dimanche 7 juin 2015

Les technologies à garder sur le radar de vos investissements

Le blogueur américain Dion Hinchcliffe (Enterprise Web 2.0 sur ZDnet US) a actualisé sa carte de lecture des technologies à maitriser pour aborder vos prochains budgets IT. GreenSI a souhaité revenir sur cette vision, très utile en ce moment pour les demandes d'investissements, qui se préparent généralement dans les 3 mois qui arrivent. Car vu la vitesse des changements, perdre un cycle budgétaire sur certains sujets, pourrait faire rater des opportunités. Et puis il y a aussi ce sondage terrible pour la profession, réalisé par Red Hat et publié sur Social-IT cette semaine: moins d'un DSI sur 2 est consulté sur les tendances du numérique...

Autre solution que de se réfugier derrière la rigidité du processus budgétaire, lui tordre le coup sans attendre le prochain cycle pour tester une option d'avenir non inscrite dans les investissements. Comment? Par exemple avec un lab, mais ça c'était le dernier billet (cf. Oser, explorer, expérimenter les services de demain). Revenons aux tendances.


La grille de lecture est simple. Les points sombres positionnent les technologies en cours de généralisation. Celles pour lesquelles vous savez déjà si elles présentent un intérêt ou pas, dans votre industrie ou pour votre entreprise. Et dans ce cas, vous avez certainement un pilote qui se termine ou un début de généralisation. Votre budget d'investissement les incorporera donc naturellement dans les projets 2016 (si ce n'est pas le cas, dépêchez-vous...)

Parmi ces incontournables du moment, les technologies dites "disruptives", donc qui ont la capacité à changer les règles du jeu et ne pas être une simple évolution de l'existant (par rapport aux incrémentales). On y retrouve le "social business" et les "API ouvertes". Ce qui nous fait mesurer le décalage temporel certain entre la maturité US et Française. Puisque sur l'ouverture des API, et un peu moins sur les communautés internes et externes, on en est en France encore au stade de l'évangélisation et des retours d'expérience des premiers adopteurs. C'est d'ailleurs le thème de la série d'articles API Connection entamée par GreenSI cette année (cf. Les plateformes API de l'entreprise numérique).

Les triangles sur le radar représentent les technologies sur lesquelles il convient de se faire une idée dans les 12-18 prochains mois. L'internet des objets et l'analyse des données y figurent toujours en bonne place dans la catégorie stratégique et disruptive. Dans la colonne de droite, les technologies sont un peu plus loin à l'horizon, mais permettent d'imaginer l'environnement numérique dans lequel on sera en 2020 si elles se développent. Un bon point de départ pour écrire des visions du futur, inspirantes pour les managers.

Le nombre de sujets, toujours plus grand, doit nous faire prendre conscience que la DSI seule ne peut pas tous les explorer dans le cadre projets et qu'une recherche de décentralisation, d'association avec d'autres acteurs (open innovation), de nouvelles approches et d'agilité, est devenue nécessaire, si ce n'est indispensable. Même dans les grands groupes aux moyens "d'exploration" plus importants.


L'innovation et les usages se développent à la périphérie du SI, que ce soient avec la mobilité, les objets connectés, l'impression 3D... ce qui amène dès maintenant sur la table la question des échanges et de l'intégration entre le "Cœur IT" et une "informatique distribuée" à la périphérie. Une informatique plus "envahissante" (pervasive) en nombre et surtout plus agile.

Et cette informatique distribuée ne concerne pas que le logiciel, puisque avec le besoin de connecter les agents, les équipements et les clients partout, l'infrastructure aussi se distribue. Déjà les accès wifi et les réseaux, mais aussi la sécurité associée, et pourquoi pas la puissance de calcul. Je suis toujours étonné quand je vois un PC windows classique à 300€ simplement piloter un écran dans lieu public ou un ascenseur, alors qu'un Raspberry Pi sous linux "fait la job" en moins cher (40€) et beaucoup mieux (connectivité, encombrement).

GreenSI a choisi d'en surveiller sept en particulier :
  • Les paiements mobiles (Périphérie)

    L'arrivée d'Apple Pay a réveillée tout le monde. Préparez-vous comme d'habitude à l'inattendu. Encore plus, si vous avez un réseau de boutiques physiques ou des sites de e-commerce. Mais n'oubliez pas aussi que le paiement est un moyen de réinventer l'expérience client tout entière et créer de nouvelles opportunités dans l'omnicanal. Le sujet n'est donc pas juste de savoir comment je peux prendre des paiements en bitcoin dans SAP ;-)
  • Wearable IT (Périphérie)Toujours Apple à la manoeuvre avec sa montre connectée qui s'est plus vendue le premier jour (900K) que le nombre de montres Android vendues jusque là. Et même si les analystes revoient leurs prévisions à la baisse, on parle tout de même de 15 à 30 millions d'exemplaires et de l'équivalent à la concurrence Android.

