samedi 17 septembre 2016

La rentrée (numérique) s'est bien passée, enfin, je crois

Ça y est, la rentrée est passée !

Comment je le sais ? Et bien rien qu'en regardant mon niveau d'e-mails quotidiens, qui a plus que triplé depuis le mois d'août puis s'est stabilisé cette semaine. Sans aucun doute, l'entreprise fonctionne au ralenti en août en France, tous les serveurs de messagerie peuvent vous le dire.

D'ailleurs la base d'information que représentent les centaines d'e-mails quotidiens, reçus et envoyés par salariés, est certainement sous-exploitée, au-delà de savoir si les affaires reprennent, ou pas. Sur les messageries grand public on trouve des applications qui analysent les emails, comme GmailMeter, et qui envoient un rapport mensuel sur l'analyse de ses e-mails: nombre par jour de la semaine, par semaine, internes versus externes, temps moyen de réponse ou taille des messages,... 


Aviez-vous, vous aussi, remarqué que votre flux de messages reçus est en plateau entre 8h et 17h chaque jour, et dans la semaine en croissance du lundi au mercredi, puis en chute en fin de semaine ?

Mais pour ce qui est des e-mails dans les messageries d'entreprises, ce type d'analyse n'est pas disponible en standard, même pour l'utilisateur final. 

Pourtant vos e-mails contiennent des informations qui pourraient vous faciliter la vie, par exemple sur le meilleur moment pour contacter telle ou telle personne (car le serveur connait ses heures de réponses les plus probables), ou savoir si c'est normal ou non (par rapport au délai moyen) que Georges n'ait pas encore répondu à votre demande de prime de fin d'année...
Futuriste ? Technologiquement c'est très en deçà de ce qui se fait déjà dans les applications e-mails marketing ou service client, qui vont par exemple jusqu'à analyser le "sentiment" dans le corps de l'e-mail ou proposer des réponses automatiques. Peut-être que l'entreprise est en train de passer à côté d'un formidable indicateur sur l'activité et le moral de son principal actif... ses collaborateurs !

Certes, le sujet est sensible et la mesure anonyme pourrait dériver en informations moins anodines si elles perdaient cet anonymat. Mais revenons à cette rentrée.

Ça y est, toutes les universités d'été ont eu lieu et aucun candidat déclaré ou pressenti à la prochaine élection de 2017 n'a parlé de numérique. Même pire, un de ceux qui savaient en parler au gouvernement n'y est plus. On est maintenant sûr que les GAFAs et autres groupes internationaux qui ont compris le numérique, ont un boulevard devant eux pour faire leur shopping dans les actifs numériques de la France.

C'est peut-être la raison pour laquelle le français Deezer est passé en silence cet été sous contrôle du groupe américain Access Industrie, ou que Withings notre fleuron des objets connectés dans la e-santé est passé sous le contrôle du Finlandais Nokia. Le contrôle d'Aldébaran par le japonais Softbank en 2015, alors que la France accuse un retard considérable sur l'Allemagne au niveau de la robotique dans les chaînes de production, n'aura visiblement été une leçon de politique industrielle pour personne.

En revanche, si vous touchez à une usine dans l'industrie, par exemple le site de Belfort - fleuron du ferroviaire qui a construit les premières locomotives et les premiers TGV - là vous êtes sûr de vous faire étriper immédiatement par les politiques.

Comme si l'industrie était encore le moteur économique de la France qui créée le plus d'emplois. Heureusement, seules ou sous l'étendard de la Frenchtech, les collectivités territoriales ont pris le sujet à bras le corps et c'est maintenant par là que la politique du numérique se passe en France.



Pourtant, il y a peu de chance que les 1.000 étudiants qui, pour cette rentrée, cherchent coûte que coûte une place à l'école 42 de Xavier Niel et sa célèbre "piscine", moment de stress, de travail collaboratif et de dépassement de soi (empruntée à l'Epitech et l'Epita) aient une envie folle de fabriquer des trains dans 3 ans quand ils en sortiront.

D'ailleurs, la première génération qui sort de 42 en novembre 2016 - 3 ans après son inauguration en mars 2013 - a déjà trouvé du travail, beaucoup dans les startups du numérique et les autres dans les équipes de projets innovants de grandes entreprises. Bref, dans des emplois qui auront été créés par l'économie numérique en dehors de l'industrie lourde. 

En cette rentrée des étudiants on peut aussi se poser la question de l'adéquation des formations au numérique avec les besoins des entreprises engagée dans leur transformation digitale.

Le développement s'installe dans les projets stratégiques des entreprises. Ils demandent toujours plus de compétences, avec de nouvelles approches (agile, devops, lean startup...) sujets de nombreux billets de GreenSI, ce qui laisse envisager une certaine pénurie sur certains profils. Les grandes écoles traditionnelles qui forment des profils généralistes, un peu individualistes, dont le nombre a très peu augmenté depuis 20 ans dans un contexte de vocations scientifiques baissier, sont-elles encore adaptées à cette nouvelle économie ? Qu'apportent les nouvelles formations au numérique dans les écoles qui misent sur l'hyper-spécialisation et les projets collectifs permanents comme Epita ou 42 ? C'était le débat (içi en replay) de Frédéric Simottel ce samedi sur BFM Business auquel j'ai participé.

C'était aussi la rentré à l'Education Nationale et on a encore parlé au 20h télévisé du poids du cartable en kg. Je serais certainement à la retraite depuis longtemps quand on en parlera en Mo de livres numériques de cours ou en heures de MOOC - Massive Open Online Courses - disponibles. Encore un domaine pourtant essentiel et où le numérique à du mal à quitter la façade et rentrer dans les pratiques. 

Une rentrée qui, comme chaque année, ne pouvait pas se passer sans sa keynote Apple pour annoncer son prochaine produit, cette année l'iPhone7 et l'Apple watch2. De l'avis de tous, ce n'était pas vraiment une révolution. Sauf peut-être pour Nintendo qui débarque sur des consoles qu'il ne fabrique pas (l'iPhone7), quelques mois après le succès de PokémonGo qui a rappelé la force de sa communauté autour des Pokémons. C'est surtout la confirmation que le smartphone et ses périphériques est bien devenu le terminal d'accès stratégique prioritaire pour tout ceux qui comprennent le numérique (ou veulent rattraper leur retard comme Nintendo) et lancent des projets pour en exploiter les opportunités.

Des sociétés comme Apple ou Amazon, ont compris depuis longtemps l'hybridation des produits et services et de l'entreprise avec le numérique, qui maîtrisent à la fois les produits physiques, les plateformes de services numériques et ont des bases clients immenses et encore plus de données collectées. Ce sont aujourd'hui les plus grandes capitalisations de la planète. 



On notera le "retour" de Microsoft qui après avoir ignoré le Cloud et le Mobile en 2006 revient dans la course avec les initiatives dans le Cloud autour d'Azure et d'Office365 en 2016. Message en trompe l'œil pour toutes ces DSI qui continuent de vouloir héberger leurs serveurs en interne, surtout pour les nouvelles applications normalement technologiquement compatibles avec le Cloud, public ou privé, elles sont en train de limiter le potentiel de développement externe de leur entreprise avec le numérique. Et cela finira par se voir dans les classements...

