dimanche 21 avril 2013

De PayPal à PayZen, ce qui se trame pour repenser l’expérience du paiement

PayPal le leader du paiement par Internet (filiale d'eBay)  a racheté la semaine dernière Iron Pearl, une startup qui a développé une technologie brevetée qui serait redoutable pour mesurer l'engagement des internautes sur les sites. "Qui serait" car en fait on en sait rien, puisque Iron Pearl a été rachetée avant même que son offre n'ai été lancée officiellement.

Une anecdote qui montre la fébrilité pour PayPal de passer du paiement à l'expérience utilisateur autour du paiement, afin de tenter de verrouiller son business en maîtrisant toute la relation utilisateurs: avant le paiement, pendant le paiement et après le paiement.

C'est par exemple, ce qui a amené PayPal dès 2011 a proposer une application qui permet chaque matin de payer ses cafés Starbucks depuis son iPhone (et maintenant sur Android). Mais aussi de trouver le Starbucks le plus proche et de commander son café avant d'y arriver.

Et dans les prototypes que j'ai pu voir au lab de PayPal l'an dernier, il y avait même la gestion des cartes de fidélité et des réductions (coupons) très utilisées aux Etats Unis. Avant le café, pendant le paiement et après le café pour faire revenir le client, car l'intérêt de Paypal est bien le même que celui du vendeur Starbucks, vendre plus... à condition de payer avec Paypal.

Pour PayPal, l'enjeu est maintenant de fournir aux commerçants des terminaux de services clients, incluant la fidélisation, et non plus uniquement des terminaux de paiements. Bien sûr, le "terminal" peut ressembler à celui que vous utilisez avec votre carte bancaire dans un magasin, mais aussi a un smartphone ou a d'autres équipements qui seront équipés de technologies de communications sécurisées comme le NFC.

Square, réinventer le paiement en boutique, et ailleurs... 

Mais sur les trace de PayPal, il y a la société Square, lancée par Jack Dorsey, l'un des fondateurs de Twitter. Et il fallait certainement au moins ce CV pour convaincre des investisseurs qu'on était sérieux en voulant s'attaquer à eBay PayPal. Et depuis, c'est la course à l'équipement du plus grand nombre de commerçants. Square a finalement signé avec Starbuck, mais PayPal avec Discovery qui couvre un énorme réseau de magasins aux Etats-Unis, et chaque jour les analystes comptent les points...

Du côté de Square il y a bien sûr le concept de portefeuille ("wallet") comme présenté précédemment, même si pour GreenSI il va moins loin sur la relation clients et la fidélisation que l'approche de Paypal. Mais l'innovation de Square c'est surtout le pari du connecteur iOS (Square Reader) pour transformer votre iPhone ou votre iPad en terminal de paiement. Et Square a su convaincre Visa et American Express d'accepter leurs transactions...


Et en poussant l'innovation plus loin, Square propose aux commerçants une solution de paiement des plus simples: iPad + Square Reader + un tiroir sécurisé + une petite imprimante. Une solution largement suffisante pour beaucoup de magasins.




Développer sa solution de paiement sur un terminal grand public (l'iPad) il fallait oser diront certains... et ils l'ont fait! De quoi faire réfléchir sur la notion de solution entreprise versus solution grand public, les frontières deviennent de plus en plus floues.

Et tant qu'on est dans les ruptures, j'ai oublié de dire que le logiciel pour les commerçants était gratuit. Il se met à jour avec iTunes comme tout autre logiciel sur la tablette. Peut-être parce que le concurrent PayPal s'est associé à Intuit, l'éditeur des solutions de vente et de comptabilité des petites entreprises, pour proposer sa solution et son lecteur. Alors proposer du gratuit pour chatouiller Intuit, c'est de bonne guerre...

Le paiement est en train de repenser la relation utilisateurs côté acheteurs, mais aussi côté vendeurs (commerçants).

Retour en France avec PayZen 

Cette bataille pour les réseaux de paiements des magasins américains n'est pas encore arrivée en France, où ce sont encore les banques qui sont à la manœuvre. Disons pudiquement qu'elles innovent... mollement, par rapport à la bataille outre-Atlantique.
Et pourtant un petit "opérateur monétique", comme il se défini, Lyra Network, se fait sa place sans aucun complexe entre ces mastodontes condamnés à innover... et vite!

Au départ Lyra Network a constitué un réseau pour l’acheminement et le traitement des flux bancaires en provenance des terminaux de paiement ou d’internet. Via une solution s’appuyant sur les infrastructures de plusieurs opérateurs télécom. Et le succès est là puisqu'en 2012, il traitait 100 millions de transactions par mois soit 40% du marché français.
Mais en 2009, Lyra Network lance sa plate-forme de paiement sur Internet en France. Cette dernière est en rupture avec ce qui existe par ailleurs en repensant l'expérience du vendeur: le back-office a été pensé pour les marchands, c’est un cockpit permettant de visualiser d’un coup d’oeil l’ensemble des transactions.

Puis Lyra Network teste en 2012 au Brésil, où elle est leader, une solution de paiement via des transactions informatiques sécurisées PayZen.
Avec cette solution originale, le client reçoit un email de la part du marchand (qui contient le lien pour la transaction). En cliquant sur ce lien intégré dans votre mail, il se trouve directement sur la page de paiement sécurisée et accède au paiement par carte. L'avantage pour le client c'est de passer directement de son contexte (l'email) au paiement sans rechercher des identifiants pour se connecter a un compte en ligne. 

Et pour le vendeur c'est la possibilité de ne pas avoir besoin de site e-commerce où ce type service est généralement offert par les banques. Quand on sait que seulement 40% des 2,7 millions de PME françaises ont un site Web et que seulement 30% de ces sites sont actifs, c'est une idée à explorer.


Pour les sites les plus simples, on peut juste utiliser un formulaire transformé en email. Cette solution peut aussi s'intégrer sur une application mobile, comme avec leur partenaire ScanPay par exemple dans le cas d'un paiement de taxi comme sur l'écran ci-contre. C'est certainement là maintenant que se situe le plus gros potentiel de développement.

Et pour les commerçants toujours un back-office très riche avec des fonctions de simplification de la gestion des paiements. Par exemple pour être notifié des opérations (nombreux critères de sélection des opérations), localiser les acheteurs, gérer les journaux comptables, contrôler la fraude...



Le paiement est bien en train de repenser la relation utilisateurs côté acheteur, mais aussi côté vendeur, à grands coups d'innovations. Alors si demain vous avez le sourire en payant et que ça vous fait du bien... c'est qu'ils auront réussi!




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