TRANSFORMERS 4 : La transformation de la DSI est engagée sur 4 fronts...

Êtes vous prêts? [...]

Un hackathon à la DSI pour innover en mode startup

GreenSI présent a été bluffé par l'efficacité collaborative et l'intelligence collective déployée en si peu de temps dans un hackathon. Une démarche particulièrement adaptée pour innover pour les clients de l'entreprise[...]

Le poste de travail collaboratif en mode 2.0

Améliorez la productivité des utilisateurs avec un poste de travail collaboratif[...]

If you are going [...]

SHADOW-IT : Cachez-moi cette informatique que je ne saurais voir

Excel, base de données, et maintenant SaaS et BYOD... les utilisateurs créent leur SI[...]

Comment LEGO est en train de se faire digivorer par minecraft

Aucune industrie ne sera épargnée. Bientôt votre tour ?[...]

Protegez vite votre identité numérique avant qu'il ne soit trop tard

Aujourd'hui votre identitée réelle et virtuelle ne font qu'une[...]

vendredi 22 juillet 2011

L'innovation de rupture est-elle à la portée de toutes les structures d'entreprises?

Cette semaine GreenSI laisse la parole à François Druel. Tour a tour adjoint de Jean Michel Billaut à l'Atelier PNB Paribas au début de l'internet, co-fondateur de Business Village l'une des premières communautés électronique professionnelle, puis un parcours au sein de l'opérateur national et enfin consultant
Ses thèmes de recherche sont la valorisation et l’évaluation des activités innovantes. Il a choisi de partager avec nous ses réflexions sur les innovations de rupture et la structure de l'entreprise. Décodage !
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Face à l'innovation de rupture, je repense toujours à cette citation du Pr. Jean Mathiex (un historien) qui, parlant des mouvements révolutionnaires du XXème siècle, affirmait non sans humour : « un révolutionnaire c'est un terroriste qui a réussi » !
Je trouve que cette citation s'applique fort bien à l'innovation : sans sanction du marché, pas d'innovation de rupture ni de produit révolutionnaire. C'est parce qu'elles réussissent commercialement que les "bonnes idées" et autres rêveries d'ingénieurs ou d'inventeurs deviennent des innovations.


La sanction du marché, c'est ce qui sépare le moulin à légumes de Moulinex, véritable innovation domestique sans réelle innovation industrielle (c'est de la tôle emboutie), de l'Aérotrain, qui, sans succès commercial, ne fut rien d'autre qu'un délire de Pr. Nimbus (alors que techniquement les prouesses étaient nombreuses).
Il existe de nombreuses méthodes d'innovation : chacun cherche à mettre en équation ou en diagramme des modèles permettant de créer des cercles vertueux autour de l'innovation. Reste pourtant une question qui à ma connaissance n'a pas encore été résolue de manière satisfaisante : un grand groupe peut-il innover en rupture ? Et peut-il en faire durablement un modèle de développement ?


En 2003, Clayton Christensen a proposé, dans le fameux Innovator's Dilemma une approche paradigmatique et démontré que les innovations de rupture étaient souvent le fait de structures elles-même en rupture avec leur éco-système et donc qu'en cela une rupture n'est pas seulement technologique mais globale. Dans son ouvrage, Christensen détaillait le cas des disques durs: il ne s'agit pas seulement d'une technologie de rupture (par rapport à des recherches infructueuses) mais également d'une structure en rupture, Seagate n'ayant pas grand chose de commun avec IBM, le leader d'alors en la matière.
On peut aussi penser à l'accès internet : la rupture n'est pas seulement technologique -- communication par paquets vs communication par circuits -- la rupture est également économique (abandon de la facturation par demi-circuits au profit du peering)... et on pensera naturellement à toutes les industries de contenus, actuellement sur la sellette : YouTube ou DailyMotion ne sortent pas des labos de recherche de TF1 ou de CNN ; Apple, qui a révolutionné le marché de la VOD, devenant même un des leaders du secteur, n'est pas un acteur des media (loin s'en faut)...


