jeudi 28 décembre 2017

Quelle est votre stratégie Open Source ?

Début décembre la France servait de flambeau à la communauté open source en hébergeant l'un de ses sommets annuels : l'Open Source Summit. Cette manifestation, qui a absorbé depuis 3 ans d'autres salons (dont Solutions Linux), sert également de prétexte au think tank "Open CIO Summit" (DSI qui croient en l'open source pour la gouvernance des DSI) pour se réunir.

Cette année, cette manifestation a même vu un secrétaire d’État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, et sa prédécesseur, Axelle Lemaire, se relayer à la tribune. Une fois de plus, le recours plus systématique à l'open source dans les projets des services de l'État a été promis...

Pourtant,  la loi sur la République Numérique aurait pu être un boulevard pour faire de cette promesse une réalité en prenant une décision historique de faire de l'open source, non pas une solution "à privilégier" dans les administrations, mais une solution tout court. Mais cette loi ne l'aura pas fait.

Pourtant ces solutions permettrait à l'État de fabriquer des "communs", utilisables et réutilisables dans le cadre d'une licence, mais également de construire des solutions scalables à l'échelle des territoires, d'un État puis d'un pays. C'est une autre façon de concrétiser la stratégie "d'État plateforme" au delà des seuls services d'accès aux services publics.

Mais cette vision demande de changer de perspective sur l'open source qui est parfois réduit au seul sujet de licence logiciel.

D'ailleurs quand les GAFAs, que GrenSI comparent parfois à des États (voir: Google la startup qui voulait se faire aussi grosse qu'un État) ont commencé à développer les plateformes qui servent maintenant des centaines de millions d'utilisateurs, et deux milliards pour la plus grande, c'est bien vers l'open source qu'ils se sont tournés dès le départ. Puis une fois qu'ils en ont adopté et amélioré certains composants, ou mis en open source ceux qu'ils ont créé, c'est tout un écosystème de sociétés et d'acteurs qui s'est engouffré dans leur sillage et qui continue d'innover sur les socles qu'ils ont ouverts.

Dans les derniers exemples de ces ouvertures, au cœur des technologies du Cloud, l'adoption très rapide de Kubernetes, montre la force d'un tel modèle. Kubernetes est en effet un système open source permettant d'automatiser le déploiement et la montée en charge d'applications, conçu par Google et offert à la Cloud Native Computing Foundation. Quelle entreprise ou quel État pense avoir une meilleure expérience de scalabilité que Googe ?

GreenSI n'a donc pas beaucoup de mal à penser que l'open source pourrait être la base d'une révolution au niveau des infrastructures (numériques) d'un État plus agile, à la fois pour sa transformation au numérique en interne (et c'est le vœu de Mounir Mahjoubi dans son discours) mais également pour la transformation externe de l'écosystème qui dépend (ou pourrait bénéficier) de son activité.

Et si la nouvelle politique industrielle d'un État était de créer une plateforme offrant les conditions favorables au développement des PME qui sont si en retard sur Internet? Et si la #FrenchTech était plus qu'un label et l'accès à du financement, mais l'accès à une plateforme technologique et une expertise technique? Dans ces deux cas, la création de communs sur la base d'open source et une stratégie de plateforme seraient un très bon point de départ.

En 2017, l'open source a donc clairement quitté le cœur de Linux, le débat sur le système d'exploitation souverain ou sur la licence, pour devenir la plateforme scalable et ouverte de transformation digitale.

Pour GreenSIl'open source ne doit donc plus être comparé aux progiciels du marché avec licence, car c'est plus que du logiciel : c'est une démarche. L'open source est une démarche outillée de création d'une plateforme numérique permettant à l'entreprise de développer, et même d'acheter, les applications qui deviennent le cœur de son métier.

L'open source peut donc être une stratégie, et qui mieux que la DSI peut la porter, si cette dernière ne se laisse pas enfermer dans sa relation historique avec les éditeurs ? Ces dernières années, les grands éditeurs ont d'ailleurs cherché à interpréter à leur avantage les contrats avec ces DSI. Dans un contexte d'ouverture de données (en dehors de ces progiciels) elles ont cherché a étendre les bases du calcul des licences pour en maximiser leurs profits et financer leur migration vers le SaaS. Si après de telles initiatives les DSI ont encore confiance, cela tient du syndrome de Stockholm...

Le décalage entre open source et progiciel est donc autant celui des progiciels, qui deviennent des plateformes avec le SaaS (ou disparaissent), que celui de l'open source qui, de plateforme technique, devient une plateforme métier.
Dorénavant le métier de l'entreprise numérique est la fabrication de logiciels et  la capacité à délivrer des services numériques. Ces deux métiers sont outillés par les plateformes open source, de l'infrastructure aux outils de développement.


