lundi 15 avril 2013

LinkedIn, en train de devenir LE réseau social professionnel mondial?



LinkedIn, c'est un peu le grand-père des réseaux sociaux qui met le monde professionnel en relation depuis presque 10 ans(lancé le 5 mai 2003).
Bien avant Facebook, Twitter ou Google+.

Mais depuis octobre 2012, LinkedIn a bien compris que ses cercles de relations fermées qui protègent ses adhérents contre le spam (on ne peut contacter que ceux avec qui on est en relation) et contre les sollicitations multiples, deviennent un handicap dans un monde collaboratif. Par exemple ma dernière "relation" ajoutée sur LinkedIn, s'avère être mon homologue dans une autre société, après avoir découvert ensemble sur Twitter que nous nous posions les mêmes questions pour nos prochains projets. Ainsi un réseau professionnel efficace, va donc bien au-delà des personnes que l'on a connues dans des jobs précédents et inclus surtout toutes celles qui peuvent vous aider dans votre job présent, voire futur.

Le rachat cette semaine de Pulse, un agrégateur d'information, amène une brique transverse de plus dans cette stratégie de devenir le réseau social professionnel interentreprises. Ce service qui comporte 30 millions d'utilisateurs, et est présent dans 190 pays, agrège les flux d'information de plus de 750 sources. Ils peuvent alors être simplement consultés dans la même application, sur son mobile Android ou iOS, mais aussi sur PC.

Pour y répondre, LinkedIn met en place des fonctions permettant de décloisonner et "d'aider le hasard" à nous faire rencontrer celles que l'on devrait connaître, en plus de vouloir être le gardien des identités numériques de celles que l'on connait déjà.

Les groupes permettent de publier et de discuter avec des membres qui partagent un intérêt commun, sans nécessairement être en relation. Google+ a depuis sorti ses communautés aux fonctions équivalentes. Et depuis octobre 2012 on peut aussi suivre des membres avec qui on n'est pas connectés (des "leaders d'opinion"). Ce qu'ils partagent apparait alors sur notre page d'accueil. Cette fonction est limitée à ces membres influents pour l'instant, car LinkedIn est prudent et avance doucement sur ce qui remettrait en cause son fonctionnement initial. Mais ne nous y trompons pas, c'est bien vers le suivi de tous les membres qui ne bloquent pas leur profil (comme "Twitter"), que LinkedIn va certainement évoluer.


Avec ce rachat, ces utilisateurs du service Pulse qui filtrent et poussent l'information vont maintenant aussi informer ceux qui les suivent sur LinkedIn. Comme nos 150 leaders d'opinion mais à l’échelle mondiale de Pulse. Rien de bien nouveau pour ceux qui savent coupler un profil Twitter ou Facebook à LinkedIn, mais ils sont peu nombreux et cette fonctionnalité va maintenant devenir standard. Propulsant d'ailleurs plus haut la "ereputation" de ceux qui savent utiliser Pulse... Ce service va donc certainement renforcer l'usage de LinkedIn pour ses membres et accroître la masse d'information sur "qui est intéressé par quoi".


Devenir LE réseau social professionnel mondial est une cible attrayante, mais encore faut-il savoir la valoriser.

Ce que LinkedIn a su déjà faire avec une première application autour du recrutement, dont Linked tire plus de 52% de ses revenus. Un service vendu aux entreprises pour identifier des candidats et pousser leurs offres de recrutement. Car LinkedIn, depuis son IPO en 2011, gagne de l'argent (CA 2012 = 972M$, bénéfice net = 21,6M$). On est donc loin d'être en présence d'une bulle spéculative potentielle qui aligne 200.000 millions de membres sans savoir comment elle va les valoriser et cherche du cash pour se refinancer... Suivez mon regard vers Foursquare par exemple ;-)

LinkedIn est donc extrêmement bien positionné pour capturer le marché plus général "de la recherche de compétences" dans les entreprises. Que ce soit un freelance pour une mission courte, des ressources pour monter un nouveau projet ou pourquoi pas pour identifier une acquisition de petite taille dont la valeur dépend beaucoup de l'équipe initiale.

Pour exploiter cette mine d'information, pas nécessairement besoin de passer par le client LinkedIn puisque des API sont disponibles (API). Les outils de CRM comme Salesforce, ont compris depuis longtemps, l'intérêt qu'il y avait en B2B via ces API à compléter les informations internes sur les prospects et clients avec l'affichage des informations publiques externes de LinkedIn.

Et ces logiciels ne seront certainement pas les derniers quand on pense aux dossiers des RH souvent vides, quand par comparaison les salariés ont eux-même mis à jour leur profil sur LinkedIn et leurs pairs ont validés leurs compétences... Alors il est peut être temps à la DSI d'aller regarder comment les exploiter, les coupler avec les données internes, ce sont des données publiques après tout.


Et on peut se demander si il n'y aurait pas un intérêt pour certaines entreprises qui n'ont pas de réseaux sociaux internes, d'utiliser LinkedIn comme un moyen d'échange entre salariés. Les principales fonctions sont là: profils riches, communautés, publication d'informations et de documents...

Et bien ce n'est pas une idée si saugrenue que cela, puisque Business Insider a annoncé fin février que LinkedIn serait en train de tester une telle offre. Bien sûr, seuls les salariés peuvent accéder au contenu partagé qui reste la propriété de l'entreprise. Et en faisant cela, LinkedIn entre en concurrence avec les Yammer, Salesforce et autre BlueKiwi, qui vendent de tels logiciels aux entreprises.



Dans une économie de plus en plus interconnectée, de pouvoir aussi offrir des communautés inter-entreprises répond a un besoin. Que ce soit avec les grands clients en B2B (extranet) ou avec les fournisseurs.

Base de données unique sur les compétences des professionnels valorisée, réseaux sociaux d'entreprise, communautés interentrerpises, le potentiel de LinkedIn pour aborder la reconfiguration des relations professionnelles semble donc très important.

Mais sur sa route, ce réseau rencontrera certainement Saleforce bien ancré sur les données des clients de l'entreprise, qui pousse depuis 2011 son outil social Chatter. Mais aussi Google+ dont l'offre entreprise contient, outre le réseau social, tous les outils de création et de partage d'informations de l'entreprise (documents, tableurs, sites,...). Certes, LinkedIn a racheté Slideshare l'outil de référence pour le partage de présentations, mais c'est encore insuffisant pour couvrir tous les besoins documentaires de l'entreprise. Et bien sûr aussi Microsoft, propriétaire de Yammer mais aussi d'Office 365, qui nous promet un environnement collaboratif dans le Cloud, avec du Social et bien sûr Mobile, les trois mots clefs des stratégies SI en ce moment.

La bataille pour outiller les relations professionnelles ne fait que commencer.



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