lundi 27 juin 2016

Quand la MAIF se transforme avec l'économie collaborative

Quand la MAIF se transforme avec l'économie collaborative

Cette semaine j'ai reçu le magazine des sociétaires Maif, comme tous ceux qui ont au moins un bien assuré chez eux. Un magazine qui vient de faire peau neuve et dans lequel GreenSI y a trouvé beaucoup de "signes apparents de transformation numérique".

Trans-former : changer de forme

Le point essentiel illustré par ce nouveau magazine est la chose la plus importante à retenir dans un projet de transformation numérique : la "transformation" !

Certes le "numérique" est important, et la technologie qui est souvent sous les feux des projecteurs peut faire oublier le reste, mais une transformation, littéralement changer de forme, est bien le seul objectif à atteindre pour s'adapter à cette nouvelle économie.

Ce magazine vieux de 10 ans a donc fait une chose aussi simple que profonde, changer sa forme : son format, son papier et son contenu.

Des changements réalisés avec un groupe de lecteurs qui a décidé d'abandonner le papier glacé pour un papier plus fin, plus léger et plus recyclable, donc des économies pour tout le monde.

GreenSI ne peut s'empêcher de penser à une citation célèbre "Innover, ce n'est pas avoir une nouvelle idée, mais arrêter d'avoir de vieilles idées" (Herbert Land). C'est vrai que l'habitude, la peur du changement ou les fournisseurs, parfois les 3 à la fois, ramènent très vite l'entreprise à de vieilles idées, qui l'empêchent de changer de forme.
Souvent on adapte, on aménage, mais on ne se transforme pas.



Ce changement est bien sûr le reflet de la stratégie de la Maif et de son plan de transformation 2015/2018 exploitant le numérique.

Une Maif qui avait lancé l'an dernier son "Maif Social Club" sur Internet, le site de services et d'échanges entres sociétaires. Un site qui permet de trouver de l'entraide entre sociétaires Maif, mais surtout qui met en avant l'économie collaborative et permet d'y souscrire avec une présélection de plateformes comme Koolicar, la location de voitures entre particuliers.

La Maif veut visiblement "être" au cœur de l'économie collaborative.



Donc une économie collaborative dans laquelle la Maif s'investit, mais aussi investit, notamment avec sa participation dans Guest to guest (4€ millions) le réseau mondial d'échanges de maisons ou mesdepanneurs.fr (1,7€ millions).

Et puis dernier coup de cœur, technologique cette fois (on est sur GreenSI !): l'utilisation de Bleam dans le magazine, un dispositif qui permet d'avoir du contenu augmenté dans une revue papier accessible depuis sur son smartphone.

 

Bien sûr, côté "back-office" ces nouvelles activités numériques, entre sociétaires, avec de nouveaux services ou en feuilletant leur nouveau magazine devenu interactif, génèrent certainement beaucoup de précieuses données qui serviront à anticiper l'évolution de la société et préparer de nouveaux produits.

Saluons donc cette initiative de réelle "écoute" de ses sociétaires mais aussi d'aide au développement de startups de l'économie collaborative avec qui elle partage en quelque sorte son fichier clients. Une transformation dont on perçois la cohérence dans l'offre, les investissements, sur le site ou dans la communication, signe qu'elle est portée très haut dans l'entreprise et aligne les différentes directions sur cet objectif commun.

La Maif n'est pas la seule à encourager le développement de l'économie collaborative. Ce mois-ci, la Commission européenne a donné sa position sur cette économie dont les figures médiatiques Uber et Airbnb, sont freinées par des procédures dans plusieurs pays de l'UE. Elle souhaite que cette nouvelle économie soit régulée, mais aussi qu'elle innove (voir le texte officiel sa position sur l'économie collaborative) et appelle à saisir les opportunités offertes par ces nouvelles plate-formes collaboratives.

Se transformer de l'intérieur

Changer de forme c'est un processus qui s'applique à toute l'entreprise.

Oubliez donc l'équipe de consultants en charge de votre transformation numérique, ou l'ajout d'un nouveau site web non raccordé au SI pour faire plus "digital". Ce n'est pas un sprint mais un marathon. GreenSI aime bien garder en tête qu'on ne peut pas se transformer par procuration, on devra s'impliquer. Au mieux, ces actions "externes" peuvent avoir un effet d'entraînement, mais c'est bien de l'intérieur et des salariés que viendra la réelle transformation qui adoptera une nouvelle forme et abandonnera l'ancienne.


La transformation numérique des entreprises est donc bien un programme de conduite du changement.

Pour conduire ce programme, les démarches que l'on rencontre sont très opérationnelles et s'apprennent sur le terrain, pas dans les salles de formation: démarches agiles, "design thinking", lean startup,... les équipes sont coachées pour faire sienne de ces nouvelles démarches et les appliquer à leur fonctionnement quotidien. Des démarches qui impliquent et engagent les salariés car les outils de l'entreprise numérique doivent encore être inventés.

On voit d'ailleurs une évolution chez les incubateurs de startups qui proposent maintenant leurs services de coaching aux entreprises pour les accompagner dans cette transformation, souvent avec l'angle de l'innovation, en concurrence frontale avec les cabinets en organisation traditionnels dont les offres ne sont pas toujours très adaptées.

C'est certainement le sens qu'il faut donner au rapprochement l'an dernier de Roland Berger avec l'incubateur parisien NUMA.

Pour finir on peut se poser la question si l'économie collaborative n'est pas aussi une démarche de transformation pour l'entreprise. S'appliquer à soi même la force de la mise en réseau et de partage, n'est-il pas un nouveau modèle organisationnel pour les entreprises ?

Un modèle en complète opposition avec celui de l'ère industrielle précédente qui centralise et concentre la production et la distribution, alors que les coûts de transactions s'effondrent avec internet et l'IoT, mais vous avez certainement retenu du début de ce billet que de se transformer c'est surtout abandonner de vieilles idées...