dimanche 22 juillet 2012

Un nouvel OS, Windows 8: grande nouvelle ou non évènement ?

Un nouvel OS, Windows 8: grande nouvelle ou non évènement ?

Je me souviens encore fin Janvier 2007 du lancement officiel de Vista sur toute la planète et de la soirée organisée par Microsoft France. Des centaines de personnes invitées, un feu d'artifice qui a embrasé La Défense le quartier des affaires et une couverture médiatique à la hauteur des grandes messes auxquelles l'industrie informatique était habituée à cette époque. Tous les constructeurs et fondeurs de microprocesseurs venaient saluer l'arrivée de ce nouvel OS qui allait prendre le relais sur Windows XP.

Notre geek national Olivier Ezratty, connu pour son exceptionnelle couverture du Computer Electronic Show de Las Vegas, avait fait le déplacement à La Défense pour couvrir l'évènement pour son blog (et je le remercie pour l'emprunt de sa photo)

Je prenais mes fonctions 3 mois auparavant à la stratégie informatique d'une grande société, l'avenir de Microsoft était tout tracé, personne ne l'aurait remis en cause, pourquoi réfléchir avant de basculer, et pourtant...
Car la suite on la connait avec entre autres un certain nombre d'embûches sur la route de Vista.
  • Vista ne s'est pas imposé dans les entreprises car... XP était très stable et un excellent produit. A tel point que de nombreux grands comptes sont encore sur XP et que leurs DGs sont plutôt satisfaites d'avoir évité une migration et des coûts qui, quoi qu'en disent les fabricants, amènent très peu de valeur au métier et obligent à tester toutes les applications et corriger celles qui ne sont pas compatibles.
  • Et inversement Vista n'était pas toujours très stable car il demandait des ressources machines importantes, voire imposant de changer une partie du parc de PCs (d'où un certain volontarisme des constructeurs à soutenir Vista?)

  • Vista avait été peut être un peu trop pensé pour combattre le piratage et non pour l'expérience de ses utilisateurs comme en atteste la présentation aux partenaires de l'époque: " De temps en temps, les utilisateurs peuvent être obligés de valider l'authenticité du logiciel via un processus en ligne." et il y en a 28 slides comme ça pour apprendre à reconnaître la vrai expérience Vista... celle de ceux qui ont payé leur licence. Sans commentaire.

  • En 2009 les projets Cloud étaient matures en France et la perception du rôle du navigateur comme un accès aux applications encore plus affirmée. Le rôle de l'OS comme lanceur d'application et d'accès aux ressources du réseau et du poste, devenait moindre avec des ressources dans le Cloud et un poste banalisé. On commençait a parler de poste de travail virtuel qui pouvait se provisionner en arrivant le matin et pas en se stockant sous un bureau la nuit.

  • Fin 2009 Microsoft comprend que ça ne décollera pas et annonce Windows 7 qui réussira une belle percée auprès du grand public... et laissera les entreprises avec une hétérogénéité sans précédent jusque là. Pas moins de 4 versions de Windows coexistaient: les derniers Win98, XP, Vista et Windows7, sans parler des multiples versions de chacun de ces systèmes (family, pro, premium...) et des 3 "services pack"de XP. Merci à tous nos administrateurs d’infrastructures pour nous avoir fait traverser cette période épique sans trop d'encombres.

  • En 2011 les ventes de l'iPad et le "modèle Apple" ont amenés une autre alternative: iOS.
    Adapté à des machines tactiles, il s'impose pour l'accès à internet, le collaboratif et le décisionnel... même en entreprise, car amenés par les salariés quand l'entreprise ne l'a pas (encore?) choisi. C'est le BYOD auquel GreenSI croit dur comme fer. Certes, il existait déjà d'autres OS dont Linux pour concurrencer Windows, mais en dehors des informaticiens et de quelques services publics "engagés", la richesse applicative de Windows ne leur a pas permis de percer sur le poste de travail. Avec le modèle des Apps, Apple a changé la donne et Google l'a suivi avec le navigateur Chrome et un OS Chromium (basé sur Linux) qui reste cependant encore confidentiel (ChromeBook). Mais désormais l'application domine l'OS et non l'inverse, car maintenant elle a deux alliés, le Cloud et les Stores.