Bien sûr de grandes entreprises comme GE, première capitalisation en 2001, ou Mercedes-Benz suivent cette voie. Ainsi la division transport de Mercedes-Benz qui s'était déjà faite remarquer par son partenariat pour produire un van contenant des drones de livraison pour aller là où le van ne peut aller (voir la vidéo), va maintenant investir $500 millions pour développer une division logistique et tous les services numériques que cela demande. Il lui reste toujours la fabrication des vans, mais cela devient une petite partie d'un service totalement intégré et hybride.

Finalement l'industrie a aussi besoin du numérique, c'est même certainement son avenir dans de nombreux domaines comme le transport. La reconversion de friches industrielles en parcs d'entreprises du numérique comme Eura-technologies à Lille, est certainement un symbole de cette mutation profonde.

C'est donc aussi la rentrée pour GreenSI avec des billets en préparation sur le digital, les objets connectés et l'innovation, mais aussi les méthodes SI en complète transformation pour ne pas dire en rupture. Allez, on parlera même de PokemonGo si vous ne saturez pas déjà.

Bonne rentrée à vous également et à bientôt !

lundi 2 mai 2016

Economie collaborative: casse-tête pour l'Etat, chance pour nos Régions

L’économie collaborative est une économie entre personnes, avec la plateforme numérique comme intermédiaire. Un modèle "peer-to-peer", rendu possible par la baisse drastique du cout de mise en relation entre particuliers, offert par l'internet depuis son origine. Il y a dix ans avec des échanges de fichiers sur PC, légaux ou non, elle est devenue échange de biens et de services depuis un mobile et demain depuis d'autres objets connectés.

L’économie collaborative a été très médiatisée dans les transports (VTC), mais elle se développe dans tous les secteurs, et devrait rompre avec le nom d' "Ubérisation".  Du Logement, sous de multiples formes (location entre particuliers, de bureaux, co-location, échanges, achats participatifs...) à l'Alimentation (AMAP, plats cuisinés pour les voisins,...) en passant par les Services (entraide entre particuliers, courses, bricolage, dépannage, soutien scolaire, ...) et même la Finance, un domaine pourtant très régulé.


La cartographie de Crowd Companies est la plus complète dans le domaine.
GreenSI aime bien sa version illustrée par Bruno Paradis reprise dans ce billet. Elle y référence déjà 17 domaines et des centaines de startups. La forme de ruche n'est bien sûr pas un hasard. Outre l'image de cet insecte ouvrier producteur, menacé par le monde industriel, elle permet de rajouter simplement de nouvelles alvéoles...

Et dans chaque domaine les chiffres montrent une réelle adoption par les particuliers. Des observatoires de l'économie collaborative ou de l'Ubérisation se montent un peu partout.

Comment expliquer ce succès ?

Le numérique rend possibles ces nouveaux modèles, certes. Mais la crise n'y est pas pour rien quand les particuliers cherchent a dégager des revenus complémentaires de biens sous-utilisés ou de compétences non exploitées (cuisine, langues, bricolage...). Quitte a parfois franchir la ligne de l'occasionnel et en faire une nouvelle activité...

Et puis la transition écologique nous martèle l'idée d'une meilleure utilisation des ressources comme la seule option pour la planète. C'est le cœur de certains de ces modèles collaboratifs par rapport au modèle industriel. Après tout quand la plateforme cherche a optimiser, elle peut le faire selon tous les critères possibles, dans la mesure où cela s'inscrit dans le business modèle. 

L'économie collaborative est donc inscrite dans les tendances de fond d'évolution de la société: numérique, évolution du modèle économique et social, transition écologique.

Mais comme Napster en son temps (mort en 2011) avec le partage de fichiers mp3 en "peer to peer" contre les majors de la musique, cette nouvelle économie fait trembler l'économie traditionnelle qui repose sur une autre façon d'organiser la richesse avec des producteurs, des réseaux de distribution et des consommateurs bien séparés et bien régulés. 

Mais surtout parce que les Etats assurent leur financement par les taxes et les impôts prélevés sur cette organisation de l'économie, que l'économie collaborative se propose de rendre obsolète.
Donc bien avant de se poser la question de savoir si l'économie collaborative pouvait, dans certains domaines, être un modèle de société, ou une forme d'efficacité des services (énergétique, sociale,...) via des plateformes numériques, les Etats s'intéresse à sa taxation pour faire d'une pierre deux coups: la freiner dans son développement et assurer des revenus futurs si elle se développe.

Question certainement légitime quand les services sont marchands avec échanges monétaires, mais déjà plus discutable quand il n'y pas d'échange monétaire (dons, troc, volontariat, ...).

Il n'est donc pas surprenant que, profitant de la loi sur l'économie numérique adoptée à l'Assemblée en janvier et en cours de lecture au Sénat, les sénateurs adoptent ce vendredi 29 avril deux amendements "anti économie collaborative", modifiant le code du tourisme pour les locations de biens, en cherchant a complexifier les procédures pour louer sa propriété (enregistrement auprès des communes, déclarations,...).

Les communes auront donc la faculté (ou pas) de mettre en place une procédure d'enregistrement du loueur et de s'assurer que le loueur de meublé est en droit de le faire. Ce numéro d'enregistrement qui sera délivré devra être demandé par la plateforme, avant mise en ligne de l'annonce et figurer dans celle-ci (voir l'amendement: site du Senat.

Une belle usine à gaz administrative dont notre service public à le secret et surtout jusqu'à présent le financement par les contribuables. Mais le véritable objectif est bien sûr de créer un fichier des loueurs occasionnels pour préparer la déclaration automatique des revenus de location des particuliers.



Il sera intéressant de voir la réaction (de contournement) des plateformes de location dans les prochains mois.

On se souvient tous des frais de port à 1 centime d'Amazon quand la gratuité avait été votée au détour d'une loi cavalier législatif. Une décision qui a stimulé l'adoption d'Amazon Premium pour bénéficier de frais de livraisons forfaités annuellement (adhésion) et accéléré les commandes sur Amazon (les membres Premium achètent beaucoup plus). Peut-être l'effet inverse de l'objectif initial de protection du libraire du coin...

Le talon d'Achille du législatif c'est qu'il est lent, avec des cycles de plusieurs années en l'idée, le vote et la mise en oeuvre. En face une économie agile qui augmente le nombre de domaine couverts à grande vitesse, et surtout qui s'appuie sur les citoyens, ceux qui, dans les démocraties, finissent un jour par choisir et élire les législateurs...

Il y a donc peu de doute sur le gagnant final dans 10 ans. Car au delà des tactiques législatives ou fiscales et des projecteurs sur les grandes plateformes d'échanges, c'est bien d'une transformation de la société qu'il s'agit.

Un nombre de plus en plus important de gens veulent consommer mieux, moins ou différemment. D'autres ne souhaitent plus posséder les biens, et se préoccupent de leur cycle de vie complet.

Une nouvelle écologie (la science qui étudie les milieux et les conditions d'existence des êtres vivants et les rapports qui s'établissent entre eux et leur environnement), se développe pour étudier l'économie de l'usage, de la fonctionnalité, de la performance et même l'écologie industrielle (les déchets d'une industrie sont recyclés en matière première d'une autre industrie).

