mardi 14 mars 2017

La France en avance pour DevOps et l'agilité


Cette semaine dans le cadre des rencontres d'affaires mobilité et digitale de ROOMn, s'est tenue une table ronde pour faire le point sur la mise en oeuvre de DevOps dans les entreprises. Dans une salle pleine et très participative, ce fut l'occasion de faire le point sur les questions pratiques que se posent encore les directions SI et marketing sur DevOps et sur l'agilité en général, des démarches indispensables pour toute transformation digitale.

Gaettan Falletta, qui participe à la stratégie Internet des Objets d'Airbus, Philippe Bedu, chargé de mission à la DSI groupe d'EDF et moi-même en charge de la Stratégie Digitale de Suez Smart Solutions, étaient interrogés par Olivier Bouzereau qui animait le débat avec la salle.

DevOps: une étape dans l'agilité de l'entreprise

De plus en plus de projets digitaux mettent en oeuvre une approche DevOps pour développer avec un cycle court et mettre en production avec le même rythme, par exemple hebdomadaire.

Mais mettre en production toute les semaines si aucun client n'utilise chaque version livrée ne sert pas à grand chose, à part à dire qu'on travaille en mode agile. L'agilité n'a de pertinence que sur l'ensemble de la chaîne, donc en amont pour la production de besoins avec des cycles itératifs courts, et en aval avec la validation régulière des développements (plus rapide que le rythme choisi) et l'utilisation après mise en production de l'application par de "vrais utilisateurs".
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D'ailleurs sans vouloir dévaloriser le travail d'une équipe dite de maîtrise d'ouvrage pour valider les nouvelles fonctions, la seule validation qui compte est celle des utilisateurs qui, en conditions opérationnelles réelles, vont utiliser ces nouveaux services, se les approprier voire en imaginer de nouveaux usages auxquels l'entreprise n'avait pas pensé au départ.


DevOps a t-il vocation a être la règle pour l'ensemble des projets d'une DSI ?

Les retours d'expérience d'Airbus et EDF montrent qu'une partie uniquement des projets sont gérés avec cette approche et que les objectifs sont au mieux de l'utiliser pour 20% à 50% des projets. Le "cycle en V" a donc encore de beaux jours devant lui ! Par exemple quand on veut travailler avec un prestataire unique au forfait. Le forfait est difficilement compatible avec une approche agile puisque le besoin n'est pas totalement spécifié au départ et donc ne peut faire l'objet d'un engagement ferme pour sa réalisation.

Pour GreenSI, pour les projets de transformation numérique, on assiste à une augmentation du nombre de développements spécifiques pour développer des plateformes de plus en plus différenciantes. DevOps est totalement adapté aux développements spécifiques. On peut donc penser que cette approche pourrait représenter à terme 100% des développements spécifiques liés à la transformation digitale, principalement dans la mobilité et les plateformes numériques pour les clients.

Est-ce que DevOps c'est mieux que le cycle en V?

L'agilité n'est pas la panacée si l'entreprise n'est pas prête ou si la MOA ne comprend pas les fondamentaux de la démarche. Au contraire, une démarche agile ou DevOps peuvent être un risque d'échec des projets. La bonne pratique exposée consiste à définir les critères à respecter avant de partir tête baissée dans un projet en mode agile. Trois de ces critères discutés lors de cette table ronde ont été :
  • Le besoin d'arriver rapidement en production avec quelques services puis d'itérer avec de nouveaux services.
  • La confiance établie entre ceux qui établissent le besoin, développent, gèrent la production et les utilisateurs finaux.
  • La possibilité de supprimer les validations formelles longues, notamment auprès d'instances externes à l'entreprise.
Un projet agile n'est pas un projet qui arrive plus vite. L'approche ne doit pas être choisie pour réduire les délais du projet. Au contraire, un projet agile peut même être plus long sur l'ensemble du besoin, puisqu'il multiplie par exemple les activités de tests ou de mise en production.



Un projet agile amène plus vite UNE PARTIE des fonctionnalités (ex. "la patinette") en production. Il permet d'itérer et donc de s'améliorer, pour avancer vers un service de plus en plus adapté à l'utilisateur. C'est pour ces raisons que l'on doit choisir DevOps, et cela demandera une énergie au quotidien.

Une maîtrise d'ouvrage n'ayant pas cette énergie, ou trop prise dans son quotidien opérationnel, ne sera pas à l'aise dans un projet agile, et l'échec sera probable. En premier lieu, ce sera le rejet de la méthodologie de façon plus ou moins affichée, notamment le rejet des outils collaboratifs transverses pour revenir à des outils individuels et des documents, et parfois par la fin du projet lui même. En revanche si le projet est adapté à l'agile, ses chances de succès seront multipliées par rapport à celles dans un cycle en V.

Le second élément est LA CONFIANCE. Elle est cruciale. La question peut sembler politiquement incorrecte dans l'entreprise où tout le monde devrait se faire confiance. Pourtant de multiples procédures dites de contrôle ou de validation ne semblent être là que pour compenser un niveau de confiance moindre dans les autres équipes avec qui on travaille. C'est antagoniste avec l'agilité, qui, elle, se conçoit dans une démarche d'amélioration continue, donc de confiance puis d'amélioration, et donc pas de contrôle absolu a priori et permanent.
C'est cette confiance et cette compréhension mutuelle qui est à l'origine et à la base du rapprochement des "Dev" et des "Ops", puis avec l'agilité des métiers et des développeurs.

