mercredi 19 octobre 2016

Une semaine chez les GAFAM

Ce fut une semaine chargée pour l'actualité de l'univers numérique que nous construisent les GAFA, devenus GAFAM récemment - rejoints par Microsoft après son rachat de LinkedIn.
Un univers numérique auquel on se connecte de plus en plus avec son smartphone, et dans lequel les GAFAM aimeraient bien que la planète y passe encore plus de temps et soit encore plus en "ambiant", en contact permanent avec eux. L'internet n'a jamais aussi bien porté son nom : la toile...

Cette semaine de nouveaux fils ont été tissés par les GAFAM pour l'agrandir et la densifier, c'est le thème de ce billet.

Lundi 3 octobre

Facebook a annoncé un nouveau volet de sa stratégie avec sa "Marketplace".  Une plateforme de vente et d’achat d’objets entre membres du réseau social. Les Craigslist, eBay ou Amazon, doivent certainement peaufiner leur réponse, car une fois l'internaute pris dans la toile Facebook à échanger et consulter des vidéos, sans surprise Facebook leur propose d'y rester un peu plus longtemps pour leur achats collaboratifs.
Pour l'instant le paiement et la livraison se font en dehors du réseau, mais n'oublions pas que Facebook a lancé en 2015 une plateforme de paiements entre membres du réseau...

Mardi by Google

Ce mardi c'était la conférence "MadeByGoogle". Une nouvelle tentative pour Google, après de multiples échecs (relatifs), d'étendre la toile avec des équipements connectés au plus près du grand public : un nouveau smartphone (Pixel), un assistant vocal dans la maison "Google Home", un casque virtuel le "Daydream View", une nouvelle Chromecast et un routeur wifi.
C'était aussi la refonte de sa stratégie de marque de Google avec un "G" multicolore qui permettra d'identifier ces produits et ne pas les confondre avec ceux qui ont une pomme croquée à la place. Finalement G, déjà utilisée par Gmail, est la première lettre de l'Alphabet ;-)


Cette fois Google met de son côté un nouvel atout que peu d'entreprises ont : ces objets sont connectés à une intelligence artificielle pour doper les capacités d'interactions. À la clef, développer de nouveaux usages qui les ancreraient dans le quotidien des internautes. 

Cette sortie est une attaque frontale d'Amazon Echo, le produit intégrant l'assistante virtuelle Alexa, maintenant disponible en Grande Bretagne depuis quelques semaines. Avec Google Home on pourra obtenir la consultation de base de données externes comme la météo, écouter des morceaux de musique, organiser un rendez-vous,... le tout en langage naturel.
L'extension de la toile a un leitmotiv annoncé pour les GAFAM : être au service des humains pour en faire un monde meilleur. Mais pour l'instant ce sont eux les décideurs de ce qui est bon pour nous. Alors pour que ce soit un peu plus acceptable, l'association qu'ils ont créé pour l'éthique en Intelligence Artificielle a prévu de fixer les gardes fous qui seront respectés par tous. C'est déjà un début...

Reconnaître la voix humaine sera certainement demain une fonction standard dans les systèmes d'information des entreprises en relation avec leurs clients. 

Mais il faudra certainement la payer à l'usage, en s'abonnant aux plateformes des GAFAM ou de quelques autres acteurs très pointus. On voit ici un lien intéressant entre le B2B et le B2C à l'avenir. Les GAFAM testent à grande échelle des fonctionnalités avancées qu'ils rendent ensuite disponibles sur leur plateformes cloud B2B, à disposition des entreprises. Des fonctionnalités d'intelligence artificielle de Microsoft Cortana ou d'IBM Watson sont aujourd'hui déjà disponibles sur Azure ou Bluemix.
Mardi c'était aussi le lancement du salon Microsoft Experiences, avec Satya Nadella sur scène à Paris pour nous parler de sa vision de la transformation digitale : cloud, mobilité, relation client (dont bots) sans oublier la bureautique collaborative. Bref, une transformation qui passe par les nouveaux axes produits de Microsoft que vous aurez tous reconnus. Pour GreenSI Satya Nadella est un visionnaire qui a certainement remis Microsoft sur les rails de l'innovation, mais parfois il se transforme en VRP de luxe qui pitch ce qu'il a sur étagère...

Mercredi, je réinvente ma marque

Mardi et mercredi à Paris c'était aussi le HUBFORUM, pour faire le point sur la transformation digitale des marques et où étaient présents... Google et sa filiale Waze,Microsoft, Amazon ! C'est sûr que quand on contrôle l'accès à des centaines de millions de personnes, on peut facilement le valoriser auprès des marques et des entreprises dans une logique classique de média. 

Mais les marques doivent aussi se réinventer et être là où sont leurs clients. On assiste à une bascule des actions vers moins de "promesses" via les médias et plus d' "expérience" avec leurs clients, ce que permet plus facilement le numérique. Internet n'est pas qu'un média mais bien un monde en expansion à explorer, où il faut suivre ses clients.

Les marques entrent dans l'univers de la donnée et de la relation pour créer des parcours personnalisés et offrir des services intuitifs.Voyages-sncf et Pizza Hut, témoignaient que l'intelligence artificielle et les assistants personnels sont des voies d'avenir à explorer pour créer ces nouvelles expériences. Les grandes entreprises ont finalement les mêmes priorités que les GAFAM.

Jeudi, je découvre la valeur d'une marque

Jeudi a été publié le classement Interbrand de la valeur des marques. Sans surprise Apple, Google et Microsoft continuent de truster les premières places (dans le top 4).

 


Et devinez qui a eu la plus forte croissance ? Amazon et Facebook, le compte est bon !
 

Mais cette année la surprise est venue d'Axa qui fait une belle progression et rentre dans le classement des 100 premières marques et 1ère marque mondiale d'assurance. AXA, qui a depuis plusieurs années amorcé sa transformation digitale, a ouvert ses Labs à travers le monde ces dernières années (Data Innovation Lab à Paris depuis 2014), créé un incubateur d'innovations technologiques,  noué des partenariats stratégiques avec LinkedIn et Facebook, et récolte certainement ici les bénéfices de sa stratégie.

La France a cinq sociétés dans ce classement, toutes des marques de luxe et aucune marque technologique. Ce qui d'ailleurs est cohérent avec le fait que le secteur de la mode et du luxe est très dynamique en France (1.7% du PIB, selon une étude de l'IFM) mais surtout sa contribution à l'économie nationale est plus importante que l'aéronautique ou l'automobile. De quoi certainement alimenter la réflexion sur la pertinence de la stratégie industrielle française, très axée sur l'industrie "hardware" et moins "software".

Jeudi c'était aussi la conférence d'Occulus Rift, la filiale de réalité virtuelle (VR) de Facebook, où Marc Zuckerberg s'est déplacé pour la keynote et pour s'interroger en public. C'était à la manière de Steve Job (qui avait annoncé l'iPad de cette façon), sur le produit VR qui ferait le lien entre le Samsung Gear (sur mobile) et l'Occulus Rift (sur PC "hyper gonflé"), deux produits trop chers pour pouvoir être abordables par tous.

 
Cette question serait le signe d'un produit grand public en préparation, non lié au smartphone ou au PC et abordable ? En tout cas c'est ce dont aurait besoin un Facebook pour étendre sa toile auprès de plus d'utilisateurs, pas tous encore prêts à payer des milliers de dollars pour jouer dans les mondes virtuels que Facebook leur prépare.