La stratégie SI devrait donc lucidement regarder ce décalage et statuer sur le rôle de l'open source comme vecteur de transformation. GreenSI voit donc aujourd'hui un grand intérêt à l'open source pour traiter des plateformes digitales et les intégrer dans une stratégie clairement formulée, et non un choix tactique quand il se présente dans les projets :

  • l'activation de composants : les versions communautaires permettent de démarrer très en amont des projets souvent complexes qui demandent des pilotes, sans être obligé d’acheter une licence alors qu’on ne connaît pas encore exactement les besoins. Le modèle "pay as you go" amené par le développement du Cloud est finalement plus adapté à l'innovation que celui de la licence.
    Combien de DSI ont cherché à défendre des budgets élevés pour des plateformes logicielles permettant de nouveaux projets, alors que si ils avaient pu démarrer et obtenir des résultats rapides, ils n'auraient même pas eu besoin de demander de poursuivre?
    L'open source est donc bien positionné pour cela et les plateformes éditeurs vont devoir intégrer cette règle à leur modèle tarifaire.
  • la scalabilité : les GAFAs ont démontré les capacités d'architectures scalables pour répondre à la demande mondiale, souvent largement au-delà des besoins des plus grandes entreprises. Les plateformes big data les plus utilisées sont d'ailleurs toutes issues de l'open source.
  • le modèle collaboratif : l'open-source permet de rassembler plusieurs acteurs pour développer ensemble des composants ou les compléter, chacun ayant accès au code à confiance dans ce qu’il utilise.
    Ce travail collaboratif commence au niveau des développeurs avec une plateforme comme Github, qui en 10 ans s'est imposée comme essentielle pour animer une communauté de développeurs. C'est d'ailleurs une communauté où l'entraide est très forte pour compenser les faiblesses de documentation que peuvent avoir certains composants open source.
    GreenSI aime bien dire que de nombreuses entreprises cherchent l'entreprise collaborative alors qu'elles l'ont sous les yeux si elles regardaient leurs développeurs travailler.

    Dans le domaine des Smart Cities, structurellement collaboratif, où chacun amène sa pierre à l'édifice (sans jeu de mot), GreenSI pense qu'il n'y a pas d'autre alternative que d'avoir un noyau commun open source. C'était le thème au Paris Open Source Summit d'un atelier organisé par la société Smile.
  • les standards : l'open source favorise l’émergence de standards de faits, et rassure les acteurs de l'écosystème jusqu'à permettre l’open-innovation pour travailler à plusieurs entreprises ou collectivités sur un même composant standard. Pour recruter des développeurs il est également plus simple de coller à des standards que de chercher le spécialiste d'un produit du marché devenu rare... qui se vendra à prix d'or. Suivez mon regard.
  • la sécurité : elle est amenée par le processus collaboratif de construction, par l'ouverture du code, et comme personne n'est parfait, par une plus grande vitesse à patcher quand une faille est détectée. La sécurité, dans les années qui arrivent, va sonner la mort de tous les éditeurs qui n'auront pas les équipes suffisantes pour réagir rapidement. Pour l'open source, la taille et la vigueur de la communauté est donc un critère de choix des logiciels.
À l'Open Source Summit se tenait également un pavillon spécialisé sur l'internet des objets, et donc une fenêtre sur les architectures de l'internet de demain.

Force* est de constater que l'open source est également bien placé pour continuer sa course dans ces nouvelles architectures du monde IoT en développement, à la fois au niveau des plateformes IoT centrales, comme les fournisseurs de Cloud l'ont montré en reposant principalement sur de l'open source, mais également dans les objets avec de l'embarqué et notamment une version Linux.

Le duo Arduino et Raspberry Pi a également montré que la démarche open source s'étendait aux objets connectés eux-mêmes en permettant le prototypage rapide, mais également par le partage du design, de créer des communautés autour d'objets physiques.


On sait également que l'intelligence artificielle va équiper à l'avenir ces objets pour les transformer en objets plus intelligents permettant de repenser les processus de l'entreprise. Comme l'open source sera incontournable pour l'analyse des données et l'intelligence artificielle, ce renforcera également sa proposition de valeur dans le mondes des objets connectés.

L'open source semble donc être un formidable levier de transformation digitale, aujourd'hui mais également demain. Alterway, acteur du web et de l'open source, a déjà cette martelé cette vision d'un open source comme nouvelle idée du web. GreenSI pense qu'il va maintenant au delà du web et embrasse tout l'Internet.




Pour l'activer il faut stopper de le comparer à du logiciel "acheté" sur le marché. C'est devenu autre chose. L'open source peut être vu comme une plateforme et un démarche, ouvertes et collaboratives d'open innovation. Toute stratégie SI de transformation devrait se demander comment l'exploiter.

Mais comme les budgets marketing investis dans la promotion de l'open source sont négligeables par rapport aux millions que dépensent certains éditeurs pour vous raconter la même histoire, vous pourriez rater l'opportunité historique d'intégrer l'open source dans votre transformation digitale...
 ____
*  il fallait bien caser le mot "Force" dans ce billet la semaine de la sortie de l'épisode VIII. May the Open Source Force be with you ! ;-)

dimanche 7 décembre 2014

La data: marchandise du 21eme Siècle

Cet article de GreenSI  a été publié dans le Veille magazine - numéro spécial sur la Gouvernance de l'Information.

Les eco-systèmes numériques vont se généraliser avec le développement du Digital Business. Les données vont circuler au sein, et entre, ces eco-systèmes. Ce sera la marchandise du 21ème siècle.


lundi 17 février 2014

L’open-source, moteur de l’open-data








Une interview par Karine Durand-Garçon, qui aborde la vision de l'open source par certains DSI et le monde d'ouverture pour les SI qu'il a initiée et qu'on pourra difficilement stopper. Dorenavant ce sont aussi les données qui s'ouvrent (open data), l'innovation (open innovation) et encore beaucoup de choses à venir si vous savez observer.
 
Cliquez sur le chat pour en savoir plus...



https://twitter.com/fcharles/status/403631964722593792

mardi 12 mars 2013

Une ville numérique a urbaniser rapidement pour éviter la tour de Babel

Une ville numérique a urbaniser rapidement pour éviter la tour de Babel

La ville numérique est très tendance en ce début d'année! Au moins pour les chargés de communication territoriale.