Alors quand un chef de projet veut tout contrôler car il croit (comme dans un cycle en V) que son rôle est d'être justement le "chef" du projet, vous savez que la méthode agile n'est pas adaptée et qu'un cycle en V frustrera moins les équipes.

De même, elle n'est pas adaptée quand on n'arrive pas à nommer un product owner UNIQUE, et quand chacun veut donner son avis ou tout contrôler de l'interface aux priorités des scrums. Ceci sachant d'ailleurs que le seul avis qui compte à la fin, c'est celui de l'utilisateur final et de sa perception de son expérience (utilisateur), le Saint Graal du succès digital.

L'approche DevOps suppose donc la maitrise d'un fonctionnement transversal pour les équipes techniques ET métiers, plus ou moins simple en fonction de la culture d'entreprise. Elle s'inscrit donc bien dans la transformation - changer de forme - digitale de l'organisation et dépasse largement le cadre de la DSI et des équipes SI.

DevOps, c'est la fin de la documentation ?

C'est vrai que les projets agiles ont des exigences plus faibles en matière de documentation. Le manifeste agile reconnaît la valeur de la documentation mais lui préfère un logiciel opérationnel.


Pour GreenSI, DevOps oblige en fait à se reposer la question de ce qu'est une documentation, de sa finalité et donc du format et du moment le plus a approprié pour la produire :
  • À quoi bon faire des spécifications détaillées dans d'épais classeurs si les développeurs ne les lisent pas?
  • Ne vaut-il pas mieux documenter son besoin pour qu'il soit compris par ceux qui vont le réaliser plutôt que par ceux qui l'écrivent?
  • À quoi sert un cahier de recette quand les tests sont automatisés?
  • À quoi sert une documentation d'installation quand on a le script du robot qui déploie en continu dans la minute les versions successives et gère les retours arrière ?
Autant de questions qui démontrent que la documentation a souvent été pensée dans un cycle en V et qu'elle doit être repensée dans une approche DevOps.

La France en avance sur DevOps !

Une enquête menée à l’échelle mondiale en partenariat avec CA Technologies révèle que 87% des organisations françaises considèrent les pratiques agiles et le DevOps comme essentiels à la réussite de leur transformation numérique.
Une sélection d’indicateurs clé de performances (KPI) permet de mesurer l’impact du DevOps et les conclusions pour la France sont sans équivoques :
  • Les pratiques agiles diminuent la durée de développement et de lancement de nouveaux produits de 24% (de 9,59 à 7,33 semaines) ;
  • Le DevOps raccourcit le temps nécessaire pour le développement et lancement de nouvelles applications de 38% (de 13,43 à 8,27 semaines) ;
  • Les pratiques agiles augmentent la productivité des employés de 44% ; le DevOps de 43% ;
L'étude montre aussi que les structures françaises font preuve d’une grande maturité en matière de DevOps avec 39% d’utilisateurs avancés (Allemagne - 40%, Royaume-Uni - 32%), et 33% quand on considère l'agile en général, soit autant que l’Allemagne et l’Espagne, et plus que le Royaume-Uni (29 %).

Cela fait 3 ans depuis le premier billet de GreenSI en 2014 qui s'étonnait que le sujet DevOps très développé outre Atlantique, n'avait pas encore atteint les côtes françaises. Visiblement en 3 ans la France a commencé à adopter cette bonne pratique, et certains prédisent que 2017 sera l'année de la généralisation. 

mercredi 5 octobre 2016

Le point sur la transformation digitale dans le monde

Cette semaine GreenSI s'est procuré l'étude mondiale « Keeping Score: Why Digital Transformation Matters, menée auprès de managers métiers et de responsables informatiques, par Coleman Parkes pour le compte de CA Technologies. Est-ce que notre expérience française ou notre contemplation de la Silicon Valley sont biaisés quand on regarde la force de transformation du numérique au niveau mondial ?

Cette enquête a donc interrogé des entreprises de tous les continents. Pour n'en citer que quelques-uns : aux Etats-Unis, au Brésil pour l'Amérique du Sud, en Europe, dont la France, en Australie, en Asie avec la Chine, le Japon et la Corée du Sud et en Afrique avec l'Afrique du Sud.

L’enquête s'appuie sur les évaluations de l’outil Digital TransformationBusiness Impact Scorecard (BIS) créé par Coleman Parkes.


Il permet de comparer les entreprises, les secteurs d'activités et les pays en comparant 14 indicateurs clés de performances (KPI). Ces indicateurs sont utilisés pour mesurer l’impact de la transformation numérique sur agilité, la croissance, et la capacité d'une entreprise à répondre aux besoins de ses clients et à sa rentabilité. 

Il ressort de l'étude que l'écart entre les secteurs qui se transforment le plus (Télécoms, Banques, Finances, Distribution) et ceux qui ont pour l'instant été le moins impactés n'est pas très important. La transformation est donc bien engagée mondialement dans toutes les industries.
En revanche, l'écart au niveau des pays est plus significatif que celui entre secteurs.

La transformation digitale a un impact beaucoup plus fort sur l'Inde ou laThaïlande et le Brésil, par rapport aux Etats-Unis ou à la France.
 
