vendredi 17 février 2012

Comment LEGO(c) est en train de se faire digivorer par Minecraft

Je sais "digivorer" ce n'est pas français!
C'est un mot imaginaire pour représenter l'idée d'un monde numérique qui dévore et digère le monde physique au fur et à mesure que s'y transfèrent des usages. Marc Andreesen, personne influente de l'internet dont GreenSI aime la vision, a le premier fait référence a cette idée dans le WSJ avec son article "Why Software is eating the world".

Ce billet analyse un simple jeu vidéo d'ados, Minecraft, lancé en 2009 et devenu depuis succès mondial. Pour GreenSI Minecraft c'est peut être l'avenir numérique que LEGO(c) - que je ne présente pas - cherche certainement pour ne pas disparaître de l'univers des jeux de construction.
Il se veut aussi une modeste piste de réflexion stratégique sur la nature de la compétition digitale qui surgit là où on ne l'attend pas...


Dès le départ Minecraft mis en ligne gratuitement sous la forme d'une "sandbox" (bac a sable) en réseau permet a tout un chacun de creuser une planète imaginaire, d'y construire des espaces sous-terrains et de récupérer des petits blocs de matériaux pour construire à la surface. Ces petits blocs cubiques aux couleurs naturelles correspondent aux différents matériaux. Attention car des rivières de lave coulent et mettent en danger vos mineurs.
La caractéristique qui frappe immédiatement quand on entre dans l'univers de Minecraft c'est le graphisme simplissime a une époque où le plus petit jeu vidéo est réalisé avec un réalisme qui vise le film et la perfection. Au contraire ici le digital ne cherche pas à cacher ses imperfections et imiter le monde réel. Il s'assume en tant que pixels, formes géométriques et logique. Bienvenue dans Minecraft.

Des briques de couleurs qui s'assemblent, avec un peu d'aventure et de logique pour aller les chercher, et à la clef des constructions les plus folles que l'on peut partager sur des serveurs. Et si c'était la recette magique que LEGO(c) aurait du trouver pour incarner son univers de construction dans le monde numérique? 

Car LEGO(c) s'essaye au numérique mais n'a jusqu'à présent pas réussi a se réinventer. Entres autres la tentative LEGO(c) Universe, de jeu de rôle mufti-joueurs a l'image de World of Warcraft n'a pas décollée.

Et puis la mode ne serait plus à la construction. Alors il est tentant de reproduire les univers des films et dessins animés (Harry Potter,...) et de quitter les briques simples pour des personnages "quasi tout fait".

Minecraft va jusqu'a permettre de fabriquer des circuits intégrés en mettant à disposition des briques OR, NOR, AND... qui peuvent s'assembler, des ascenseurs qui montent et descendent quand on les commande. A quoi ça sert? A animer le monde et faire par exemple que le pont-levis se lève ou se baisse en pivotant la torche qui est à l'entrée.
Là encore on ne peut s’empêcher de penser à toutes ces innovations des années 70 quand les LEGOS(c) on été équipés de moteurs, d’interrupteurs...

Gratuit pour jouer seul au départ (l'accès a un serveur était payant), Minecraft est commercialisé depuis fin 2011, 19,95€. Il s'est vendu des millions d'exemplaires faisant de son créateur, un suédois au pseudo de Notch, un homme riche. Depuis La version iOS de Minecraft s'est vendue en quelques mois à 700.000 exemplaires et le portage sur d'autre plateformes (XBox, Androïd...) arrive. Tout le monde s'arrache Minecraft.

C'est en train de devenir LA référence du jeu de construction pour les enfants a une époque où les parents se désespéraient de les voir créer quelque chose tant les jeux disponibles étaient sophistiqués, laissant peu de place à l'imaginaire et ne faisant appel qu'a la vitesse et aux effets graphiques. Minecraft c'est l'anti-jeu qui cartonne et digivore l'univers inventé et occupé par LEGO(c)


La réaction de LEGO(c) ne s'est pas faite attendre et LEGO(c) sortira l'été prochain la gamme de briques Minecraft Micro World. Des briques aux couleurs de Minecraft qui permettent de revivre le jeu. Elle est en pré-commande.
Mais le compte n'y est pas!
Ce ne sont que bouts de plastiques inertes alors que le monde numérique de Minecraft est vivant et animé. Ce ne sont que des objets individuels alors que le monde numérique de Minecraft est partagé, on peut y collaborer et fabriquer des constructions en étant aux quatre coins de France.
Et GreenSI ne peut s'empêcher de penser que la seule issue de LEGO(c) pour défendre son territoire de constructions magiques, c'est en ligne qu'il faudra aller le chercher.
Sinon, dans 10 ans, la brique universelle se dira Minecraft, dans toutes les langues. Souriez vous venez d'être digivorés!

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