Montpellier Agglomération profite de la présence d'IBM sur son territoire (site de fabrication européen des grands ordinateurs depuis 1965 et localisation d'un datacenter) pour signer un partenariat autour de la "SmartCity".

Nice Côte d'Azur, qui organise en Juin l'Innovative City Convention, avait fait de même l'an dernier et bénéficié de l'expertise d'industriels dans le cadre de partenariats ou de projets européens.

Grand Lyon de son coté a annoncé le mois dernier ses objectifs en matière de "ville intelligente et durable", avec une orientation forte sur la mobilité.
A chaque fois, une volonté affirmée de la ville ou de l'agglomeration, mais aussi l'appui de budgets et de projets d'industriels et de "bâtisseurs" implantés localement.

Et le bal des annonces ne va certainement pas s'essouffler à l'approche de la manifestation 5Plus City Forum. Pendant deux jours les 20 et 21 mars, elle va rassembler au Palais des congrès d'Issy-les-Moulineaux, les experts de la ville de demain entourés de politiques (Jean-Paul Planchou VP du Conseil Régional d'Ile de France, Jean Louis Missika en charge de l'innovation à la Ville de Paris, André Santini le Maire d'Issy les Moulineaux, ... ). Un signe qui ne trompe pas. Il fait bon s'afficher en habits numériques en 2013.

Le troisième opus de ce congrès dédié à l'innovation sera sur le thème de "ma vie et ma ville dans 5 ans" : quels seront les innovations numériques de rupture qui vont impacter le citoyen dans 5 ans.

Comme le présente Carlos Moreno, conseiller scientifique à GDF SUEZ, l'autre grand acteur de la "smart city", qui fera le discours d'introduction de 5Plus City Forum: "toute ville est un système complexe, au sens étymologique du terme (qui vient du latin complexus, « entrelacé »). Car la ville est une agrégation d’êtres humains dont les besoins vitaux, d’épanouissement et de développement se croisent de multiples manières. Cela donne lieu à des ensembles de systèmes et de sous-systèmes, qui viennent s’épouser sous forme de services et d’usages pour se loger, se déplacer, se nourrir, se divertir, se soigner, s’éduquer etc."

Alors pourquoi parle t-on de ville numérique en ce moment? Mirage ou réalité?
Et bien peut être tout simplement parce que les technologies numériques se développent, sont plus accessibles, libèrent les données et l'intelligence pour nous permettre de repenser tous nos systèmes. Les systèmes, ces ensembles d'éléments indépendants qui interagissent entre eux et fonctionnent comme un tout, et qui vont si bien aux villes. Le numérique est tout simplement en train de repenser la ville en tant que système.

Le numérique permet de repenser les interactions entre les acteurs des systèmes:

  • comme le web 1.0 puis 2.0 a repensé les communications, puis les relations entre personnes,
  • comme l'internet des objets va repenser les interactions en machines et entre machines et humains. Des objets connectés dont le nombre va dépasser celui de la population mondiale dans quelques années.
Le numérique rend aussi plus accessible les points d'accès au réseau d'interconnexion entre ces acteurs, avec les smartphones et les tablettes qui ont multipliés la consommation de l'internet en mobilité, et avec eux les "Apps" qui ont amené les données et l'intelligence au creux de la main des citoyens.

La vile numérique est donc une réalité. Même là où on ne communique pas dessus!
Sa construction peut certainement être stimulée par les acteurs de la cité, avec la communication comme premier moyen de focaliser les énergies et de fixer le cap. Mais la ville numérique c'est surtout un processus de transformation numérique, qui a déjà touché l'entreprise et les citoyens, et qui débarque dans un système complexe, la ville. Et c'est pour cela que GreenSI s'y intéresse.

Alors comment transformer nos villes avec le numérique?
Prenons l’exemple de quatre systèmes dans la ville: les transports, l'énergie, l'eau, les services aux citoyens. Cette transformation s'attaque à tous ces systèmes séparément et globalement.

Elle s'attaque à la mobilité et cherche à l'optimiser avec de l'information en temps réel pour que chaque élément autonome puisse prendre les bonnes décisions, pour chaque mode de transport ou inter modes de transport (multi-modalité), avec l'objectif de fluidifier globalement les déplacements de tous. Et les parkings, les loueurs, le co-voiturage et toutes les nouvelles formes de partage de nos déplacements qui vont se développer grâce au numérique, viennent y amener leurs services, pour diversifier et renforcer les services publics classiques (Voir article autopartage).

Elle s'attaque à l'efficacité énergétique, notamment au niveau des bâtiments ou des résidences, ces sous-systèmes de la ville qui concentrent une partie de sa population. Comment en optimiser les consommations et influencer les comportements individuels, promouvoir les eco-gestes et les consignes, pour un résultat collectif partagé.

Elle s'attaque à la gestion des réseaux d'eau, potable, assainissement et pluvial, car la ville est un maillage d'infrastructures collectives que la densité de population rend plus efficaces qu'une gestion non collective. Mais pour aller plus loin dans l'efficacité, des chaines numériques de supervision doivent se développer.

Pour l'eau, tous les compteurs sont équipés d'un émetteur qui va envoyer régulièrement sa mesure de consommation. La ville équipée en récepteurs, va les recevoir, les trier, les dédoublonner et les suivre pour détecter les fuites d'eau entre l'usine et les particuliers (fuites sous-souterraines dans les réseaux) qui pourront être rapidement réparées. Et dans le cas du réseau pluvial qui évacue les volumes d'eau "tombés du ciel" et difficilement prévisibles, ce suivi temps réel est complété par des données météo géolocalisées pour prédire les volumes attendus dans chaque rue et pouvoir anticiper leur évacuation. C'est l'assurance pour la ville de répondre au risque d'inondation en pilotant dynamiquement ses flux comme à Bordeaux avec le système Ramsès de la Communauté Urbaine (photo).

