées comme autant de chaines d'information interactives. Toutes ces ergonomies peuvent être tactiles, avoir un clavier, un stylet, un système de reconnaissance de la parole ou des gestes en fonction des situations, ce ne sont donc pas des critères de classification discriminants.

Et si vous voulez vous en convaincre, regardez les publicités autour de vous. Toujours Microsoft avec sa gamme Xbox Music qui est mise en avant sur 3 ergonomies pour écouter la musique: téléphone, TV, tablette.

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Et pour les Parisiens regardez le panneau de pub géant de Toshiba sur le périphérique nord, on y retrouve la même idée avec un portable, une tablette et un smarphone. D'ailleurs Toshiba a été un pionner dans les ordinateurs portables quand il n'existait que des fixes et parlait déjà en 2009 de stratégie multi-écrans comme un des plus importants virages stratégiques de ces dernières années et proposait le partage de contenus sur les appareils connectés. Ce qui est nouveau en 2012 c'est qu'on a plus besoin d'avoir tous les appareils du même constructeur, les OS sont passés par là avec leur "couche d'abstraction" des terminaux.

Google lui a gardé le secret jusqu’à la dernière minute sur sa stratégie Nexus qui a adopté le format téléphone (Nexus4) et deux tablettes (Nexus7 et 10). Posant la question de l'ergonomie de la tablette: 7 ou 10 pouces. Et avec le succès d'Amazon(Kindle HD) et de Samsung (Galaxy Tab), forçant Apple a sortir après tout le monde un Apple Mini.
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Et Google a aussi publié une excellente étude de mesure du temps passé sur chaque écran qui montre que la prédominance de la TV d'un coté et du PC de l'autre, est finie (PDF de >100Mo). Ce sont bien les conditions opérationnelles qui en en fonction des situations qui déterminent quel terminal sera utilisé en premier puis en second. Le PC est privilégié comme point de départ de situations complexes alors que les tablettes sont elles le point de départ des intentions de shopping et de voyage.

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Et pour Google l'enjeu est énorme, car le leader de la recherche sur PC a besoin de montrer qu'il est présent a tous les points d'accès où peuvent se détecter des intentions d'achats, pour que les annonceurs les suivent toujours.
Même approche pour Samsung avec son "hub publicitaire" qui vante la possibilité de toucher ses clients sur tous les écrans.

Le multi-écrans est donc devenu la nouvelle règle d'interface et avec lui une architecture de nos chaînes d'information qui va le permettre. Oh rien de bien extraordinaire, on va juste être obligé de faire pour de vrai ce que l'on raconte depuis des années autour de l'indépendance entre l'IHM et le logiciel, les services, la SOA, le respect des standards du web pour la compatibilité navigateurs, le responsive design pour s’adapter aux terminaux... Une transformation a mettre en œuvre à la DSI et surtout chez ses fournisseurs.

Et si vous vous posiez encore la question avant de lire ce billet si il fallait développer pour PC ou sur mobile, et bien vous avez certainement compris qu'a l'avenir la réponse sera "pour les cinq mon capitaine".