samedi 5 juillet 2014

Décodage de l'actu IT 01Businesss - 5 juillet 2014


Décryptage de l'actualité de la semaine avec la croissance de 2,1% du secteur informatique au niveau mondial et le rapport inter-ministériel sur la cybersécurité. 

Et puis sur le front de la transformation numérique l'incubateur de GDF SUEZ, Darty et Philipps.

mardi 1 juillet 2014

#Hackgdfsuez : la transformation numérique est en marche


Ce week-end s'est tenu à Paris dans les locaux de l'école 42, le hackathon organisé par GDF SUEZ (#Hackgdfsuez sur Twitter). 

Un de plus me direz vous, car 2013 et 2014 ont été riches en évènements de ce type (Axa, La Poste, SNCF, ...) qui réunissent des équipes, en compétition sur le prototypage d'une nouvelle idée alignée avec les enjeux du sponsor. Un sponsor qui motivera ces équipes par un prix, souvent financier, mais qui pourra aller beaucoup plus loin par la suite en proposant à certain de poursuivre leur projet en incubation dans l'entreprise.


GreenSI avait abordé cette démarche d'innovation pour le SI pour la première fois fin 2012, après avoir participé a l'un de ces premiers évènement. 


Ce weekend, GreenSI a pu s'infiltrer à la 42 pour y rencontrer les projets et surtout ceux qui en portent la valeur... les participants. Des participants de tous horizons, encore en école (Epita, 42, Isep...), des développeurs "freelance" et même des salariés en SSII incités par leur entreprise pour participer.


Pas de doute, une étape a été franchie pour les hackathons depuis 2012.

Une démarche bien rodée

Déjà le niveau "d'industrialisation" de ce type d'évènement a atteint un sommet. Ce n'est pas moins de 25 équipes qui se sont inscrites et qui se sont présentées pour les premiers "pitch" le vendredi soir, et avoir un premier assentiment du jury sur la pertinence de leurs idées. Donc plus d'une centaines de participants avec toute la logistique nécessaire pour que ces 48h soient les plus productives possibles. 
 
Aujourd'hui de véritable agences, comme BeMyApp, se sont spécialisées dans ce type d'évènements, et capitalisent sur l'expérience de chaque hackathon, et développent en amont un réseau de participants par d'autres types de manifestations comme des "live code" (écriture d'un programme à partir de la feuille blanche) ou des "meetup" (réunions thématiques) sur des technos spécifiques. Il n'y a qu'a regarder l'un des programmes des prochaines manifestations pour en mesurer la diversité. Vous l'aurez compris, un hackathon ne s'improvise pas...

API et accès aux données

Ensuite les problèmes d'accès aux données, essentielles pour réaliser des applications intelligentes, et facteur limitant des premiers hackathons, sont aussi traités en amont. Dans le cas présent par la mise a disposition d'une plateforme Salesforce1 contenant des copies de toutes les données disponibles et fournissant les API nécessaires pour y accéder. Une formation aux API a même été réalisée en amont de l'évènement pour préparer les développeurs.


Ce qui nous éclaire aussi sur la stratégie de Salesforce qui cherche, comme les GAFA, a "courtiser" la communauté des développeurs pour qu'elle développe des applications sur sa plateforme. Une plateforme qui contient déjà les clients de l'entreprise (CRM) et se verrait bien y gérer tous les objets connectés (Internet de objets). C'était d'ailleurs l'un des thèmes développé par Marc Benioff, CEO de Salesforce, lors de sa conférence clients Porte de Versailles, qui s'est aussi tenue la même semaine (26 juin).

Pilotée par le business

Enfin, une étape a été franchie, parce que ce hackathon n'a pas été initié par la DSI ou la Direction de l'Innovation, mais par une branche métier (Energie Europe) avec le support du Comité Exécutif de GDF SUEZ.