 

La ville entrelacement complexe de systèmes, ou entrelacement de systèmes complexes, amène à l'idée de construire le suivi de toutes ces données depuis un tableau de bord global pour la collectivité. Un "city dashboard" comme disent les anglosaxons.

Plusieurs expérimentations sont en cours, y compris en France. Au moins dans un premier temps pour mesurer et avoir une "photo régulière" de "ce qui se passe" et se poser les bonnes questions. C'est là que la notion d'architecture commence a apparaître pour donner du sens et croiser des données issues de multiples systèmes et chaînes de mesure.

Mais pour piloter cet ensemble, il faudra plus qu'un tableau de bord, un volant et des vitesses par exemple. Et ces interfaces existantes (volant, vitesses...)  sont déjà bien ancrées au coeur du pilotage opérationnel de chacun des réseaux, et sont complexes a mettre en œuvre de façon centralisée. Est-ce d'ailleurs nécessaire? Pas si sûr finalement. L'internet en tant que système complexe a montré qu'il y avait une autre voie que la centralisation.

Enfin, et c'est souvent la partie la plus visible, la ville numérique est la transformation des services publics aux citoyens avec l'aide des technologies. C'est là que le réseau internet, ses applications mobiles, les tablettes, le NFC avec sa sécurité ou ses paiements sans contact, les cartes magnétiques ou les cartes SIM, pour ne citer qu'eux, permettent de repenser tous les services de la ville.

Car la ville numérique est centrée sur le citoyen. Comme le web 2.0 a évolué pour se centrer sur l'internaute. C'est lui, le citoyen, qui est l'un des acteurs du système depuis toujours, mais qui avec le numérique, a maintenant les moyens de plus s'impliquer, de contrôler, d'agir.

Et ne peut-on voir l'open data (l'ouverture des données des différents services) comme la "prise universelle" permettant a tous les acteurs, collectivités, industriels, citoyens, d'amener leur pierre numérique à cette construction. De faire que le tout vaut mieux que la somme des parties, par croisement des données, et que notre système complexe Ville, soit in fine plus intelligent, pour le bénéfice de tous.

Tableau de bord, données, open data, interopérabilité... pour GreenSI, au coeur de cette transformation numérique il y a la capacité à générer, partager et faire parler les données et a architecturer les échanges. Et là les  architectes des SI ont des choses à raconter. Vous savez ceux qui il y a plus de 10 ans ont emprunté à la ville son concept d'urbanisation pour décrire et développer les systèmes d'information qui ne sont plus cloisonnés en silos.

Et bien ces architectes vont maintenant pouvoir rendre à la ville leur savoir et expliquer aux collectivités comment elles doivent s'organiser pour urbaniser ces nouveaux réseaux, y injecter les données et produire des services numériques.

Car comme pour le développement de l'internet, l'émergence de standards sera essentielle pour que le système fonctionne comme un tout.

Et pour cela nul besoin de tout planifier ou de tout réglementer. Les deux tentations les plus généralement rencontrées, surtout chez ceux qui voudraient en tirer un avantage et inventer "le péage numérique" en nous expliquant que tout doit passer par chez eux. Et bien non!

L'idée est de spécifier les zones d'échanges, les standards d'ouverture et d'interopérabilité au sens large, et de laisser la liberté totale sur le reste.
Un nouveau territoire numérique où le rôle des DSI des collectivités locales va se renforcer et où le partenariat public privé appliqué aux systèmes d'information trouve naturellement toute sa place. Les premières initiatives comme City Protocol ont déjà vues le jour, mais un modèle d'innovation ouverte reste à inventer. Faisons le point dans quelques mois.

Et terminons par l'histoire de cette fameuse tour (source Wikipedia).
Babylone est la première des sociétés hiérarchiques et spécialisées, préfigurant toutes les civilisations suivantes avec leurs classes sociales, elle est fondée sur la rétention d'information et donc de la valeur. L'information et la valeur sont thésaurisées (capitalisées) par les classes nobles et sacerdotales. Le gros de la population reçoit une information simplifiée, dénuée d'intérêt, inopérante, destinée à produire une image insensée du monde: la superstition, entretenue par le clergé. C'est dans cette volonté de promouvoir des langages secrets que réside le pouvoir des classes supérieures, et aussi la cause de la confusion des langages et leur multiplication parmi les peuples. Les humains de Babel trouvent ainsi leur punition dans le système de pouvoir qu'ils ont eux-mêmes inventé.

Sans commentaire...
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dimanche 13 janvier 2013

La chaussée des géants du web, pavée d'open source

La chaussée des géants du web, pavée d'open source

J'avais été passionné par la visite de Facebook, Apple et PayPal (eBay) que j'ai eu la chance de faire l'été dernier, ainsi que celle d'autres nouvelles stars montantes de la Silicon Valley. 
J'en ai retenu une approche différente de la DSI pour l'informatique interne. Beaucoup plus à l'écoute des salariés, le BYOD est une règle et un SI totalement aligné avec la philosophie générale de l'entreprise: Un SI intégré au "Facebook interne" pour Facebook, un SI à l'interface totalement re-écrite et prônant la simplicité (apparente) pour Apple. Presque un cliché. Voir "DSI de Facebook, un poste avancé de la transformation des DSI"

C'est donc avec plaisir que j'ai lu l'ouvrage collaboratif publié par Octo Technology sur les "Géants du Web" qui nous entraine, entre autres, dans les méandres des plateformes technologiques de LinkedIn, Netflix, Google et Amazon. Où on y découvre une approche totalement différente des problématiques informatiques, tellement ce qu'ils cherchent à faire est nouveau et que leur besoin de scalabilité à l'échelle du Web, les amène à imaginer de nouvelles solutions. Eh oui, tout le monde ne compte pas ses clients par paquets de 100 millions..