Vendredi, David contre Goliath

La société française Nexedi a annoncé ce vendredi sur son blog qu'elle déposait plainte contre Apple !

Elle accuse Apple d'imposer un rapport de force déséquilibré en refusant que d'autres navigateurs puissent être exécutés sur iOS,alors que son moteur WebKit est en retard dans la prise en charge des standards HTML5, ce qui lui impose d'adapter (et de maintenir) son logiciel ERP5 spécifiquement pour Safari/iOS. Elle n'est bien sûr pas seule dans ce cas.

Une bataille qui a donc l'air moins anecdotique qu'il n'y paraît à l'ère du Cloud, puisque le navigateur et sa compatibilité HTML5, conditionnent le développement de tous les portails et applications dans le monde professionnel. L'interdiction par Apple de proposer sur iOS un autre navigateur que le sien est clairement devenue un frein à l'utilisation des produits Apple en entreprise. Mais Apple compte plus sur l'adoption inconditionnelle des partisans de sa marque que sur le respect de standards partagés...

Selon le site HTML5test.com, sur 555 critères de compatibilité, Safari (iOS) obtient une note de 370, très loin derrière Google Chrome(492), Firefox (461) ou même Microsoft Edge (460) qui a fait un "bon de compatibilité" très récemment.  Par exemple, Safari ne reconnaît toujours pas le standard WebRTC qui permet d’utiliser des services de visioconférence, ne supporte pas non plus le format vidéo webm car veut imposer le H.264


Une semaine certainement comme beaucoup d'autres pour les GAFAM, avec une émulation certaine entre eux.
Une semaine qui donne le vertige sur la vitesse d'évolution du monde numérique et des nouveaux territoires qui s'ouvrent sans cesse. Des territoires vierges, où l'expérience utilisateur est essentielle et où les marques se renforcent comme nulle part ailleurs dans le monde réel.
Mais aussi des territoires où il faudra être prudent et décider d'en rejeter certains attributs qui en ferait des prisons. GreenSI a l'optimisme de croire qu'avec le temps, la force est toujours du côté de la multitude, pas des géants qu'elle a elle même créé en leur confiant ses données.

dimanche 29 novembre 2015

Les nouvelles frontieres de la collaboration en entreprise

Quels rôles pour les réseaux sociaux d'entreprise et le collaboratif dans la transformation digitale ?

C'est sur ce thème, et à l'initiative de CCM Benchmark Institut et de la société Lecko, que les principaux éditeurs de solutions collaboratives et les responsables en entreprises de leur mise en place se sont réunis cette semaine. Une occasion pour GreenSI d'échanger sur la vision des nouvelles frontières de la collaboration en entreprise.

Une conférence qui arrive au bon moment, car dans l'effervescence de la transformation digitale avec les clients pour adapter son business modèle, on en oublierait presque que la transformation interne de la collaboration en est une condition nécessaire. D'ailleurs, les premiers Chief Digital Officers (CDO) de Generali, Transdev et Ipsen Pharma sont venu témoigner sur l'importance de la collaboration comme moteur de transformation.

Son allumage n'en reste pas moins délicat, car il est plus lié au travail sur le management et à la culture de l'entreprise qu'à la mise en place de solutions numériques pour délivrer cette digitalisation en interne et en externe.

Mais même si les généralisations de réseaux sociaux en entreprise - RSE - sont encore timides, elles se multiplient et la tendance est clairement de développer de collaboration et d'usages collaboratifs dans l'entreprise. Les retours d'expériences des entreprises présentes à la conférence sont unanimes, jusqu'à JC Decaux qui a remplacé son intranet par son RSE comme point d'entrée de l'information des salariés.

Dans ce contexte, la vision de GreenSI sur les nouvelles frontières de la collaboration pose la question des réserves de carburant qui vont pouvoir booster la puissance de ce moteur collaboratif. Cela pose aussi indirectement la question de la convergence et de l'urbanisation des plateformes collaboratives pour ne pas créer des silos de collaboration contre-productifs. Une question dont la DSI, et les éditeurs, doivent s'emparer.

Pour GreenSI les bonnes questions à se poser dans les 3 prochaines années tournent autour :
  • de la gestion des documents et de la bureautique,
  • du rôle de l'ERP et du CRM dans l'entreprise,
  • de la préparation à la suppression de la frontière entre interne et externe,
  • et de l'émergence de nouvelles formes de collaboration qui boostent la productivité.

La stratégie collaborative doit intégrer les documents

Les réseaux sociaux sont un flux de conversations ou d'informations.

Mais que ce soit en interne, comme en externe, ces conversations commencent ou se terminent souvent par un document. Sur Twitter ou sur Facebook ce sont des photos et des liens vers des articles qui s'échangent. Ces dernières années ont d'ailleurs montré que les commentaires des articles de presse et de blogs (les stocks d'information) diminuaient, car ils se déportaient sur les réseaux sociaux comme avec des vases communicants. Les flux et les stocks d'information sont donc intimement liés dans un espace collaboratif. 
 
Cela se traduit par le fait que les réseaux sociaux d'entreprise doivent se connecter aux bases documentaires et aux espaces de stockage. Quand ce n'est pas le cas ce sera un frein au développement de l'un ou de l'autre.
Les exemples des éditeurs nous confirment cette tendance. Que ce soit Google, Box.net, Dropbox et maintenant Microsoft avec Office365, les conteneurs de documents sont tous devenus collaboratifs.

L'évolution de Microsoft est d'ailleurs intéressante. Pour GreenSI ce n'est pas avec Sharepoint où des milliards ont été investis dans les entreprises depuis 14 ans que Microsoft peut gagner la bataille du collaboratif, mais bien avec l'intégration de Office365, la bureautique dans le Cloud, OneDrive le stockage en ligne, et Yammer le réseau social racheté $1,2 milliards en 2012. Et quand la convergence avec les communications, dont on parle depuis 10 ans, arrivera, avec Skype, autre rachat pertinent de Microsoft.

Google de son côté fait converger tous les documents dans Google+, son interface réseau social, avec récemment  l'ajout des photos.
Ceux qui disent que Google+ est un échec comparé à Facebook manquent certainement cette perspective d'intégration du collaboratif par le social et les abonnements entreprise et stockage dont Google tire déjà une (faible) partie de ses revenus. Les deux réseaux ne jouent pas le même rôle. Facebook de son côté multiplie les applications autonome (et les rachats) - Instagram, Messenger, Whatsapp... - pour capturer de l'audience (et les revenus de la publicité). Mais n'hésitez à partager votre vision dans les commentaires !

Le rôle de l'ERP dans la collaboration


Des années 70 aux années 90s, l'ERP a été le seul outil de collaboration numérique des entreprises qui s'en équipait. Un prospect y devenait un client géré par un autre service, puis une facture gérée également dans un autre département, puis un contact au service après-vente peut être sous-traité... Les processus de l'entreprise modélisés dans les workflow des ERP étaient la forme unique de collaboration.

Le développement des réseaux sociaux, des échanges par mail, du partage de documents bureautiques a créé dans ces outils des processus plus informels, plus improvisés, pour gérer le flux de travail (work flow). Depuis plusieurs années la convergence et l'intégration des ces deux formes de processus, formels et informels, est dans la liste des tâches à faire de l'entreprise.
Quelques éditeurs s'y sont lancés comme dans le CRM ; Salesforce qui a intégré un réseau social Chatter, ou SAP dans les RH qui a acheté et intégré Success Facors. Mais force est de constater que l'ERP collaboratif 2.0 est encore une Arlésienne et que l'ERP est loin d'être déployé pour tous les salariés.