  • En Juin 2011 Microsoft lance mondialement Office 365 et enrichit sa stratégie Cloud autour d'Azure. On n'a plus besoin que d'un accès internet pour utiliser l'environnement bureautique et de collaboration de Microsoft. Et on se demande si on a encore besoin d'un OS pour accéder à Office.

Le 26 Octobre 2012, 5 ans et 9 mois après Vista, Microsoft va sortir Windows 8 "OS multi-devices", dans un contexte d'annonce de ses premières pertes trimestrielles, de ventes de mobiles Windows Phone (7) faibles malgrès la qualité du produit et toujours sans tablette en rayon des géants de la distribution. Il faut une bonne vision pour voir le multi-devices!
La tablette tactile est annoncée pour ce même jour d'Octobre car pour GreenSI c'est elle qui va assurer, ou pas, le succès de cet OS.
Sans tablette, c'est le scenario Vista qui se profilera: dépenser des sommes importantes en marketing et feux d'artifices pour convaincre les décideurs de migrer rapidement leur parcs de PCs, dans un contexte de réduction des investissements informatiques, bof....
A comparer à un Apple qui en quelques mois sait s'appuyer sur ses utilisateurs, et son propre réseau de boutiques rempli d'une armée de coach habillés en bleu avec une pomme blanche, pour assister ces utilisateurs à changer eux même de système (on est déjà en version 5 en 3 ans sans problème). La rupture n'est clairement pas que technologique.
D'ailleurs Microsoft poursuit sa mue et ouvre progressivement ses propres boutiques, les Microsoft Store, en plus de sa boutique en ligne. Impensable il y a quelques années pour le champion de la distribution indirecte et des VARs (Value-Added Resellers).


Et puis Apple c'est un OS pour les tablettes/téléphones (iOS) et un pour les Desktop/laptop (OSX). N'est-ce pas plus simple pour gérer l'expérience utilisateurs adapté à chaque terminal et Microsoft ne prend t-il pas un risque en voulant tout unifier? La convergence des écrans montre que le facteur taille est important (le débat entre le 7" et le 10" par exemple) mais que tout ne terminera pas forcément sur le même écran. On en aura 3: celui en "inches" (dans la main), celui en "feet" (sur la table, le bureau) et celui en "yard" (sur le mur)... c'était la vision en 2000 au début de l'internet qui est en train de se réaliser.
En tout cas, cette fois-ci l'expérience utilisateur et la capture du marché grand public au plus vite, seront certainement de la partie pour convaincre des entreprises que leur stratégie informatique passe encore par la case Microsoft pour le poste de travail.
Les ventes (et le prix) grand public de la tablette Microsoft vont être suivies de près par GreenSI, car c'est certainement la clef de la stratégie multi-plateformes. Et ce ne sera pas facile car Google a sorti une Nexus 7" sous Android 4 à moins de $250 aux Etats Unis, qui est en rupture de stock dès le jour du lancement. Hypothèse GreenSI, Samsung va certainement réagir en baissant le prix de son Galaxy Tab 2 qui se vend aussi très bien mais est maintenant $100 au dessus de la Nexus. Et la rumeur d'une Google 10" se répand dans la Silicon Valley...



Coté téléphonie la chute de RIM est certainement une chance pour Microsoft pour capturer le remplacement des Blackberrys en entreprise, avec une version 10 dont la date de livraison recule régulièrement. L'alliance avec Nokia pouvant être mise à profit pour cela (et l'excellent Nokia 900)... à moins que le rachat de RIM ne soit aussi à l'étude, qui sait?
Dans l'entreprise où l'OS est de moins en moins quelque chose de tangible pour une DG (maintenant réconciliée avec l'informatique grâce aux iPad), le produit d'appel reste clairement Office 2013. Pour l'utiliser il faudra passer sous Windows 7 ou Windows 8, et il ne sera plus compatible avec XP et Vista. Voila, c'est dit. Pas de Windows 8, pas d'Office. Si la DSI ne veut pas de Windows 8, elle va devoir s'accrocher pour enlever son tableur fétiche a notre chef comptable, même si des alternatives existent, elle sait bien que ce sera dur, certaines ont déjà essayé avec les Google Apps! La segmentation des usages et des utilisateurs sera utile pour avoir une chance de rebattre les cartes de la bureautique.

