dimanche 3 mars 2013

Faire du SI un avantage concurrentiel: perspective vue des Etats-Unis


Comment le DSI peut libérer l'innovation dans le SI? C'est une question souvent abordée par GreenSI dans le contexte des DSI et entreprises françaises.
Et bien aussi curieux que cela puisse paraître, c'est aussi la question que se posent les universitaires américains des meilleures écoles de management. Et parmi eux James M. Spitze le Directeur du "Fisher CIO Leadership Program" de l'Université de California-Berkeley (Haas School of Business) dans un point de vue (The "I" on CIO) donné dans la revue de l'Université.
Car visiblement au pays de l'innovation, des start-ups, de la Silicon Valley et des "mega-plateformes" informatiques dans le Cloud qui délivrent des services mondialement, le DSI ne serait pas toujours aux commandes et on lui couperait même parfois les crédits... oh?!
 
Pour James M. Spitze :
  • la capacité à innover des Etats-Unis serait menacée par des entreprises qui voient leur informatique comme une nécessité coûteuse et qui cherchent à tout faire pour en réduire les coûts. Et faisant cela passent à côté de l'impact considérable qu'a eu l'informatique sur ceux qui ont vu le «I» dans CIO (DSI en anglais) comme voulant dire «Innovation» et pas simplement «Information».

  • Seuls les DSI, en pilotant l'évolution du système d'information sur plusieurs années, peuvent intégrer au plus profond des processus, la fiabilité et la rapidité demandée aujourd'hui par nos économies
D'autres leaders d'opinion comme James Champy (auteur de Reengineering the Corporation),Bob Johansen (ancien président de l' Institute for the Future), Tom Davenport (multiples travaux sur la gestion de connaissance) expriment aussi le fait que l'informatique peut être, et a été dans de nombreux cas, un avantage concurrentiel puissant et durable.

Ce qu'ils démontrent avec l'analyse de plus d'une douzaine d'exemples, sur une dizaine d'années. Des entreprises comme 
Charles Schwab, dont la DSI, Dawn 
Leporea compris  (avant son patron) toute la puissance stratégique d'Internet et a joué un rôle clé en 1995 pour faire deSchwab.com le pionnier du e-commerce et un géant dans le secteur très concurrentiel du courtage d'actions en ligne. Et qui aborde la décennie Mobile et Cloud, sans aucun complexe, par rapport aux jeunes start-ups... en se préparant à bientôt fêter 20 ans de leadership dans les SI.
Marriott InternationalWal-MartAmerican AirlinesFedEx, sont d'autres exemples qui démontrent qu'une grande entreprise peut développer cet avantage concurrentiel et battre la concurrence avec son SI, et surtout avec des DSI très innovantes.
Mais après ce constat, qui n'est pas nouveau, mais qui amène plus de données  récentes, le billet de J.Spitze est en fait un cri d'alarme: car ces DSI innovants ne représenterait que 10% des DSI des Etats-Unis. Et il appelle de ses vœux à ce qu'ils soient plus nombreux pour ne pas mettre en péril la capacité d'innovation des entreprises du pays.
Or le problème américain, se situe dans la formation initiale et la faible professionnalisation de la filière informatique. Ses préconisations, à mettre en œuvre en urgence, sont au nombre de trois :
  • que les trois organisations professionnelles de l'informatique aux Etats Unis (l'IEEE, l'ACM et le SIM) se mettent d'accord sur un programme d'études commun pour avoir une filière de niveau universitaire qui produirait un diplôme «Master in IT Management», comme il y a un Master in Business Administration (MBA). Et il est vrai que le MBA mène aussi à la DSI comme pour le DSI de Facebook (voir article).

  • que dans les grandes universités américaines comme Berkeley, les écoles d'informatique, et les écoles de management travaillent mieux ensemble. Même si il est déjà possible dans ce type d'Université, de faire en MBA en prenant une partie de ses cours dans d'autres départements dont l'ingénierie et l'informatique (à titre individuel).

  • que les 90% des DSI qui voient encore le « I » dans leur titre comme représentant "Information" fassent une pause, et passent une partie de leur temps dans ces organisations professionnelles pour réfléchir sur la professionnalisation de leur métier et à l'université pour prendre conscience des attentes vis-à-vis du SI. 
Et le billet conclu que les DSI sont un actif importants pour les États-Unis, mais ils (et leurs patrons) ont besoin de reconnaître leur nouveau rôle de pilote de l'innovation par le SI et commencer à développer l'avantage compétitif,  dont trop peu d'entreprises sont dotées. Et le plus tôt sera le mieux.

Cette perspective américaine amène une nouvelle pierre à l'édifice de la convergence entre l'entreprise et son SI. Que GreenSI résume par "faut-il des managers à la DSI ou du management dans les études SI?".

Nos écoles d'ingénieurs qui "produisent" les futurs DSI en France sont peut être moins spécialisées que les écoles américaines. Mais finalement, sommes nous vraiment armés avec nos parcours techniques?

Ne devrions nous pas nous aussi réfléchir à la formation de la filière pour capturer cet avantage concurrentiel et construire l'entreprise numérique?

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