Une telle économie fonctionne en boucle. C'est une économie circulaire où la notion de déchet disparait au profit de la notion de ressources. Ses tableaux de bords et ses modèles économiques suivent la limitation de la consommation et du gaspillage des matières premières et des sources d'énergies non renouvelables.

La solution est au niveau local 

Elle est souvent locale, car c'est un niveau d'optimisation négligé par les modèles industriels très centralisés des cents dernières années.

Et si l’économie collaborative actuelle n'était que l'embryon d'une économie circulaire en développement dans nos Régions ? dans nos Villes ? dans nos quartiers voire résidences ?

C'est l'idée que Sharing Lille a débattu ce 21 avril pour développer l'économie collaborative au coeur des villes. Une proposition que l'on retrouve aussi dans le rapport du député de l'Ardèche Pascal Terrasse sur l’économie collaborative publié en début d'année :  «En lien étroit avec les collectivités territoriales, les pouvoirs publics pourraient soutenir, dans le cadre d’appels à projets, des expérimentations innovantes d’économie collaborative sur les territoires.»

Replacer l'énergie du citoyen et l’innovation au cœur de la vie publique locale, dans une région en transition économique (fin des industries précédentes à la recherche de nouvelles industries) avec un fort taux de chômage, est certainement une idée forte et mobilisatrice. 

L'économie collaborative d'aujourd'hui est donc un révélateur intéressant :
  • de l'antagonisme entre la vision nationale qui vote une loi conservatrice, quand la même semaine, la vision locale de nos Régions aborde avec pragmatisme l'évolution de la société et de l'économie locale qu'elle peut développer
  • du lien fort entre la transformation numérique et la transition écologique, si on sait en orienter les objectifs non pas vers la maximisation des revenus de la plateforme, mais vers l'efficacité écologique dans une économie circulaire. Finalement le nom GreenSI pour ce blog qui associe "Green" et "Système d'Information" était un nom prémonitoire ;-)
Pour GreenSI ces deux idées sont essentielles. Il faudrait toujours les garder en tête pour décoder le débat que l'économie collaborative suscite. Débat normal dans un processus de transformation dont le résultat est encore en devenir.

lundi 11 avril 2016

La collaboration digitale pour de nouveaux business modèles

Cette semaine j'intervenais aux séminaires Carrefours Excellences sur le thème du titre de ce billet. L'idée principale développée est que nous sommes à un moment charnière de la collision (annoncée depuis longtemps) entre la collaboration interne et externe de l'entreprise.

La collaboration numérique dans l'entreprise a longtemps signifié tout simplement l'informatique(au sein des applications). Puis elle s'est mutée en processus avec l'avènement de l'ERP, prévu pour les unifier avec sa base de donnée unique et son paramétrage métier.
Mais La réalité est tout autre. De nombreuses entreprises qui ont échoué dans leur stratégie d'ERP unique et de processus numériques et unifiés. Les PME sont souvent les meilleurs élèves. Dans les autres, les applications satellites de "workflows" se sont développées autour de l'ERP, et surtout, l'email, dopé à la pièce jointe bureautique, est devenu le roi.

En dehors de l'entreprise, l'internet a montré très tôt, avec Wikpedia par exemple, la capacité de collaborer mondialement sur la connaissance. Puis avec l'internet 2.0, il a montré la capacité des individus à produire leur propres contenus et à les échanger. Certains commeGreenSI produisant des contenus originaux, d'autres en faisant simplement circuler l'information qu'ils sélectionnent, filtrent ou organisent. On pourrait aussi citer l'open source développé collaborativement.

L'entreprise a alors cherché a copier ces nouveaux usages avec les réseaux sociaux d'entreprises (RSE) en marge des processus et de l'ERP. Mais jusqu'à présent les RSE et l'internet étaient deux mondes séparés. Ce qui semble émerger avec le développement du numérique, c'est une interpénétration plus forte de ces deux mondes, comme on le voit avec des démarches de l'entreprise de plus en plus ouvertes vers ses clients ou partenaires et des frontières moins strictes entre externe et interne (BYOD, vie privé-perso, open innovation, ...)

how to make a gif at gickr.com
En 2015 c'est l'économie collaborative qui était sous les projecteurs. Et avec le développement de l'internet des objets, la capacité de collaborer va être dopée par l'explosion des messages générés automatiquement et des algorithmes pour leur donner du sens et prendre des décisions.

Une économie collaborative dont les business modèles exploitent la collaboration (d'où son nom). Alors en 2016 le focus des entreprises ne devrait-il pas être de commencer à copier ces modèles pour faire évoluer leur collaboration interne ? Comme elle l'a déjà fait avec les réseaux sociaux.
GreenSI vous recommande de suivre les travaux de Jermiah Owyang sur ce sujet.



Les caractéristiques de ces modèles sont de s'appuyer sur un marketing initial des nouveaux services, pour développer une expérience utilisateur hors normes; et sur des modèles collaboratifs. Cette expérience amène les utilisateurs à plus de personnalisation, et donc à plus de données accumulées pour les opérateurs de ces services, qui peuvent ainsi les valoriser de plusieurs manières.

Mais leur démarche ne s'arrête pas là. L'utilisateur est utilisé pour accélérer la croissance du service en le recommandant ou en amenant de nouveaux membres ("growth hacking"), la boucle est bouclée et la croissance exponentielle peut être au rendez-vous.



C'est vrai que quand on lance un nouveau projet en entreprise, un coffre fort numérique pour y déposer les bulletins de salaires de ses salariés par exemple, on fait sauter le bouchon de champagne à la fin du projet. Techniquement ça marche mais le service peut être sous exploité.

Dans l'économie collaborative c'est là que tout commencerait avec la collecte des données, la personnalisation, puis la recherche de la croissance des utilisateurs : la mesure du taux de souscription, la relance de ceux qui n'ont pas encore adhéré, l'enquête de satisfaction de ceux qui ont déjà adhéré... 

Ils font partie du projet puisque son ROI ne sera atteint que si les utilisateurs s'en servent. Sinon l'entreprise continuera a payer l'édition et la mise sous plis de ses bulletins de salaires et de ses communications. Et puis c'est l'opportunité de développer d'autres services a coût marginal, la plateforme étant déjà financée. Mais pour cela il faudrait que ces indicateurs soient dans les objectifs de quelqu'un dans l'entreprise, car c'est souvent son mode de fonctionnement.

Cet exemple montre que la collaboration n'est pas indépendante des choix d'organisation et de management.

Une autre perspective discutée lors de ce séminaire, et tirée de l'économie numérique, est celle des liens entre agilité et collaboration.
 
Quand on se rappelle le manifeste agile à l'origine du mouvement, on constate que 3 des quatre principes reposent sur la collaboration.
La recherche d'agilité des entreprises, en réponse a une économie plus incertaine et plus complexe, est donc certainement un nouveau domaine où la collaboration doit se développer et se réinventer dans l'entreprise.

Certaines communautés, comme celle des développeurs, sont en avance. Elles ont mis en place de nouvelles formes d'organisation collaboratives, supportées par de nouveaux outils (externes à l'entreprise), pour collaborer de la spécification des besoins à la mise en production.

Mais l'agilité concerne ou concernera toutes les directions de l'entreprise. Le travail de ces directions va donc certainement se développer autour de nouveaux processus collaboratifs, qui seront difficilement supportés par les ERP, avec le risque que l'email remporte la mise si on ne fait rien.
En suivant l'inspiration de l'économie collaboratif et de l'agilité, le travail collaboratif semble donc promis a un beau développement.