Cela peut paraître surprenant, mais ce classement reflète la progression que le numérique à faite faire, en partant de niveaux différents dans chaque pays.
L'Inde, par exemple, c'est le pays où le digital révolutionne le monde de l’éducation avec la Khan Academy (MOOCs), le "wikipedia de l'éducation en vidéo", gratuite, pour tout le monde et pour toujours. Traduite en 36 langues, elle démontre la force de la pédagogie virtuelle versus celle dispensée dans nos meilleures écoles quand un adolescent indien obtient un diplôme du MIT après avoir suivi tous ses cours en ligne ! Elle est bien sûr complémentaire d'un enseignement classique qu'elle repositionne dans l'accompagnement des élèves, et non pas dans la répétition d'un cours. A méditer par nos chers enseignants français...

Ne pas sous-estimer non plus un pays qui a déjà produit un champion du monde des échecs (Viswanathan Anand, aujourd'hui n°8 mondial), un jeu reconnu avec le Go comme un terrain d'apprentissage de l'Intelligence Artificielle (Deep Blue d'IBM).

La Thaïlande elle a lancé cet été un plan sur 20 ans, Thaïlande 4.0, qui vise plusieurs objectifs dont passer de l’agriculture traditionnelle à l’agriculture intelligente, ou agriculture de précision, avec l'aide du numérique.

Au Brésil, l'Oréal conçoit des applications de maquillage en réalité augmentée, organise des hackathons mobiles, et l'entreprise investit massivement dans les technologies numériques capables d’améliorer l’expérience consommateur sur un marché de la beauté ultra concurrentiel. Ce n'est pas l'image immédiate qui nous vient à l'esprit mais le Brésil c'est plus de 100 millions de personnes sur Whatsapp la messagerie instantanée, et autant de potentiel pour l'ecommerce.

La France est en tête de la liste des pays européens. Les investissements dans le numérique, de startups ou de grands groupes, sont également plus élevés en France que dans le reste de l'Europe (l'Allemagne, l’Espagne et l’Italie suivent).

Les nouvelles "cartes du Monde" version Azure (la première) ou AmazonWS (la seconde) nous montrent d'ailleurs déjà les zones du Monde à fort potentiel avec le développement du Cloud et des webs services, deux technologies indispensables pour cette transformation. Ce sont les nouvelles cartes des explorateurs du monde numérique. Mais il est vrai que chaque datacenter offre ses services dans une zone qui dépasse les frontières des pays où il est installé.


 
L’enquête nous montre aussi les axes les plus critiques pour les entreprises pour réussir cette transition comme:
  • d’investir pour recruter les talents (84 % et 89% en France) qui est la première des priorités au niveau mondial ;
  • de concevoir une vision du métier axée sur le numérique (82% et 87 % en France) ;
  • de déployer des méthodologies agiles à grande échelle (79 %).
 
La transformation digitale est clairement une question de nouvelles pratiques et de leur déploiement dans l'entreprise, et non uniquement une question de nouvelles technologies.

GreenSI trouve toujours aussi pertinente l'idée que l'innovation est une nouvelle façon de voir les choses, qui demande d'abandonner la façon dont on les fait aujourd'hui.

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Si on compare les niveaux de maturité des entreprises dans l’adoption de ces nouvelles pratiques et technologies, l'enquête montre un certain nombres d'idées déjà suggérées dans d'autres billets de GreenSI, dont :
Enfin, l'étude propose une roadmap pour cette transformation. Elle est certainement un peu "classique" de la vision à la mise en oeuvre qui, dans la réalité, est moins linéaire qu'on ne l'imagine. Cependant elle équilibre bien la transformation managériale (recruter des talents, définir une vision, retour d'expérience, être agilie) et la transformation technologique (déployer devops, structurer des platforms ouvertes - API, identités) :

   
La transformation digitale est donc bien un phénomène mondial. Quel que soit le point de départ, ceux qui vont le plus vite ne sont pas ceux auxquels on pense immédiatement, le développement économique, l'agriculture et l'éducation vont pouvoir faire des progrès vertigineux dans certains pays. De quoi nous inciter a regarder au-delà de l'hexagone et de la Silicon Valley. 

D'ailleurs on sera prudent dans cette étude par la représentation de l'Afrique avec uniquement l'Afrique du Sud. Cette dernière ne peut représenter la diversité des initiatives et du potentiel d'innovation du continent, donc de la disruption à venir. Pour s'en convaincre, rendez-vous au Maroc (lieu non encore dévoilé) du 2 au 5 novembre, pour Africa4Tech, où la communauté digitale africaine va se réunir, entourée de quelques ambassadeurs du digital comme Gilles Babinet ou des sciences comme Cédric Villani. 

Parfois, à trop regarder nos difficultés à se transformer dans nos entreprises, on en oublierait presque que le Monde avance sans se soucier de nous ;-) !

lundi 4 juillet 2016

DevOps: évoluer vers une DSI agile

Jeudi 30 juillet se tenait la dernière matinée de la "DevOps Connection", organisée par CA Technologies, et dontGreenSI avait déjà parlé lors du lancement de la série en janvier (DevOps: autre moteur de la transformation digitale). Une série de meetups sur ces 6 derniers mois, qui ont mobilisé à chaque fois entre 60 et 80 professionnels, pour partager leurs retours d'expérience sur cette démarche et ses résultats.

