dimanche 6 avril 2014

Startup Academy: and the winner is... la vache connectée!

Startup Academy, dont c'est la 7eme édition, est un évènement organisé par PowerOn, qui vise a booster le développement de jeunes pouces en leur donnant de la visibilité si elles y décrochent un prix. 

Pour les partenaires de l'année, TF1 publicité, IBM ou Rentabiliweb, pour n'en citer que 3, c'est l'occasion d'approcher avant tout le monde un vivier d'idées, qui si elles grandissent... auront besoin de leurs services!
Pour GreenSI (membre du jury), c'est un poste d'observation privilégié pour voir se développer de nouvelles innovations, parfois technologiques mais le plus souvent dans les usages et la transformation des chaines de valeurs. GreenSI c'est aussi un relais, pour certaines de ces sociétés en B2B, pour être connues dans les Directions des Systèmes d'Information.

Cette année, plus de 120 dossiers ont été déposés. Après une première session de travail pour n'en retenir que 40 ("choisir c'est renoncer"), puis un second écrémage pour n'en garder que 20. Les rescapées de ce processus ont été invitée à "pitcher", devant un public très nombreux, lors d'une soirée qui s'est tenu jeudi soir dans les locaux de l'Ecole 42. 

L'Ecole 42, une école d'informatique lancée par Xavier Niel (Free), à la signature "Born to code?", qui s'est fixé comme objectif de former des développeurs, mais avec un modèle disruptif qui a fait grincer des dents: les cours sont gratuits... mais ils ne prennent que les meilleurs. 
Des développeurs qui choisiront peut être en sortant dans 3 ans, d'aller fournir les compétences techniques dont elles-ont besoin, à toutes ces startups pour mettre en œuvre leurs idées. Car la grande majorité d'entre elles, cherche a conquérir LA plateforme des nouveaux business par excellence: Internet. 

Et pour ça, il faut des développeurs...

Une introduction pour rappeler qu'en dehors de l'entreprise, Innovation, Internet et nouveaux business, riment avec systèmes d'information. Ils fusionnent pour créer de la valeur. Et donc dans l'entreprise, il ne devrait pas y avoir de raison que cela ne puisse pas être le cas. Et là, la DSI est en première ligne et a un rôle à jouer, même si, bien sûr, elle n'est pas seule.

Mais le regard croisé entre la DSI et la Startup Academy, ne s'arrête pas là.

Les 20 candidats pré-sélectionnés ont eu 2.30 min pour pitcher leur projet et vous convaincre de voter pour elle comme si vous investissiez votre propre argent. GreenSI imagine bien ce processus avec les directions fonctionnelles, qui sur la base de leur business plan et des premiers retours de leurs expérimentations ou prototypes, défendraient leurs projets pour capturer une partie des investissements disponibles pour l'année suivante. 
Un rêve? Et pourquoi pas?

Hyper sélection = Hyper motivation
Quand vous recevrez un fondateur d'une startup dans votre bureau pour évaluer sa solution, dites vous bien qu'il a laissé germer une idée de longs mois avant de créer son projet et qu'il s'est déjà battu pour obtenir des financements et être assis en face de vous.
Cette sélection fait qu'il a certainement beaucoup plus de chance de réussir ce qu'il envisage, qu'une autre personne qui découvrirait votre besoin sans plus de motivation que cela. Une motivation rarement prise en compte par nos processus achats, qui diront que cette société n'est pas pérenne car elle n'a que peu de clients et est trop jeune pour respecter les critères groupe,. A méditer... et surtout à changer si vous pensez qu'une part de risque peut aussi être prise sur certains projets.

Dans les pépites identifiée par Startup Academy les saisons précédentes, on retrouve Fidall, vos cartes de fidélité dans votre smartphone, ou Umanlife, le carnet de santé en ligne, la gagnante de l'an dernier.
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Mais avant de vous révéler la (double) gagnante de cette année, GreenSI a cherché a classer la plupart des finalistes en catégories, pour vous donner un aperçu des ruptures en devenir qui peuvent aussi impacter votre entreprise et certainement votre SI :
  • L'économie du partage se profile à l'horizon
  • De nouvelles formes d'organisations des entreprises émergent
  • Avec des plateformes de services mutualisées, le e-commerce se généralise et se sophistique
  • Les objets connectés à notre service
NB: Mais si vous ne pouvez pas attendre pour voir la gagnante, allez de suite à la fin de l'article ;-)

L'économie du partage se profile à l'horizon

Fini la propriété! Le numérique permet de rapprocher en temps réel et à la journée, les besoins et les offres. C'est aussi pour les entreprises le moyen de faire passer des coûts fixes en couts variables. 
On retrouve dans cette catégorie :
Bureaux a partager : qui fait la promesse aux entreprises de louer les quelques bureaux qu'elles ont de disponibles, et aux TPE, startups ou itinérants, de trouver partout des bureaux à louer sans la rigidité des baux legaux demandant des engagements plus forts (dits 3, 6, 9).

