lundi 14 juillet 2014

La fenêtre Windows se referme dans la stratégie de Microsoft

La fenêtre Windows se referme dans la stratégie de Microsoft


En janvier 2014, Windows 8 atteignait les 10% de parts de marché sur les postes de travail, seulement 4 mois après son lancement, et ZDnet posait en mars la question d'un vrai départ pour les DSI avec la version 8.1. Cela pouvait donc laisser l'impression d'une fusée qui avait trouvée sa trajectoire de satellisation, même si GreenSI restait très prudent, compte tenu des nombreux projets de DSI en cours, de bascule sous Windows 7 et non Windows 8.

Mais 6 mois plus tard, les chiffres publiés la semaine dernière, montrent un ralentissement qui présage a court terme une satellisation de la fusée Windows 8 sur une orbite autour de 20% de parts de marchés, pas plus, certainement très en deçà des attentes de Microsoft.

Et côté OS mobile, la domination d'Android et d'iOS est bien établie et sera difficilement retournable dans les 2 ans. On est donc loin de la cible de l'OS unifié PC, tablette, téléphone, console (Xbox) annoncée en 2013, quand Apple et Google arrivent eux à une plus grande convergence entre tous ces terminaux connectés.



En fait, Windows 8 a une trajectoire qui ressemble beaucoup à Vista.

Cette version malheureuse de Windows, très gourmande en ressources, que les entreprises ont vite oubliée pour rester sur XP (très stable) ou attendre pour passer ensuite sur Windows7. Aujourd'hui Microsoft paye encore la "facture Vista", car XP fait de la résistance autour de 20%, malgré la fin de support annoncée et l'apocalypse que nous prédit les éditeurs de logiciel anti-virus.

Mais surtout parce que Windows 7 continue de s'étendre, notamment dans les entreprises.

Si en complément des parts de marchés de juin 2014 on regarde le volume de recherches sur Google, qui pourrait indiquer la recherche d'information pour préparer des projets futurs, on n'y décèle pas non plus de rebond. Bien au contraire, on y retrouve la courbe classique de toutes les versions de Windows, comme celle de Vista, mais avec une durée de vie qui pour GreenSI ne dépasserait pas 3 ans...




Il faut donc s'adapter à la fragmentation de Windows

La première conséquence pour les DSI c'est que nous allons devoir nous habituer à vivre dans un monde Windows hétérogène, XP, Win7 et Win8.

On s'en doutait déjà, mais maintenant on a plus aucun espoir que cela ne change avant fin 2015. Sans compter les tentatives d'Apple, qui ne manquera pas de rappeler aux entreprises la puissance de ses machines notamment pour le développement. Et les annonces d'une pré-version de Windows 9 pour la rentrée ne vont pas aider à y voir plus clair dans les versions de Windows.
 
Après Androïd sur les smartphones on va devoir intégrer la fragmentation de Windows dans les développements et la maintenance des applications.

Alors quand Satya Nadella, le nouveau CEO de Microsoft qui a remplacé Steve Balmer il y a peine 4 mois, annonce a ses salariés cette semaine, dans un email publié sur le site officiel de Microsoft, que Microsoft est la compagnie de la plateforme et de la productivité dans un monde "mobile et cloud", GreenSI n'est pas surpris qu'il se soit bien gardé d'utiliser le mot "Windows".
Les lecteurs de GreenSI ne seront pas non plus surpris par la vision de l'avenir: Cloud, Mobile et Social.

 

Pour toucher un large public et réussir dans cette nouvelle voie "Mobile-first", Microsoft ne peut plus compter uniquement sur Windows.  

La stratégie de Microsoft va donc être très simple a partir de maintenant et rappellera celle de Google ou de startups comme Evernote : être présents avec ses logiciels sur toutes les plateformes. Une révolution, peut être passée inaperçue, et qui a commencée avec un premier pas dans le sens de l'interopérabilité sous l'ère Steve Balmer. 

En parlant d'Evernote, on peut aussi citer Azendoo, la startup Bordelaise membre de la #FrenchTech et partenaire d'Evernote qui veut simplifier le travail d'équipe et que GreenSI aime beaucoup. C'est le "Do" de la productivité (quoi faire) quand Evernote se définit comme le "Know" (la mémoire de l'éléphant pour tout stocker et tout retrouver). Ils ont trouvé comment associer une gestion de tâches et un mur social (Microsof a Yammer racheté l'an dernier) avec Evernote (Microsoft a OneNote dont la prochaine version arrive) et Skype (racheté par Microsoft) pour en faire une plateforme de productivité des équipes et des projets, et bien sûr aussi en mobilité.

Des stratégies de productivité des salariés très ciblées qui s'attaquent a des géants comme Google, et qui sont aussi très éclairantes sur le chemin à parcourir par Microsoft avec Office.