Ce billet est donc l'occasion de faire le point sur DevOps, de mesurer l'évolution de la prise de conscience des DSI à transformer le développement et des changements que cela amène dans l'industrie des services informatiques toute entière.
Lors de cette matinée, lebaromètre Netmediaeurope, réalisé pour l'occasion, nous a appris que les organisations qui recourent ou s'inspirent de DevOps :
  • sont 6 fois plus nombreuses à avoir réussi à réduire de moitié les délais de livraison des applications (30% vs 5%), un point critique dans l'évaluation des DSI par les métiers
  • que les décideurs métier travaillant dans ces organisations sont 4 fois plus nombreux à considérer que la disponibilité des applications est "très bonne" (23% vs 6%)
  • enfin, que 44% d'entre elles réduisent de "beaucoup" les coûts de développement ou de livraison des applications
Pour GreenSI, qui avait publié son premier billet sur DevOps en 2014 en se demandant pourquoi personne n'en parlait en France, la lame de fond DevOps est bien en train d'atteindre toutes les DSI, et les résultats des premiers adeptes sont engageants. Tout au moins, DevOps est un très bon étendard pour souffler le changement à la DSI quand l'entreprise demande plus d'agilité pour la fabrication de ses applications.

Car maintenant, le développement d'applications est sous les feux des projecteurs de l'entreprise numérique.

Ce sont les applications qui sont devenues les nouveaux services numériques en ligne supportant la transformation des business modèles, et qui restent tout autant stratégiques en back-office pour permettre une logistique quasi temps réelle.
Le suivi de ce processus est devenu un nouveau standard. Une bonne question que la DG devrait poser (si ce n'est pas déjà fait), c'est "en combien de temps savons nous développer et déployer une nouvelle application dans tel domaine ? "



Pour ceux qui avancent avec DevOps, le délai n'est pas le seul critère et des KPI plus précis commencent à émerger, comme ceux proposés par des ESN présentes à la matinée. Par exemple le taux d'échecs des déploiements qui couplé avec une démarche "lean" permet aussi de s'améliorer en continue. Que de chemin parcouru !



En professionnel de l’informatique, j’ai découvert l'importance du DevOps il y a 10 ans, sans que ce nom ne lui soit donné à cette époque, lorsque les sites d’e-commerce cherchaient à ouvrir de nouvelles fonctionnalités chaque semaine pour rester dans la course. Pour y arriver, les "champions" avaient travaillé sur l’organisation en parallèle des équipes – chaque semaine une équipe livrait –, et la communication était sans faille entre ceux qui préparaient ou développaient ces nouvelles fonctionnalités et ceux qui assuraient le fonctionnement du site Internet.

Les pratiques de management des systèmes d’information, issues des méthodes de gouvernance traditionnelles de l’informatique et développées pour un monde de stabilité qui avait tout le temps devant lui, trouvaient leur limites.

Quand le rythme des besoins en fonctionnalité s’est accéléré et que l'environnement s'est complexifié, avec l'augmentation du nombre d'acteurs et la disparition des frontières entre l'intérieur et l'extérieur de l'entreprise, on a atteint un point de rupture.

Oubliez donc tout ce que vous savez sur le "cycle en V" !
Il n'est plus adapté à de plus en plus de projets de l'entreprise. Il faut reconstruire une méthode pour piloter les développements dans une économie numérique.
DevOps, qui est plus une démarche qu'une méthode aboutie, englobe beaucoup d'outils qui se sont développés partout pour chercher une solution à ce problème. C'est un étendard dont le nom sonne bien et qui a fédéré les énergies pour transformer le processus de fabrication des applications.

Mais derrière les applications, c’est bien de la transformation complète de la DSI qu’il s’agit, et plus largement de toutes les équipes en charge de manager le SI, qui ne sont plus toutes pilotées par la DSI.

DevOps n’est donc pas une nouvelle mode, ni un nouvel acronyme pour briller dans les dîners. DevOps est un guide de survie dans une économie numérique et collaborative, dans laquelle les professionnels de l’informatique se sont retrouvés en première ligne, sans toujours le vouloir... 

Le moment de l'arrivée de ce point de rupture n'est pas un hasard !
DevOps est arrivé quand la productivité amenée par le Cloud, l’agilité demandée par la conquête de l’Internet, et lefonctionnement 24 h/7 j amené par la mondialisation, se sont combinés pour créer un nouveau paradigme.

C’est donc une nouvelle façon de faire de l’informatique adaptée à l’attente numéro un des entreprises : leur transformation digitale interne et externe. C'est le thème du livre "Mettre en oeuvre DevOps" d'Alain Sacquet, consultant DevOps confirmé, qu'il m'a demandé de préfacer et de commenter avec le regard d'un DSI, thème abordé de façon très pragmatique.

Car si la DSI a su grandir et trouver sa place dans un modèle d’informatique stable et robuste, au point de reprendre dans son management direct tout ce qui se connecte au réseau de près ou de loin, cela ne lui préserve pas nécessairement sa place dans une époque d’informatique agile et dynamique. Idem pour les divers fournisseurs de la DSI, que ce soient les ESN ou les hébergeurs.