Cela prendra donc certainement plus de temps et ouvre des opportunités aux éditeurs qui sauront offrir simplement ces fonctionnalités, peut-être en sortant les processus de l'ERP les uns après les autres. Comme on peut le voir avec le développement de solutions très spécialisées (gestion des salariés, gestion du recouvrement...) et très collaboratives en SaaS.

La suppression de la frontière entre interne et externe

La porosité entre vie privée et vie professionnelle, entre équipement personnel (BYOD) et équipement fourni par l'entreprise,  entre clients et fournisseurs dans l'économie collaborative [...] montrent une tendance forte vers la suppression des frontières claires entre l'interne et l'externe de l'entreprise. Une tendance qui va forcément impacter la collaboration EN entreprise, puisque dans certains domaines elle va devenir une collaboration ENTRE entreprises, voire EN DEHORS de l'entreprise.

L'open innovation appelée à la rescousse quand l'entreprise peine à innover, en invitant les clients, les partenaires et même d'autres entreprises à innover ensemble, montre bien le besoin de gérer cette collaboration sans frontière. Bien sûr il y aura toujours des domaines "privés" mais la majorité seront "ouverts". La gestion des droits et de la sécurité ne se contentera donc plus de gérer le "poste frontière" mais devra, par analogie, s'adapter comme l'Europe a du le faire avec la mise en place des accords de Schengen.

Etes-vous prêts a accueillir des externes sur votre réseau social interne?
Etes-vous prêts à mobiliser vos salariés sur les réseaux sociaux externes ?

En masse ?  Les réponses a ces trois questions sont essentielles dans votre transformation digitale. Dans ce contexte, on comprend pourquoi les deux prochains acteurs cherchant a se positionner sur les réseaux sociaux d'entreprise sont Facebook et LinkedIn !

Facebook a annoncé FB@Work pour les entreprises, actuellement en beta test auprès de pilotes dont Lagardère Active en France. Son succès dépendra du modèle économique gratuit ou payant. Mais GreenSI croit beaucoup plus a la prochaine initiative de LinkedIn, un acteur déjà très pertinent avec Pulse, son système de partage d'articles qui permet les conversations, sur le fixe et le mobile, et qui doit proposer début 2016 une offre pour les entreprises qui souhaiteraient utiliser LinkedIn comme réseau social interne. Une bonne idée quand, dans certains secteurs, certainement plus de 90% des salariés sont déjà inscrits sur LinkedIn...

L'émergence de nouvelles formes de collaboration

En 2012 le logo de la société Azendoo, éditeur d'une solution de collaboration était "zen". Zen, comme Zéro Email Network, le projet de suppression des emails lancé par Thierry Breton chez Atos. Mais trois ans plus tard, on ne parle plus trop de supprimer les emails, et la productivité des outils passe au premier plan. Maintenant, il faut abattre des tâches et cocher la petit case qui dit "fait".
C'est devenu le véritable objet la collaboration ! Finis la zénitude et le bien-être apportés par des discussions autour d'un café ? ;-)

Avec Github, le lieu où se fabrique le logiciel, comme dit le slogan, les développeurs ont amené à l'entreprise ce focus sur les choses biens faites et à plusieurs. Plus de 20 ans d'expérience dans l'open source sont passés par là, et l'entreprise ne les remerciera jamais assez pour le renouveau qu'ils amènent. Depuis, des méthodes agiles et d'amélioration ou de livraison en continu, ont aussi amené leur nouveaux outils collaboratifs taillés pour la performance. Que ce soit en amont pour traiter les exigences, le développement ou même ce que l'on commence a appeler "DevOps".

Une autre caractéristique de ces nouveaux outils, c'est leur recherche systématique de l'intégration et de l'ouverture. Et là on retrouve une autre tendance que GreenSI connait bien, celle des API, des micro-services et des eco-systèmes.
Azendoo par exemple vous propose donc de relier votre compte Box.net ou Evernote à sa plateforme pour faire ce lien entre stock de documents (chez Box) et flux de conversation (chez Azendoo) dont on parlait un peu avant.

Ouverte, productive et intelligente, la plateforme de demain ?


Et si finalement l'outil collaboratif de demain c'est vous qui l'assembliez?

Dans le domaine de la communication, c'est ce que propose #Slack, un outil permettant de connecter toutes ses sources d'information et d'y associer des règles, comme le fait également IFTTT dont GreenSI parle souvent. Par exemple, vous pouvez initier automatiquement une conversation quand un ticket de support change d'état ou qu'un tweet sollicite votre assistance. On est dans le domaine de la collaboration pour la productivité et la maîtrise du flux d'information, dans un monde ou ce flux croît de façon exponentielle.
C'est donc certainement ça le prochain développement: celui de l'intelligence artificielle qui va scanner pour vous l'information pertinente, incluant celle qui sera générée par les objets connectés dont le nombre explose, celle dans les réseaux sociaux internes et externes, et vous assister dans votre collaboration.

Cette analyse intelligente prendra en charge des tâches que vous lui confiez, comme le font les premiers assistant personnels qui se développent dans les startups en Californie et devraient arriver en Europe.

Au delà de Siri d'Apple et de Google Now, qui traitent déjà l'information, ces nouveaux assistant pourront exécuter des tâches simples pour vous, comme réserver un restaurant, appeler un taxi ou déplacer un rendez-vous.

Facebook a par exemple annoncé "M" (photo), via David Marcus, fondateur de Paypal maintenant chez Facebook, un assistant qui sera intégré à Messenger. Le modèle des conciergeries, mais avec un robot intelligent à l'autre bout. 

Les RSE ont donc ouvert la voie à la collaboration en entreprise, et vont continuer à se développer. Mais la frontière de la collaboration se déplace et même disparaît, laissant de multiples combinaisons venir occuper ce champ libre ; et déjà des communautés transverses s'organisent autour d'une plus grande efficacité. Demain les robots, logiciels ou physiques, seront aussi des parties prenantes de la collaboration en entreprise.

Pas de doute, la collaboration est bien un volet de la transformation digitale de l'entreprise et interagiront naturellement avec les collaborateurs.
Pour accéder aux slides de ma présentation c'est par ici : slideshare

dimanche 12 avril 2015

Décodage de l'actu - 01Business 10 avril 2015

Décodage de l'actualité de la semaine avec les 40 ans de Microsoft, l'occasion de faire le point sur les évolutions de l'informatique.

Avec Pascal Samama rédacteur en chef de 01Business et Fréderic Simottel sur BFM Business.

dimanche 16 novembre 2014

La guerre des CIOs (Episode IV)

Résumé de l'introduction (billet précédent): Digital Business, la nouvelle économie des applications

Hasard de calendrier, des deux côtés de l'Atlantique, au Gartner Symposium/ITExpo à Barcelone et au CAWorld à Las Vegas, on nous annonce la même semaine, études et présentations à l'appui, l'arrivée du Digital Business: l'économie des applications.
L'arrivée massive des objets connectés et l'accélération des initiatives numériques déjà engagées, font que les DSI vont devoir penser "Digital First" et remettre le logiciel (Software) dans leurs priorités. Il est, et il sera, de plus en plus différenciant dans la transformation numérique. Et avec lui les architectures du SI, et même le développement, qu'on pensait avoir sous-traité une bonne fois pour toutes a des ateliers Indiens ou Chinois.

Tout a commencé avec la guerre des CIOs... une guerre pour la survie du DSI dans un monde digital.