YesPark : si vous habitez Paris, c'est le moyen de ne pas perdre 1 an de votre vie. Le temps moyen passé par ses habitants pour y garer leur voiture. Avec un boitier de contrôle d'accès installé sur les garages d'immeubles de particuliers, ces derniers louent leur place vide dans la journée.
Et pour la clef? Vous l'avez déjà dans la poche, c'est votre smartphone! Et justement à la clef des économies de 20% à 40%
 
NeoSquat c'est la réponse à l'évolution des modes de consommation avec la location de meubles en courte durée. Plus la peine de louer un meublé, ou tout simplement de posséder ses meubles

De nouvelles formes d'orga-nisations des entreprises émergent

A l'image d'Uber qui a fait couler beaucoup d'encre en mettant son réseau de chauffeurs, directement en contact, via leur smartphone, avec les personnes qui cherchent un taxi, et sans passer par la case société de taxis.
Paris vaut bien une grande grève pour tester ce modèle ;-)


Voici de nouvelles formes qui pourraient en déclencher d'autres...

Ornikar : est la première auto-école en ligne disposant de moniteurs partout en France. Des moniteurs à leur compte qui ont l'agrément et qui veulent développer leurs leçons en dehors des écoles de conduites traditionnelles. La cible? L'entretiens de sa conduite avant de (re)passer le permis quand les délais s'allongent, ou le stage de remise à niveau. 
Ornikar a reçu le prix coup de cœur.

Verre2vue c'est le premier opticien nomade qui vient sur votre lieu de travail pour tester la vue des salariés et leur vendre des lunettes, y compris des lunettes de sécurité (EPI - équipement de protection individuelle) aux entreprises.
La cible c'est les grands comptes qui se soucient du bien être de leurs salariés, et les mutuelles qui s'y retrouvent avec des forfaits ajustés, surtout a un moment où l’État veut légiférer pour réduire le cout moyen des lunettes en France, un des prix les plus élevé d'Europe.

Mobeye c'est l'idée d'utiliser les consommateurs équipés de smartphones pour prendre des photos, de prix, de produits, de publicité,... dans les magasins qu'ils fréquentent, et de remonter cette information pour suivre les campagnes marketing. L'astuce? Les rémunérer sur les droits d'auteurs des photos prises et bien sûr de ne pas les gérer en tant que salariés, trop cher, trop compliqué, trop occasionnel.

Talends Affinity les compétences de vos collaborateurs sont le carburant de votre compétitivité, alors pourquoi ne pas les laisser identifier ces compétences, via une plateforme web mise à leur disposition, puis l'exploiter pour y trouver les collaborateurs les mieux adaptés pour un nouveau projet. Une entrée concrète dans les RH 2.0, de plus en plus nécessaire pour lancer des projets innovants qui sortent des métiers traditionnels. 
Et entre nous, que celui qui a une application RH avec une gestion des compétences réellement opérationnelle, se lève. GreenSI a vu sombrer de nombreux projets d'ERP centralisés sur ce thème, associer les salariés est peut être la clef qu'il manquait.

Locat'me : c'est de la location immobilière en ligne qui veut inverser les règles. Le locataire dépose sa recherche de logement auprès d'un tiers de confiance avec plein de données sur lui et son dossier, les propriétaires donnent leur critères et obtiennent des contacts de locataires.

Le "locataire tout puissant", le rêve de Cécile Duflot, notre ex-Ministre du Logement, mais sans avoir besoin de projet de loi à faire passer pour le réaliser. Et si les nouvelles formes d'organisation pouvaient aussi simplifier la règlementation et la façon de penser de l'administration? 

Peut être un cours à monter à l'ENA?

Avec des plateformes de services mutualisées, le e-commerce se généralise et se sophistique 

Plus de 80% des entreprises qui ont déposé le bilan l'an dernier n'étaient pas sur internet, certainement par manque de temps, de compétences et de budget. Alors si le e-commerce se généralise, il va devoir toucher y compris les artisants et les TPE de 5 personnes qui ont aussi besoin d'une presence en ligne, et pourquoi pas y vendre aussi leurs services.
On retrouve dans cette catégorie :

Pimwi : permet de créer facilement son catalogue et son site fixe et mobile en un tour de main, puis de le rendre visible sur les réseaux sociaux. 

Payplug : permet l'acceptation de la carte bleu sur internet de façon très simple, c'est à dire sans faire de développement ni de frais levés de mise en service avec une plateforme bancaire.