Certaines grandes entreprises savent innover en dépit de structures en apparence sclérosées, Apple en étant d'ailleurs le meilleur exemple : cette entreprise n'arrête pas d'innover mais garde une structure quasiment gravée dans le marbre : les mêmes départements, les mêmes dirigeants depuis 15 ans ! A opposer à Microsoft (naturellement) dont les structures n'arrêtent pas de bouger et qui n'innove plus depuis bien longtemps...


Cela appelle d'ailleurs une remarque : de nombreux ouvrages de la littérature insistent sur le lien entre souplesse structurelle et innovation. Or la plupart des entreprises innovantes ont des structures plutôt fortes, voire sclérosée en apparence : Michelin ou Saint Gobain par exemple sont des entreprises très innovantes et pourtant très "raides" structurellement. Cette observation a permis à certains de postuler que le secret de la réussite est dans l'articulation entre la structure d'innovation et la structure de commercialisation. Des essais de formalisation de ces pratiques existent (Fabriquer le futur, de P. Musso & al.) mais je ne trouve rien de satisfaisant dans ces ouvrages ; ni d'ailleurs dans les méthodes telle que C-K.


Certaines ex-start-up au développement express, quant à elles, ne savent pas trouver l'énergie de la croissance et s'enlisent dans l'entropie de buzz en tous genres. Elles en sont réduites à acheter leurs innovations (qu'on songe à Google ou à Twitter rachetant Android ou TweetDeck). Ces entreprises là ne sont pas structurellement innovantes : elles ont su exploiter (voire user jusqu'à la corde) une bonne intuition. Ensuite elles ne font qu'en tirer les fruits et les conséquences.


Ma conclusion (provisoire) sur le sujet, je la tiens d'une conférence donnée en 1996 par Jean-Louis Gassée : le monde se divise en deux : les "empereurs" du business, assis sur leurs rentes de situation et les "barbares" de l'innovation, qui n'ont peur de rien et qui osent tout (ils appliquent la citation bien connue de Mark Twain : "Ils ne savaient pas que c'est impossible, alors ils l'ont fait").


Et donc, pour un empereur, la condition de survie, c'est d'être son propre barbare. Un exemple : alors qu'HP était le leader des imprimantes laser (à la fin des années 80), le "barbare" c'était la technologie du jet d'encre. La décision prise par HP a semblé totalement contre-intuitive : fabriquer aussi des imprimantes à jet d'encre. Le résultat : en quelques années HP est devenu leader sur les deux marchés !




Innover en rupture ce n'est pas seulement penser autrement, c'est également (voire peut-être avant-tout) se remettre en question.
C'est l'objectif (non avoué) de Green SI de déclencher cette étincelle. Ensuite il faudra trouver le moyen de faire prendre le foyer en interne puis de conserver le feu.

By Frédéric CHARLES with No comments

samedi 9 juillet 2011

Google+ : vivement que les Cercles rentrent dans l'entreprise

Comme beaucoup de monde ces 10 derniers jours, je suis allé sur Google+ (demo), le nouveau réseau social lancé par Google, pour l'essayer, chercher de nouveaux usages et décider si je change mes habitudes ou si je l'oublie pour quelques mois.
Google n'en est pas a son premier essai. Quand certains railleront l'échec de Google Wave lancé en septembre 2009, puis arrêté quelques mois plus tard, GreenSI applaudi une entreprise innovante qui n'hésite pas a arrêter un produit quand elle voit qu'il ne va pas réussir. Et Google a eu le courage (et les finances!) de repartir a nouveau.
Belle leçon, quand on sait qu'il n'est jamais simple de stopper la machine des projets dans les entreprises, mêmes quand ils ont accouché d'un "Frankenstein" pas à la hauteur des attentes mais que l'on préfèrera laisser sous perfusion quelques temps, histoire de l'oublier avant de l'arrêter sans en parler. L'échec n'est pas porteur en France. A méditer...
Google est donc reparti car il joue gros. Ses revenus publicitaires sont menacés par ceux des réseaux sociaux, si comme les études le montre, ils deviennent des espaces où les internautes y passent plus de temps et surtout y échangent de l'information qui affecte leur intentions d'achats. La recherche de pages web a été une première étape pour se lancer sur le web, mais les internautes maintenant passent (en masse) à autre chose.
C'est un peu comme l'intranet de l'entreprise qui s'est endormi pendant que le 2.0 s'est développé et qui découvre que l'information s'échange a plus grande échelle en dehors de lui. Il doit réagir ou perdre totalement de son influence et disparaître. (Article a relire sur GreenSI)