Pourtant elle a de sacrés atouts pour assurer ce rôle quand elle maîtrise DevOps, et devient l'une des toutes premières Directions de l’entreprise à avoir adopté à grande échelle l’agilité. Un sujet aussi très présent dans les discussions de toutes les Directions et de la Direction Générale.

Et puis, dans une économie numérique, il restera le socle robuste du système d’information à faire vivre, alors pourquoi ne pas s’organiser pour la robustesse ET pour la flexibilité, et prendre un second coup d’avance dans cette économie numérique si puissante mais finalement si fragile ?
Le principal frein pour l'adaptation des ESN, identifié dans les débats qui ont suivi les présentations, reste le prix de développeurs, fortement sous influence de la Direction des Achats.

Avec DevOps, on achète plus des ressources, mais une "tribu" qui sait déjà travailler ensemble, ce qui ne s'apprécie pas avec un simple TJM. Les engagements doivent porter sur la célérité (nb de points par jour par développeur), et non uniquement sur le prix par jour. À la fin le client est gagnant car le résultat est la multiplication des deux.

De plus, un TJM bas ne permet pas d'enrôler dans son équipe les meilleurs, car la pénurie des développeurs (confirmés et coaché) est une réalité. Les salaires risquent donc de se rééquilibrer entre les chefs de projets et consultants en amont (dont on aura moins besoin) et les développeurs (dont on aura plus besoin).

Et puis DevOps permet de libérer la valeur de la proximité des équipes qui travaillent parfaitement ensemble à un rythme élevé. Une valeur qui peut l'emporter sur la réduction des coûts promises par l'off-shore dont le modèle pourrait devenir obsolète. Décidément le TJM comme seul critère est sérieusement remis en question.

Donc encore du changement à venir dans les organisations...
Dans tous les cas, DevOps doit clairement être une source de réflexion et d'inspiration pour tous les DSI, voire de devenir leur manuel de survie, en permanence sur leur table de nuit, pour éviter d'être réveillés en sursaut par le cauchemar de l'inadaptation de leur organisation à une économie numérique.

lundi 25 janvier 2016

DevOps, autre moteur de la transformation numérique

DevOps est apparu sur les radars de GreenSI en août 2014 (Connaissez-vous DevOps le chaînon agile manquant?). Depuis, cette philosophie continue de se développer en France et mobilise de plus en plus de professionnels des SI, dont les DSI.

C'est d'ailleurs pour GreenSI une chance à ne pas rater pour les DSI.

Plus qu'une méthode DevOps regroupe de nombreuses disciplines, et il devient de plus plus clair qu'elles participent à la transformation digitale des entreprises pour le volet SI.  DevOps rime avec Agilité, Lean, voire même avec "Entreprise libérée" pour les plus audacieux comme Patrick Hereng, ancien DSI de Total qui a animé la matinée.

CA Technologies, qui avait eu la bonne idée de lancer en 2015 l'API Connectionpour mobiliser la communauté SI sur le sujet stratégique des API, démarche à laquelle GreenSI avait totalement souscrit, a lancé en 2016 les Matinées DevOps Connection. Un ensemble de quatre sessions de partage de contenus et d’échanges autour des disciplines DevOps.

Le 14 janvier, GreenSI était présent à la première session, parmi la centaine de professionnels qui remplissaient la salle et avaient bravé pluie, transports et mesures de sécurité renforcées pour rejoindre le centre de congrès de Coeur Défense. Le sujet visiblement intéresse !

 
Sébastien Denoual, senior manager chez Deloitte Digital, a tissé les premiers fils de la toile DevOps sur le thème de la transformation digitale et de l'agilité.


DevOps moteur de la transformation numérique

La transformation digitale n'est pas une option pour les entreprises.Elle s'impose en réponse à :
  • l'incertitude grandissante de l'économie (réduction des horizons de planification), 
  • la complexité, actuelle (mobilité, cloud, sécurité) et à venir (milliards de connections des objets connectés, cybercriminalité, privacy,...) 
  • aux interdépendances de plus en plus fortes (notamment entre la stratégie SI et la stratégie Digitale)
  • la montée des "individualités" ("L'âge de la multitude", talents, personnalisation de masse...) qui demandent nouveaux services numériques et vision pour être mobilisées.
Pour Sébastien Denoual, la transformation numérique demande aux entreprises une nouvelle agilité. Celle du SI et de la DSI, mais aussi celle de toutes les Directions comme le soulignait GreenSI dansLes Echos Digital il y a quelques mois.

Car l'agilité c'est aussi bien celle du business modèle, de la culture d'entreprise que de l'architecture du SI.
L'agilité c'est aussi la capacité à réussir des projets plus complexes. Les derniers chiffres du célèbre "CHAOS report" se sont penchés dessus et ils sont formels : que les projets soient grands ou petits, une démarche agile améliore les chances de réussites.

Et quand on couple l'agile a une démarche "lean" c'est 20% à 50% de gains en délais et en productivité. 

Le modèle opérationnel proposé par Sébastien Denoual repose sur la notion de "dual IT", le modèle d'organisation du SI régulièrement cité sur GreenSI. Il y a donc non pas un mais deux modèles opérationnels, un pour chaque partie du "SI dual", et une gouvernance plus dynamique pour s'adapter aux deux.