Un passage de cet ouvrage qui m'a particulièrement marqué c'est le "Build vs Buy". C'est à dire vaut-il mieux fabriquer (développement spécifique) ou acheter (progiciel). La sempiternelle question à laquelle tout DSI est exposé à chaque nouveau besoin des métiers.

Les services informatiques ont commencé dans les années 80 par répondre "Build", avec du développement en Cobol souvent. Mais en 2013, la majorité les DSI vont répondre "Buy" tellement elles ont été échaudées par des développements spécifiques non maîtrisés. Parfois parce que les métiers n'arrivent tout simplement pas à les spécifier totalement, d'autres parce que cela semblait simple à coder au départ, et surtout parce que finalement ils coûtent cher à maintenir.

Et donc aujourd'hui, la DSI se rassure avec la sécurité des progiciels pour tout ce qui ne concerne pas le cœur métier (en supposant qu'il soit bien cerné...). Des progiciels, qui cela dit en passant, échouent parfois aussi et qui savent s'entourer de paillettes pour nous séduire et faire oublier leurs échecs.
Mais pour les géants du web ou les fragiles startups, l'informatique "EST" le cœur métier.
Car sans informatique plus rien ne marche. De la commande à la livraison, de l’appât du client détecté sur un site grâce à son tracking permanent jusqu'à l'achat. Et même parfois le produit lui-même qu'il achète est numérique (un film à la demande) ou dérivé du numérique (un clic sur une page de pub). Ne cherchez donc pas de progiciels dans le cœur des systèmes industriels de ces entreprises numériques. En 2013 un géant du web va répondre "Buid" sans aucun doute à la question précédente. D'autant plus que cela lui amène une maîtrise totale du code, sans royalties ou risque sur la propriété intellectuelle finale de sa solution.

Et certains de ces géants vont même jusqu’à supprimer ce qu'une DSI ne remettrait jamais en cause, tellement c'est le socle de tout (y compris de son mode de pensée): par exemple une base de données du marché dans le cas de LinkedIn. Ne la cherchez plus ils ont re-développé à la maison, plus rapide, plus fiable, pour leur plateforme mondiale.


Et d'ailleurs Jean Marc Potdevin, COO chez Viadeo notre champion national, confiait en novembre dernier lors d'une conférence, suivre Hadoop et GraphDataBase de très près pour gérer l'analyse de ses 45 millions de membres.
Le "Build" est donc la règle sur cette magnifique chaussée des géants.
 

Mais la culture open source et l'adoption massive des frameworks open source est pour ces géants un moyen de ne pas réinventer le fil à couper le beurre. Et surtout de rejoindre ou de créer un réseau de d'experts et de ressources techniques sur ces nouvelles solutions. Car l'argument ultime d'une DSI pour les progiciels, qui par construction (et par expérience) a horreur du risque, c'est "en cas de problème je peux me retourner vers l'éditeur". Vous l'avez déjà entendu celle-là?!
Et bien, sauf que comme le fait justement remarquer cet ouvrage, combien de problèmes techniques dans les DSI sont résolus par l'éditeur (dont les consultants sont payés parfois jusqu'au triple du prix d'une ressource de SSII) et combien par des forums et un réseau d'entraide sur la toile? Et bien beaucoup moins qu'on ne l'imagine...


Les géants du web ont adopté un modèle prônant l'ouverture et la force de l’écosystème.
Et ces nouvelles solutions sont architecturées et pensées dès le départ pour supporter le web. C'est peut-être une des raisons pour laquelle les solutions autour du "big data" comme Hadoop viennent de ces sociétés et non des éditeurs traditionnels.

Alors faut-il renoncer aux progiciels et se préparer à un retour du développement spécifique dans les DSI?  Faut-il transformer nos DSI en éditeurs de logiciels sur mesure finalement?


Les SSII ont essayé de prendre ce rôle ces 20 dernières années, en sous-traitance des DSI, avec plus ou moins de succès. Plutôt moins quand la gestion des compétences et des talents n'était pas leur fort, et que la qualité du code était dans le meilleur des cas, moyenne. Car généré par des ateliers logiciels génériques et "bavards" ou produits par de jeunes recrues talentueuses... mais ne maîtrisant pas le framework du projet. Heureusement, certaines SSII ont compris que la qualité des développements était aujourd'hui une force et que l'architecture était une fondation. Et les outils d'analyse de code sont remis au goût du jour et certains passent en SaaS. Alors ne vous étonnez pas de voir ces sociétés moins connues se développer à l'avenir et d'autres acteurs historiques plus connus disparaître.