Par exemple GreenSI peut mettre avec un bouton "payer" pour pouvoir lire la suite de cet article par exemple ;-)

Un marché compliqué avec des ténors que sont Paypal et Square, qui se livrent une bataille sans pitié, et où l'expérience de l'acheteur est clef en plus des services offerts aux vendeurs.

L'addition : une caisse enregistreuse sur iPad pour les bars et restaurants, qui les aide à récolter leurs données comptables et surtout CRM, et tout ça stocker dans le Cloud.

Tilkee : héberge vos documents commerciaux que vous envoyez à vos prospects et traque ensuite le temps passé, et la fréquence de consultation de ces documents. Par comparaison avec vos autres offres, il vous permet de cibler les prospects qui ont vraiment envie d'acheter, redoutable!
Tilkee a reçu le  3em prix de la soirée.

Yousign : une plateforme de signature électronique de documents pour repousser plus loin la nature des opérations contractualisées sur Internet, y compris via votre tablette ou avec de la co-signature.

Askom : un agent virtuel pour votre site et éviter de laisser partir en fumée 40% de votre budget de recrutement quand les internautes quittent votre site dès la première page. La clef d'Askom par rapport au leader du sujet, Virtuoz, c'est la forte industrialisation de l'agent grâce à une banque de questions pré-paramétrées.

MonEchelle : c'est une place de marché dédiée au bricolage et au jardinage. Zéro stocks, pas de logistique, elle agrège le choix de revendeurs et grossistes et arrive à viser les 200.000 références, quand une grande surface de bricolage en a 10 fois mois. Et puis, monechelle.fr, c'est ouvert le dimanche, pour revenir sur les nouvelles formes d'organisation...
Monechelle a reçu le second prix de la soirée.

Les objets connectés

Une seule société dans cette catégorie car on en est au tout début des applications et on parle plus en ce moment des fabricants d'objets comme au dernier CES de Las Vegas que des usages.

Et c'est peut être ce qui a séduit le jury et fait de BioPic la grande gagnante de la Startup Academy. 

BioPic c'est non seulement un objet d'un nouveau type, avec une pile intégrée qui dure 4 ans (transforme le glucose en énergie électrique). mais aussi le moyen de connecter des animaux pour les géolocaliser et mesurer des paramètres physiologiques, par exemple pour surveiller un troupeau de bovins.

Toutes les données sont remontées dans le "Farm Cloud Service" (ça ne s'invente pas et les DSI apprécieront avec leurs fermes de serveurs !) et sont mises à disposition des éleveurs qui peuvent ainsi gagner du temps, tout en gardant un oeil sur leur cheptel. 
Le modèle économique est un abonnement mensuel et par tête de bétail sur les capteurs. Encore une innovation.


Visiblement, comme pour le Minitel, quand les agriculteurs ont été les premiers à l'adopter pour suivre la météo et le cours des céréales, aujourd'hui ils sont en train d'ouvrir la voie dans le monde des futurs objets connectés.

Encore bravo BioPic !

lundi 26 août 2013

Suivez Instagram et Pinterest, car la photo sociale pourrait bientôt arriver en entreprise

Les vacances sont là pour nous rappeler que nous vivons dans un monde d'images. De la photo prise juste "au cas ou" (le numéro de sa place de parking à l'aéroport par exemple) à la photo sophistiquée avec des filtres (sépia, carte postale,...) ou la photo souvenirs pour durer, en passant par la photo sociale prise pour les autres. Elles sont partout.

Toutes des photos numériques bien sûr

Regardez les touristes dans la rue. En trois ans le smartphone est devenu la forme dominante d'appareils photos. 

Et ceux qui imitent les reflex d'antan sont aussi en très grand majorité numériques. Les leaders de la photo, Canon, Nikon, Fujiifilm,... sont à la peine, devant ces clients qu'ils n'arrivent pas à garder. Et ils n'ont plus le  monopole du haut de gamme car Nokia et Samsung annoncent des "photophones" encore plus sophistiqués: 41 millions de pixels de résolution pour le Nokia Lumnia 1020 en approche!

L'évolution de l'image grand public, qui est passée de l'argentique au numérique, et la reconfiguration de son industrie est un sujet plein d'enseignements sur l'évolution des usages et sur le développement du numérique. GreenSI l'a déjà abordée avec Kodak, mais c'est l'occasion avec la photo sociale de revenir sur le sujet.

Avant, c'était cher, compliqué et souvent... flou!

