dimanche 29 novembre 2015

Investissements SI en 2016: n'oubliez pas le digital !

Voici revenue la période des budgets !

Plus que quelques semaines pour déterminer le budget récurrent pour faire fonctionner et maintenir le SI en 2016, mais surtout celui des nouveaux projets. Comme chaque année, si on élimine le tirage aléatoire, il va falloir mettre en place une méthode rationnelle pour décider des projets à financer et engager des arbitrages. Car sans aucun doute, la somme des montants des projets sera supérieure à votre budget d'investissements. Mais choisir c'est renoncer, donc attention de savoir à quoi vous renoncez.

L'étude réalisée par Accenture en partenariat avec le magazine IT for Business auprès d’un panel de près de 70 DSI d’entreprises françaises est un premier moyen d'éclairer ce processus.
Un processus qui, pour GreenSI va devenir de plus en plus discriminant à l'avenir entre les entreprises leader et les autres. Celles qui auront posés leurs jetons sur les bonnes cases plusieurs années de suite, dans une économie qui' s'accélère, auront renforcé leur avantage compétitif.

Pourquoi ?  Parce que le nombre de combinaisons et donc de chausses-trappes augmente ; et ces choix sur quelques années vont segmenter les entreprises, par exemple :
  • entre celles qui vont continuer d'investir par habitude ou par contrainte dans des actifs informatiques peu stratégiques pour la transformation numérique, et les autres. Donc a priori qui n'ont aucun ou peu d'attributs propres à cette transformation : mobiles, cloud, données pouvant se valoriser, transverses et collaboratifs.
  • entre celles qui vont investir toujours plus fortement dans le "run" et les autres. Les premières investissent nécessairement dans ce qui représente en grande partie le passé, alors qu'une transformation de rupture réclame du "build" et le développement de nouvelles applications digitales.
 

L'illusion de bien préparer l'avenir pouvant être entretenue par la hausse des investissements informatiques pour 2015 comme le confirme le baromètre des investissements numériques.

Car si globalement les investissements sont en hausse, cette hausse résulte d'un sur-investissement dans quelques domaines comme ceux qui développent la relation client digitale, et d'un sous-investissement, ou des investissements "cost-killing", dans d'autres domaines comme ceux visant à réduire les coûts informatiques et technologiques (le cloud pouvant amener des gains de l'ordre de 30%, la maîtrise de l’efficacité de la production, l'externalisation des domaines où les économies d'échelles règnent comme l'hébergement). 
 

Le projet type 2016 est donc un projet qui va développer la relation digitale avec vos clients, en mettant en place un cloud privé, intégrant la mobilité et renforçant les dispositifs de sécurité déjà existant.

Ce projet demandera de nouvelles compétences et procédera de la transformation de la DSI, et aura une chance de faire émerger de nouveaux business modèles. La mise en oeuvre de méthode agile - déjà effective sur au moins un projet pour 59% des DSI - va se développer jusqu'à 65% dans les 2 ans. Ce qui ne surprendra pas les lecteurs de GreenSI (voir Et si le "lean" était la voie de la transformation digitale).
 



Les entreprises de services numériques - ESN - qui sont positionnées sur l'accompagnement des entreprises sur tout ces sujets ont donc a priori de belles affaires devant elles.Vérifiez que vous en avez quelques unes dans vos fournisseurs référérencés et en ajouter si ce n'est pas le cas.

En revanche, les projets plus traditionnels dans le domaine de la Finance, souvent justifiés les années précédentes par le réglementaire (par facilité ?), sont en nette réduction dans le panel interrogé. Alors si vos investissement à venir dans ce domaine explosent, posez-vous des questions ! Et ne la posez pas à vos fournisseurs traditionnels qui vivent du maintient de ces applications dont il faudrait réduire la voilure...
Si, si, j'en connais qui le font ;-)


Mais la question importante en 2016 comme à l'avenir n'est pas uniquement celle de la méthode et du domaine d'investissement, mais celle de la gouvernance.

Avec le développement du digital, les investissements en informatique dépassent le cadre de la DSI. La gouvernance de l'IT doit donc évoluer pour prendre en compte l’écosystème de collaboration du digital. Sans cette prise de conscience, l'entreprise va investir de plus en plus dans un domaine non gouverné et en tirera nécessairement moins d'efficacité dans ses investissements. 

La relation directe avec la DG et la collaboration avec les équipes clientèle, commerciales et marketing, n'est donc plus une option pour la DSI. Le baromètre indique que 55% des budgets digitaux ne sont pas entièrement ou directement gérés par la DSI - Marketing (67%), la Relation client (47%) et la Vente (33%). 

Ce ne sera pas non plus une surprise pour les lecteurs de GreenSI où le "rapprochement intelligent" de la DSI avec le marketing est souvent mentionné dans les billets.
Dans les entreprises ou le poste de CDO - Chief Digital Office - a été créé, et donc où le digital est une priorité stratégique à court terme, cette nouvelle gouvernance sera certainement un équilibrage entre les moyens mis en oeuvre pour la transformation numérique versus la gestion du reste de l'informatique. Traduisez la réduction des coûts.

Digital et gouvernance du digital dans l'entreprise, sont donc les deux point clefs pour aborder l'avenir du SI. 

Pour accéder à l'étude complète d'Accenture, c'est par ici : baromètre
Ce baromètre a aussi été discuté sur le plateau TV de 01Business Forum l'Hebdo du 28 novembre : plateau TV

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