Quand on est sur un besoin commun à plusieurs entreprises, le progiciel reste bien sûr très adapté. A condition de respecter la sacrosainte règle de ne pas le modifier ou d'isoler proprement le spécifique. Mais l'éclairage des géants du web met en évidence deux nouvelles situations pour rompre avec l'approche progiciels :
  • quand c'est une brique différenciante et que celui qui a cette fonction en tire un avantage pour son business modèle. Et notamment quand le modèle lui-même est numérique. C'est vrai pour des systèmes intelligents, codant des algorithmes uniques, ou automatisant un processus totalement repensé et nouveau exploitant la technologie (la rupture ZipCar par exemple :article )
  • quand il y a une opportunité de développer un produit utilisable par l'entreprise, mais aussi commercialisable auprès d'autres entreprises car ses fonctionnalités sectorielles sont pertinentes pour de petits acteurs de l'industrie qui ne peuvent les développer. Et dans ce cas, le SaaS est un modèle intéressant et déjà exploré par ces géants du web. C'est l'opportunité pour l'entreprise d'utiliser son SI pour la construction d'un ecosystème autour de problématiques sectorielles, en pouvant choisir qui y faire rentrer. La différenciation se fait par l'écosystème et non uniquement par la fonction. C'est une sorte d'adaptation du modèle open source au niveau logiciel métier spécialisé.
Pour les géants du web, ces deux situations représentent 80% de leurs besoins, alors que dans une entreprise non numérique c'est l'inverse. Mais avec le développement de l'entreprise numérique, et la différenciation par le SI, le retour du développement logiciel dans les DSI est peut être à l'horizon. Et avec lui certainement de nouvelles organisations pour le sourcing (freelances, open source, framework, plateforme de déploiement...) et la gestion de la connaissance, pour garder la maîtrise des développements.

 
Cas pratique: vous voulez commercialiser une chaussure de sport bourrée de capteurs qui enregistrent tous les mouvements du corps et le pouls de celui qui l'utilise? Tout ça pour lui donner un tableau de bord de ses entrainements et des conseils sportifs quotidiens, voir lui préconiser un régime alimentaire?
Vous êtes certainement dans la différenciation par rapport à vos concurrents vendeurs de baskets à fleurs!
Le développement spécifique semble donc adapté, foncez!
Et même, le cœur de votre système, la base de données pour l'enregistrement des mouvements, est certainement un module qui peut intéresser tout un écosystème via vos API. Pour qu'ils puissent les croiser avec leurs données et apporter plus de valeur à l'utilisateur. Alors clairement oubliez SAP, Microsoft Dynamics et les autres, peut-être même les bases de données Oracle ou DB2 et relisez Linux, MySQL et Java ou PHP pour les nuls.
C'est visiblement comme cela que la frêle start-up aurait pris le problème... avant de devenir un géant du web.

dimanche 27 novembre 2011

La DSI condamnée a innover... ou disparaître (partie 2): son "business model"

Après une première partie sur l’obligation de la DSI de mettre l’innovation technologique et métier dans ses objectifs (Partie 1) ce second volet aborde l’innovation nécessaire dans la gouvernance de la DSI

Depuis son origine la DSI a été pensée sur un modèle de solidité, de sécurité (voire parfois de fermeture) et de long terme.
Un modèle industriel qu’elle se fixe en objectif dans tous ses métiers. Même si le degré d’aboutissement de cette maîtrise est loin d’être identique entre la gestion de projet, l’exploitation du datacenter ou le support utilisateur.
C’est là que la gouvernance des SI, démarche de pilotage qui concerne l’ensemble des responsables (et pas uniquement la DSI), entre en jeu et promet avec ses référentiels, ITIL ou CoBIT par exemple, de viser à une certaine perfection de l’exécution et un alignement avec la stratégie de l’entreprise.

Mais force est de constater qu’en 2011, dans un environnement économique de plus en plus ouvert, toujours plus incertain, demandant plus de réactivité et où la technologie est au premier plan de l’innovation, ce modèle butte sur certaines limites. Et la gouvernance n’est pas toujours une garantie de bien faire. Combien de projets n’ont pas abouti alors que tout était sur les rails. Et réciproquement je connais des projets qui sont devenus des succès pour toute l’entreprise alors qu’ils avaient été refusés par le processus de gestion de portefeuille et ont été portés directement par les utilisateurs qui y croyaient! Et la contrainte des délais de livraison met parfois la DSI hors-jeu contre des adversaires qui ne respectent justement pas cette fameuse gouvernance...

Et d’ailleurs là où avant les métiers visaient eux même la perfection avec des spécifications très précises et parfois sans fin, on peut maintenant aborder des compromis en fonctionnalités pour aller plus vite ou plus simplement. C'est pour GreenSI une façon d’expliquer que l’iPad puisser trouver un marché dans l’entreprise (commerciaux, VIP...) alors qu’il est très inférieur en performance à un ordinateur portable. Le compromis fait par l’utilisateur étant de renoncer à un clavier et a des suites bureautiques perfectionnées dont il n’a finalement pas toujours besoin pour avoir plus de confort en ergonomie, légèreté et en mobilité. Si les ERP avaient été conçus comme des iPad avec des petites Apps peut être qu’ils seraient plus « légers »...

Dans ce contexte GreenSI pousse l’idée que l’innovation à la DSI doit aussi se penser en termes de refonte de son business modèle et pas uniquement en innovation technologique ou intégration de la technologie dans les processus métier comme cela a été abordé en partie 1.

Revenons aux fondamentaux: La responsabilité de la DSI est de construire, de faire fonctionner et de gouverner les systèmes d’information dont l’entreprise a besoin pour réaliser ses objectifs. Pour assurer cette responsabilité avec une pression croissante de la réduction des coûts, elle s’est appuyée sur de multiples fournisseurs pour conseiller les métiers, concevoir les applications, les héberger et les maintenir. Mais ces partenaires sont eux-mêmes sont confrontés à l’évolution de l’économie et des technologies avec le développement du SaaS et plus généralement du Cloud Computing. Leur offre est certainement parfois en voie d’obsolescence et ils doivent eux même s’adapter ou disparaître. Le suivi des indices boursiers de ces fournisseurs est sans appel: le logiciel et les services en BPO stagnent, le SaaS explose et les fournisseurs classiques de l'informatique chutent (étude Martin Wolf M&A Advisor).