La photo argentique "démocratique" était de piètre qualité. Toutes n'étaient généralement pas développées (petit tour par Wikipedia pour la génération Y qui se demande ce qu'est le développement de photos!), à tel point que certaines offres de développements ne faisaient payer que les photos "réussies" (non floues). Et une fois développées, on choisissait lesquelles faire refaire et le nombre d'exemplaires pour les partager avec la famille et les amis.
Le numérique a tué le développement de photos. On n'a plus besoin de passer par le papier pour les partager. Et finalement c'était peut-être cela le vrai usage démocratique de la photo argentique: le partage d'images dans le temps (durabilité) et dans l'espace (autour de nous).
Le numérique a étendu l'espace à la planète. Au début via l'email (la taille des pièces jointes était une limite), puis via des albums partagés, et maintenant via les réseaux sociaux généralistes (Facebook, Twitter, Google+, ...) ou spécialisés (Pinterest, Instagram, ...).

En fait la photo a peut-être toujours été sociale

Mais la technologie en limitait la diffusion dans l'espace. Le numérique a révélé son plein potentiel. Peut être au détriment de son "partage dans le temps" (sa conservation). Car il n'est pas évident que la photo numérique ne soit pas une régression pour le partage dans le temps, vu les dangers auxquelles les photos numériques sont exposées : supports magnétiques fragiles, perte des clefs USB, formats parfois propriétaires, plateforme "cloud' sans toujours une réversibilité garantie, ...

Comme c'est souvent le cas dans les transformations de rupture, les utilisateurs ont renoncé à une caractéristique (la durabilité) pour en développer une autre (le partage dans l'espace). Personne ne croyait non plus aux tablettes, car elles n'ont pas de clavier. Et pourtant elles ont ouvert l'ère du tactile où le toucher remplace le clavier.

Les chiffres d'IDC sont sans appel: le marché est passé de 145 millions d'appareils photo vendus dans le monde en 2010 à 76 millions en 2012 et 59 millions en 2013. Et ces chiffres sont très faibles devant la croissance des smartphones comme le montre le graphique ci-contre du Wall Street Journal.

Quand au nombre de photos, il a lui été multiplié par au moins 10, une fois les contraintes du cout de développement et du stockage libérées, ouvrant ainsi la porte a tous ces nouveaux usages.

La clef c'est donc maintenant le stockage dans le Cloud pour permettre le partage et de nouveaux usages. 


Il est intéressant de noter que ceux qui ont développé les premières plateformes de partages d'album (PhotoBox, HP,...) ont comme mode de valorisation le développement ou l'impression de photos. Ils ont totalement raté la socialisation des photos qu'ils stockaient dans un but d'en toucher les revenus d'un développement en perte de vitesse.

Les albums étaient même limités en taille sans pouvoir acheter de la capacité supplémentaire. Alors que le modèle économique, d'abord de Facebook, puis de Pinterest et Instagram, reposent sur le trafic et la publicité, et donc une meilleure connaissance des photographes.

Un changement de modèle, passant du volume (nombre de photos développées) à l'usage (valeur de celui/celle qui regarde la photo et de la relation qu'une marque peut avoir avec lui/elle). A méditer dans votre propre industrie...

Les nouveaux services de la photo sociale

Aujourd'hui deux plateformes sociales, spécialisées sur la photo, dominent les échanges de photos Instagram et Pinterest.

Elles ont connues des croissances énormes ces dernières années avec des approches radicalement différentes. 130 millions d'utilisateurs actifs dans le monde pour Instagram (Juin 2013), dont 1,8 million de visiteurs uniques en France (Médiamétrie Août 13) et 20 millions pour Pinterest (Juillet 2013), dont 157 000 utilisateurs actifs en France (Juillet 2013). A tel point que Facebook voyant le danger a racheté Instagram, une équipe d'un peu plus de 10 personnes, pour $1 milliard il y a un an.
Instagram a créé sa spécificité autour de la photo elle-même, avec ses filtres que l'on peut appliquer et transformer une photo de sac-poubelle au coin de la rue, en œuvre d'art. Sérieux! Et vos followers vont pouvoir la partager sans fin. Bon, ça c'est l'objectif (sans jeu de mots) mais peu y arrivent et nombreuses photos restent des photos de... sacs-poubelles ;-)

Instagram est présent sur mobiles iOS, Android et débarque sur Windows Phone. Car Instagram c'est de la photo "instantanée", qui capture un instant ou une émotion principalement en mobilié, et que l'on peut amplifier ou modifier en y appliquant des filtres. Beaucoup de points communs avec le positionnement de Polaroid, en son temps, quand on y réfléchit.

Pinterest lui arrive "à faire sortir l'objet" de la photo ou de l'image. On voit le sac-poubelle, on oublie le décors, et on a envie de le partager (l'objet) mais aussi de l'acheter. La photo n'est qu'un support à la mise en valeur des objets. Enfin, là encore c'est l'objectif!