Dans ce contexte, la planète DSI est loin d'être sur une orbite tranquille de la galaxie.

Une nouvelle ère pour le SI

L'entreprise lui demande de développer de plus en plus rapidement, de nouvelles applications, sur de nouvelles plateformes, mobiles et non toujours administrées par la DSI. Direction du Marketing et de la Communication, en profitent pour s'émanciper. Mais ce ne sera qu'une courte échappée, qui se terminera dans un trou noir, car il leur manque la culture de plateforme et les compétences d'avenir, comme on va le voir dans ce billet.

Sites mobiles ou applications natives? La réponse à cette question est rendue complexe par la croissance du nombre de terminaux et d'interfaces hommes-machines. Les deux en fait, mais cette réponse n'a de limite que celle des budgets de plus en plus contraints.

Des budgets qui pour Gartner (enquête auprès de 2810 CIOs dans 84 pays) ne que vont croître nominalement que de 1%, ce qui en intégrant une inflation négative sur les matériels, représente un accroissement de l'ordre de 2,6% en pouvoir d'achat par rapport à 2014. Autrement dit, pas de quoi engager une refonte en profondeur...

Et pourtant nous entrons dans la 3em Ere de l'informatique d'entreprise.
Une ère où le SI n'est plus qu'un outil d'industrialisation mais est devenu un outil de croissance, de différenciation et d'innovation. Il faudra donc dégager d'importante marges de manoeuvres dans l'existant pour financer cette transition.


La donnée devient le centre des nouvelles architectures ouvertes

La DSI va devoir explorer les mines de données du SI, grâce à des algorithmes logiciels performant, et permettre à l‘entreprise de prendre les bonnes décisions, en chaque point de contacts avec les clients.

Des points de contacts avec le client... mais aussi avec le SI.

Qui incluront progressivement de nouveaux automates, à l'image des nouvelles agences bancaires, de nouvelles chaînes logistiques et des objets connectés, qui vont proliférer dans le domicile, dans les magasins et dans la ville connectée.

Fini le reporting multi-canal tourné vers le passé, les données doivent maintenant prédire l'avenir, quitte a ce qu'elles soient complétées par des données venant en temps réel de l'extérieur de l'entreprise et de ses traditionnels entrepôts en silos. Je vois déjà les responsables de la sécurité tousser... 

Enfin, la DSI doit aussi contribuer à l'objectif d’innovation amenée par le numérique dans l‘entreprise et surtout par l'ouverture de son SI (open data, open innovation, open source...) et ses interactions avec le nouvel écosystème qui se créé autour de cette ouverture.

Ces deux idées, architecture et relations numériques autour de la data, ont été parfaitement illustrées cette semaine, lors de la conférence de Microsoft pour le premier déplacement en France de Satya Nadella, son nouveau CEO (d'ailleurs que GreenSI a trouvé très charismatique).

Car même Microsoft doit s'adapter et se transformer.  
Et Satya Nadella, en "Chief Transformation Officer", n'a qu'un mot d'ordre: "Mobile First, Cloud First". Une façon pour Microsoft de revendiquer le futur rôle de leader sur ces plateformes numériques que les entreprises vont mettre en place pour s'adapter au digital, incluant la collaboration interne des agents de l'entreprise. Exit la stratégie grand public et la filialisation de la Xbox? A suivre...

Mais cette conférence a aussi été l'occasion de deux témoignages d'entreprises françaises confrontées à la mondialisation de l'internet et qui ont déjà entamé les premières batailles de cette "Guerre des CIOs". 

Accor y a expliqué comment il a été réveillé par les nouveaux acteurs du marché. Ceux souvent cités dans GreenSI comme disruptifs, que sont par exemple Booking.com ou Hotels.com des agrégateur de nuitées ou AirBnB le site de location entre particuliers, apôtre de l'économie du partage.

Là où Accord était centré sur la force de ses marques et sur ses hôtels (accueil, check-in, chek-out) qui semblaient imprenables, eux sont allé chercher le client avec leur SI, bien en amont, dans les moteurs de recherche ou directement sur son mobile dans le taxi avant l'hotel. Ils ont fait de la préparation du voyage et de se réservation un atout, compensant la faiblesse de leur marque, qu'ils ont réussi à construire en quelques années seulement (et quelques levées de fonds).

Cela illustre parfaitement l'augmentation du nombre de points de contacts pour l'entreprise. Il ne s'agit pas uniquement de ceux qu'a déjà l'entreprise et qu'il faut numériser, mais bien d'imaginer de nouveaux points de contacts, pour enrichir l'expérience client avec le numérique.

Accord a mis en place 8 programmes de transformation digitale, dont un sur l'infrastructure, un sur les données et quatre sur le front office de la relation numérique avec les clients.

De son côté, Hervé Coureil, DG en charge des SI chez Schneider Electric, a lui décliné sa stratégie IT 2020, avec notamment une infrastructure d'ouverture d'APIs (Intégration Framework) pour y exposer les capacités de sa société, à un tout nouvel écosystème de l'optimisation énergétique, et faire le lien entre le monde digital et mobile, et les applications existantes.
 
Autre exemple, le SI dans le Cloud de Nest, le thermostat connecté souvent abordé dans les articles "DSI@Home" est un bon exemple pour comprendre cette ouverture. Depuis son rachat par Google, l'ensemble de ses API ont été ouvertes et sont exposées à tout un ecosystème qui va développer d'autres applications en s'appuyant sur les données collectées par Nest. Schneider Electric a certainement aussi été réveillée par les nouveaux acteurs agiles de la performance énergétique...

Pendant ce temps à Las Vegas, CA Technologies annonce une évolution de sa plateforme de gestion des APIs (acquisition du canadien Level7 en 2013) pour mieux y intégrer le mobile et la sécurité. Le portail API pour développeurs de CA, est maintenant disponible en SaaS, offrant la possibilité à tous les SI de s'engouffrer de façon sécurisée, vers ces plateformes API. Pour leurs propres applications ou pour celles de leur écosystème.

Une nouvelle gouvernance pour le SI

Tout cela n'est pas sans demander au DSI lui même d'adopter un nouveau style de management.

75% des DSI interrogés par Gartner savent qu'ils vont devoir le faire dans les 3 ans. Ils vont devoir déplacer leurs priorités, du "legacy" qui absorbe la majorité des budgets, au Digital. Pas uniquement avec de nouveaux projets, mais faire preuve de plus de Vision que de contrôle pour conduire leur troupes et leurs fournisseurs. (Présentation de l'agenda du DSI pour 2015 par Dave Aron que vous trouverez sur le site du Gartner). Et j'ajouterai même qu'il faut qu'ils continuent de lire GreenSI chaque semaine ;-)

 Ce management va reposer les bases de l'appréhension et de la gestion des risques SI. Dans le digital, le risque est accepté et les méthodes ne cherchent pas à l'éradiquer mais à en limiter les effets. Notamment par l'agilité et le test à petit échelle, le plus vite possible, puis le déploiement rapide à grande échelle.

Le risque est bon! Car il amène des raccourcis et de la vitesse dont l'entreprise a besoin (je sens certains défaillir...) Donc, oui, l'entreprise numérique et son SI agile sont fragiles, et ce fut un débat intéressant sur Twitter pendant la keynote de Gartner quand les DSI étaient appelé à "embracer" ce nouveau et complexe risque digital.
 
Le monde actuel de l'entreprise est risqué et fragile (incendie dans un entrepôt physique, stabilité politique, cours des matières premières...) mais l'entreprise a développé des parades (assurances, instruments financiers,...). 