Côté serveur la stratégie de Microsoft est d'une certaine façon plus simple, avec les applications et les infrastructures qui vont converger dans "Azure". Mais Microsoft n'est pas le premier à y penser et la concurrence avec Google, SAP ou IBM sera rude. Sans oublier que la stratégie "mobile first" doit aussi repenser les applications (Dynamics, Navision...) pour le mobile, comme GreenSI l'a déjà illustré dans un de ses billets (Mobile first, mettez de la magie dans vos développements).

C'est peut-être une perspective qui conforte les rumeurs d'un prochain téléphone Nokia (acheté par Microsoft) sous Android, ou d'accès aux applications Android par les Windows Phones.

Alliance dans les objets connectés

Avec cet éclairage on comprend aussi mieux l'annonce de Microsoft de rejoindre l'alliance AllSeen Alliance, le consortium mené par Qualcomm et une cinquantaine d'autres entreprises technologiques notamment des fabricants (Panasonic, LG Electronics, Sharp...), pour établir des normes autour des objets connectés dans la maison, mais aussi ceux portés par les salariés (montres, bracelets, lunettes...).
Ne pas rater l'internet des objets, après avoir sous estimé la transformation du "Cloud" et du "Mobile", semble être aussi le leitmotiv de Microsoft. Un enjeu qui mérite bien de participer à la "messe" autour de l'open source AllJoyn d'interconnexion entre les appareils ("a common language for the Internet of Everyhting"), et de ne pas miser que sur un nouveau Windows pour les objets connectés, comme annoncé à la conférence BUILD il y a 3 mois. 

Une stratégie d'alliance opposée à celle d'Intel, le compagnon historique du succès de Microsoft (avec la plateforme "Wintel") qui décide de faire cavalier seul avec sa plateforme propriétaire pour les objets connectés Intel Intelligent Systems, qu'il cherche à promouvoir auprès de la communauté des développeurs.

On devrait en savoir plus le 22 juillet sur la stratégie de Microsoft avec l'annonce des résultats, car la baisse de Windows (si elle est confirmée) devrait se traduire par une baisse des revenus et surtout de la marge. Certains annoncent même un plan de restructuration pour concentrer les ressources vers cette nouvelle stratégie. A suivre...

Mais en attendant, oubliez donc la version unique de Windows et bienvenue dans un monde connecté où Windows n'est plus qu'une petite fenêtre sur une partie du monde numérique. Pour le meilleur ou pour le pire, car finalement c'était quand même plus reposant un monde hégémonique avec une seule fenêtre...

samedi 5 juillet 2014

mardi 1 juillet 2014

#Hackgdfsuez : la transformation numérique est en marche

#Hackgdfsuez : la transformation numérique est en marche


Ce week-end s'est tenu à Paris dans les locaux de l'école 42, le hackathon organisé par GDF SUEZ (#Hackgdfsuez sur Twitter). 

Un de plus me direz vous, car 2013 et 2014 ont été riches en évènements de ce type (Axa, La Poste, SNCF, ...) qui réunissent des équipes, en compétition sur le prototypage d'une nouvelle idée alignée avec les enjeux du sponsor. Un sponsor qui motivera ces équipes par un prix, souvent financier, mais qui pourra aller beaucoup plus loin par la suite en proposant à certain de poursuivre leur projet en incubation dans l'entreprise.


GreenSI avait abordé cette démarche d'innovation pour le SI pour la première fois fin 2012, après avoir participé a l'un de ces premiers évènement. 


Ce weekend, GreenSI a pu s'infiltrer à la 42 pour y rencontrer les projets et surtout ceux qui en portent la valeur... les participants. Des participants de tous horizons, encore en école (Epita, 42, Isep...), des développeurs "freelance" et même des salariés en SSII incités par leur entreprise pour participer.


Pas de doute, une étape a été franchie pour les hackathons depuis 2012.

Une démarche bien rodée

Déjà le niveau "d'industrialisation" de ce type d'évènement a atteint un sommet. Ce n'est pas moins de 25 équipes qui se sont inscrites et qui se sont présentées pour les premiers "pitch" le vendredi soir, et avoir un premier assentiment du jury sur la pertinence de leurs idées. Donc plus d'une centaines de participants avec toute la logistique nécessaire pour que ces 48h soient les plus productives possibles. 
 
Aujourd'hui de véritable agences, comme BeMyApp, se sont spécialisées dans ce type d'évènements, et capitalisent sur l'expérience de chaque hackathon, et développent en amont un réseau de participants par d'autres types de manifestations comme des "live code" (écriture d'un programme à partir de la feuille blanche) ou des "meetup" (réunions thématiques) sur des technos spécifiques. Il n'y a qu'a regarder l'un des programmes des prochaines manifestations pour en mesurer la diversité. Vous l'aurez compris, un hackathon ne s'improvise pas...