Mais Pinterest n'a pas d'application mobile contrairement à Instagram. Enfin, Pinterest est accessible sur mobile et surtout sur tablette, mais c'est un accès proche du site internet pour consulter ses albums et non une application mobile pour prendre des photos.

Les photos dans Pinterest sont en fait des images "trouvées" sur des sites web que l'on va "clipser dans son album" (Pin it), même si bien sûr on peut aussi y charger des photos qui sont sur son disque dur ou son mobile. Et sans surprise, il y beaucoup de photos de professionnels sur Pinterest. En tout cas de qualité.

Déjà parce qu'en copiant les photos des sites webs on fait son choix dans des photos déjà travaillées et surtout parce que les marketeurs ont compris l'intérêt qu'ils avaient a mettre en avant leurs produits sur Pinterest. Et comme sur Pinterest il n'y a pas d'outils de retouches ou de filtres, la photo doit être belle dès le départ.

Le contraste est donc frappant entre les usages d'Instagram et de Pinterest. Y compris dans les audiences, avec une majorité féminine depuis le départ pour Pinterest. Et pourtant les deux applications sont bien dans le même domaine du partage de photos sociales.

GreenSI voit en Pinterest l'avenir de certains magazines féminins (aussi masculins mais moins nombreux), qui sous prétexte d'articles (au contenu souvent pas très fouillé), mettent en scène des objets et des vêtements, avec la référence des magasins où les acheter et parfois même le prix. La navigation visuelle dans ces images est une façon de découvrir des objets, des astuces, des vêtements,... de les partager et peut être de créer une envie d'achat.

L'avenir d'Instagram lui est maintenant scellé au destin de Facebook. Son initiative récente pour gérer des vidéos de 15s (comme Vine avec avec des vidéos de 6s et acheté par Twitter), indique qu'Instagram va certainement devenir un canal multimédia, pas uniquement centré sur la photo. Facebook va chercher à y valoriser de la publicité vidéo, domaine où Youtube, service de Google principal concurrent de Facebook, règne en maître. A suivre...

Et dans l'entreprise ?

 

Dans l'entreprise, les usages de la photo sont réels, mais ne sont pas encore structurés.

Mis à part pour des applications spécialisées comme les photothèques ("médiacenters") dans les Directions de la Communication des entreprises soucieuses de leur image et de leurs publications. Le risque juridique associé à la diffusion des images est peut être un réel frein dans l'entreprise, contrairement aux usages grand public qui se laissent plus de liberté...

Pourtant les smartphones en entreprises intègrent tous aussi maintenant un appareil photo de qualité. Le BYOD va augmenter le parc global de smartphones en entreprises, avec ceux des salariés non équipés par leur entreprise. GreenSI est donc persuadé que la photo et la vidéo vont devoir se gérer et s'organiser massivement dans l'entreprise.  Surtout dans la sphère du collaboratif, comme pour la photo sociale a laquelle on va trouver des usages (une photo vaux mieux qu'un long discours, non?) mais aussi du coté des applications métiers.

Des offres entreprises, gérant mieux le droit à l'image comme celle de Wikipixels, ont émergé ces dernières années.





Une fois de plus l'internet et le grand public auront montré la voie à l'entreprise. 

Alors, soyez à l'affut des usages, car certains sont déjà applicables et réutilisables dans votre SI. Lesquels? Ce sera pour un prochain billet mais n'hésitez pas à laisser des commentaires et partager votre expérience si vous avez déjà commencé la route.

vendredi 22 juillet 2011

L'innovation de rupture est-elle à la portée de toutes les structures d'entreprises?

Cette semaine GreenSI laisse la parole à François Druel. Tour a tour adjoint de Jean Michel Billaut à l'Atelier PNB Paribas au début de l'internet, co-fondateur de Business Village l'une des premières communautés électronique professionnelle, puis un parcours au sein de l'opérateur national et enfin consultant. 
Ses thèmes de recherche sont la valorisation et l’évaluation des activités innovantes. Il a choisi de partager avec nous ses réflexions sur les innovations de rupture et la structure de l'entreprise. Décodage !
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Face à l'innovation de rupture, je repense toujours à cette citation du Pr. Jean Mathiex (un historien) qui, parlant des mouvements révolutionnaires du XXème siècle, affirmait non sans humour : « un révolutionnaire c'est un terroriste qui a réussi » !
Je trouve que cette citation s'applique fort bien à l'innovation : sans sanction du marché, pas d'innovation de rupture ni de produit révolutionnaire. C'est parce qu'elles réussissent commercialement que les "bonnes idées" et autres rêveries d'ingénieurs ou d'inventeurs deviennent des innovations.