    Et contrairement au PC, il ne faudra que quelques années pour atteindre ces 50 premiers millions d'utilisateurs.
     Ce qui donne une idée de la capacité attendue pour la DSI, pour intégrer, ou pas, de nouveaux équipements en si peu de temps. Et la montre n'est qu'un début.
    D'ailleurs, derrière la vague du wearable, l'autre sujet clef est la dominance des OS mobiles en volumes, en l'occurence d'Android et iOS. Ce qui amène au paradoxe de la DSI qui raisonne encore seulement avec Windows sur PC ou Serveur. Et l'arrivée de Windows10 sur tous les terminaux va rajouter un peu plus de fumée autour de ce sujet à la DSI, alors qu'à l'extérieur de l'entreprise la messe est dite depuis longtemps.
  • Les conteneurs (Cœur IT)Ici c'est Docker qui a montré la flexibilité de "conteneurs" pour rendre plus agiles les datacenters existants et de faciliter la mise en production par les équipes de développement. C'est la réinvention de la fabrication à la mise en production du logiciel qui est impactée. A la clef, la réduction des cycles, de la complexité et des couts. Donc une technologie essentielle dans le coeur du SI pour aborder le rythme d'innovation qu'il a devant lui.
    On parle aussi de DevOps.
  • La réalité virtuelle immersive (Périphérie)Oculus Rift, acquis par Facebook pour plusieurs milliards de dollars a, à nouveau, mis les projecteurs sur ces technologies immersives de réalité virtuelle et réveillé les fantasmes de mondes totalement virtuels comme Second Life il y a 10ans.
    La nouveauté est dans la disponibilité d'équipements immersifs abordables (casques, lunettes,...) et le potentiel de couplage avec des applications métiers en situations opérationnelles. Et quand on fait le lien avec le sujet des MOOCs, le potentiel de formation en situation opérationnelle augmente encore plus.
  • Le numérique pour l'apprentissage de l'Homme (Cœur IT)

    Les MOOCs, sont désormais une réalité et un phénomène majeur pour l'apprentissage au niveau mondial.La France fait malheureusement preuve de myopie sur ce sujet, malgré des annonces alléchantes des gouvernements successifs sur des plans numériques éducatifs. Peut être que la remise en cause du modèle éducatif, amenée par un MOOC, est trop profonde et que les organisations syndicales de l'Education Nationale préfèrent les petits pas incrémentaux (cf. Un tsunami numérique va déférler sur le monde de l'Education). Des organisations déjà ébranlées par la consultation directe de leur base via un questionnaire en ligne ces dernières semaines (ça c'est une rupture !).
    Autre domaine d'application potentiel, la formation professionnelle, pourtant reconnue comme inefficace par rapport aux montants engagés et aux résultats. Bizarrement personne ne met ce sujet MOOC à la table de le refonte.

    L'entreprise de son côté s'en est emparé et avance, mais encore bien tranquillement...
  • L'apprentissage des machines et l'Intelligence Artificielle (Cœur IT)En revanche beaucoup plus d'attention est mise pour favoriser l'apprentissage des machines.Avec des techniques d'intelligence artificielle apparues il y a 30 ans, mais qui aujourd'hui sont très matures et boostées par la disponibilité de données en masse. A la clef, l'automatisation par algorithme. De quoi stimuler l'imagination d'acteurs comme IBM,Google et Microsoft, et leur volonté de créer les prochains "cerveaux universels", dans le cloud, où pourront venir s'y connecter nos machines et applications avec leurs questions, pour obtenir des réponses directement utilisables pour la prise de décision immédiate.
  • L'impression 3D (Périphérie)

    Cette technologie est en train de remodeler les chaînes d'approvisionnement et de fabrication. Son potentiel disruptif est donc énorme. L'imprimante de bâtiments en béton remplacera peut être demain la grue que l'on pose dès le départ d'un chantier de nouvelle résidence. Avec un impact majeur dans les services de l'entreprise bien sûr, mais aussi dans son coeur ERP - Enterprise Resources Planning. Car n'oublions pas que ces progiciels sont nés dans la gestion des ressources pour des processus de fabrication et de distribution centralisés, par entrepôts et usines, brefs totalement anachroniques dans un monde de fabrication 3D.
Toutes les autres technologies nous rappellent que dans les infrastructures la norme devient le XaaS délivré en services via un cloud hybride, que les machines se connectent en M2M, que cela amène bien sûr de nouvelles façons de gérer la cybersécurité et énormément de données à analyser.

Dans l'entreprise la collaboration d'équipe va continuer à progresser avec de nouveaux outils comme EvernoteTrelloAzendooou Slack (pour ne citer que ceux que j'utilise!). Elle va se poursuivre par une plus grande collaboration avec les clients via internet et une expérience omnicanale mieux intégrée. Mais aussi par des collaborateurs dont l'accès mobile au SI va continuer d'augmenter, jusqu'à peut être devenir le seul point d'accès au SI.

Votre système d'information est-il prêt ?

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