Dans ce nouveau monde digital, il faudra aussi développer les nouveaux moyens pour couvrir ces nouveaux risques. Tout doit être repensé, des offres des fournisseurs aux offres d'assurance qui vont émerger.

Ce qui amène GreenSI a penser qu'au delà du style de management du DSI, la gouvernance complète de la DSI sera en forte évolution dans les années à venir, car elle prend l'eau de toutes parts... risques, agilité, contrôle, maitrise d'ouvrage, ...

Alors comment absorber ce choc de transformation tout en maintenant l'existant et même y dégager des marges de manoeuvre pour financer la 3eme ère du SI?

Le SI doit se scinder en deux: Solide + Agile

Une partie infrastructure "solide comme un rock" et une partie "liquide" (agile) et dynamique.

Le SI a une double nature ("Bimodal IT" pour Gartner). La réussite dans un monde numérique demande de mettre en place cette agilité, tout en recentrant et renforçant une solide infrastructure. Ces deux parties du SI n'ont pas les mêmes contraintes, règles et méthodes.

C'est d'ailleurs un discours très proche qu'a tenu Hervé Coureil de Schneider Electric à la conférence de Microsoft, en parlant d'un "Framework d'expérimentation" qui héberge les initiatives du digital, et des projets d'entreprise plus transverses et plus structurants.

Quelles composants et quelles applications mettre dans chaque partie?

Cela dépend des entreprises et franchement les discussions avec d'autres DSI m'ont confirmé que ce n'est pas très clair. Un ERP bien construit (data, mobile) et bien exploité (cloud) peut être différenciant et accélerer un rythme d'acquisitions de sociétés (donc de développement business), alors qu'un site Internet pour gérer les congés de ses salariés partout dans le monde, mais non compatible avec les navigateur récents, ne l'est pas et serait dans la partie "solide" à optimiser.

Quoi qu'il en soit, on retrouvera ici un sujet déjà évoqué avec le changement de stratégie de Facebook (Gestion de l'infra: Facebook et DSI même combat) et cela tord le cou au mythe du SI unique et homogène, souvent l'hypothèse fondatrice de la gouvernance du SI.

Bienvenue au Chief Engineering Officer

Au moment où en France les nouvelles ESN (Entreprises de Service Numériques) abandonnent le terme SSII, et notamment le I qui veut dire Ingénierie, n'est t-il pas temps pour la DSI de s'en emparer et de reprendre son rôle d'intégrateur de services, d'ingénieur du SI. Tous, ingénieurs du SI. Une toute nouvelle perspective et pas du simple marketing si elle est traduite dans les faits, comme cela va demander de le faire avec ces nouvelles architectures ouvertes. 

Certains parlent de broker, mais pour GreenSI ce terme ne renvoie pas assez à la construction. Ingénieur, lui est un vocable qui renvoi à la construction, à la conception de systèmes, à l'innovation, à la créativité et la robustesse. Les caractéristiques recherchées dans ce monde numérique et que la DSI avait écarté au profit du contrôle et du "zéro risk".

Bienvenue aux Chief Engineering Officers
Des DSI qui vont faire entrer leur SI dans la 3eme ère, en travaillant sur sa double nature et en adaptant son management au monde digital. Cette transformation semble la seule issue pour gagner cette première bataille de la Guerre des CIOs. Rares seront les Directions Marketing qui auront suent développer ces compétences et préfèreront faire alliance avec les DSI pour attaquer la suite de la transformation.
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Ne ratez pas la semaine prochaine l'épisode V : l'usine à logiciels, contre-attaque. Ce sera le développement de cette nouvelle gouvernance et en son coeur DevOps, sujet cher à GreenSI, qui a mis en France ses projecteurs dessus en début d'année.
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lundi 13 octobre 2014

Mais où sont donc passées les geekettes?

Si vous lisez cet article sur GreenSI, il y entre 7 et 9 chances sur 10 pour que vous soyez un homme!
Tout simplement parce que c'est l'ordre de grandeur du nombre de femmes dans l'industrie informatique en France, mais aussi de l'autre côté de l'Atlantique.

Mais où sont donc passées les geekettes?

GreenSI est allé en rencontrer à la remise des trophées Excellencia. Une initiative de Syntec Numérique (commission intitulée Femmes du Numérique), et de l’EPITA, école d’ingénieurs dont le Président Joel Courtois se désespère de ne pas avoir plus de 7% d'étudiantes acceptées à l'entrée. Un score que l'on retrouve dans la majorité des meilleures écoles d'ingénieurs avec des débouchés dans l'informatique (11%) si on en croit le classement de la revue l'Etudiant. Les scores les plus élevés sont à 16-20%.

Ce qui explique la difficulté, 5 ans plus tard, de recruter des jeunes diplômées dans notre filière et donc dans les effectifs des ESN (services, éditeurs, hébergement...). Elles ne seraient que 30% dans les Entreprises de Services Numériques. Ceux qui souhaitent consulter une analyse plus détaillée, se reporteront à l'étude très complète du Cigref publiée l'an dernier (PDF).

Ce trophée a donc comme objectif d'attirer les jeunes femmes dans le numérique, de briser les stéréotypes, et de faire prendre conscience que les métiers des nouvelles technologies sont aussi une opportunité d'avenir pour les femmes.
 
D'ailleurs quand on parle de stéréotypes, en cherchant des images dans Google avec le mot "geekette", on y trouve plus de filles déguisées en héroïnes de jeux vidéos masculins, quand ce n'est pas en manettes de jeux, que de professionnelles de l'informatique. Il y a encore du boulot...



Mais pourquoi donc des femmes dans le numérique?

Vu de GreenSI la réponse est assez triviale: augmenter mécaniquement le nombre de lecteurs!

Mais au delà de l'humour, tout simplement parce que le numérique manque de candidats  tous sexes confondus, et que la Commission Européenne pronostique une pénurie de compétences qui laisserait un million de postes vacants en Europe d’ici à 2020. Alors pourquoi se priver d'un vivier de talents juste parce que nos métiers ne sont pas connus ou que les préjugés sont coriaces?

Et puis l'histoire a montré que certaines femmes avaient été déterminantes dans le développement de cette industrie. Pour ne citer que Grace Hopper conceptrice dans les années 50s du langage COBOL et du premier compilateur. Une informaticienne issue des mathématiques (Doctorat à la prestigieuse Université de Yale) qui rappelle les liens étroits, au début de l'informatique, entre ces deux disciplines.

Mais en 2014, plus besoin d'avoir une licence en mathématiques pour faire de l'informatique. Même si la filière ingénieur domine encore certainement, les origines des professionnels sont diverses. Il n'y a qu'a faire un tour sur LinkedIn pour s'en convaincre.

D'ailleurs, fin des années 1980, la pénurie d'élèves ingénieurs liée à la croissance forte des SSII (et de salaires d'embauche plus beaucoup plus élevés) avait même conduit des promos entières d'ingénieurs agronomes a se reconvertir dans les systèmes d'information et à quitter leur aspirations pour la biologie.

Depuis, les femmes ont atteint le sommet des DSI. Même les plus grandes dans le privé (GDF SUEZ), ou dans le public (CUB, CNIL). Et la DSI de l'année 2011 en France, Pascale Avarguès (Ville de Bordeaux), a aussi été reconnue DSI de l'année au niveau européen. Titre remis par Neelie Kroes, autre femme et ex-Commissaire Européen en charge de la société numérique. Terminons pas nos deux Secrétaires d'Etats à l'Economie Numérique, successives, Fleur Pellerin et Axelle Lemaire.