La riposte de Google tient en deux mots, les cercles et l'intégration. 
Les cercles qui permettent de partager l'information avec des groupes de personnes que l'on construit. Par rapport à Facebook qui ne gère que "mes amis" et "les amis de mes amis", c'est le jour et la nuit. Avec Google+ le partage des photos de Picassa, intégré pour l'occasion, est simplifié et repose sur ces cercles. C'est aussi un moyen de filtrer son flux d'information. On aperçoit déjà l'intérêt dans une entreprise pour gérer les projets. Je reviens sur ce point et sur l'intégration par la suite.


Google a donc mis les moyens et préparé sa risposte :
  • Un petit buzz en Mars pour dire qu'ils allaient lancer "Circles" tiré du livre de Paul Adams (The real social network)
  • Le lancement du bouton +1 qui s'est déjà répandu sur de nombreux sites pour signaler une information.
  • Un aveu d'échec d'Eric Schmidt de la stratégie précédente, repris en cœur par les VP dont Amit Singh, celui de la branche entreprise de visite à Paris pour le lancement des ChromeBooks et où GreenSi avait pu se faufiler (ChromeBook le fer de lance de la stratégie de Google en entreprise).
  • Tout était prêt pour un lancement viral, éviter les pics de charges et gérer les attentes et désillusions d'un monde particulièrement imprévisibles, les réseaux sociaux. Des invitations au compte goutte, puis un bouton permettant d'inviter mais qui n'est pas là tous les jours.
  • Une présence depuis la recherche Google et depuis Gmail pour assurer un maximum de visibilité... et une grande frustration pour ceux qui n'ont pas d'invitations!

  • Une présence où l'internaute est à l'affiche (+Frédéric) et non Google+, quoi de plus normal pour un réseau social. Et avant le mot Web! Quand on sait que Google a toujours classé ce menu par importance, c'est un signe.
  • Puis maintenant un relooking progressif de certains de ses autres services pour se rapprocher de Google+ comme Gmail ou le calendrier

Je ne sais pas si Google+ va rayer Facebook ou Twiter de la carte, mais ce que je vois depuis 10 jours c'est une guerre des API pour rediriger et contrôler les flux d'information vers ou depuis Google+.
L'intégration avec les services de Google et dans l'écosystème Internet est donc essentiel pour réussir. Des add-ons permettent maintenant de suivre son flux twitter ou envoyer un nouveau Tweet directement dans Google+ et donc sans aller sur Twitter. La clef pour Google.
Des tentatives d'import des profils Facebook directement dans Google+ ont aussi été tentées mais interdites par Facebook 24h après leur publications. La réactivité est a son extrême et les avocats se préparent déjà certainement...


Tout ça pour quoi? Détenir l'environnement où l'internaute va passer le plus de son temps et surtout contrôler et pouvoir analyser les flux d'informations pour mieux profiler ces internautes.

Dans l'entreprise on parlerait de poste de travail. Et bien oui Google a le potentiel pour intégrer ses technologies et créer progressivement le poste de travail collaboratif qui va remplacer notre OS+Office actuel :
  • Tout d'abord une authentification unique pour l'ensemble des services avec un profil unique (gmail)
  • Des cercles pour gérer les groupes et le partage d'information et de fichiers dont ceux des Google Apps. Ce qui est une réelle limite a leur utilisation aujourd'hui. Avec les cercles on rentre dans un projet, on rentre dans le cercle. On le quitte, on en sort.
  • Une suite bureautique en ligne Google Apps avec stockage en ligne
  • Un réseau social au coeur pour agréger et filtrer toute cette information, y compris quand elle provient d'ERP ou d'autres réseaux sociaux plus spécialisés ou d'autres produits
  • Une messagerie instantanée Google talk et une messagerie Gmail
  • Un navigateur Chrome qui facilite l'utilisation de cet environnement et permet d'y ajouter des "petites" applications complémentaires souvent très utiles.
IBM avec Lotus Connexion 3.0 est pas mal avancé dans cette construction. Mais il lui manque la bureautique en ligne.
Microsoft a lancé sa bureautique en ligne mais n'a pas encore tracé de route a sharepoint qui gère la documentation de l'entreprise et semble s'enliser.  
Salesforce de son coté a annoncé a son écosystème réuni a Paris cette semaine, qu'il se réservait les applications collaborative (dont son réseau social au coeur du CRM) et leur laissait le champ libre pour les autres domaines. Donc sa cible n'est pas le méga ERP en ligne, du moins pas tout seul mais avec ses partenaires.