Deux de ses membres se sont déplacés pour l'occasion, Jean-François Cirelli le Vice Président en charge de la Branche Energie Europe, qui a fait l'introduction des 48h et souhaité bonne chance aux équipes, puis Marc Florette, Directeur «Digital», comme membre du jury.
On peut donc supposer que c'est bien la transformation numérique de GDF SUEZ, à l'heure de la Smart Energy et des citoyens connectés qui est en jeu, et pas uniquement la conception de nouvelles applications ou la production de nouvelles idées.

Le concours

Les candidats ont pu s'inscrire dans trois catégories, avec pour chacune un chèque de 5.000€ à la clef:
  • Smart Energy,
  • Expérience Client
  • et Employés GDF SUEZ.
Car ça aussi c'est un signe de la transformation que d'y associer les salariés avec les développeurs externes. Mais au moment de la remise des prix, la surprise arriva du jury qui ajouta "à la volée" deux prix supplémentaires pour récompenser ses deux coups de coeur. Autre preuve que le numérique demande des processus de décision raccourcis...
Voici rapidement les cinq équipes gagnantes :

  • L'équipe Instant Energy a gagné le trophée Employés GDF SUEZ en utilisant le Bluetooth Low Energy pour récupérer les données en temps réel afin de les sauvegarder dans le Cloud et proposer des services de maitrise de l'énergie. A noter l'extrême motivation, de deux membres de cette équipe basés au Brésil, qui sont venus à Paris voir les matchs de la coupe du monde sur une télévision ;-)
 

  • L'équipe SuperGreen a gagné le trophée Smart Energy avait l'idée d'une webapp de coaching énergétique a domicile mais le concept a évolué pendant la nuit et a intégré une fonctionnalité originale "d'indoor mapping" pour créer de véritables interactions contextuelles avec l'utilisateur.
  • L'équipe OhMyWatt a gagné le trophée Expérience utilisateur avec son scanner d'appareils électriques de la maison pour répartir la consommation du foyer et se comparer a ses voisins ou a son quartier.
  • L'équipe GD Fiona, qui a développé une application sur Google Glasses d'assistante virtuelle pour nous simplifier la maitrise de l'énergie dans le domicile. Un travail remarquable qui a même hacké les Glasses pour les activer en disant "OK GDF SUEZ"... Google appréciera.

  • L'équipe ReadYourMeter qui a développé une webapp de relève de compteur totalement intégrée au CRM, après tout, pourquoi ne pas partager les applications informatiques de l'entreprise avec ses clients, GreenSI ne peut qu'approuver.
Et nouvelle surprise (décidément !) le prix GreenSI, hors compétition, décerné à TheGreenMachine pour avoir su coupler des économies d'énergie a du commerce local et en ligne. Une façon de s'insérer dans l'écosystème déjà existant de l'internet avec un nouveau sujet, et renouveler un de ses plus vieux de principes fondateur : "donner pour recevoir".
La compétition s'est terminée dimanche, mais tout commence maintenant nous a confié Michael Marique, le Chief Digital Officer de la Branche Energie Europe.
Avec le support de la Direction Marketing, il va rebondir sur toutes ces idées et leurs prototypes pour tenter de concrétiser de nouveaux business, et pourquoi pas aussi, de renforcer leurs équipes avec quelques jeunes talents qui ont participé.
Certainement une illustration de plus que le numérique demande de totalement se réinventer.

dimanche 29 septembre 2013

DSI@HOME: ma chaudière est plus intelligente que mon frigo

Avez-vous déjà compté le nombre de microprocesseurs, d'écrans, de télécommandes ou de claviers d'appareils numériques chez vous? L'étude du CREDOC de décembre 2012 nous éclaire sur la vitesse d'équipement des Français en ordinateurs et smartphones :
  • l’équipement en téléphonie s’élève désormais à 90 % pour le fixe (+1 point) et 88 % pour le mobile (+3 points)
  • Quatre personnes sur cinq sont équipées d’un ordinateur à leur domicile, portable (70%) et relié à Internet (97%)
  • 64% des personnes disposent d’un ordinateur portable, d’un mobile ou d’une tablette tactile (+11 points).
Loin d'être isolés, certains de ces équipements se connectent tout seuls à internet en passant les box, ou directement entre eux via Bluetooth, le réseau local Wifi ou CPL.