La sanction du marché, c'est ce qui sépare le moulin à légumes de Moulinex, véritable innovation domestique sans réelle innovation industrielle (c'est de la tôle emboutie), de l'Aérotrain, qui, sans succès commercial, ne fut rien d'autre qu'un délire de Pr. Nimbus (alors que techniquement les prouesses étaient nombreuses).
Il existe de nombreuses méthodes d'innovation : chacun cherche à mettre en équation ou en diagramme des modèles permettant de créer des cercles vertueux autour de l'innovation. Reste pourtant une question qui à ma connaissance n'a pas encore été résolue de manière satisfaisante : un grand groupe peut-il innover en rupture ? Et peut-il en faire durablement un modèle de développement ?


En 2003, Clayton Christensen a proposé, dans le fameux Innovator's Dilemma une approche paradigmatique et démontré que les innovations de rupture étaient souvent le fait de structures elles-même en rupture avec leur éco-système et donc qu'en cela une rupture n'est pas seulement technologique mais globale. Dans son ouvrage, Christensen détaillait le cas des disques durs: il ne s'agit pas seulement d'une technologie de rupture (par rapport à des recherches infructueuses) mais également d'une structure en rupture, Seagate n'ayant pas grand chose de commun avec IBM, le leader d'alors en la matière.
On peut aussi penser à l'accès internet : la rupture n'est pas seulement technologique -- communication par paquets vs communication par circuits -- la rupture est également économique (abandon de la facturation par demi-circuits au profit du peering)... et on pensera naturellement à toutes les industries de contenus, actuellement sur la sellette : YouTube ou DailyMotion ne sortent pas des labos de recherche de TF1 ou de CNN ; Apple, qui a révolutionné le marché de la VOD, devenant même un des leaders du secteur, n'est pas un acteur des media (loin s'en faut)...


Certaines grandes entreprises savent innover en dépit de structures en apparence sclérosées, Apple en étant d'ailleurs le meilleur exemple : cette entreprise n'arrête pas d'innover mais garde une structure quasiment gravée dans le marbre : les mêmes départements, les mêmes dirigeants depuis 15 ans ! A opposer à Microsoft (naturellement) dont les structures n'arrêtent pas de bouger et qui n'innove plus depuis bien longtemps...


Cela appelle d'ailleurs une remarque : de nombreux ouvrages de la littérature insistent sur le lien entre souplesse structurelle et innovation. Or la plupart des entreprises innovantes ont des structures plutôt fortes, voire sclérosée en apparence : Michelin ou Saint Gobain par exemple sont des entreprises très innovantes et pourtant très "raides" structurellement. Cette observation a permis à certains de postuler que le secret de la réussite est dans l'articulation entre la structure d'innovation et la structure de commercialisation. Des essais de formalisation de ces pratiques existent (Fabriquer le futur, de P. Musso & al.) mais je ne trouve rien de satisfaisant dans ces ouvrages ; ni d'ailleurs dans les méthodes telle que C-K.


Certaines ex-start-up au développement express, quant à elles, ne savent pas trouver l'énergie de la croissance et s'enlisent dans l'entropie de buzz en tous genres. Elles en sont réduites à acheter leurs innovations (qu'on songe à Google ou à Twitter rachetant Android ou TweetDeck). Ces entreprises là ne sont pas structurellement innovantes : elles ont su exploiter (voire user jusqu'à la corde) une bonne intuition. Ensuite elles ne font qu'en tirer les fruits et les conséquences.


Ma conclusion (provisoire) sur le sujet, je la tiens d'une conférence donnée en 1996 par Jean-Louis Gassée : le monde se divise en deux : les "empereurs" du business, assis sur leurs rentes de situation et les "barbares" de l'innovation, qui n'ont peur de rien et qui osent tout (ils appliquent la citation bien connue de Mark Twain : "Ils ne savaient pas que c'est impossible, alors ils l'ont fait").


Et donc, pour un empereur, la condition de survie, c'est d'être son propre barbare. Un exemple : alors qu'HP était le leader des imprimantes laser (à la fin des années 80), le "barbare" c'était la technologie du jet d'encre. La décision prise par HP a semblé totalement contre-intuitive : fabriquer aussi des imprimantes à jet d'encre. Le résultat : en quelques années HP est devenu leader sur les deux marchés !




Innover en rupture ce n'est pas seulement penser autrement, c'est également (voire peut-être avant-tout) se remettre en question.
C'est l'objectif (non avoué) de Green SI de déclencher cette étincelle. Ensuite il faudra trouver le moyen de faire prendre le foyer en interne puis de conserver le feu.

jeudi 2 juin 2011

L'informatique: un écosystème en profonde mutation

Les titres de l'actualité commencent à donner le tournis aux Directions des SI. Ils sont tous porteurs de changement et de chamboulement des technologies impactant les systèmes d'information et finalement ils semblent annoncer la reconfiguration de l'industrie informatique toute entière. Les quelques projets aux avant postes rencontrent des éléments déchaînés, que le reste des troupes encore à leur poste en exploitation ou en maintenance a du mal à croire. Mettons un coup de projecteur sur ces discussions de cantine ou d'after-hour autour d'une bière pour profiter de la sécheresse du moment.