La partie du SI (verte) est fondée sur un modèle orienté innovation et expérience utilisateur. Elle maitrise les démarches agiles, avec les métiers (Lean stratup), avec le développement (scrum, extreme programming,...) et avec les opérations pour les mises en production en continue (DevOps).

L'autre (bleu clair) fondée sur la stabilité et la performance des services exposés, repose sur une architecture d'entreprise forte, qui peut aussi tirer profit d'une approche collaborative DevOps. Mais l'objectif de ce modèle opérationnel est surtout d'ouvrir le SI, par exemple avec des API performantes et sécurisées, qui sont exploités par la partie agile se concentrant sur l'expérience utilisateur et non l'accès aux applications.

Le fait d'avoir des infrastructure en IaaS ou PaaS à la DSI, est clairement un accélérateur commun a ces deux modèles, au moins pour la partie agile et les APIs (qui virtualisent les applications pour la partie agile).

Quand à la gouvernance (bleu foncé), elle doit maintenant s'adapter pour gérer l'adaptation permanente, pas toujours compatible avec les approches au forfait et les cycles budgétaires longs. La nouvelle gouvernance ressemble donc plus à la gestion d'un portefeuille d'investissements intégrant la gestion du risque (voir "Beyond budgeting").

Mais alors, c'est la fin de CoBiT ?
Pour Antoine Vigneron Général Manager de l'AFAI, CoBiT5 est une boîte à outils dans laquelle on peut piocher pour aborder cette nouvelle gouvernance, mais il reconnait que ce n'est pas un modèle à appliquer pour l'instant les yeux fermés dans une entreprise numérique.

Un autre framework, SAFe, pour "Scaled Agile Framework", est peut-être à découvrir par les DSI qui veulent déployer l'agilité à grande échelle et gérer des programmes agiles (via un portefeuille de projets). Le mérite de ce framework est de faire le lien entre le "top" (les thèmes stratégiques) et le "down" (le développement d'une user story dans un sprint).



Vers la fin des projets au forfait ? 

Ce qui ressort de ces premiers échanges autour de DevOps, c'est que finalement l'on revient à "l'age du FAIRE". 

Avec des projets plus interconnectés entre Métiers et SI, des initiatives en mode startup qu'il faudra industrialiser, et un SI à deux vitesses, la sous-traitance au forfait des projets semble compliquée, si ce n'est impossible quand il s'agira de définir précisément le périmètre et de le contractualiser. L'incertitude, la complexité et l'interdépendance qui se développent, sont trois facteurs d'explosion des coûts du risque et donc des forfaits.

La tendance est donc au développement "de centres de compétences agiles" dans les organisations pour réduire ces risques et maîtriser les coûts et le delivery.

Des équipes pluri-disciplinaires qui vont aider à la transformation dans le cadre d'une stratégie globale.
Ces centres qui se développent dans les grandes entreprises comme SUEZ environnement ou la Société Générale. Cette dernière était représentée par Romain Ranson, Responsable de la division Continuous Delivery Agile, qui regroupe les méthodes et outils agiles, la Software Factory, le testing et les méthodes et les outils d'exploitation. L'organisation vient donc à l'appui du développement de ces nouvelles compétences qui irrigueront ensuite tout les domaines.

Chez les intégrateurs, comme Atos ou Devoteam, qui accompagnent leurs clients dans leurs stratégies digitales, c'est aussi un mode d'organisation privilégié. Yann Boyer-Chammar d'Atos a pu témoigner avec une grande franchise sur l'activité de son équipe qui assistait un acteur de l'assurance dans sa transformation numérique, et a choisi de lancer une approche agile, moins consommatrice de ressources, plutôt qu'un grand projet au forfait... qui aurait pu être plus lucratif pour Atos !

Mettons les pieds dans le plat. Une DSI qui sous-traite beaucoup se transforme à la vitesse de ses fournisseurs, ou de leur intérêt ou non à ce qu'elle se transforme. D'où la position de GreenSI, depuis plusieurs années, de dire que si vous ne travaillez pas avec de nouveaux fournisseurs vous avez peu de chance de vous transformer, en attendant qu'ils se transforment. 

Atos a d'ailleurs annoncé déployé un programme interne de formation Agile en accéléré de ses consultants, et c'est tant mieux pour accompagner les DSI. Leurs concurrents ayant adopté l'agile, comme Theodo ou Smile proposent déjà aux DSI de nouvelles approches pour leurs projets. Théodo est en croissance très forte et sa seule limite semble être pour l'instant sa capacité à recruter...

Des sociétés qui intéressent aussi les éditeurs de logiciels puisque Rally, l'un des spécialistes de l'agile aux Etats-Unis a été racheté l'an dernier par CA technologies. Bien vu! 

La transformation des intégrateurs travaillant avec les DSI sera certainement à l'avenir le frein ou le moteur de la transformation agile des entreprises françaises. Car quand la majorité des entreprises engagera ses projets de transformation, il n'y aura peut être pas assez de ressources en France pour tous les réaliser et pour GreenSI on se rapproche rapidement de cette date...

Si ce sujet vous intéresse, vous retrouverez les présentations de la premièreMatinée DevOps Connection içi.