C'est un peu le retour du "Business Process Re-engineering" des années 1990, mais avec de tous nouveaux outils numériques de collaboration massive, en interne et avec l'externe. Appelons cela la collaboration digitale, pour forger un nom qui a ses racines dans l'entreprise mais qui s'ouvre totalement à l'extérieur.

Et puis dans DIGITALE vous aviez déjà remarqué qu'il y avait AGILE ? ;-) 
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BONUS :  voir les slides de la présentation Carrefours Excellence 

mardi 8 décembre 2015

DSI-DRH, vers un mariage de raison

Depuis longtemps la DRH a exploité l'informatique pour se faire fabriquer un SIRH, automatisant la gestion de la paie, et commencer à s'attaquer à la numérisation de ses processus. Mais le constat fait cet été par GreenSI que la transformation numérique de la DRH semblait au point mort est toujours d'actualité. La DRH n'ayant peut-être pas de VISION sur cette transformation numérique et son impact sur le SI et sur les salariés.

C'est à cette question que l'Agora SIRH, créée pour l'occasion par NGA HR France et supportée par SAP, s'est attaquée lors de son premier afterwork à Paris le mardi 1er décembre et auquel GreenSI participait.
Comme un bon dessin vaut souvent mieux qu'un long discours, Tatienne Laplanche jeune dessinatrice de talent, a illustré tout au long de cette soirée, les éléments de cette transformation.

Vous en découvrirez quelques uns dans ce billet (source: Tatienne©).

Le domaine RH n'est pas un modèle de stabilité !

De multiples règlementations viennent régulièrement impacter les règles sociales de fonctionnement des entreprises et donc le SIRH. En 15 années le législateur a produit en France 88 nouvelles dispositions légales avec un record en 2014 quand la DRH a du s'adapter à 13 nouvelles dispositions légales. Carole Blancot, spécialiste des RHs invitée pour partager sa vision, et blogueuse a ses heures perdues, en a fait une synthèse pour ceux qui veulent aller plus dans le détail.

Au-delà de la charge pour spécifier, coder et paramétrer ces législations dans les progiciels, n'oublions pas le stress généré sur les équipes par des contraintes, des échéances légales, et de multiples nouvelles mises en production majeures demandant nouvelles phases tests et souvent astreintes effectuées tard le soir et le week-end.

Sans parler du stress autour de quelques échecs très médiatisés, comme l'abandon du nouveau SIRH des armées (Projet Louvois) ou celui de l'Education Nationale (Projet SIRHEN) dont les sénateurs viennent cette semaine de couper le budget en 2016. 

Non, le SIRH n'est pas un long fleuve tranquille !

Mais entre 2000 et 2015 pendant que le SIRH était le nez dans le guidon de l'automatisation de la gestion administrative et réglementaire, avec un horizon limité à la prochaine échéance, le salarié lui évoluait. Il découvrait l'autonomie du PC généralisé, voire du PC portable pour les chanceux, Facebook, l'iPhone, la tablette, les "drives" pour stocker ses photos, pour ne citer que quelques services que Mme Michue utilise maintenant au quotidien.

Donc quand le salarié vous parle de Cloud, il sait de quoi il parle après avoir essayé tous les services du Cloud public a sa disposition, de chez lui ou depuis son mobile. Il attend simplicité, prise en compte de ses équipements,...
Or quand la DRH parle de Cloud, c'est souvent pour reprendre le discours de ses éditeurs (de progiciel RH) qui en parlent pour elle, et n'a pas toujours une vision des enjeux collaboratifs pour l'entreprise.

Pourquoi un tel écart dans l'appropriation des technologies ? Quelle est réellement la vision de la DRH sur la transformation numérique ? Quand les robots et l'intelligence artificielle frappent à la porte de l'entreprise, les salariés aimeraient peut-être savoir ce qu'est le numérique et comment la DRH va s'y prendre pour adapter les emplois et les compétences.

Pourtant peu d'entreprises répondent à cette question, du moins publiquement, et qui à l'instar d'Orange, mettent en avant la DRH comme l'un des moteurs de la transformation numérique ?

La révolution numérique et collaborative

Pendant ce temps, dopée par les usages domestiques, la révolution collaborative est bien avancée du côté des salariés. A défaut d'en prendre en compte les nouvelles attentes des salariés, ses effets n'ont été que partiellement intégrés dans le SIRH et dans ses pratiques, qui parfois laissent penser que rien n'a changé. 

La DRH a souvent peu participé aux initiatives de maitrise du numérique par les salariés et aux développement des usages internes (intranet, KM...) ou externes sur les réseaux sociaux. Pourtant l'internet et toutes ses applications sont un canal de plus en plus important de mise en relation, par exemple pour le recrutement, la formation et les compétences, au coeur des sujets de la DRH.
 
Cette révolution collaborative pose la question de l'adaptation de certains processus RH, aujourd'hui très intégrées à l'ERP... qui malheureusement n'est pas accessible à la majorité des salariés (il faut un poste de travail, une licence, une formation...)

Pourtant, chez Facebook le recrutement se fait via l'application sociale interne avec cooptation et mobilisation des salariés pour proposer leurs camarades. L'ERP n'arrivant qu'a la dernière étape de l'histoire, intégré à la plateforme collaborative via des API, une fois le salarié recruté (voir DSI de Facebook, un poste avancé de la transformation des DSI). Donc oui les DRH peuvent animer des processus collaboratifs internes, ce n'est pas réservé à la Direction de la Communication, à la Direction Commerciale pour collecter des informations de veille ou à la Direction de l'innovation pour animer l'entreprise autour d'idées innovantes et de trophées.

C'est vrai que le recrutement de talents et d'informaticiens est très tendu aux Etats-Unis. Les salaires montent, alors la mobilisation des salariés est devenu essentielle pour améliorer l'efficacité globale du processus. D'ailleurs si cette tendance gagne l'Europe, la DSI dont les compétences requises changent, pourrait avoir besoin de la DRH et de ce type processus pour réaligner ses emplois sur les compétences, et faire rentrer les talents du numérique dont elle aura elle aussi besoin...

Vers plus d'opportunisme dans l'adoption des technologies

Les adaptations réglementaires successives, pour ne pas dire permanentes, ont fait oublier aux RH que la technologie peut être utilisée de façon opportuniste. Donc utilisée de façon proactive, et pas uniquement de façon réactive en réponse à une nouvelle contrainte externe. Par exemple pour développer de la valeur et pas uniquement pour réduire les coûts.
Mais surtout en regardant loin devant et pas uniquement la nouvelle réglementation en projet à l'horizon.

Pourquoi le SIRH n'adopterait-il pas une démarche de création de valeur ? 

Pourquoi la numérisation ne serait-elle pas aussi une opportunité de développer de nouveaux services pour les salariés, comme celui du coffre fort numérique ?
Un espace de stockage offert à chaque salarié (même quand il quittera l'entreprise) pour être partie prenante de la révolution numérique et mieux s'organiser.
Par exemple celui de la société Coffreo


Car c'est sur le salarié que repose la responsabilité de conserver ses documents à long terme et prouver ses droits à la retraite par exemple. Mais aussi de garder ses factures de gaz, d'eau ou d'électricité qu'il a accepté de dématérialiser sans bien toujours en comprendre les conséquences.

