dimanche 2 novembre 2014

DSI: laissez vous inspirer par le ruban de Moebius

En mars 2012, un des plus grands dessinateurs de science fiction (entre autres) disparaissait: Jean Giraud, alias Moebius.

Un dessinateur, mais pour GreenSI certainement un inspirateur et un visionnaire, dont l'oeuvre imaginaire flotte encore, et pour longtemps, autour de ceux qui savent la regarder.

Depuis les années 1960, tel Arzak l'arpenteur, le DSI passe de mondes en mondes, chacun avec ses nouvelles règles, castes et privilèges. A la vitesse des changements technologiques: mainframes, client serveur, internet, social, internet des objets.

Comment ne pas voir dans ce dessin, l'émergence de nouvelles plateformes dans le Cloud, un besoin de mobilité et d'agilité, et les premiers squelettes des dinosaures en voie d'extinction, sur  lesquels ce blog aime bien mettre les projecteurs?

Dans la série l'Incal, la société décrite par Moebius est une planète dirigée par deux castes: les "technos" et "l'économat".
Les "technos" (lunettes noires, "oeuf d'ombre" sur la tête des chefs) servent cette force noire la Ténèbre et s'appuient pour cela sur la technologie. "L'economat" sert le pouvoir économique.

La population ordinaire vit dans les bas niveaux de "cités-puits" au rythme de la TV toujours branchée et de la virtualité. Même le président est virtuel et se transporte d'un corps à l'autre. L'Elite vit dans une citadelle en lévitation aérienne au-dessus de la "cité-puit" et leur membres ont une auréole artificielle au-dessus de leur tête. Il y a loin entre cette vision du futur et celle plus positive de la ville sensible abordée dans un dernier billet (Ville sensible: de l'utopie à la réalité... connectée).

Pour les chefs des technos, plus l'oeuf d'ombre est grand, plus il concentre de pouvoir, sur le "technopère"... 


Aujourd'hui les DSI sont souvent vus par les métiers comme ces "technos" qui cherchent a garder leur pouvoir.

Appuyés pour cela par une pléthore de fournisseurs, qui voient le risque d'extinction de leur business modèle assis sur ce pouvoir du DSI, et qui n'ont pas assez de ressources pour rejoindre ces nouvelles plateformes dans le Cloud, qui ne dépendent plus de la DSI. 

La résistance de l'economat a d'ailleurs commencée quand elle a compris le pouvoir qu'elle pouvait tirer de ces plateformes dans le Cloud et de la profusion des technologies grand public. C'est l'ère du SaaS "sauvage", du BYOD, des objets connectés, des budgets qui passent de la DSI aux métiers et même de l'émergence du sujet de la fin du DSI (DSI l'âge de l'extinction).

Mais ne nous y trompons pas. Derrière la technologie que l'économat adopte sans précaution, il y a bien La Ténèbre, qui contrôlera ces nouveaux venus et en fera de nouveaux serviteurs si ils n'y prennent pas garde. Ce chemin est donc parsemé d'embuches et ne remplacera qu'un pouvoir par un autre.

Non, ce n'est pas la voie de la transformation numérique!

La transformation numérique de l'entreprise demande un nouveau modèle qui devra métisser économat et technos. Dans le monde imaginaire de Moebius c'est la fusion de l'incal noir et de l'incal de lumière.

Mais de revoir l'organisation de l'entreprise numérique ne suffit pas si elle n'adopte pas de nouveaux processus pour ses nouveaux services et produits numériques. Or la gouvernance traditionnelle du SI a montré qu'elle était peu adaptée à l'économie numérique. Même si la v5 de CoBIT (2013) cherche a  introduire des concepts pour l'aborder en amont (Design Management) entre le métier et les équipes de développement.

Encore une fois c'est Jean Giraud qui nous donne une seconde clef en prenant l'identité de Moebius pour signer ses oeuvres. Ce ruban que l'on peut parcourir à l'infini en restant sur sa face unique, mis en évidence par le mathématicien allemand August Ferdinand Moebius (aussi orthographié Möbius).
Pour le DSI, le ruban de Moebius, c'est le symbole de la fin des silos et des organisations pyramidales.

C'est l'annonce de l'avènement d'une nouvelle gouvernance.

Une gouvernance qui peut unifier sur une même face, la construction du SI (développement) et son fonctionnement (opérations), tout en transformant l'entreprise (business).



On passe du Business au Développement, et du Développement aux Opérations, de façon fluide et continue, à un rythme toujours plus élevé. Les deux faces du ruban n'en font qu'une :

Bus-Dev : c'est le domaine de l'agilité et l'affirmation que le SI est un moyen de transformation numérique de l'entreprise.
Le mot développement signifie aussi bien le développement de l'entreprise et les opportunités commerciales qu'il ouvre, que le processus de fabrication du SI avec en son coeur: le code et les données. C'est tout l'enjeu d'une nouvelle combinaison DSI et Métiers pour innover transformer l'entreprise. Un sujet de transformation exploré par GreenSI dans un billet précédent (Entreprise numérique: Now, Open for Business)

Dev-Ops : c'est aussi le domaine de l'agilité, mais pour la mise en production continue
Car dans un monde toujours connecté la fabrication devient aussi continue. DevOps c'est la prise de conscience que l'approche traditionnelle n'est plus adaptée quand l'entreprise veut aller vite comme pour le web, le mobile et le Cloud. Une nouvelle gouvernance qui demande une nouvelle organisation et surtout une philosophie différente (Connaissez-vous DevOps? Le chaînon agile manquant ou La visibilité de DevOps grimpe en flêche)

La gouvernance de la DSI dans un monde numérique (digital diront certains) est en passe d'être totalement transformée par ce ruban infini. TRANS FORME c'est aussi le nom de l'exposition rétrospective de Moebius organisée par la Fondation Cartier de son vivant.

Laissez-vous inspirer par Moebius, maître de la transformation...


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