Dans le même temps les frontières du SI évoluent considérablement : 

  • Vers l’humain en accompagnant la circulation de toujours plus d’information dite « déstructurée » comme avec les réseaux sociaux de l’entreprise 2.0, la mobilité et la porosité entre la vie professionnelle et privée. Que ce soit un salarié, un partenaire, un prospect ou un client.
  • Vers l’extérieur avec le développement de l’entreprise numérique où de nouvelles chaînes numériques font circuler l’information toujours plus loin, sans rupture, parfois jusque chez le client.
Pression économique sur les coûts, vitesse accélérée, nouvelles frontières, fournisseurs moins pertinents… il semble urgent de reconsidérer les activités de la DSI et de faire évoluer son modèle !

Bien sûr la DSI doit toujours faire fonctionner une partie du SI en mode industriel et le propos de GreenSI n'est pas de tout changer. En revanche de nouvelles "zones agiles" du SI doivent fonctionner dans un mode nouveau a établir. Ces zones doivent être identifiées en fonction des enjeux de chaque entreprise.

Pour cela GreenSI suggère quatre domaines où la DSI doit redéployer ses ressources et ses contrats:

  • Gouverner l’ensemble du système d'information de l'entreprise, jusque chez le client, dans le SaaS, sur Internet ou sur le terrain en mobilité. Ne pas se laisser dépasser par des métiers qui montent leur site web, ou lance une application SaaS par exemple. Trouver par la sécurité, l’authentification et surtout le dialogue le moyen de les réintégrer si c’est déjà le cas. 
  • Capitaliser sur sa double connaissance de l’entreprise et de la technologie pour mieux intégrer à son offre les points forts du marché et carrément les commercialiser en interne de l’entreprise 
  • Renforcer le rôle l’architecture qui va devoir construire un SI supportant l’extension de l’entreprise numérique, l’ouverture de ses données (« open data ») et la croissance de ses flux d’information (« big data ») 
  • Accompagner ce changement de posture par un marketing de la DSI et de ses services, pour accélérer ce changement de posture et poursuivre l’amélioration de l’image de la DSI en interne et en externe. 
Après tout, après avoir connu le mainframe, le client serveur, l’internet et maintenant le cloud + social + mobilité, quoi de plus naturel que le changement pour absorber tant d’évolution? Et que la conduite du changement comme moyen!

Mais comme il y a peu de chance que la DG vienne voir le DSI à la machine à café avec un nouveau modèle à lui proposer. Alors pourquoi ne pas l’engager progressivement dès aujourd’hui, et le proposer une fois les premiers résultats au rendez-vous ?

vendredi 23 septembre 2011

Open Source, un modèle à suivre pour l'entreprise numérique

Pour GreenSI c'est en 2000 avec l'expression "click & mortar" que la prise de conscience de la transformation numérique de l'entreprise s'est révelée. C'est à dire la prise de conscience de:
  • sa capacité à produire, distribuer, commercialiser ses produits et services,
  • via la relation numérique qu'elle peut développer avec ses prospects, clients, fournisseurs et partenaires.
Ce n'est pas nouveau pour l'industrie de la musique, du film ou la banque, où des produits sont déjà totalement dématérialisés, mais a terme toutes les entreprises seront concernées. Même celles qui semblent aujourd'hui très "mortar" comme dans le BTP, la logistique ou les utilités. Et pour s'en convaincre on pourra consulter les travaux du Cigref sur le sujet de l'entreprise numérique ("L'entreprise numérique - Quelles stratégies pour 2015?").

Et vous vous en doutez puisque c'est un sujet GreenSI, cette transformation n'est pas sans impact sur le système d'information. Dans ce paradigme le SI "se fond" dans cette entreprise numérique et en assure les communications et la circulation de l'information, jusqu'à en être inséparable.
Enlevez iTunes (application) et Internet/3G (réseau) a Apple et les ventes d'iPad et d'iPhone vont chuter car ces équipements redeviendront de simples machines. Belles, certes, mais ce ne seront que des machines quand même. Et ce n'est certainement pas un hasard si le modèle économique tourne aussi autour d'iTunes, point de passage obligé (sans "jailbreaker") du contenu, des applications et des paiements.

Ce qui interpelle GreenSI aujourd'hui c'est la mutation de la DSI dans une entreprise numérique. Car son SI devient encore plus un moyen de production et est intimement lié à l'entreprise. Cette interrogation remet le logiciel sur le devant de la scene, a un moment où l'infrastructure "monte dans les nuages" et devient une commodité que l'on commande avec sa carte bancaire sur un serveur Amazon ou Azure. Le logiciel représente un actif (immatériel) majeur de l'entreprise numérique. 

Cette semaine l'Open World Forum 2011 a été l'occasion de faire le point sur le développement de l'OpenSource et de sa pénétration dans l'entreprise. Longtemps décrié, aujourd'hui cette nouvelle forme de marché et d'économie du logiciel présente bien des avantages pour construire ces entreprises numériques. Car si pour le "mortar" les infrastructures que sont les ZAC, les routes et les péages... sont bien connus de tous, pour l'entreprise numérique les standards, l'interopérabilité, les modèles économiques et de propriété intellectuelle sont certainement encore à inventer.

Et si l'Open Source était finalement une source d'inspiration pour réussir cette transformation vers l'entreprise numérique?