GreenSI aime bien l'exemple du service coffre-fort, car avec ce service on a un alignement gagnant-gagnant entre le salarié et l'entreprise. L'adoption par les salariés génère des économies pour l'entreprise (en coûts postaux). Et sans une adoption massive par les salariés, ce type de solution peut de ne pas être rentable pour l'entreprise, quoi qu'en dise la fiche projet lors de l'investissement.  La DRH met ainsi le doigt dans le marketing de ses services pour en faire la promotion et atteindre ses objectifs, et dans l'expérience employé/candidat de qualité pour développer l'usage de ses applications et sites.

Avec l'économie numérique, de plus en plus de services vont remettre le salarié au coeur des choix et donc du système d'information. A la RH de décider si elle est partie prenante de cette transformation ou si elle souhaite regarder passer le train. Et dans le premier cas, elle devra développer, avec la DSI, une vision du SIRH qui dépasse son service et intègre le salarié.

On va passer d'un mode "push" à un mode "pull" où le salarié choisira ses services, dans l'entreprise où à l'extérieur. Il est d'ailleurs intéressant de noter que les sociétés d'Interim qui doivent fidéliser des intérimaires entre plusieurs employeurs, ont déjà mis en place ces services de coffre fort et un marketing pour valoriser leurs offre à ces intérimaires.


Vers un système centrée sur le salarié ?

Et si l'avenir était a un modèle centré sur le salarié ? Après tout, dans le e-commerce ou dans la relation clients, les autres directions ont déjà compris que le client était au centre de leur SI et que la personnalisation était la clef de la fidélité. Et ainsi de réduire la fracture entre DRH et salariés sur la façon de construire le SIRH de demain.
Le SIRH doit donc aussi ouvrir ses frontières a tout un éco-système et maîtriser les échanges et offrir des API. Car le SIRH fait déjà parti d'un écosystème qui partage de l'information en permanence, en incluant les caisses de retraites, les mutuelles, les sociétés d'investissement ou les caisses d'assurance maladie ou de chômage. Des tiers qui développent des services nécessitant les données des salariés et qui communiquent avec lui.

Mais un eco-système dans lequel le salarié est au centre, avec lequel les données vont s'échanger tout au long de sa vie professionnelle. Parfois ce salarié va même y amener ses propres applications quand il ne choisira pas celles mises à disposition par la DRH, ou quand la DRH ne les lui mettra pas à sa disposition.


L'intelligence des données RH

Le premier de ces services à la disposition des salariés est LinkedIn.
Créé en 2003, ce réseau social a déjà 400 millions de membres (10 millions en France) dont 1/4 actifs et 1/3 depuis un smartphone (source). Par comparaison, beaucoup d'entreprises aimeraient une participation active du quart de leurs salariés sur l'intranet ! L'âge moyen sur LinkedIn est de 44 ans. On est donc bien en train de parler d'un réseau de professionnels et pas des membres de la génération X, Y ou Z, pour l'instant plus adepte des messageries instantanées et présente sur d'autres réseaux. En France on peut aussi citer Viadeo.

Sur un réseau professionnel comme LinkedIn ou Viadeo, le salarié a mis à jour son CV, qui est souvent plus à jour que dans le dossier RH, pour ce qui concerne sa carrière et ses compétences.

Sur ces réseaux, il commence à y partager du contenu. C'est aussi là que ses pairs peuvent noter ses compétences. Une base de données que LinkedIn revend aux DRH pour les recrutements. Elles ont donc de la valeur ces données ! D'ailleurs LinkedIn, société rentable, assure ses revenus avec des abonnements payés à la fois par l'entreprise, mais aussi par les individus. Est-ce que les salariés sont prêts à payer pour des services RH additionnels non réglemnetaires qui seraient fournis par la RH ? Et pourquoi pas !

Et si LinkedIn etait le début d'une "Ubérisation" de la DRH ? D'une certain façon oui, autour des données, aime à penser GreenSI.

La trajectoire comparée de LinkedIn et de la DRH est d'ailleurs intéressante quand on regarde l'acquisition de Slideshare (partager le contenu professionnel) alors que la DRH est peu impliquée dans les projets collaboratifs internes ou l'acquisition récente de Lynda (des cours de formation en ligne) quand les DRH découvrent à peine les MOOC.

Les quoi ? Les MOOC, Massive Open Online Course, cette révolution de la formation qui déferle dans le monde (voir Un tsunami numérique va déferler sur le monde de l'Education). Comment cette transformation s'insère dans le processus de formation et de gestion des talents ? Une question à laquelle les DRH vont devoir répondre pour ne pas pousser "l'ubérisation" plus en avant et créer une nouvelle fracture dans la formation professionnelle.

Tous ces nouveaux usages sont poussés par les données.

La vision sur l'intelligence de la donnée c'est par exemple capturer et exploiter toutes les données de formation, de compétences, d'aspirations, de façon dynamique, pour aller jusqu'à conseiller le salarié ou son manager sur une utilisation personnalisée des services RH. GreenSI ne parle pas de reporting, mais bien d'analyse de données en temps réel pour faire de la "DRH numérique" (ce moteur d'analyse intelligent qu'elle aura mise en place) un coach des salariés, et un atout pour l'entreprise. 
Futuriste ? Certainement. Mais quand il passe en boucle à la TV des publicités qui disent "Ok Google, c'est où la Transylvanie", on ne peut s'empêcher de penser qu'un jour le salarié demandera "Ok, Google, tu n'as pas un emploi d'avenir et mieux payé pour moi ?" ou  "Ok Google, quelle formation tu me conseilles ?". Et d'autres que la DRH auront toutes les données pour y répondre.

La révolution du client a commencé par la donnée, dont les prix et les critères de choix, accessibles au client et a chamboulé toutes les organisations qui cherchaient à les lui masquer.


Le numérique doit être apprivoisé par tous

Enfin, la DRH doit aussi se préoccuper de la santé "numérique" des salariés et de l'influence d'un monde où la sécurité numérique est de plus en plus importante. Par exemple avec des "fraudes au président" via le SI, dont les traumatismes psychiques qui peuvent en résulter peuvent être terribles (voir article KPMG). Ou le fait de vivre en permanence avec de nouveaux risques comme de perdre ses données ou ne pas savoir utiliser une nouvelle application, sans parler de casser l'écran de son smartphone. Mais aussi avec le droit à la déconnexion, quand un salarié est techniquement joignable 24h/24h via son portable ou les réseaux sociaux.
Le tout quand le futur du travail nous prédit des entreprises sans salarié (type Uber qui fédère des indépendants) voire des salariés remplacés par des robots ou de l'intelligence artificielle (pour répondre au téléphone en langage naturel par exemple).

Le contenu de cette première #AgoraSIRH a donc été riche, et sera décliné en 2016 avec plusieurs autres afterworks pour en creuser chaque question.
On voit cependant déjà, que DRH doit être en première ligne pour comprendre ces nouvelles mutations et penser un nouveau modèle socio-professionnel adapté au digital.  

A l'heure où les éditeurs nous expliquent qu'il faut mettre son ERP dans le Cloud, profitons que les DRH ont la tête dans les nuages pour faire passer des messages sur la vision globale dont ils doivent prendre conscience et qui dépasse le cadre de l'ERP : un SIRH global, ouvert, centré sur le salarié...