API et accès aux données

Ensuite les problèmes d'accès aux données, essentielles pour réaliser des applications intelligentes, et facteur limitant des premiers hackathons, sont aussi traités en amont. Dans le cas présent par la mise a disposition d'une plateforme Salesforce1 contenant des copies de toutes les données disponibles et fournissant les API nécessaires pour y accéder. Une formation aux API a même été réalisée en amont de l'évènement pour préparer les développeurs.


Ce qui nous éclaire aussi sur la stratégie de Salesforce qui cherche, comme les GAFA, a "courtiser" la communauté des développeurs pour qu'elle développe des applications sur sa plateforme. Une plateforme qui contient déjà les clients de l'entreprise (CRM) et se verrait bien y gérer tous les objets connectés (Internet de objets). C'était d'ailleurs l'un des thèmes développé par Marc Benioff, CEO de Salesforce, lors de sa conférence clients Porte de Versailles, qui s'est aussi tenue la même semaine (26 juin).

Pilotée par le business

Enfin, une étape a été franchie, parce que ce hackathon n'a pas été initié par la DSI ou la Direction de l'Innovation, mais par une branche métier (Energie Europe) avec le support du Comité Exécutif de GDF SUEZ.

Deux de ses membres se sont déplacés pour l'occasion, Jean-François Cirelli le Vice Président en charge de la Branche Energie Europe, qui a fait l'introduction des 48h et souhaité bonne chance aux équipes, puis Marc Florette, Directeur «Digital», comme membre du jury.
On peut donc supposer que c'est bien la transformation numérique de GDF SUEZ, à l'heure de la Smart Energy et des citoyens connectés qui est en jeu, et pas uniquement la conception de nouvelles applications ou la production de nouvelles idées.

Le concours

Les candidats ont pu s'inscrire dans trois catégories, avec pour chacune un chèque de 5.000€ à la clef:
  • Smart Energy,
  • Expérience Client
  • et Employés GDF SUEZ.
Car ça aussi c'est un signe de la transformation que d'y associer les salariés avec les développeurs externes. Mais au moment de la remise des prix, la surprise arriva du jury qui ajouta "à la volée" deux prix supplémentaires pour récompenser ses deux coups de coeur. Autre preuve que le numérique demande des processus de décision raccourcis...
Voici rapidement les cinq équipes gagnantes :

  • L'équipe Instant Energy a gagné le trophée Employés GDF SUEZ en utilisant le Bluetooth Low Energy pour récupérer les données en temps réel afin de les sauvegarder dans le Cloud et proposer des services de maitrise de l'énergie. A noter l'extrême motivation, de deux membres de cette équipe basés au Brésil, qui sont venus à Paris voir les matchs de la coupe du monde sur une télévision ;-)
 

  • L'équipe SuperGreen a gagné le trophée Smart Energy avait l'idée d'une webapp de coaching énergétique a domicile mais le concept a évolué pendant la nuit et a intégré une fonctionnalité originale "d'indoor mapping" pour créer de véritables interactions contextuelles avec l'utilisateur.
  • L'équipe OhMyWatt a gagné le trophée Expérience utilisateur avec son scanner d'appareils électriques de la maison pour répartir la consommation du foyer et se comparer a ses voisins ou a son quartier.
  • L'équipe GD Fiona, qui a développé une application sur Google Glasses d'assistante virtuelle pour nous simplifier la maitrise de l'énergie dans le domicile. Un travail remarquable qui a même hacké les Glasses pour les activer en disant "OK GDF SUEZ"... Google appréciera.

  • L'équipe ReadYourMeter qui a développé une webapp de relève de compteur totalement intégrée au CRM, après tout, pourquoi ne pas partager les applications informatiques de l'entreprise avec ses clients, GreenSI ne peut qu'approuver.
Et nouvelle surprise (décidément !) le prix GreenSI, hors compétition, décerné à TheGreenMachine pour avoir su coupler des économies d'énergie a du commerce local et en ligne. Une façon de s'insérer dans l'écosystème déjà existant de l'internet avec un nouveau sujet, et renouveler un de ses plus vieux de principes fondateur : "donner pour recevoir".
La compétition s'est terminée dimanche, mais tout commence maintenant nous a confié Michael Marique, le Chief Digital Officer de la Branche Energie Europe.
Avec le support de la Direction Marketing, il va rebondir sur toutes ces idées et leurs prototypes pour tenter de concrétiser de nouveaux business, et pourquoi pas aussi, de renforcer leurs équipes avec quelques jeunes talents qui ont participé.
Certainement une illustration de plus que le numérique demande de totalement se réinventer.