Open: c'est le logiciel ouvert mais surtout partagé.
N'est ce pas une réponse à l'édition de logiciel qui n'offre plus la garantie d'une perenité de ses investissements? Car avec le recul, nous voyons que tous les jours les éditeurs sont secoués par des fusions, des acquisitions et des calculs tactiques pour dominer un segment, doper leur cours de bourse... sans prendre en compte l'intérêt de leur clients. Les coûts marketing et commerciaux explosent alors qu'ils ne délivrent aucune valeur in fine aux SI des entreprises. Les mises à jour sont souvent des projets majeurs, très coûteux, loin des promesses du début d'une mise à jour permanente. Et que les éditeurs de taille moyenne ont souvent un modèle économique qui repose sur du service délivré sur une base de clients captifs... a un prix difficilement négociable. 
Le dogme de la force du progiciel standard par rapport au développement logiciel spécifique serait-il en train de s'éroder et le développement spécifique de reprendre le dessus?

GreenSI pense que oui!!!
Si le développement sait, comme l'Open Source, tirer partie des économies d'échelle liée au développement en commun et à la mobilisation de communautés.
Et si un open source comme OpenErp, né dans un garage du Sud de la Belgique (tinyERP), a pu en 8ans  se développer, s'adapter aux dernières évolution technologiques comme le Cloud, malgrè des moyens limités, alors que des poids lourds de l'édition ERP sont omni présents, c'est que c'est faisable, non?

Communautés: la capacité d'innovation d'un eco-system est supérieure à celle de ses membres. 
Ne cherchez pas la démonstration de cette assertion, c'est une hypothèse, mais cela ressemble quand même a du bon sens.
Mieux que les autres modèles logiciels, l'open source a su tirer partie de ses communautés pour les tests et la promotion du logiciel. Les cycles de production peuvent être réduits et la qualité du code améliorée. D'une certaine façon la communauté open source est une entreprise numérique 2.0, sans hiérarchie forte, reconfigurable, organisée en mode projet... L'open source peut clairement être un modèle et une source d'inspiration pour la production de logiciel de l'entreprise.

D
'ailleurs la diffusion dans les entreprises, des méthodes agiles comme Scrum, s'inspire d'une approche similaire en mettant en avant les individus et non les processus ou les outils. Son impact dépasse la DSI puisqu'elle redéfinie la relation traditionnelle MOE-MOA et fait émerger une communauté interne d'utilisateurs qui fixent les priorités.
La vitesse d'évolution du logiciel demande une réactivité que peu d'entreprises peuvent encore sourcer totalement en interne. Elles sont condamnées à s'associer avec les compétences clefs a un moment donné... ou a ne plus innover. C'est dans ce contexte qu'une approche par communauté prend tous son sens.Le point de départ peut être l'association avec des start-up pour retrouver l'agilité d'une informatique en communauté. L'entreprise amène son besoin, ses usages, un amorçage financier, la start-up son énergie, ses compétences et son goût du risque, qui lui permet de franchir des étapes que l'entreprise n'aurait jamais passées seule... où alors après de nombreux comités d'engagement!
Mais GreenSI pense que ce stade n'est qu'une première étape vers la formation d'une communauté plus large incluant d'autres entreprises qui vont développer en commun les briques logicielles de l'entreprise comme l'open source depuis 20ans. Peut être au niveau sectoriel, peut être par grande fonctionnalités, après tout les coopératives et les mutuelles sont des modèles économiques qui ont fait leur preuve.
La force du modèle est dans l'adoption de standards communes facilitant in-fine l'assemblage de ses entreprises numériques dans leurs échanges quotidiens.
Les freins, dans la contractualisation de ce partage de R&D et des droits d'usage. L'open source y a déjà répondu avec ses licences libres. Une licence dédiée à l'entreprise est certainement à élaborer.

Open Data: un monde d'API qui stimule la créativité
Les développements de l'internet montrent l'importance des API pour "consommer" des services. Un achat sur un site marchant est une expérience continue pour l'utilisateur alors qu'il fait appel a de nombreux acteurs (marchand, banque, livraison, satisfaction), tous présents via des API tout au long de la navigation.
Google Map ou Mappy, gratuits dans le grand public, se sont imposés dans les entreprises. Ils offrent des contrats qui pour quelques centimes, fournissent la capacité d'enrichir les applications de son SI avec des cartes rémunérées "a l'appel de service". C'est l'un des nouveaux modèle économique de l'entreprise numérique et il se passe au coeur du SI. Car demain la DSI vendra aussi ses API à l'acte aux autres acteurs de son écosystem.

L'évolution vers un monde d'API ouvertes est donc une tendance forte. Les projets d'open data, ouverture des données des services publics mais aussi du privé, qui fleurissent, vont dans ce sens.
Pour l'entreprise c'est un peu le stade ultime de la SOA dans un monde totalement ouvert. Il n'y a plus d'applications mais une myriades de services, internes ou externes, que l'on assemble pour délivrer l'application attendue par les utilisateurs. Et directement dans le navigateur vous diront les bons architectes ;-)
C'est aussi pour les SI les plus agiles, une source de revenus, en tout cas de nouveaux modèles économiques à inventer.
L'open source peut aussi amener dans ce paradigme la standardisation nécessaire pour accélerer cette évolution et réduire la trop grande puissance que certains pourraient tirer du contrôle de certaines API clefs.

En conclusion, penser 'Open', 'Communautés' et 'Open Data', c'est un bon début pour imaginer dès maintenant votre entreprise en numérique

L'humour de ceux qui aiment le numérique