Pour cela la DRH aura besoin d'une direction qui comprend son SI existant, maîtrise le numérique et ne doit plus être un simple fournisseur mais bien son partenaire auprès des salariés à qui elle fourni déjà les outils numériques: j'ai nommé la DSI.

Si ce mariage n'est pas porté par amour, qu'il le soit au moins par la raison !

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dimanche 29 novembre 2015

Les nouvelles frontieres de la collaboration en entreprise

Quels rôles pour les réseaux sociaux d'entreprise et le collaboratif dans la transformation digitale ?

C'est sur ce thème, et à l'initiative de CCM Benchmark Institut et de la société Lecko, que les principaux éditeurs de solutions collaboratives et les responsables en entreprises de leur mise en place se sont réunis cette semaine. Une occasion pour GreenSI d'échanger sur la vision des nouvelles frontières de la collaboration en entreprise.

Une conférence qui arrive au bon moment, car dans l'effervescence de la transformation digitale avec les clients pour adapter son business modèle, on en oublierait presque que la transformation interne de la collaboration en est une condition nécessaire. D'ailleurs, les premiers Chief Digital Officers (CDO) de Generali, Transdev et Ipsen Pharma sont venu témoigner sur l'importance de la collaboration comme moteur de transformation.

Son allumage n'en reste pas moins délicat, car il est plus lié au travail sur le management et à la culture de l'entreprise qu'à la mise en place de solutions numériques pour délivrer cette digitalisation en interne et en externe.

Mais même si les généralisations de réseaux sociaux en entreprise - RSE - sont encore timides, elles se multiplient et la tendance est clairement de développer de collaboration et d'usages collaboratifs dans l'entreprise. Les retours d'expériences des entreprises présentes à la conférence sont unanimes, jusqu'à JC Decaux qui a remplacé son intranet par son RSE comme point d'entrée de l'information des salariés.

Dans ce contexte, la vision de GreenSI sur les nouvelles frontières de la collaboration pose la question des réserves de carburant qui vont pouvoir booster la puissance de ce moteur collaboratif. Cela pose aussi indirectement la question de la convergence et de l'urbanisation des plateformes collaboratives pour ne pas créer des silos de collaboration contre-productifs. Une question dont la DSI, et les éditeurs, doivent s'emparer.

Pour GreenSI les bonnes questions à se poser dans les 3 prochaines années tournent autour :
  • de la gestion des documents et de la bureautique,
  • du rôle de l'ERP et du CRM dans l'entreprise,
  • de la préparation à la suppression de la frontière entre interne et externe,
  • et de l'émergence de nouvelles formes de collaboration qui boostent la productivité.

La stratégie collaborative doit intégrer les documents

Les réseaux sociaux sont un flux de conversations ou d'informations.

Mais que ce soit en interne, comme en externe, ces conversations commencent ou se terminent souvent par un document. Sur Twitter ou sur Facebook ce sont des photos et des liens vers des articles qui s'échangent. Ces dernières années ont d'ailleurs montré que les commentaires des articles de presse et de blogs (les stocks d'information) diminuaient, car ils se déportaient sur les réseaux sociaux comme avec des vases communicants. Les flux et les stocks d'information sont donc intimement liés dans un espace collaboratif. 
 
Cela se traduit par le fait que les réseaux sociaux d'entreprise doivent se connecter aux bases documentaires et aux espaces de stockage. Quand ce n'est pas le cas ce sera un frein au développement de l'un ou de l'autre.
Les exemples des éditeurs nous confirment cette tendance. Que ce soit Google, Box.net, Dropbox et maintenant Microsoft avec Office365, les conteneurs de documents sont tous devenus collaboratifs.

L'évolution de Microsoft est d'ailleurs intéressante. Pour GreenSI ce n'est pas avec Sharepoint où des milliards ont été investis dans les entreprises depuis 14 ans que Microsoft peut gagner la bataille du collaboratif, mais bien avec l'intégration de Office365, la bureautique dans le Cloud, OneDrive le stockage en ligne, et Yammer le réseau social racheté $1,2 milliards en 2012. Et quand la convergence avec les communications, dont on parle depuis 10 ans, arrivera, avec Skype, autre rachat pertinent de Microsoft.

Google de son côté fait converger tous les documents dans Google+, son interface réseau social, avec récemment  l'ajout des photos.
Ceux qui disent que Google+ est un échec comparé à Facebook manquent certainement cette perspective d'intégration du collaboratif par le social et les abonnements entreprise et stockage dont Google tire déjà une (faible) partie de ses revenus. Les deux réseaux ne jouent pas le même rôle. Facebook de son côté multiplie les applications autonome (et les rachats) - Instagram, Messenger, Whatsapp... - pour capturer de l'audience (et les revenus de la publicité). Mais n'hésitez à partager votre vision dans les commentaires !

Le rôle de l'ERP dans la collaboration


Des années 70 aux années 90s, l'ERP a été le seul outil de collaboration numérique des entreprises qui s'en équipait. Un prospect y devenait un client géré par un autre service, puis une facture gérée également dans un autre département, puis un contact au service après-vente peut être sous-traité... Les processus de l'entreprise modélisés dans les workflow des ERP étaient la forme unique de collaboration.

Le développement des réseaux sociaux, des échanges par mail, du partage de documents bureautiques a créé dans ces outils des processus plus informels, plus improvisés, pour gérer le flux de travail (work flow). Depuis plusieurs années la convergence et l'intégration des ces deux formes de processus, formels et informels, est dans la liste des tâches à faire de l'entreprise.
Quelques éditeurs s'y sont lancés comme dans le CRM ; Salesforce qui a intégré un réseau social Chatter, ou SAP dans les RH qui a acheté et intégré Success Facors. Mais force est de constater que l'ERP collaboratif 2.0 est encore une Arlésienne et que l'ERP est loin d'être déployé pour tous les salariés.

Cela prendra donc certainement plus de temps et ouvre des opportunités aux éditeurs qui sauront offrir simplement ces fonctionnalités, peut-être en sortant les processus de l'ERP les uns après les autres. Comme on peut le voir avec le développement de solutions très spécialisées (gestion des salariés, gestion du recouvrement...) et très collaboratives en SaaS.

La suppression de la frontière entre interne et externe

La porosité entre vie privée et vie professionnelle, entre équipement personnel (BYOD) et équipement fourni par l'entreprise,  entre clients et fournisseurs dans l'économie collaborative [...] montrent une tendance forte vers la suppression des frontières claires entre l'interne et l'externe de l'entreprise. Une tendance qui va forcément impacter la collaboration EN entreprise, puisque dans certains domaines elle va devenir une collaboration ENTRE entreprises, voire EN DEHORS de l'entreprise.

L'open innovation appelée à la rescousse quand l'entreprise peine à innover, en invitant les clients, les partenaires et même d'autres entreprises à innover ensemble, montre bien le besoin de gérer cette collaboration sans frontière. Bien sûr il y aura toujours des domaines "privés" mais la majorité seront "ouverts". La gestion des droits et de la sécurité ne se contentera donc plus de gérer le "poste frontière" mais devra, par analogie, s'adapter comme l'Europe a du le faire avec la mise en place des accords de Schengen.