Côté logiciels et données, le stockage de photos, vidéos, la bureautique en ligne ou le partage de fichiers, sont devenus indispensables dans un usage domestique :
  • Les démarches administratives et fiscales sur Internet (48 % des foyers);
  • la déclaration des revenus (33 %) la demande de documents administratifs (36 %);
  • ou les achats en ligne (29%) se développent.
Tous ces équipements générant des besoins de stockage et de classement de documents administratifs, promettant un bel avenir au vendeur de disques durs et de coffres forts en ligne.

Bref, un vrai système d'information est en train de se développer dans les foyers. 

Et la question que se pose GreenSI c'est: comment le faire fonctionner au quotidien? Parce qu'a la maison comme au bureau, l'informatique ça tombe en marche, mais ça tombe aussi souvent en panne!
 
Et d'ailleurs lors de la dernière panne, ça vous est peut être déjà tombé dessus, "Cheri(e) tu peux regarder pourquoi l'imprimante n'imprime pas?". Et parce que vous êtes dans l'informatique, ou que vous avez une affinité avec la technologie: vous vous êtes retrouvé avec la responsabilité de faire marcher ensemble toute cette technologie. Et quand ça ne marche pas, c'est toute la maison qui se plaint d'un service déplorable.

Bref, vous êtes devenu Directeur des Systèmes d'Information (DSI)... chez vous!

Pour partager autour de ces systèmes d'information qui se développent dans les foyers, GreenSI a décidé de rassembler les expériences collectées à la machine à café, dans une série de billets sur ce thème: "DSI @ HOME".
Ce premier billet nous parle de l'enjeu de la chaudière, car on parle depuis longtemps du frigo connecté qui ferait le renouvellement des vivres tout seul, mais c'est une Arlésienne. Alors qu'aujourd'hui ma chaudière est devenu plus intelligente que mon frigo.


Le chauffage devient intelligent et connecté.


Depuis deux semaines, après avoir été sélectionné sur les caractéristiques de mon logement par le LabEnergie de GDFSUEZ, je teste le pilotage de ma chaudière à gaz reliée à internet.

Comment? Et bien avec un relais placé dans la chaudière et relié sans fil à un thermostat d'ambiance dans le salon, le tout connecté à la box Internet (via une extension "Zenbox") pour aller y stocker les données.

La température dans la pièce est mesurée en permanence et enregistrée. Les consignes de programmation horaire, envoyées au relais qui pilote la chaudière, pour respecter des heures "confort" et d'autres "eco". Mais ça, on savait déjà le faire avant avec un simple programmateur.

Ce qui est nouveau, c'est que tout ceci peut être supervisé et modifié depuis n'importe où via internet. 

Donc avec une tablette, un smartphone iOS/Android ou un ordinateur, on se connecte via internet a son programmateur, on vérifie la température de la pièce, la température externe, la météo a 3 jours et on décide de changer le programme.

Un départ imprévu en weekend? Un clic sur "hors gel" et la chaudière s'arrête. Un retour plus tôt que prévu et on rallume. Le tout avec une interface de programmation en couleur plus agréable que ce que proposent généralement les chaudières en standard. Et à la clef, des économies d'énergie. Enfin on verra dans un an à la fin du pilote.

Mais on peut déjà se douter que le champ d'application est vaste. Une fois les bases de données établies, ce pilote n'est qu'un avant-goût des possibilités qui seront offertes sur le marché par les acteurs du gaz, mais pas que.
Une étude récente montre que ce marché de la régulation d'énergie atteint déjà $1,5 milliards en équipements et est estimé à $4 milliards en 2017. On y retrouve des opérateurs de télécoms, des acteurs fournissant des capteurs ou des automatismes, mais aussi les logiciels de pilotage des systèmes ou d'analyses de données.