Mais le verre de Google est a moitié rempli car Google+ n'est pas disponible pour les entreprises. Je ne serai donc pas surpris si Google nous annonçait prochainement que Google+ serait intégré a son offre entreprise. Et avec un ChromeBook pour accéder a cet environnement de partout et de façon sécurisée, la bataille pour le poste de travail collaboratif en entreprise est bien engagée. Est-ce que les cercles seront suffisant, et bien à suivre...

By Frédéric CHARLES with 2 comments

vendredi 8 juillet 2011

Cet été prenez un grand bol d'idées fraîches avec Peter Hinssen

Rencontre passionnante avec Peter Hinssen, auteur de plusieurs livres dont son dernier "The New Normal" que je ne peux m'empêcher de partager avec vous.

Peter a fait de l'évolution de l'informatique son fond de commerce, et pour percer sur ce créneau il faut une caution qu'il a obtenu auprès de McKinsey et la  London Business School, un style décapant qu'il a, et des thèmes de rupture comme la fusion de l'IT et du Business. Un grand bol d'air frais pour quitter notre débat franco-français de Maitrise d'ouvrage versus Maitrise d'œuvre...
D'ailleurs Peter n'est pas français et vit dans ce formidable pays "sans gouvernement" qu'est la Belgique. De quoi faire tomber encore bien des idées reçues.

"The New Normal" c'est l'histoire d'un monde dans lequel le fait que les choses soient digitales sera juste... normal! Avec la digitalisation de nos musiques, livres, échanges,... il arrive un moment où la norme devient le digital. Et à partir de là de nouvelles règles entrent en jeu et des principes qui étaient des évidences deviennent obsolètes

La première règle est la tolérance zéro pour le dysfonctionnement numérique. Les DSI le savent bien. Avant de dématérialiser les factures fournisseurs ont pouvait en perdre dans les boites aux lettres et les bannettes, c'était la vie. Depuis la mise en place de cette nouvelle chaîne de factures dématérialisées par un prestataire que l'on consulte et valide via une application, si on en perd quelques unes parce qu'un fichier n'a pas été chargé, c'est la catastrophe. Dans un monde digital, le stress de la défaillance augmente et la tolérance tend vers zéro.

La seconde c'est les "Good enough technologies": de façon amusante une technologie doit donc impérativement marcher sans faille mais peut être limitée. Ce sont par exemple les versions bétas des Google Apps auxquelles il manque de nombreuses fonctions par rapport aux produits bureautique existants, mais l'atout de leur disponibilité depuis partout fait que les utilisateurs acceptent leur limitation. La qualité à 100% n'est plus la cible si elle permet d'aller plus vite ou de lancer plusieurs projets.


On commence a comprendre que dans ce monde le changement risque d'être rude pour les futurs responsables des systèmes d'informations. On en arrive à basculer de la vision d'un SI conçu pour durer, a un SI conçu pour changer. Paradoxalement ceux qui ont implémenté le plus de changement dans l'entreprise, les DSI, ont parfois des difficultés à changer. Il les met en garde avec trois alertes A, B et C :
  • A pour l'alerte Apple, tout doit être aussi simple qu'Apple
  • B pour Bengalore, peut importe la localisation des services
  • C pour Cloud, car le modèle de service du cloud totalement digital est redoutable
Concernant le Cloud, il le voit à la fois comme une formidable opportunité de transformer le Système d'Information mais aussi la menace de balayer la DSI de la carte de l'entreprise. Jusque là rien de bien nouveau. Ce qui est intéressant c'est qu'il considère que le Cloud est que la résultante de la pression de l'outsourcing qui réduit les coûts combinée a celle de la virtualisation qui permet la flexibilité et les économies d'échelle. Et quand on a dit ça, le Cloud n'est pas un terminus mais un premier état. Ces deux tendances se poursuivront pour un système d'information totalement à la demande et centré sur le réseau. On pourra encore l'appeler Cloud mais il aura un nature différente.