Etes-vous prêts a accueillir des externes sur votre réseau social interne?
Etes-vous prêts à mobiliser vos salariés sur les réseaux sociaux externes ?

En masse ?  Les réponses a ces trois questions sont essentielles dans votre transformation digitale. Dans ce contexte, on comprend pourquoi les deux prochains acteurs cherchant a se positionner sur les réseaux sociaux d'entreprise sont Facebook et LinkedIn !

Facebook a annoncé FB@Work pour les entreprises, actuellement en beta test auprès de pilotes dont Lagardère Active en France. Son succès dépendra du modèle économique gratuit ou payant. Mais GreenSI croit beaucoup plus a la prochaine initiative de LinkedIn, un acteur déjà très pertinent avec Pulse, son système de partage d'articles qui permet les conversations, sur le fixe et le mobile, et qui doit proposer début 2016 une offre pour les entreprises qui souhaiteraient utiliser LinkedIn comme réseau social interne. Une bonne idée quand, dans certains secteurs, certainement plus de 90% des salariés sont déjà inscrits sur LinkedIn...

L'émergence de nouvelles formes de collaboration

En 2012 le logo de la société Azendoo, éditeur d'une solution de collaboration était "zen". Zen, comme Zéro Email Network, le projet de suppression des emails lancé par Thierry Breton chez Atos. Mais trois ans plus tard, on ne parle plus trop de supprimer les emails, et la productivité des outils passe au premier plan. Maintenant, il faut abattre des tâches et cocher la petit case qui dit "fait".
C'est devenu le véritable objet la collaboration ! Finis la zénitude et le bien-être apportés par des discussions autour d'un café ? ;-)

Avec Github, le lieu où se fabrique le logiciel, comme dit le slogan, les développeurs ont amené à l'entreprise ce focus sur les choses biens faites et à plusieurs. Plus de 20 ans d'expérience dans l'open source sont passés par là, et l'entreprise ne les remerciera jamais assez pour le renouveau qu'ils amènent. Depuis, des méthodes agiles et d'amélioration ou de livraison en continu, ont aussi amené leur nouveaux outils collaboratifs taillés pour la performance. Que ce soit en amont pour traiter les exigences, le développement ou même ce que l'on commence a appeler "DevOps".

Une autre caractéristique de ces nouveaux outils, c'est leur recherche systématique de l'intégration et de l'ouverture. Et là on retrouve une autre tendance que GreenSI connait bien, celle des API, des micro-services et des eco-systèmes.
Azendoo par exemple vous propose donc de relier votre compte Box.net ou Evernote à sa plateforme pour faire ce lien entre stock de documents (chez Box) et flux de conversation (chez Azendoo) dont on parlait un peu avant.

Ouverte, productive et intelligente, la plateforme de demain ?


Et si finalement l'outil collaboratif de demain c'est vous qui l'assembliez?

Dans le domaine de la communication, c'est ce que propose #Slack, un outil permettant de connecter toutes ses sources d'information et d'y associer des règles, comme le fait également IFTTT dont GreenSI parle souvent. Par exemple, vous pouvez initier automatiquement une conversation quand un ticket de support change d'état ou qu'un tweet sollicite votre assistance. On est dans le domaine de la collaboration pour la productivité et la maîtrise du flux d'information, dans un monde ou ce flux croît de façon exponentielle.
C'est donc certainement ça le prochain développement: celui de l'intelligence artificielle qui va scanner pour vous l'information pertinente, incluant celle qui sera générée par les objets connectés dont le nombre explose, celle dans les réseaux sociaux internes et externes, et vous assister dans votre collaboration.

Cette analyse intelligente prendra en charge des tâches que vous lui confiez, comme le font les premiers assistant personnels qui se développent dans les startups en Californie et devraient arriver en Europe.

Au delà de Siri d'Apple et de Google Now, qui traitent déjà l'information, ces nouveaux assistant pourront exécuter des tâches simples pour vous, comme réserver un restaurant, appeler un taxi ou déplacer un rendez-vous.

Facebook a par exemple annoncé "M" (photo), via David Marcus, fondateur de Paypal maintenant chez Facebook, un assistant qui sera intégré à Messenger. Le modèle des conciergeries, mais avec un robot intelligent à l'autre bout. 

Les RSE ont donc ouvert la voie à la collaboration en entreprise, et vont continuer à se développer. Mais la frontière de la collaboration se déplace et même disparaît, laissant de multiples combinaisons venir occuper ce champ libre ; et déjà des communautés transverses s'organisent autour d'une plus grande efficacité. Demain les robots, logiciels ou physiques, seront aussi des parties prenantes de la collaboration en entreprise.

Pas de doute, la collaboration est bien un volet de la transformation digitale de l'entreprise et interagiront naturellement avec les collaborateurs.
Pour accéder aux slides de ma présentation c'est par ici : slideshare

lundi 10 août 2015

SIRH: la transformation digitale au point mort?

Dans un numéro spécial RH qui vient de sortir, la revue des centraliens a posé à GreenSI la question de la transformation digitale des Directions des Ressources Humaines dans l'entreprise. Une opinion générale mitigée, écrite autant pour faire réagir que pour réveiller...

Où en sont les RH dans la maîtrise du numérique?

Depuis son origine dans les années 1960, le système d'information d'entreprise s'est développé pour toucher de plus en plus de domaines. Une extension d'abord fonctionnelle, Comptabilité/Finances, Production, puis Ressources Humaines (SIRH), avec une logique d'automatisation et de support des processus. La partie commerciale avec le CRM a ensuite occupé le devant de la scène.

En 2000 c'est la collaboration et le partage au sein de l'entreprise qui a développé le SI en dehors des processus. Aujourd'hui, la transformation "digitale" en cours, pousse encore plus loin l'usage des systèmes d'information vers les clients et les partenaires, via Internet, en exploitant tous les équipements connectés, et en premier lieu les smartphones, mais demain les objets connectés. 
Bizarrement, quand en 2015 "en dehors de l'entreprise" 3 milliards d'individus sont connectés, que certains partagent en ligne leur voiture et leur appartement pour compléter leurs revenus, recherchent un emploi, se forment, voire s'épanchent sur les réseaux sociaux ou tiennent des blogues lus par des milliers de professionnels chaque semaine, l'horloge du SIRH s'est souvent arrêtée 10 ans en arrière à l'automatisation des bulletins de salaires.

Le R de RH a coïncidé avec le celui de l'ERP, (pour Enterprise Ressource Planning), et la simple gestion des "ressources". Les SIRH les plus avancés dématérialisent les documents, mais peu de RH ont mené des projets collaboratifs de fond, ou et le renforcement des compétences numériques des salariés, deux leviers clefs du digital. Où alors ils sont tous très discrets...

La RH pourtant engagée très tôt dans l'informatisation, semble s'être arrêtée à l'automatisation d'une seule de ses deux missions, celle de la gestion administrative des salariés. Puis elle est passée au point mort et semble maintenant regarder passer les autres directions fonctionnelles, le commercial et marketing en tête.