En espérant alors vous rencontrer IRL à la prochaine matinée, le 16 février, qui traitera de la culture DevOps. 
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lundi 10 août 2015

DevOps: une chance à ne pas rater pour la DSI

Dans le numéro spécial Juillet-Aout de IT for Business (sommaire) ouvert aux DSI, GreenSi a publié une tribune d'opinion sur DevOps: pourquoi les DSI ne doivent pas rater le train DEvOps.


Depuis un an, en France, le sujet DevOps a quitté les meetups de geeks pour arriver dans les conférences IT, dans le vocabulaire des fournisseurs et bien sûr à la DSI.

DevOps, c'est un état d'esprit de collaboration entre les équipes de développement (celles qui construisent le système) et les équipes d'exploitation (celles qui le font tourner). Des équipes qui par le passé, on été séparées par les règles de gouvernance visant à assurer l'indépendance de la production et surtout un rythme d'évolution du SI beaucoup plus lent.

Mais dans une économie numérique, le développement doit devenir agile. Une agilité rendu nécessaire par le "test & learn" sur de nouveaux marchés, par le rythme effréné des mises en production des plateformes internet et surtout par le nouveau datacenter universel vers lequel tout converge: "le cloud".

Un datacenter "logiciel" (software defined) qui requiers de repenser la façon de fabriquer, sécuriser, déployer, exploiter et surveiller les applications qu'il héberge. Du moins, si on veut réellement bénéficier de la rupture qu'il apporte.

Et puis, les nouvelles applications de l'internet sont de plus en plus composites. Intégrant par exemple des flux météo venant de serveurs d'un fournisseur de données, une solution de paiement proposée par une banque ou du stockage sécurisé sur une autre plateforme Cloud. Cette hétérogénéité révèle une réalité nouvelle: le bon fonctionnement de votre datacenter n'est plus qu'une condition nécessaire au bon fonctionnement de vos applications. Mais ce n'est plus suffisant, car vos applications seront intégrées de plus en plus à un ecosystème.

Vos développements vont donc devoir aussi travailler avec plusieurs équipes d'exploitations et vous allez même surveiller des ressources dont vous n'êtes pas propriétaire, mais qui sont pourtant essentielles, à la qualité de service perçue par vos clients.

DevOps c'est ce chaînon agile manquant entre les équipes de développement et les opérations.

 C'est une attitude et un comportement, bien avant d'être un outil ou une méthode. Une collaboration qui va mettre la fin aux équipes en silos, permettre le développement et la livraison en continue de vos applications et mieux aborder la qualité de ce processus de production de la DSI redevenu essentiel. A tel point que son externalisation doit être repensée ou renégociée si il est déjà totalement en dehors de l'entreprise.

Mais DevOps c'est surtout une chance pour la DSI. Car bien avant le reste de l'entreprise, elle va pouvoir développer une compétence essentielle à l'avenir: l'agilité.

Si elle le fait savoir en ouvrant la porte de ses "ateliers de fabrication" et de "supervision des plateformes numériques" aux autres Directions, elle peut apporter à l'entreprise, par l'exemplarité, une accélération de sa transformation agile. Car avec l'économie numérique, c'est bien l'entreprise tout entière qui à une nécessite de transformation agile. Et le système d'information doit y jouer le rôle d'un des acteurs de tête d'affiche.

Regardez le buzz autour des "fab labs" (usines de fabrication communautaires et contraction de fabrication laloratoy) qui repensent la conception des produits et des imprimantes 3D, qui permettent de nouvelles formes de production. 


L'entreprise est en train de réaliser qu'elle n'est pas condamnée a de longues études de nouveaux produits, puis une production de masse en usine. On peut fabriquer une première version, itérer, l'imprimer en petite séries, tester et commercialiser le produit, apprendre, puis faire évoluer le produit, voire décentraliser la production dans des écosystèmes.

Le lien entre les bureaux d'études et la production devient plus agile, plus itératif, et l'entreprise y gagne en flexibilité. Ça ne vous rappelle rien?
Le développement logiciel dans le Cloud bien sûr.

La bonne nouvelle c'est donc que les DSI qui ont intégré une approche DevOps sont en avance, pour la transformation agile, sur le reste de l'entreprise. Et avec l'agilité, une avance aussi sur l'amélioration continue ("lean"). Profitons que le numérique, qui devienne la norme!

Or l'agilité ne se décrète pas. L'agilité se vit. Car c'est une transformation. Et une transformation " ça doit faire mal", comme quand Bruce Banner se transforme en Hulk, ce super héros vert de l'univers de Marvel. Sinon, c'est qu'on ne se transforme pas.

Et ça la DSI à a chance de la savoir et de l'avoir vécu et de pouvoir en témoigner!

lundi 22 septembre 2014

La visibilité de DevOps grimpe en flêche en France

En mai de cette année, GreenSI regardant les DSI de l'autre côté de l'Atlantique, se demandait pourquoi si peu de personnes, en France, ne parlait et ne connaissait DevOps. Ce chaînon manquant dans l'agilité du cycle projet de bout en bout, dont la communauté grandissait aux Etats-Unis.

Cinq mois plus tard, il est difficile de rater en France les annonces de séminaires, formations et autres rencontres sur ce sujet :
Et la liste n'est pas exhaustive. Comme si tout le monde s'était donné le mot de vouloir évangéliser les DSI sur ce sujet à la rentrée!
Mais plus on creuse et on interroge des experts, plus on s'aperçoit que des fondamentaux de la DSI sont remis en cause. DevOps n'est peut être finalement que le symptôme d'un changement profond de l'information de production (ops).  Un symptôme, mais pas la cause qui est a chercher dans la transformation numérique des entreprises.