La loi de Moore (la puissance double tous les 18 mois) a permis jusqu'à présent de justifier de changer de système régulièrement sous prétexte qu'il était devenu obsolète. Dans "The New Normal" Peter pense que les métiers ayant suffisamment de puissance, vont demander de réduire les coûts par 2 tous les 18 mois.


La réponse qu'il suggère aux technologistes des départements SI est quadruple:
  • People : les ressources et les compétences sont clefs
  • Governance : mettre l'emphase sur les relations et moins sur les organes
  • Value Driven : utiliser un modèle pour les projets mixan coûts, risques et valeur dégagée. S'appuyer sur la façon de mesurer la valeur par le métier et ne pas réinventer une échelle pour les projets IT
  • Architecture: dans ce monde digital elle devient encore plus clef
Pas de grand scoop mais cela permet de se rappeler ses bases et de ne pas se laisser emporter par le discours des vendeurs de technologies. La technologie est au service de l'entreprise et n'est pas une fin en soi.

Vous trouverez ses deux livres dans ma sélection Amazon a droite de l'article.


Et si vous voulez voir le style décapant de Peter, regardez cette video de présentation de l'évolution de la technologie a un grand groupe que l'on trouve sur Youtube:

By Frédéric CHARLES with No comments

dimanche 3 juillet 2011

Cloud + Mobilité + Social: Les questions nouvelles qui se posent à la DSI

L'évolution des SI: Cloud + Mobile + Social
La stratégie mobile ne peut plus être pensée seule. Elle est totalement liée à l'évolution du Cloud et du Social computing. Ce sont les trois éléments fondamentaux de l'ADN de nos futurs SI. Ils sont chacun individuellement des éléments de rupture et de transformation majeure de nos entreprises et de leur mode d'organisation.
Ce fut l'objet de ce post publié sur GreenSI (voir: Article) et sur ZDNet.

Cette présentation est de même inspiration. Elle est extraite d'une conférence sur l'impact des téléphones, tablettes et Apps dans l'entreprise. Elle rentre un peu plus dans le détail des questions nouvelles qui attendent l'entreprise numérique 
dans ce monde ouvert qui remet l'humain ("augmenté") au centre de son organisation et de ses métiers. 
Tout dabord une révolution majeure est celle de la donnée et de son repositionnement. Le coût de transfert de la donnée a dépassé son coût de stockage, alors stockons et reconstruisons le SI là où elles sont:
  • La donnée s'enrichie (rich data) avec l'arrivée massive des données anciennement dites "non structurées" et données multimédia. Le SI construit sur un modèle de base relationnel avec un compagnon décisionnel qui est certainement en train de vieillir. Le développement du "in memory" avec QlickView en innovateur et challenger se répand et casse des codes bien établis.
  • La donnée explose ("big data") et selon les calculs d'IDC, son volume est doublé mondialement tous les deux ans. En 2011 avec 1800 milliards de Go, on a donc atteint le Zétaoctet
  • La donnée s'ouvre, la tendance de l'"open data" dépassera largement les collectivités locales et repose les fondamentaux de l'architecture du SI en matière d'échanges et de communication, où justement l'entreprise a une certaine avance (SOA, web services, urbanisation...) remettant au premier plan le rôle des architectes.
  • La donnée se "met en scène" avec le développement du datavisualization, car masse de données doit rimer avec plus d'intelligence et d'appropriation par tous
Au niveau du développement du Cloud se posent clairement les questions de la sécurité et de l'interopérabilité où, ne soyons pas naïfs, les acteurs actuels se cherchent et déploient des stratégies "prédactrices" pour gagner un avantage de premier entrant et de masse critique le plus rapidement possible. Ensuite ce sera la guerre des brevets. L'entreprise et la collectivité peuvent y laisser des plumes.
Un garant de cette maîtrise du Cloud et de la défense des intérêts des utilisateurs doit donc émerger. Les DSI sont quand même bien placées pour cela, mais si elles ne se bougent pas les métiers s'organiseront eux mêmes pour protéger leurs investissements. L'illusion de la simplicité de l'outsourcing aidant.