Alors que dans ses attributions, elle anime bien la gestion des ressources humaines, c'est à dire les compétences, la formation, la gestion de carrière pour ne citer que ces parties plus stratégiques de la fonction. Mais peu de systèmes pilotés par les RH exploitent l'informatique, et plus généralement le numérique, pour cela.
Pourtant "l'extérieur de l'entreprise" montre le formidable potentiel des technologies pour développer de nouvelles formes de collaboration et l'intelligence collective. Des formes qui en quelques années ont dépassé le simple stade "social" (Facebook,...) pour en arriver à des modèles de production (RBnB, UberPop,...) impliquant les acteurs dans de véritables entreprises dont ils ne sont pas salariés.

Sans parler des MOOCs (et YouTube) qui reposent de nouvelles bases pour l'éducation et la formation par la vidéo. 

Une transformation numérique qui a été menée par bien peu de DRH, malgré les multiples conférences RH 2.0 ou même 3.0 qui ont pu fleurir ces dernières années. 

Le programme de la prochaine conférence "Digital RH Meeting 2015" en octobre, est d'ailleurs très instructif avec sa keynote sur "Transformer l'entreprise par le collaboratif, mythe ou réalité?". Comment en 2015 peut-on encore se poser cette question en regardant ce qui se passe sur internet autour de nous, et même dans la rue avec des manifestations quand le changement va trop vite?

Une transformation pourtant inéluctable

Et comme c'est souvent le cas quand on ne conduit pas une révolution, elle se produit quand même, mais de façon plus désordonnée et sans contrôle. Le partage et la collaboration dans l'entreprise, se sont donc développés sans pilotage, au travers des outils mis à disposition par la Direction des SI et parfois la Direction de la Communication. 

Que ce soient les réseaux sociaux d'entreprises qui ont permis le développement de communautés internes, les intranets et espaces documentaires pour partager les connaissances, ou le développement de la mobilité et de terminaux permettant au plus grand nombre d'accéder aux emails, la technologie irradie de plus en plus l’entreprise. Finie l'époque où pour communiquer il fallait un PC réservé statutairement aux managers. Et l'email n'est plus la seule forme de communication, à côté des réseaux sociaux et autres messageries instantanées, même si elle reste encore dominante et pas toujours prévue dans les règlements de services mis à jour par les RH... 

Il est donc temps de se préoccuper de "l'efficacité numérique" des salariés, et de la sécurité de leurs données (virus, phishing, faux ordre, piratage...) comme on a pu se soucier auparavant de leur bien être et de leur sécurité dans l'entreprise. Peut être même de ce que l'on commence à appeler la "detox numérique", quand certains font un usage professionnel trop poussé de ces outils. Mais, pitié dans cet ordre! Avant de freiner 5% des excès, stimulons 95% des potentialités.

Et quand ces outils numériques ne sont pas fournis par l'entreprise, la transformation en cours pousse les salariés à utiliser des plateformes externes (Gmail, Facebook,...), souvent les mêmes qu'ils utilisent à titre personnel, car pratiques et simples d’utilisation. Parfois mettant souvent en péril les informations de l'entreprise voire la sécurité du système d'information.

C'est ainsi que les férus de communication vont amener leur propre smartphone en entreprise et travailler avec (tendance dite du BYOD - Bring Your Own Device) et ceux en manque de reconnaissance de leur manager ou des RH, d'aller mettre à jour leurs principales réalisations sur les sites professionnels externes comme LinkedIn/Viadeo ou des blogues spécialisés. 
Car dans le monde digital, le modèle dominant est celui de la reconnaissance par les autres (vous savez le fameux 360° pas toujours mis en oeuvre dans l'entreprise). Les compétences validées par vos pairs dans LinkedIn ont certainement plus de valeur en terme d'employabilité que la potentielle lettre de recommandation que vous pourriez obtenir de votre manager en fin de contrat. 

Vous l'avez compris la révolution numérique est en marche, elle s'appuie sur les femmes et les hommes de l'entreprise, l'une des ressources clefs de celle-ci, et il sera difficile de l'arrêter. Les RH semblent dépassés par cette révolution, mais est-ce que c'est grave docteur? 

Une nouvelle opportunité pour les RH

Pour les entreprises qui vont devoir affronter de jeunes pousses, riches en motivation de leurs salariés, en capital investissement et en idées de ruptures, et qui veulent réinventer leur industrie, cela risque d'être vite un handicap de ne pas pouvoir mobiliser les compétences digitales et l'intelligence collective des salariés.

Car c'est bien sur l'internet que la bataille décisive va être menée dans les années qui arrivent. Et Maurice Lévy, le PDG de Publicis Groupe a lancé un terme pour cela: "se faire uberiser". 

Dans le B2B - échanges entre entreprises - les compétences expertes sont un élément clef dans les processus d'achat et d'influence du marché. Vos blogueurs et autres salariés reconnus et influents dans une sphère technique, peuvent incarner cette expertise de l'entreprise. D'ailleurs on dit bien qu'une entreprise est la somme de ses talents. Mais si ces experts ne sont pas visibles dans le cyberespace, c'est toute l'entreprise qui y sera aussi invisible.

De façon plus générale, pour toutes les entreprises, dans toutes les industries, les cloisons entre l'externe et l'interne tombent. La collaboration s'installe donc aussi à la frontière de l'entreprise. Les compétences collaboratives développées en interne, seront aussi utiles en externe, avec les clients et les partenaires pour répondre aux nouveaux enjeux de la co-compétition. 

La bonne nouvelle pour les RH, c'est que les frontières entre la vie privée et professionnelle se déplacent. Donc leur champ d'influence diminue (paradox !). Là où avant l'entreprise devait former des salariés à l'utilisation des PCs qui n'existaient pas à la maison, maintenant la technologie pré-existe à la maison avant d'entrer dans l'entreprise, comme ce fut le cas pour l'iPhone et les tablettes tactiles. Les salariés sont donc certainement prêts a prendre en charge une partie de l'effort à faire pour leur efficacité numérique et à développer eux même cette meilleure employabilité dans un monde numérique. Tout du moins dans le secteur privé où la garantie de l'emploi n'est pas acquise. 
 
Mais pourquoi l'entreprise ne s'impliquerait-elle pas aussi dans la formation au digital de ses salariés?

Pour rendre les salariés plus efficaces et surtout leur éviter de prendre des risques et leur permettre de bien maîtriser la sécurité informatique. Des certifications simples, supportées par des cours en ligne permanents, sont à mettre en place et à coordonner avec les enjeux de la stratégie digitale de chaque entreprise. En retour, dans leur sphère privée, ils seraient plus sensibles aux risques de perte d'information personnelles et moins vulnérables aux attaques et autres arnaques qui prolifèrent sur internet. 
Et puis si l'entreprise recherche des formes d'organisation du travail plus agiles, le télétravail et le co-working seront certainement des options à revisiter à l'heure de l'ubiquité numérique, mais qui demanderont au préalable l'acquisition de cette maturité numérique partagée. Par ceux qui vont télé-travailler, mais surtout par les autres pour vivre le télétravail comme une nouvelle organisation numérique et pas comme une contrainte. 
 

Une nouvelle entreprise numérique, aux salariés agiles et influents dans le monde digital, et dont les produits numériques sont utilisés par des millions de personnes dans le monde, émerge. Dans ce monde de machines et de logiciels, la mission des RH a encore plus de sens qu'avant: valoriser au mieux le capital humain.
Alors, repassez vite la première!

L'humour de ceux qui aiment le numérique