Coté poste de travail ça commence a être la cacophonie. Pendant que les adeptes de la virtualisation veulent engager les investissements d'une nouvelle infrastructure virtualisant à la fois l'OS, les applications et les serveurs, pour réduire nos équipements a des terminaux basics (voir la DSI face à la consumerisation de l'informatique) la guerre fait rage sur le front des terminaux.
Les ventes de PCs chutent en Europe (voir le marché s'est pris une claque), finalement l'iPad se vent mieux que prévu et pire pour ceux qui pensaient vivre encore longtemps dans un monde uniforme, il ouvre le champ a une vaste concurrence de tablettes avec des processeurs ARM, concurrents de ceux d'Intel, où quelques noms commencent à émerger dans les ventes. Dans ce contexte les eePC ultraportables, que l'on avait peut être enterrés un peu trop vite, sont remis à l'ordre du jour par Intel avec une version UltraBook qui serait une synthèse entre le portable et l'eePC et surtout un processeur plus puissant (voir Intel sort l'UltraBook).

On en perd son latin car chaque génération (6 mois) amène un terminal plus puissant dans les mains des consommateurs alors que l'entreprise de son coté veut un terminal moins puissant. Parce que franchement si la virtualisation se termine avec une machine hyper puissante et aucune exploitation de ses capacités par les applications, GreenSI pense qu'on a perdu la raison. Allez tient, qui reprend une petite bière ?

Coté serveur, la pillule du Cloud commence a passer dans les DSI. Même si certains de ses partisants font peut être un peu de zèle en parlant de "néphophobie" (voir la peur du cloud de Louis Naugès) et donc en mettant les résistants dans la catégorie des "malades". Ces derniers ont accepté l'idée que le Cloud privé est peut être une étape intermédiaireindispensable pour faciliter l'adaptation des opérations et surtout laisser les offres du marché monter en professionnalisme. Les benchmarks entre sites montrent qu'il y a des écarts importants sur les performance.

La table ronde EBG de la semaine dernière sur l'informatique aux mains des maîtrises d'ouvrage à laquelle je participai, fut riche d'enseignements sur l'adaptation demandée à la DSI (voir la Synthèse par Fabien Grenet sur son blog) : la DSI reste le partenaire du Métier mais doit s'adapter et faire monter à bord les nouvelles compétences dont elle à besoin. Moins techniques et plus dans le conseil, l'intégration et l'accompagnement des changements. Le retour des Directeurs Artistiques dans les DSI comme GrenSI lançait l'idée il y a quelques semaines. Un livre blanc de l'EBG détaille d'ailleurs les retours d'expérience de 30 entreprises (livre blanc EBG).

En tout cas coté offre Cloud et prestations, c'est la guerre totale qui est engagée a coup de rachats et d'annonces fracassantes. Pour ne citer qu'EMC qui tenait salon la semaine dernière sur sa stratégie Cloud & Big Data au Musée des Arts Décoratifs (il fallait oser!), avec VCE sa joint venture EMC-Cisco-VMware, les partenariats sont prêts pour offrir les plateformes scalable (Vblocks) dont les entreprises ont besoin pour créer leur Cloud privé. Le rachat de VMware quelques années plus tôt refletait d'ailleurs une bonne anticipation de ce marché. Et cette semaine l'annonce du rachat de briques logicielles (réseau social SocialCast, et il y a un an la messagerie Zimbra) pour aller chatouiller les Amazon, Google, Azure et autres LotusLive avec une offre complète d'applications est une tendance à suivre. Amusant d'ailleurs de constater que finalement VMware, l'un des deux leaders de la virtualisation avec Citrix, est déjà en train de passer à l'étape suivante le Cloud...

Quoi qu'il en soit, il n'y a pas un jour sans une annonce autour du Cloud. Son impact sur l'environnement de la DSI est réel. On le découvre au fur et mesure que l'on met le doigt dans le modèle: gestion de projet, sécurité, changement de versions, facturation à l'usage, gestion de capacité... tout doit être repensé! Par exemple quand on lance un développement sur une plateforme EC2, la justesse des algorithmes et du code en terme d'échange et capacité de traitement demandés, influence fortement la puissance requise et donc le prix du service. Plus facile de "pricer" une application maintenant car impossible de savoir à l'avance le coût de traitement. On ne peut que l'estimer et vérifier la facture une fois réalisé. Un peu comme avec la téléphonie d'entreprise avant les forfaits. Les discussions vont donc bon train dans les DSI sur ce modèle si différend qui semble si fragile. Tu me repasses les cacahuètes, merci.