Une fois sécurisé, le Cloud sera une plateforme de stockage de données intéressante pour la suite de l'histoire: l'accès aux données en mobilité. En effet, le lien clef entre le Cloud et la Mobilité sera l'accès au Cloud directement depuis n'importe quel terminal. C'est clairement la stratégie iCloud d'Apple mais qui n'a pas attendue Apple pour être engagée par les entreprises. La nouveauté va être la continuité de l'information entre les différentes situations et les différents terminaux. Par exemple commencer une activité de saisie sur un smartphone, y retrouver le contexte de saisie (historique,...), quand un autre agent peut y accéder via une tablette pour avoir une vision plus globale temps réel depuis le terrain, et enfin un troisième produire des activités de type back-office avec ces données depuis son terminal fixe du siège.

Le terminal lui, bardé de capteurs et en lien avec les capteurs d'autres chaînes numériques, permet d'exploiter le "contexte ambiant" de données pour améliorer les usages opérationnels. Ainsi un agent en déplacement est géolocalisé et retrouve l'information des équipements autour de lui au fur et à mesure de son déplacement. Il est aidé dans ses déplacements. L'enrichissement de certaines données comme la détection de la présence d'un équipement de sécurité (extincteur) peut même se mettre à jour automatique avec une technologie RFID.

Le terminal est donc intimement lié à l'agent lui même en relation avec son "réseau social" que ce soit celui de l'entreprise qui lui permettra d'obtenir de l'entraide dans ses missions ou son réseau personnel. Et d'ailleurs le terminal peut aussi être son terminal personnel ("BYOD" Bring Your Own Device) dans lequel l'entreprise aura installé un espace sécurisé pour y mettre ses services d'accès aux ressources de l'entreprise. C'est toute la question de la "consumerisation" de l'IT mais en allant plus loin, de la frontière toujours plus floue entre la vie (numérique) privée et de l'entreprise.

Enfin le Cloud c'est aussi la capacité pour l'entreprise de construire sa présence numérique sur Internet, que ce soit son site web qui évolue vers quelque chose de beaucoup plus dynamique, construit sur les bases de données partagées et reprenant les "extranets" d'échanges avec les clients et partenaires. Mais aussi tous les actifs numériques que la collectivité ou l'entreprise va construire dans les réseaux sociaux déjà en place ou via de nouvelles plateformes construites autour de nouvelles bases de données gigantesques et partagées. Ces données privées mise en relation avec des données publiques peuvent générer encore plus de valeur.

D'autre part cette présence numérique doit aussi pouvoir être exploitée par les salariés qui vont s'y "déplacer" via le système collaboratif interne qui s'est construit a coté des applications. C'est la fin de l'intranet et du mail comme seuls systèmes d'interactions. Le développement des réseaux sociaux d'entreprises et une gestion documentaire plus collaborative, deux moyens de partager au delà des frontières de l'entreprise et de faire vivre l'entreprise numérique en construction.

Toutes ces nouvelles questions apparaissent une par une et ont déjà été abordées sur GreenSI. On sent bien qu'il y a un lien entre elles et c'est ce modèle Cloud+Mobile+Social (encore brumeux, je l'accorde!) que propose GreenSI. Il évoluera certainement avec le temps et je compte sur vos commentaires!

Pour zoomer sur certains sujets déjà abordés par GreenSI:
- la fin de l'intranet et la collaboration 2.0
- la continuité des données
- la consumerisation de l'IT
- le cloud et la dissolution des applications
- la présence numérique et la fin du web et le retour des grands magasins
- l'évolution du poste de travail

By Frédéric CHARLES with No comments

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