Par exemple l'acteur français Netamo connu pour sa station météo connectée qui mesure aussi la qualité de l'air ambiant, se lance dans la sortie d'un nouveau thermostat (Janvier 2014) que l'on pilotera depuis son smartphone et au design pensé par Philippe Stark.

Certainement pour être à la hauteur de son concurrent américain: Nest, une société créée par des ex-ingénieurs d'Apple qui ont fait le design de l'iPod et l'iPhone. Le résultat est sympa:

Pas de doute, ces solutions sont en train de se développer et vont entrer durablement dans nos maisons.

Mais comment gérer toute cette technologie à la maison?

Depuis que vous êtes devenu DSI chez vous, vous avez de nouveaux privilèges:
  • choisir la technologie,
  • vérifier qu'elle supporte les normes et standards de communication avec vos autres appareils,
  • souvent de l'installer,
  • et surtout d'en faire le support de niveau 1 avant de passer la main à des installateurs quand ce n'est pas au fabricant lui-même.
Bienvenue dans un monde complexe ou l’hétérogénéité et la nouveauté vont occuper une bonne partie de vos weekends. 

L'idée de tout normaliser vous passera rapidement par la tête. Après tout c'est vous le DSI à la maison, vous faites un choix unique et tout devrait marcher, non?
Jusqu’à ce que votre fille vous explique qu'elle ne prendra que du Mac, pour ne pas avoir le même Androïd que son frère et que votre femme ne voulant pas prendre parti, achètera un Windows phone.

Et puis vous réaliserez que les fabricants eux même ne sont pas normalisés et que les standards sont finalement un levier de guerre commerciale entre fournisseurs. Comme dans l'entreprise. Que dans un monde bien urbanisé les produits dialoguent avec des interfaces qui devraient être multi-produits. Raté, chaque produit arrive avec sa propre interface. Et comme l'interface devient clef pour capturer le client, ce n'est pas prêt de s’arrêter.

Donc à moins d'acheter ou de faire construire une maison neuve et de prendre toute votre domotique avec le même fabricant, comme Legrand MyHome par exemple, il y a de fortes chances que des équipements ne fonctionnent pas entre eux. Pour plein de bonnes et de mauvaises raisons.

La domotique d'aujourd'hui c'est l'informatique d'avant le "PC compatible", après avoir tout perdu (normes, applications communes, urbanisation, services...) et ajouté un peu d'ergonomie (applications tactiles et smartphones).

Une lueur d'espoir vient de l'industrie du bâtiment, en salon cette semaine à La Défense, pour mettre un peu de cohérence et d'interopérabilité dans tout ça. Mais cela concernera en premier les bâtiments neufs ou la rénovation et surtout le tertiaire et l'habitat collectif.

Donc sans aucun doute, le marché du dépannage à domicile pour les particuliers va se développer.

Là où avant il fallait intervenir parce qu'un appareil ne marchait pas, il va falloir maintenant intervenir sur les liaisons entre appareils. Le problème prend une tout autre dimension et augmente exponentiellement avec le nombre d'équipements connectés du foyer!

Certainement une aubaine pour des entreprises qui, comme PC30 le spécialiste de l'assistance informatique pour les particuliers, vont se structurer pour couvrir tout le champ des équipements et des usages numériques.

Alors peut-être qu'en sous-traitant cette complexité à ces sociétés vous allez pouvoir acheter votre paix dominicale. Vous qui ne juriez que par l'internalisation des compétences à la DSI, finalement vous commencez à penser que l'outsourcing aurait du bon à la maison?

Pour GreenSI, le développement de la fameuse domotique tant annoncée depuis longtemps, mais maintenant boostée par le développement de l'informatique et d'Internet,  ne décollera qu'avec le développement d'un marché de l'assistance.  

En attendant, le DSI c'est vous...

L'humour de ceux qui aiment le numérique