La qualité est donc là, c'est la quantité qui pose problème.

Et c'est certainement une chance, que dans les tendances qui impactent la DSI, on trouve le rapprochement avec le marketing, pour la conception des produits numériques, et le rapprochement avec la communication, pour pilotage des relations numériques - internes et externes - de l'entreprise sociale. Marketing, Communication, deux secteurs qui attirent plus les étudiantes que l'informatique, mais qui finalement, via un chemin détourné, pourraient amener ces talents a œuvrer in fine pour l'entreprise numérique.

Continuons donc à encourager l'attrait pour la filière SI, mais n'oublions pas d'élargir le champ au numérique tout entier, au delà des chefs de projets et des développeurs.

Il reste la question des salaires.

Une question qui n'a rien de spécifique à l'informatique, puisque pour l'INSEE, les hommes perçoivent en moyenne un salaire supérieur de 25 % (en équivalent temps plein) à celui des femmes. 

Une question qui a été posée cette semaine au CEO de Microsoft, Satya Nadella, lors d'une conférence pour la promotion des femmes dans les métiers de l'informatique (la Grace Hopper Celebration of Women in Computing) : Quel conseil donneriez-vous à une femme qui veut une augmentation? La réponse de Satya, de penser que le "système" détecterait sa compétence et d'attendre sagement une augmentation, n'a pas convaincu. Elle a même enflammée Twitter. Car justement il y a un biais dans le système, que les femmes qui assistaient à cette conférence, voudraient bien changer.

Ce qui a conduit le patron de Microsoft a s'excuser après coup sur Twitter ("Notre industrie doit combler le fossé entre les salaires des hommes et des femmes") et d'envoyer un email de clarification a toutes ses salariées avant de partir en week-end.
 
Remercions-le!
Car, outre d'avoir donné une partie de son temps précieux a cette conférence, il aura involontairement aidé a faire un peu bouger les choses dans la Silicon Valley, et même chez Microsoft qui n'affiche que 17,1% de femmes et aucune dans le top management. Un chiffre faible, comme dans beaucoup de sociétés d'informatique aux Etats-Unis, même si encore une fois la qualité montre la voie avec Meg Whitman (CEO HP) ou Marisa Meyer (CEO Yahoo!), mais la quantité ne suit pas.

Alors chères lectrices de GreenSI, vous êtes toutes fortement encouragées en cette fin d'année, a montrer votre contribution essentielle aux systèmes d'information de votre entreprise et à aller de ce pas, réclamer une augmentation à votre patron!Car visiblement de l'attendre ne suffit pas.
 

Mais n'oubliez pas aussi de parler de GreenSI à vos copines :-) 

samedi 4 octobre 2014

lundi 14 juillet 2014

La fenêtre Windows se referme dans la stratégie de Microsoft


En janvier 2014, Windows 8 atteignait les 10% de parts de marché sur les postes de travail, seulement 4 mois après son lancement, et ZDnet posait en mars la question d'un vrai départ pour les DSI avec la version 8.1. Cela pouvait donc laisser l'impression d'une fusée qui avait trouvée sa trajectoire de satellisation, même si GreenSI restait très prudent, compte tenu des nombreux projets de DSI en cours, de bascule sous Windows 7 et non Windows 8.

Mais 6 mois plus tard, les chiffres publiés la semaine dernière, montrent un ralentissement qui présage a court terme une satellisation de la fusée Windows 8 sur une orbite autour de 20% de parts de marchés, pas plus, certainement très en deçà des attentes de Microsoft.

Et côté OS mobile, la domination d'Android et d'iOS est bien établie et sera difficilement retournable dans les 2 ans. On est donc loin de la cible de l'OS unifié PC, tablette, téléphone, console (Xbox) annoncée en 2013, quand Apple et Google arrivent eux à une plus grande convergence entre tous ces terminaux connectés.



En fait, Windows 8 a une trajectoire qui ressemble beaucoup à Vista.

Cette version malheureuse de Windows, très gourmande en ressources, que les entreprises ont vite oubliée pour rester sur XP (très stable) ou attendre pour passer ensuite sur Windows7. Aujourd'hui Microsoft paye encore la "facture Vista", car XP fait de la résistance autour de 20%, malgré la fin de support annoncée et l'apocalypse que nous prédit les éditeurs de logiciel anti-virus.

Mais surtout parce que Windows 7 continue de s'étendre, notamment dans les entreprises.

Si en complément des parts de marchés de juin 2014 on regarde le volume de recherches sur Google, qui pourrait indiquer la recherche d'information pour préparer des projets futurs, on n'y décèle pas non plus de rebond. Bien au contraire, on y retrouve la courbe classique de toutes les versions de Windows, comme celle de Vista, mais avec une durée de vie qui pour GreenSI ne dépasserait pas 3 ans...




Il faut donc s'adapter à la fragmentation de Windows

La première conséquence pour les DSI c'est que nous allons devoir nous habituer à vivre dans un monde Windows hétérogène, XP, Win7 et Win8.

On s'en doutait déjà, mais maintenant on a plus aucun espoir que cela ne change avant fin 2015. Sans compter les tentatives d'Apple, qui ne manquera pas de rappeler aux entreprises la puissance de ses machines notamment pour le développement. Et les annonces d'une pré-version de Windows 9 pour la rentrée ne vont pas aider à y voir plus clair dans les versions de Windows.
 
Après Androïd sur les smartphones on va devoir intégrer la fragmentation de Windows dans les développements et la maintenance des applications.

Alors quand Satya Nadella, le nouveau CEO de Microsoft qui a remplacé Steve Balmer il y a peine 4 mois, annonce a ses salariés cette semaine, dans un email publié sur le site officiel de Microsoft, que Microsoft est la compagnie de la plateforme et de la productivité dans un monde "mobile et cloud", GreenSI n'est pas surpris qu'il se soit bien gardé d'utiliser le mot "Windows".
Les lecteurs de GreenSI ne seront pas non plus surpris par la vision de l'avenir: Cloud, Mobile et Social.

 

Pour toucher un large public et réussir dans cette nouvelle voie "Mobile-first", Microsoft ne peut plus compter uniquement sur Windows.  

La stratégie de Microsoft va donc être très simple a partir de maintenant et rappellera celle de Google ou de startups comme Evernote : être présents avec ses logiciels sur toutes les plateformes. Une révolution, peut être passée inaperçue, et qui a commencée avec un premier pas dans le sens de l'interopérabilité sous l'ère Steve Balmer. 

En parlant d'Evernote, on peut aussi citer Azendoo, la startup Bordelaise membre de la #FrenchTech et partenaire d'Evernote qui veut simplifier le travail d'équipe et que GreenSI aime beaucoup. C'est le "Do" de la productivité (quoi faire) quand Evernote se définit comme le "Know" (la mémoire de l'éléphant pour tout stocker et tout retrouver). Ils ont trouvé comment associer une gestion de tâches et un mur social (Microsof a Yammer racheté l'an dernier) avec Evernote (Microsoft a OneNote dont la prochaine version arrive) et Skype (racheté par Microsoft) pour en faire une plateforme de productivité des équipes et des projets, et bien sûr aussi en mobilité.

Des stratégies de productivité des salariés très ciblées qui s'attaquent a des géants comme Google, et qui sont aussi très éclairantes sur le chemin à parcourir par Microsoft avec Office.

Côté serveur la stratégie de Microsoft est d'une certaine façon plus simple, avec les applications et les infrastructures qui vont converger dans "Azure". Mais Microsoft n'est pas le premier à y penser et la concurrence avec Google, SAP ou IBM sera rude. Sans oublier que la stratégie "mobile first" doit aussi repenser les applications (Dynamics, Navision...) pour le mobile, comme GreenSI l'a déjà illustré dans un de ses billets (Mobile first, mettez de la magie dans vos développements).

C'est peut-être une perspective qui conforte les rumeurs d'un prochain téléphone Nokia (acheté par Microsoft) sous Android, ou d'accès aux applications Android par les Windows Phones.

Alliance dans les objets connectés

Avec cet éclairage on comprend aussi mieux l'annonce de Microsoft de rejoindre l'alliance AllSeen Alliance, le consortium mené par Qualcomm et une cinquantaine d'autres entreprises technologiques notamment des fabricants (Panasonic, LG Electronics, Sharp...), pour établir des normes autour des objets connectés dans la maison, mais aussi ceux portés par les salariés (montres, bracelets, lunettes...).
Ne pas rater l'internet des objets, après avoir sous estimé la transformation du "Cloud" et du "Mobile", semble être aussi le leitmotiv de Microsoft. Un enjeu qui mérite bien de participer à la "messe" autour de l'open source AllJoyn d'interconnexion entre les appareils ("a common language for the Internet of Everyhting"), et de ne pas miser que sur un nouveau Windows pour les objets connectés, comme annoncé à la conférence BUILD il y a 3 mois. 

Une stratégie d'alliance opposée à celle d'Intel, le compagnon historique du succès de Microsoft (avec la plateforme "Wintel") qui décide de faire cavalier seul avec sa plateforme propriétaire pour les objets connectés Intel Intelligent Systems, qu'il cherche à promouvoir auprès de la communauté des développeurs.

On devrait en savoir plus le 22 juillet sur la stratégie de Microsoft avec l'annonce des résultats, car la baisse de Windows (si elle est confirmée) devrait se traduire par une baisse des revenus et surtout de la marge. Certains annoncent même un plan de restructuration pour concentrer les ressources vers cette nouvelle stratégie. A suivre...

Mais en attendant, oubliez donc la version unique de Windows et bienvenue dans un monde connecté où Windows n'est plus qu'une petite fenêtre sur une partie du monde numérique. Pour le meilleur ou pour le pire, car finalement c'était quand même plus reposant un monde hégémonique avec une seule fenêtre...

samedi 22 mars 2014

Fin du support XP: une étincelle anachronique qui peut réveiller les DSI ?

Le 8 avril 2014 Microsoft mettra fin au contrat de support de l'OS qui a connu le plus grand succès de la gamme Windows depuis 1983, ne manquant pourtant pas de prétendants, et ce après 12 ans de bons et loyaux services :
Windows XP. 


En tant que DSI, on peut se demander en regardant dans le rétroviseur (article de Wikipedia très bien fait sur le sujet), si on avait finalement besoin d'autant de version d'OS et si finalement 1 version tous les 7-10 ans n'était pas suffisante: Win 3.1 / Win 98 / Win XP / Win 7.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/timeline/2bc6bcb010e8a812b00a97c0c9a44a1e.png


La réponse est certainement oui avec beaucoup d'énergie et d'argent qui aurait été économisés par toute une industrie qui a passé son temps à s'adapter aux versions d'OS.

Et GreenSI pense d'ailleurs (heureusement) qu'aucun DSI n'a installé successivement toutes les versions de Windows sur les parcs de son entreprise.  La plus boycottée étant Vista, ce n'était pas une décision difficile a prendre quand il fallait expliquer à la DG qu'on devait changer tous les PCS qui n'avaient pas assez de mémoire ou de disque. 

A un moment ou l'OS est en train de conquérir la voiture, et demain la domotique, après avoir conquis la téléphonie, il est peut-être temps de faire un retour d'expérience sur ces 40 ans d'aventure Windows.

Pourquoi changer d'OS?

Quand on change d'OS, quel est le bénéfice pour l'entreprise?
Pas facile a apprécier ni a expliquer dans le cas général et encore moins dans les cas particuliers comme ce bon vieux PC qui supervise une machine industrielle depuis 12 ans sans aucun problème, ou qui affiche les horaires dans les gares, et qu'il suffit de rebouter en cas de problème.


Si le PC n'avait pas existé, est-ce que les industriels n'auraient pas fait des systèmes pour réaliser les mêmes fonctions, plus fiables, plus longtemps? Car 12 ans c'est un exploit en informatique de nos jours (pas il y a 30 ans) mais quelque chose de normal dans l'industrie.
Vous connaissez le RaspberryPI ? C'est une réalité a moins de $50 qui tourne sur Linux et "fait le job" comme on dit à Montréal. On a plus besoin de mettre des PC partout !


C'est peut-être pour cela qu'il reste entre 16% et25% (selon les estimations) de PC sous XP. Et pas besoin de Win7 pour les faire tourner, encore moins de Win8, pensé pour de nouveaux usages. Et si Microsoft était en train de faire une erreur stratégique en ratant l'OS de pilotage des machines, fiable, robuste et peu gourmand ?.


C'est pourquoi le changement d'OS est facilité quand il y a au moins un bénéfice utilisateur a défaut d'un bénéfice métier. 

Microsoft l'a bien compris et a souvent essayé de pousser un nouvel Office avec un nouvel OS. La fin du support Office 2003 le 8 avril, n'est pas un hasard. Et pourtant Office 2003 est largement suffisant pour la majorité des usages en entreprise. Mais à défaut de vendre un nouvel OS, vendez le nouvel Office, ce sont les instructions implicites de Microsoft aux DSI.

Ce jeu de la "course à toujours plus", même si le "plus" n'est pas utilisé, et qui a eu son sens avec le duo Windows+Intel quand le progrès n'était qu'une question de puissance, est pourtant terminé.

Game is over !

Et ne pensez pas qu'il vous reste encore une vie à jouer.
  1. D'abord les utilisateurs rêvent de tablettes, de smartphone, et voudraient qu'une partie des fonctionnalités du PCs y basculent. Alors leur remplacer leur application SuperCompta sous XP par SuperCompta sous Windows 7, ce n'est pas très existant. Franchement !

  2. Pourquoi alors ne pas basculer sur Windows8, système tactile dual avec tablettes à la clef ? Et bien Microsoft a trop tardé et raté le départ. Et donc pour le DSI le risque d'être le premier à basculer tout un parc de milliers de machines sous Windows 8 est réel. Sans compter que Microsoft parle déjà de Windows9 ce qui n'incite pas les éditeurs a migrer leurs logiciels vers Windows8. Et les parts de marchés ne décollent pas.

    GreenSI ne serait donc pas étonné d'écrire dans un an un billet sur la fin de Windows 8...
  3. Et puis les utilisateurs ne rêvent pas de la SurfacePro et regardent du côté d'Apple, d'Android, de formats plus petits et surtout moins lourds. Une tablette n'est pas un PC mais un complement. Si c'était le cas cela se traduirait dans les ventes or elles ne décollent pas, alors que les tablettes s'envollent. Il faut donc revoir le coût du PC à la baisse pour la majorité des utilisateurs et financer un équipement mobile en complément.
  4. Les DG et les DAF eux regardent du côté de la crise et de la réduction des investissements pour se préparer quand le marché repartira. Surtout qu'avec le Cloud et le SaaS, on vient de leur expliquer ces trois dernières années qu'on basculait l'informatique dans un modèle à la demande, de l'infrastructure jusqu'au support en passant par les applications. Alors c'est quoi cette histoire de devoir investir dans un projet d'investissement pour changer tous les postes? Inaudible !
  5. Le dernier Office365, si c'est vraiment ça qu'on veut, tourne très bien dans le Cloud et il a même un concurrent avec les Google Apps. L'OS n'est plus déterminant pour faire tourner la suite bureautique, désolé Microsoft c'est Google qui l'a démontré et vous qui l'avez suivi.
  6. Et pour finir, un OS maintenant c'est gratuit. Ou du moins subventionné par un autre service qui a de la valeur. Avez vous payé la dernière version d'Android ou d'iOS ? Apple a très bien choisi le nom de sa dernière version Mavericks (rebelles, non-conformistes en anglais), un mot que les DSI devrait ajouter a leur vocabulaire !
    Apple a même, le mois dernier, mis a jour gratuitement iSO6 sur tout un parc de machines "anciennes" (iPhone 3GS, iPad1...) a cause d'une faille de sécurité et bien après avoir annoncé que ces machines ne bénéficieraient plus d'aucun support.  


Ce retour d'expérience doit quand même faire réfléchir les DSI sur les stratégies SI croisées avec celles de leurs fournisseurs, Microsoft servant d'exemple. A un moment ou la fonction de DSI est questionnée (DSI: l'âge de l'extinction?) et qu'il est de bon ton de montrer sa valeur ajouté.

Et donc sur la posture que l'on veut avoir en tant que DSI par rapport a nos fournisseurs:  
  • simple exécutant interne de leur stratégies produits (on voit ou cela mène), 
  • ou challenger de cette stratégie en ouvrant des alternatives pour ajouter le mot Maverick a son vocabulaire.

Quelles alternatives pour l'avenir?

Le premier rève que ferait GreenSI pour rendre ce monde IT plus "green" serait d'en appeler à l'open innovation de Microsoft en particuliers et aux fournisseurs de la DSI en général.

Travailler main dans la main avec les DSI et faire co-évoluer l'OS, en intégrant vraiment les contraintes de l'entreprise et surtout du "legacy technique" qu'il nous génèrent en permanence...  Dring, Dring! (réveil brutal) ... ce n'était qu'un rêve !


GreenSI ne peut alors s’empêcher de penser à une autre alternative: l'OpenSource ou du moins son approche collaborative et ouverte :
  • Pourquoi, par l'intermédiaire de l'open source, les DSI ne se réapproprieraient pas les standards de leur SI, au moins ceux du SI minimal qui sert a faire tourner la TV dans les ascenseurs et la machine a café. Incluant des logiciels partagés. Et pourquoi pas aussi pas les échanges entre SI, si l'avenir nous prépare un monde d'API comme le web le suggère.
  • Pourquoi les Telecoms arrivent a développer les normes communes a l'industrie et que les DSI, eux, s'en remettent (bourses comprises) à leurs fournisseurs ?
  • Pourquoi Linux ou Android, deux OS en open source, ne donnent pas des idées fédératrices aux DSI ? Et ne les impliquent pas plus dans des projets ouverts sur lesquels ils peuvent ensuite construire la partie spécifique à leur entreprise.
Parlez-en au DSI de Facebook et d'Amazon. Ces idées ne sont pas si étranges que cela, et depuis longtemps ils fournissent leurs spécifications de leurs serveurs aux fabricants. Et leur SI est pavé d'Opensource comme GreenSI l'a déjà traité dans un billet récent (La chaussée des géants du web, pavée d'open source).

Alors ces questions ouvertes sont posées au Cigref et à toutes les associations de DSI, avec l’arrivée de l'entreprise numérique. Un nouvel âge de la collaboration ne devrait-il pas germer :  




Et le 9 Avril, si on a encore du XP ?

Ces considérations pour éviter, à l'avenir, de reproduire le passé, ne résoudront malheureusement pas l'équation de la migration XP après le 8 Avril. 
Microsoft propose donc au entreprises qui ont encore du support XP, et mis en place le SP3 (dernier patch correctif), d'étendre ce support au delà du 8 avril pour 3 ans. 
A des prix qui n'ont bien sûr rien à voir avec les prix d'avant le 8 avril. 

Les tarifications de Microsoft, étant mondiales, sont toujours extrêmement compliquées. Au moins ça occupe les services achats. Mais là on touche le paroxysme de l'anachronisme :
  • plus c'est long, plus on paye (puisque le but et vous dissuader de rester sur XP). En gros de $200 par PC la première année, puis le double, puis le triple. De toutes les façons vous n'avez pas le choix.
  • ne sont compris que les correctifs critiques. Il s'agit donc d'un service minimum, les correctifs dits "importants" seront à payer en plus
  • vous etes engagé a basculer sur du Windows...
  • le contrat est rétroactif, à la date de fin du support. Donc pas de possibilité de prendre le risque vous même pendant 1 an, puis de prendre le support complémentaire la seconde année. Le contrat peut donc être souscrit a tout moment car de toutes les façons vous payez depuis le début !
Avast, le fournisseur d'antivirus, a de son coté annoncé qu'il maintiendrait les mises à jour de son produit sous XP pendant 3 ans. Il qualifie même l'abandon d'XP par Microsoft comme "une grosse erreur". Comme quoi, il y aussi des alternatives en dehors de la voie toute traçée par Microsoft, même si elles ne concernent pas la globalité de l'OS.

Et GreenSI ne serait pas surpris qu'en cas de grosse faille majeure, Microsoft fournisse (comme Apple l'a fait) un correctif gratuit a appliquer.

Quels sont donc les risques de ne rien faire? 
Il y en a clairement et je vous invite a lire cet article très complet sur le sujet (A quoi s'exposent les entreprises). 
Mais ce sont bien des risques. Pas des faits. Un risque peut se mitiger et s'évaluer, se cantonner, se contourner. C'est peut-être la piste qui sera empruntée par les DSI confrontés a un retard de migration XP, et qui n'ont ni l'argent, ni les arguments pour la la DG, d'une continuité de support avec Microsoft.

Mais pour revenir a Microsoft, dans un tel contexte quelque chose vient de se casser. La confiance, de la DG qui a eu vent de l'affaire, et des DSI qui se sentent un peu gênés de n'avoir pas anticipé ces coûts certainement. 


On se demande si finalement il ne vaut mieux pas divorcer de suite avec Windows, voire avec Microsoft.  

De toutes les façons cela fera mal a votre budget, alors autant demander a votre DG les moyens du support étendu pour vous, et de les utiliser pour solder une relation devenue totalement anachronique à l'ère du Cloud, de l'ouverture et de l'innovation.

Rappelons aussi que les DSI ont d'autres moyens de pression, pour (ne plus) considérer Microsoft comme un de leurs fournisseurs à l'avenir : ERP (Navision), Smartphone (Window8), Plateformes (SQL, Biztalk, WindowsServer, Azure), Bureautique (Office), pour ne citer que les plus connus.

Et peut-être pour s'éviter pareils déboires avec ces produits à l'avenir, quand la stratégie des entreprises, ne sera, une nouvelle fois, pas encore mieux considérée dans la stratégie de Microsoft.  

Ce retour d'expérience sur XP, sonnera t-il le réveil du DSI protégeant le trésor des investissements SI de l'entreprise ?
GreenSI l'espère...



L'humour de ceux qui aiment le numérique