Coté applications c'est le calme avant la tempête. Les "legacy" seront là pour longtemps comme souvent en informatique, et vont mobiliser des ressources qui ont la connaissance de leur maintenance. Mais l'écart de coût qui va se creuser entre l'ancien et le nouveau monde, va créer une tension importante sur les budgets et les arbitrages. Car les unités de valeurs ne sont plus les mêmes. Là où on comptait en millions on compte maintenant en centaines de k€! Pour 1M€ en Octobre, vous allez choisir le Niem upgrade de votre ERP a périmètre isofonctionnel, ou la mise a jour de tout votre CRM incluant le Social CRM et le développement assuré des ventes ? Certes c'est souvent du récurrent et non de l'investissement, donc sur plusieurs années pas toujours moins cher, mais cela marque les esprits et plait bien aux Directeurs Financier.

De plus le développement du Cloud, avec d'une part la disponibilité d'applications en SaaS (les ERP arrivent sur le SaaS en ce moment) et d'autre part la contrainte de pouvoir tourner dans un environnement Cloud privé, va mettre la pression sur les éditeurs pour adapter leur offre. On peut imaginer que tous ne vont pas suivre et que la période qui arrive va voir une accélération du vieillissement prématuré de nombreuses applications. Et puis pour ceux qui auront raté le train, le rachat d'une offre Cloud sera la seule porte de sortie autre que le dépot de bilan ou de se faire racheter leur base de clients. Ce qui va amener encore plus d'instabilité dans les offres. Allez, on leur souhaite bonne chance et on trinque à la santé des éditeurs!

Le nouveau venu dans l'entreprise, le collaboratif, commence a faire la différence entre les entreprises qui savent tirer partie de la fluidité des interactions entres salariés et celles qui en sont encore à l'email. La messagerie est donc toujours omniprésente mais maintenant récriée. Certains annoncent même qu'elle doit disparaître pour le salut de l'entreprise comme Thierry Breton le patron d'Atos. Rendez-vous est pris dans 3 ans. Dans tous les cas de nouvelles façons de partager l'information et la connaissance se développent. Les réseaux sociaux, les "bases documentaires 2.0" qui exploitent les standards collaboratifs de l'internet (wiki, blogs, tags, votes...), les communications avancées allant vers le temps réel et incluant la video, ... Le modèle d'une l'entreprise flexible plus facilement reconfigurable, sachant exploiter la transversalité et l'innovation, est aujourd'hui facilité par le système d'information. Et l'intranet, candidat pour unifier ces évolutions, se métamorphose (voir l'intranet est mort, vive l'intranet).

undefined Enfin l'entreprise ne s'arrête pas à la porte de son firewall. Elle construit sa présence et ses actifs sur internet en relation avec ses clients et ses partenaires. Au départ avec des sites web, qui sont devenus avec la montée en puissance du trafic internet, des magasins générant une partie de son chiffre d'affaires. Maintenant elle investit dans les réseaux sociaux avec ses propres applications pour engager la relation toujours plus loin avec ses influenceurs, prospects ou clients (voir il est temps de mettre du social dans votre relation clients). Et surtout maîtriser la problématique de la gestion de ses données, car Facebook c'est bien pour attirer le chalant mais ensuite l'entreprise veut rester propriétaire de sa relation avec ses clients et ne pas s'en faire déposseder.

Le développement de base de données massives par capture d'information dans cet univers de plus en plus numérique, vient compléter le système d'information traditionnel et changer les réflexes d'une DSI qui a pensé sa gouvernance et sa sécurité à l'intérieur d'un château fort. Donc exit le moyen age, nous entrons dans la Renaissance, les murailles tombent, les châteaux s’embellissent, les créneaux deviennent parure, la créativité peut jaillir.

L'informatique a toujours évolué et s'est toujours renouvelée. Est-ce que la transformation actuelle de son écosystème (technologies, éditeurs, intérgateurs, entreprises) est plus rapide qu'avant? Peut être. Mais ce qui est sûr c'est que les entreprises qui ne se préparent pas à leur adaptation risquent de rencontrer des difficultés tant la transformation actuelle semble radicale et totale dans l'écosystem. Non seulement les fondamentaux changent, mais ceux qui vous ont vendu la quincaillerie actuelle ne seront peut être plus là demain pour la reprendre. Et coté humain, les métiers et compétences de demain ne sont peut être pas ceux d'aujourd'hui, avec des transferts certainement massifs vers cette nouvelle industrie du Cloud en construction. En tout cas, c'est de ça dont on parle en quittant son boulot en ce moment. Bon, c'est pas tout ça les copains, je vais rater mon train.

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