GreenSI propose à ce stade de retenir 3 choses sur DevOps.

1 - Toutes les DSI seront concernées, tôt ou tard, par DevOps

Déjà, les premiers concernés ces dernières années, sont ceux qui ont des infrastructures internet importantes. Ce n'est donc pas un hasard que Voyages-SNCF, premier site de e-commerce en France, soit dans ceux qui ont engagé cette démarche depuis plus longtemps. D'ailleurs l'exemple donné par GreenSI dans son billet de mai dernier, venait d'un échange remontant a 2 ans, avec Justin Ziegler le DSI de PriceMinister, autre ténor du e-commerce. DevOps, chez les pionniers ça marche!

Mais vous allez alors me dire que cela ne concerne pas toutes les DSI?

A très court terme, peut-être. Mais la transformation numérique des entreprises, fait que la plateforme internet se développe rapidement au sein du SI. Pour prendre l'exemple du PMU, le SI interne reliant les buralistes et les champs de courses, ne traite maintenant plus qu'une partie des paris du PMU (dont l'ancien patron Philippe Germont a été nommé Manager Numérique de l'année 2014). La transformation numérique du PMU a donc fortement développé les courses en ligne et les autres activités en ligne dont le Poker. Comme pour le e-commerce, le SI vers les clients repose de plus en plus sur l'innovation, l'agilité et des cycles courts. Le développement d'une usine logicielle, fiabilisant les mises en production, le suivi fin des performances (à l'intérieur des programmes) et le déploiement continu, deviennent incontournable sur le long terme.

Et puis les salariés qui utilisent le SI interne, peuvent aussi être vus comme des clients internes. On peut donc imaginer que les approches pour développer des applications mobiles ciblés sur leurs besoins d'efficacité, vont s'aborder avec la même agilité que pour les clients externes. Le rythme des livraisons des parties mobiles des applications actuelle va donc certainement aussi s'accélérer.

A terme, et progressivement, la question DevOps se posera à toutes les DSI, de toutes les industries, pour la majorité des applications.

2 - Il n'y a pas d'outil DevOps miracle

Et d'ailleurs DevOps est au départ un problème de fracture entre deux cultures, les "dev" (équipes de développement) et les "ops" (équipes d'exploitation). C'est donc la démarche de dialogue, de collaboration et de rapprochement entre ces deux mondes qui est en question. Pas l'outillage, comme nous le rappelle JMB sur son blog humoristique.

Et puis n'oublions pas que dans beaucoup de DSI, la partie exploitation est sous-traitée a un hébergeur. La fracture s'accompagne alors d'un contrat, long terme et figé, entre les "dev" et les "ops" qui ne sont plus dans les mêmes sociétés. Ce qui refroidit bien souvent toute initiative.

Pour GreenSI le choix d'un hébergeur, aujourd'hui, ne plus reposer que sur des critères techniques et financiers, mais doit aussi prendre en comptre la capacité a collaborer de façon agile avec son partenaire. C'est le corolaire de DevOps, que certains pourraient traduire comme un désavantage concurrentiel a ceux qui ne maîtrisent plus leur exploitation...
Les outils existent bien sûr. Pour partager les informations et référentiels, et automatiser cette nouvelle collaboration, une fois qu'elle est décidée et mise en place. Comme l'approche DevOps est née dans des communautés, des outils open source sont utilisés par ces communautés. Puppet, Junkins ou Rundeck sont souvent cités. Mais des éditeurs bien implantés dans auprès des responsables de production comme CA ou Serena, proposent aussi des produits.

La remontée d'informations précises de la production vers les développeurs, pour le suivi en temps réel du comportement en production de l'application, est une source d'information dont les développeurs auraient tort de se priver. Déjà, en cas de nouvelle version on peut comparer la nouvelle version au comportement (performance, mémoire,....) de l'ancienne telle qu'il a été vu en production. Car comme le diable se cache dans les détails, la performance d'un site peut parfois dépendre d'une seule ligne de code un peu trop gourmande en ressources.

De plus, entre nous on sait bien que pour un site internet, un environnement de pré-production ne peut pas être complètement représentatif de l'environnement de production avec des vrais clients connectés. Donc oui, certains tests se font en production, n'en déplaise a nos manuels méthodologiques, mais jurez moi de ne pas le répéter.
Alors si DevOps permet de mesurer et de réagir vite, finalement c'est peut être ça l'essentiel.

3 - C'est toute la gouvernance qu'il faudrait repenser en mode agile

Pour la partie du SI qui doit être agile (e-commerce, sites interne ou extranet,..) pourquoi ne pas repenser l'agilité de la chaîne complète.  Depuis le protoypage de fonctionnalités et la gestion agile, avec les MOA, d'un plan produit pour chaque application, en passant par le développement en mode agile type "scrum", et jusqu'au déploiement continue de fonctionnalités en production.

 

Cela semble ambitieux, vu l'épaisseur de nos référentiels CoBIT et ITIL, mais n'est-ce pas un bon levier pour repenser l'organisation d'une DSI plus agile?

L'humour de ceux qui aiment le numérique