Alors cette stratégie de produits croisés sera elle suffisante pour embarquer les entreprises dans une trilogie Windows 8 + Tablette/PC/téléphone + Office 2013?
Cela ne semble pas gagné d'avance et la vitesse d'implémentation sera déterminante vu la vitesse d'évolution du marché. Mais Steve Balmer est un combatif qui n'a certainement pas dit son dernier mot. C'est bien sûr son bilan qu'il défend depuis le départ de Bill Gates juste après le lancement de Vista.

Mais pour les entreprises si ça ne marche pas, c'est certainement avec le navigateur, les outils collaboratifs et la suite bureautique, une hétérogénéité de plus qu'il va falloir gérer ces prochaines années. Ce n'est pas le plus simple des scénarios, mais acceptons le de suite, cela nous préparera à gérer la suite quoi qu'il arrive.

samedi 14 juillet 2012

Transformers 4: déjà à l'affiche dans toutes les DSI (Partie 1)

Transformers 4: déjà à l'affiche dans toutes les DSI (Partie 1)

Plusieurs d'entre vous ont demandé si il existait une "Big picture", ce plan qui permet de comprendre en prenant de l'altitude où on se situe et ce qui se passe autour de l'évolution des SI. Et bien c'est l'objet de ce billet d'été de tenter de synthétiser toutes ces forces et ces ruptures qui transforment les SI et la DSI, et dont GreenSI parle dans ses billets.
Vous connaissez certainement les "Transformers", ces sympathiques voitures à l'apparence normale, mais qui sont en fait des extra-terrestres qui se transforment en robots prêts à sauver la planète dès qu'elle en a besoin.
 
Et bien cette transformation, pour s'adapter, absorber de nouvelles technologies, développer de nouvelles compétences, revoir la gouvernance du SI... c'est un peu ce que l'on demande tous les jours à la DSI. Et en plus on le lui demande sur quatre fronts en même temps: usines à services, métiers, utilisateurs et clients de l'entreprise.
Les deux premiers fronts sont "traditionnels" et ont concentré la plupart des efforts et des investissements ces dernières années. Les deux derniers existent aussi depuis longtemps mais demandent aujourd'hui beaucoup plus d'attention et de moyens venant de la DSI.

Bienvenue dans "Transformers 4" déjà à l'affiche à la DSI !
(quand au vrai film, il sortira en 2014)

Une évolution toujours à l'affiche (et pour un certain temps) dans toutes les DSI qui veulent sauver leur entreprise d'une mort assurée si elle n'intègre pas la technologie à sa stratégie, avant ses concurrents qui débarquent de partout. Voiçi la"big picture" que GreenSI vous propose pour méditer sur les plages cet été avec en cadeau, la carte poster jointe à imprimer (voir plus bas).
Une transformation qui se déroule donc sur quatre fronts :
  • l'usine à services (Infrastructure, Exploitation): incluant la plateforme technique, c'est le cœur et les poumons de la DSI depuis son origine (le mainframe souvent), là où elle a développé le plus d'expertise et de méthodes, et parfois quand elle ne l'a pas déjà externalisé, c'est là qu'elle y a le plus de ressources.

  • les métiers (Projets, Applications): les 20 dernières années ont aligné l'action de la DSI sur l'organisation et les processus, pour servir des métiers qui ont pris le rôle de maîtrise d'ouvrage du SI, et la DSI celui de coordination de la maîtrise d’œuvre. Cette organisation a vécu. Elle ne délivre plus l'agilité dont l'entreprise a besoin dans un monde qui accélère.
  • les clients (Produits & Services) : l'innovation permanente et le rôle des technologies de l'information font que dans un nombre toujours plus grand d'industries, le SI est incorporé aux produits et aux services de l'entreprise. Le SI sert les clients et la DSI devient un acteur de l'innovation... et aussi du service après vente en lien direct avec les clients.

  • les utilisateurs (Poste de travail): c'est le dernier des quatre fronts. Le poste de travail a toujours été vu comme un élément de l'infrastructure, mais c'est en train de changer. La "consumerisation de l'IT" a généré une plus grande maturité des utilisateurs, habitués à une innovation permanente pour leur informatique individuelle et une grande personnalisation de leurs outils. Cela met la pression sur les moyens standardisées et souvent (volontairement) "en retard" proposés par les DSI. Avec le BYOD - bring your own device - ces utilisateurs revendiquent même de construire le SI dont ils ont besoin, en commençant par le terminal, mais ne nous y trompons pas les applications vont suivre. La frontière du SI se déplace donc entre la DSI et les utilisateurs.
Cette première partie aborde la transformation sur les deux premiers fronts. Ceux représentés en bas de cette carte, qui donne les principaux leviers de chaque transformation et les domaines où elle se situe pour la DSI. Un second article va suivre pour traiter des deux derniers fronts
 
NB: cette carte issue d'un brainstorming est disponible en haute résolution si vous voulez l'imprimer. Cliquez juste dessus.

Une usine à services à l'épreuve du Cloud et de l'Open Source

Dans ce domaine, les leviers de la transformation sont l'efficacité et la réduction des coûts unitaires.
La DSI est clairement confrontée à la remise en cause de son modèle de production traditionnel (datacenter, projets applicatifs, développement) par l'Open source, le Cloud et sa composante applicative le SaaS - Software as a Service. L'open source pour son efficacité à créer et mobiliser un écosystème autour de solutions ouvertes. Le cloud par la productivité redoutable amenée dans des datacenters hyper-automatisés disponibles globalement. Le SaaS pour sa réinvention du cycle projet traditionnel devenu en partie obsolète dans un monde en accélération.
Mis à part quelques DSI de grands groupes, et surtout celles des groupes internationaux, la majorité des DSI ne peuvent atteindre les économies d’échelle pour la production de logiciels et leur exploitation que peuvent obtenir les sociétés qui se spécialisant sur ces créneaux. De plus, l'entreprise demande que ces infrastructures soient maintenant plus ouvertes et plus globales, par exemple pour raccorder autre chose que des PC en réseau, mais aussi des tablettes et smartphones en mobilité ("over the air") et pour travailler avec des partenaires dans un contexte d'entreprises en réseau.
Les DSI qui embrassent cette transformation, adoptent donc le Cloud, le SaaS et l'Open source quand c'est pertinent. En le faisant elles améliorent leur flexibilité et leur modèle de coûts unitaires. Mais elles le font aussi pour continuer à maîtriser la gouvernance globale du SI. Elles rencontrent alors de nouveaux challenges qui leur demandent encore de s'adapter et de revoir leur méthodes:
  • la gestion de la sécurité: qui doit intégrer une architecture plus ouverte et partagée avec plus d'acteurs,
  • les méthodes de gouvernance: qui doivent s'adapter au Cloud. CoBIT et ITIL ont permis de standardiser, il faut maintenant apprendre a les flexibiliser. CoBIT v5 publiée il y a un mois tente cet exercice d'intégration du Cloud.
  • une architecture ouverte: qui est au cœur de la compétence de la DSI pour assembler des plateformes et des applications de diverses origines, et ouvrir ses données et ses API a un tout nouveau écosystème venant s'y sourcer.
Mais cette transformation n'amène pas que des changements induits. Elle ouvre aussi au SI des opportunités de changement pour capturer, stocker et traiter des quantités de données plus importantes (big data), en utilisant une infrastructure à la demande, au moment où elle en a besoin et a un coût très inférieur a ce que cela lui aurait coûté si elle avait une infrastructure propre. C'est aussi l'opportunité pour l'entreprise d'ouvrir ses données (open data) et de construire un écosystème qui va l'aider à mieux les exploiter. Et bien plus encore...

Des métiers à la recherche d'agilité
Les métiers sont confrontés à un environnement qui change rapidement et une pression pour plus de performance et d'agilité.
Mais comme les processus sont supportés par le SI grâce aux investissements applicatifs de ces dernières années, cette pression se transmet mécaniquement sur la DSI pour adapter ces applications et rendre les processus plus performants. Or dans ce domaine, l'intuition de GreenSI c'est que les anciennes méthodes ne vont plus faire recette car la vitesse d'adaptation demandée n'est pas compatible avec celle prise comme hypothèse pour développer ces méthodes :
  • L'entreprise n'a plus le temps de lancer une armée de consultants pour décrire les processus existant, les transformer puis les automatiser.
  • L'entreprise n'a plus le temps pour décrire les compétences de tous les salariés et ensuite gérer de façon planifiée leur carrière et savoir trouver les bons experts.
  • L'entreprise n'a plus le temps de stocker et décrire tous les savoirs avant de pouvoir les mettre à disposition des salariés dans des bases documentaires validées.
  • L'entreprise n'a plus le temps de changer complètement de version son ERP avant de pouvoir bénéficier des quelques fonctions supplémentaires qui lui font cruellement défaut pour répondre à cette nouvelle start-up mondiale qui est en train de changer les règles de l'industrie... sans ERP.
Dans ce domaine, piloté par l'expertise et la stratégie métier, la DSI ne voit pas toujours le rôle qu'elle peut avoir pour que collectivement l'organisation trouve plus d'agilité et puisse s'adapter à son environnement. Pourtant c'est bien la DSI qui détient quelques clefs pour amener plus de souplesse si le métier sait ensuite ouvrir les bonnes portes :
  • L'animation de la communauté technologique de l'entreprise: c'est pour GreenSI une posture que doit prendre la DSI, qui mieux que les autres Directions, comprend la technologie et peut porter sa capacité de transformation auprès de ceux qui peuvent la mettre en œuvre. C'est donc bien un rôle d'animation et d'initiation qui est demandé à la DSI, pour accélérer la transformation des métiers et processus.
  • Le collaboratif en général et les réseaux sociaux d'entreprise en particulier, demandent une plateforme partagée par tous les collaborateurs pour être plus efficaces dans leur activités et pouvoir mobiliser facilement l'"intelligence collective" de l'entreprise. Cette plateforme, comme pour le poste de travail, la connectivité ou la téléphonie, la DSI est la mieux placée pour la fournir.
  • Les processus collaboratif c'est tout l'enjeu de pouvoir utiliser les outils collaboratifs pour rendre les processus de l'entreprise plus adaptables. Ils ont été pensés pour traiter la masse, laissons la collaboration traiter les exception, qui par essence sont difficilement planifiables et modélisables. C'est tout l'enjeu des ERP 2.0 qui sont en préparation chez les éditeurs avec la promesse de l'intégration d'une "couche sociale".
La transformation de la DSI est donc bien engagée. La partie 2 (à venir) abordera les deux fronts les plus dynamiques et les plus récents.

Mais vous qui voyez déjà vos organisations se transformer en partie, partagez cette transformation sur GreenSI  en laissant un commentaire pour enrichir ce sujet. Et une nouvelle carte sera éditée à la rentrée pour les intégrer.

Merci de partager cet article tout l'été sur vos réseaux sociaux !

lundi 2 juillet 2012

Réactiver Twitter sur son profil LinkedIn, c'est possible!

Réactiver Twitter sur son profil LinkedIn, c'est possible!

MISE A JOUR

Le 27 Septembre Twitter a bloqué IFTTT démontrant sa volonté de maitrise de son ecosystème exploitant ses API ouvertes. D'autres plateformes "d'automatisation du web" permettent d'accéder à Twitter, Zapier.com par exemple. Cela ne change pas l'approche proposée par le billet et Ifttt reste un très bon outil, mais cela démontre que sur Internet tout va très vite!

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Rien ne va plus entre LinkedIn et Twitter.
Ce dernier a coupé l'accès de son API à LinkedIn. Une API bien sympathique qui permettait à ceux qui avaient fait le choix de Twitter et qui avaient lié leurs comptes, de permettre à leur réseau sur LinkedIn de suivre directement et "bien au chaud" dans LinkedIn, leurs publications en temps réel.

Certes, LinkedIn a son propre système de news plébiscités par ses adhérents. Elles sont maintenant mises en avant "façon intranet" (LinkedIn today), mais rien à voir ce qui se passe avec Twitter pour écouter les signaux faibles, promouvoir des informations et interagir avec son réseau.
Il y a aussi des groupes sur LinkedIn, mais encore une fois c'est souvent le calme plat.

Ceci n'enlève pas la valeur de LinkedIn, la base CRM mondiale pour trouver un professionnel, mais ce n'est pas le lieu du jaillissement de l'information comme l'est Twitter.

Cette rupture de partenariat est donc à l'initiative de Twitter qui, pour GreenSI, a moins à perdre que LinkedIn dans ce divorce. Car malgré les appels de LinkedIn pour mettre à jour son statut sur LinkedIn depuis sa plateforme, ce ne sera pas facile pour LinkedIn de faire basculer une partie de l'audience Twitter chez lui. C'est en effet sans compter sur l'écosystème des dizaines de clients Twitter qui permettent de mettre à jour Twitter sans utiliser Twitter, ce qui n'a pas d'équivalent chez LinkedIn.... ou presque!

En effet www.ifttt.com qui permet sur un évènement web (IF THIS), de déclencher une règle web (THEN THAT), permet justement de pister en automatique une mise à jour de son statut Twitter et de générer une mise à jour de statut LinkedIn en récupérant la mise à jour sur Twitter.

Et le tour est joué!

GreenSI a activé cette règle qui marche très bien. Et comme ifttt.com est aussi fait pour partager ses "recettes" (recipe), cette recette GreenSI a été publiée sous le nom de "Twitter is back on LinkedIn".
Il ne vous reste qu'a créer un compte sur ifttt.com et l'ajouter dans vos règles. Tenez moi au courant dans les commentaires

D'ailleurs GreenSI vous promet un article sur ce petit outil miracle qui prétend, ni plus ni moins, qu'a être le couteau Suisse et surtout le middleware de l'internet de demain. Un concurrent "business" vient d'ailleurs d'apparaître. Et c'est pour cela que GreenSI s'y intéresse, car si cela marche c'est une rupture dans nos SI. Et un de nos "activistes" francophone pour les API ouvertes, Fabien Grenet, en parle très bien sur son blog :

Connaissez-vous le SCOF, le "Single Cloud of Failure" qui a terrassé Instagram

Connaissez-vous le SCOF, le "Single Cloud of Failure" qui a terrassé Instagram


Si vous avez cherché a prendre des photos avec votre smartphone pour les partager sur Instagram le 30 Juin vous avez peut être pu constater la panne du service pendant plusieurs heures. Et si de dépit vous cous êtes rabattu sur Pinterest pour les partager avec les photos vintages de votre collection de vieux PCs, vous avez peut être eu le même problème.
Quel rapport y a t-il entre Instagram et Pinterest, et aussi Netflix (video à la demande) et Heroku ("Java on the cloud") qui ont été victimes de problèmes d'accès a leurs serveurs ce 30 Juin?


Et bien ce sont toutes des sociétés en forte croissance qui ont besoin d'une grande flexibilité pour provisionner leur énergie informatique et se sont donc tourné naturellement vers le cloud pour cela. Celui d'Amazon en l'occurence, qui héberge une partie de leur capacité dans son centre de données à Ashburn, en Virginie (Etats Unis). Une région où ce 30 Juin de puissantes tempêtes on coupé l'alimentation de près d'un million de citoyens (vents à 80 miles par heure) et malheureusement aussi pris des vies humaines.


Ce datacenter a donc été privé d'électricité pendant six heures provoquant les déboires en série pour ces sociétés. Des orages qui ont coupé l’électricité du réseau de l'opérateur local, mais plus grave, du réseau de secours d'Amazon. Une panne dont la probabilité est très très très faible... mais qui s'est produite!


Elle nous démontre de façon pratique ce qu'est le "SCOF", ce Single Cloud of Failure, ce point central qui peut entrainer le dysfonctionnement d'une partie des services de l'internet (par analogie avec le SPOF - le célèbre Single Point of Failure). 




Qu'est-ce qu'il faut en retenir :
  • que les pannes arrivent, même celles qui sont improbables, et donc que le Cloud n'affranchi pas la DSI d'avoir un PCO/PRA, Plan de Continuité des Opérations et Plan de Reprise des Activités. A minima celui d'informer les clients avec des réseaux alternatifs comme Twitter pour les activités B2C.
  • de répartir si possible sa charge sur plusieurs centres de traitements et non sur un centre unique. C'est ce que propose aussi Amazon avec son "Elastic Load Balancing" mais visiblement il n'a pas fonctionné ou n'a pas été utilisé ou bien paramétré par toutes ces sociétés. Et la les lecteurs assidus de ZDNet auront tout de suite pensé au multi-cloud mis en avant par Pierre Col il y a quelques mois (le multi-cloud)


La bonne nouvelle c'est quand même que les délais de remise en route ont été inférieurs aux 6 heures d’interruption grâce à la bascule sur d'autre centres pour la plupart des grands services. Ce qui amène aussi a un autre enseignement corolaire des deux autres, a défaut de vous lancer dans le multi-cloud, ne retenez pas un prestataire qui n'aurait qu'un seul datacenter.


Et pour terminer, si ce 1er Juillet le signal du Minitel n'a toujours pas été rétabli chez vous et que vous n'arrivez pas à accéder au 3615, c'est normal. Et ce n'est pas lié à la panne du Cloud d'Amazon, le service s'est éteint le même jour mais n'a pas eu besoin d'un orage pour cela. Il a juste été déconnecté en fin de vie (#RIPMinitel).