mercredi 25 décembre 2013

SEPA: c'est pas prêt!

SEPA, pour Single Euro Payments Area, c'est la concrétisation d'un espace de paiement unifié et l'harmonisation des moyens de paiement en euro (virements, prélèvements, carte bancaire). Même dans les États de l'Union européenne n'ayant pas l'euro comme monnaie, plus Monaco, la Suisse, le Liechtenstein, la Norvège et l'Islande.

À l'intérieur de cette zone dite SEPA, un paiement en euro entre deux membres, devra être traité avec la même rapidité, la même sécurité et dans les mêmes conditions qu’un paiement domestique. Une victime collatérale de ce nouveau système, sera l'abandon de notre bon vieux RIB au profit de l'IBAN, une identification des comptes plus internationale.

Comme la majorité des traitements sont aujourd'hui informatisés entre les banques, et entre les entreprises et les banques, SEPA c'est pour toutes les entreprises un projet de préparation  du SI, à minima des données bancaires.

Certes des virements SEPA sont proposés par les banques depuis 2008, des prélèvements depuis 2010, mais au 1 février 2014 seuls les paiements SEPA seront acceptés. Donc tous les autres paiements à un format "non SEPA" seront purement et simplement rejetés à partir du 1er février.
Dans moins de 40 jours...



Mais alors SEPA, c'est pour toutes les entreprises? Oui, SEPA c'est pour toutes les entreprises, les petites et les grandes, ...

D'où peut-être un certain début de nervosité de la Banque de France qui multiplie les signaux d'avertissement. Car même si la situation pour les virements (uniquement domestiques pour les opérations de détails) peut sembler préoccupante avec 33% des virements encore non compatibles SEPA qu'il va falloir traiter en 6 semaines, ...



L'avancement semble présager une plus grande "apocalypse" pour les prélèvements avec seulement 13,48% des prélèvements conformes à fin novembre. Donc le risque que plus de 80% des prélèvements soient rejetés...
 


La mise à jour des SI serait en retard, même chez les grands opérateurs qui ont commencé les travaux au moins en 2010. Car dans les premiers calendriers la BCE proposait une migration au plus tard le 31 décembre 2012.

Et à ce retard de ce qui ne sont pas encore arrivés s'ajoute les premiers bugs de ceux qui ont déjà migré et donc modifié leurs chaines. Comme chez EDF qui a envoyé aux banques des ordres de prélèvement mal conçus, et donc qui ont été rejetés. Les 41.300 clients concernés n'ayant pas été prélevés se sont alors vus relancés pour non-paiement. Ce qui fait prédire a certains une avalanche de "bugs" liés a SEPA dans les prochains mois. 

Et a titre personnel, regardez bien vos relevés bancaires pour éviter les surprises.

Pourquoi tout ça?

Et bien sans trahir de grands secrets, un projet sur 3 ans avec des spécialistes, cela coûte a minima 400-500k€ et beaucoup plus pour ceux qui prélèvent ou virent vers des millions de clients. Pour une valeur métier très faible pour l'entreprise (ça marchait avant et ça doit marcher après).

La renégociation de (meilleures) conditions de traitement avec les banques pour les prélèvements pouvant offrir une possibilité de financer cette dépense, mais cela n'est à la portée de n'importe quelle entreprise. Il faut des volumes pour négocier. Au contraire les tarifs post-bascule de sa banque risquent de refléter des coûts plus élevés, pour amortir les coûts de transformation des SI. A moins d'aller taper à la porte de banques européennes voulant profiter de l'occasion pour capturer de nouveaux clients, c'est d'ailleurs tout l'intérêt d'une grande zone SEPA...

On a donc affaire a un projet "règlementaire" qui ne passionne donc pas les foules.

Et pourtant, même dans les PME ou les ETI, il y a du boulot. Car il faut mettre à jour les bases de données (clients, fournisseurs, et salariés) avec des coordonnées bancaires aux normes SEPA. Pour les fichiers de virements produits par l'entreprise (logiciels, développement internes...) il faut encore s'assurer de pouvoir les produire aux nouvelles normes sous peine de rejets le 1er février 2014. Donc a minima, de le tester... ou d'être joueur!
 

Des sites comme http://www.banques-sepa.fr/ permettent de trouver tous les renseignements utiles. De quoi remettre les DSI dans l'ambiance de l'an 2000, et de la bascule à l'Euro... souvenirs, souvenirs.

Au retour du réveillon 2013, beaucoup s'apercevront qu'ils ne sont pas prêts. Leurs banques et leurs éditeurs vont être noyés sous les appels de ces retardataires qui s'y prennent à la dernière minute. Alors on risque d'avoir besoin de beaucoup de System D ce début Janvier.

Des prestataires de services informatiques ou des banques vont certainement proposer aux retardataires des moyens pour gagner du temps, par exemple en assurant de l'intermédiation entre les fichiers non compatibles et fichiers SEPA.

Mais tous ces services qui peuvent éviter la catastrophe sur sa trésorerie, resteront des surcoûts en attendant l'adaptation de la chaîne au normes SEPA. Il faudra donc bien y passer.

Mais bon réveillon quand même, il reste encore un bon mois pour vous préparer et en cas de problème l'argument ultime pourrait être après tout  "SEPA moi" ;-)

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2 commentaires: