mardi 29 mai 2012

Le poste de travail collaboratif en mode agile (version complète)

Le poste de travail collaboratif en mode agile (version complète)

Le 16 Mai je suis intervenu à la conférence Webcom à Montréal pour aborder l'évolution du poste de travail en entreprise, tirée par les outils collaboratifs et le développement de l'entreprise 2.0. Un débat intéressant dont je reprends ici en deux parties, les principales idées de ruptures qui ont été discutées.

Partant du constat qu'en quelques années, les principaux outils collaboratifs mis a disposition du grand public comme Facebook (réseau social), Youtube (vidéos), Flickr (photos), Slideshare (présentations), Foursquare (check-in géolocalisés)... atteignent des centaines de millions d'utilisateurs, pourquoi les mêmes partages sociaux, de vidéos, de photos, de document, d'applications géolocalisées demandent, une fois dans l'entreprise, des efforts important d'adoption et parfois échouent tout simplement?

LES 5 FREINS A LA COLLABORATION

La première réponse à cette question est apportée par Bertrand Duperrin, consultant en stratégie d'entreprise 2.0, dans sa conférence sur l'importance que ces partages sociaux s'inscrivent dans les flux de travail des salariés. Pour faire simple, le soufflé du réseau social interne retombera vite s'il ne permet que de parler de la pêche à la mouche et n'améliore pas l'efficacité de chacun et celle des processus. Car le temps est la ressource rare. Ajouter des outils demande plus de temps et seul le gain en efficacité peut permettre de basculer durablement d'un usage a l'autre. Et c'est tout l'enjeu de l'entreprise 2.0 de développer et mobiliser le capital social, humain et informationnel de l'entreprise.
Mais cet objectif achoppe ensuite sur 5 autres écueils, liés aux habitudes de l'entreprise qui ne sont pas toujours adaptées aux outils et projets collaboratifs et leur font subir des tensions contre-productives.

C'est souvent là d'ailleurs que la DSI est perçue comme un empêcheur d'avancer, en ne prenant pas en compte ce nécessaire changement d'habitude qui concerne toute l'entreprise:

Le poste de travail fixe est un outil dépassé
Ce bon vieux poste de travail dont la définition d'origine est "le lieu dans lequel un employé dispose des ressources lui permettant d'effectuer son travail". Une définition obsolète dans un monde post-industriel quand on considère la mobilité qui fait voler en éclat la notion de lieu et demande une continuité des données entre les terminaux si on en utilise plusieurs.
De même comment traiter la "porosité" entre les activités personnelles et professionnelles, qui peut changer la propriété du poste (quand il appartient à l'employé) et ses usages (travail au domicile et usages personnels au bureau).
Le poste de travail doit être repensé et le collaboratif dont l'importance et les usages grandissent doit y contribuer.

Le cycle projet et les méthodes doivent laisser la place aux usages et aux services, mis en ligne de façon incrémentale
L'immuable cycle projet qui commence par une expression de besoin et se termine par une mise en production a déjà été revisité par le SaaS. Quand la solution est déjà en production lors de son achat, cela change un peu les choses... Et de nombreuses applications collaboratives sont en mode SaaS justement. Ce cycle projet est donc peu adapté au collaboratif, qui lui demande des méthodes plus agiles, plus itératives. Quand on regarde les succès grand public, l'outil a précédé les besoins. Les usages ont été découverts par quelques utilisateurs et sont devenus des services offerts à tous. La plateforme se construit petit à petit, service par service, à l'image de la "bêta permanente" à laquelle nous a habitués Google. Et là où la méthode traditionnelle s'arrête, l'essentiel commence dans le monde collaboratif: le développement et la promotion des usages.

LA solution d'entreprise est peut-être une illusion qui doit laisser la place à la diversité et à l'interopérabilité
Est-ce que la seule possibilité pour tous collaborer dans l'entreprise serait d'avoir tous LA même solution, la solution d'entreprise? Si c'était vrai, cela se saurait. Car l'internet est loin d'être ce monde homogène que l'on cherche dans l'entreprise, comme le Saint Graal. Et pourtant la collaboration sur internet ça marche!
Non, l'internet est au contraire celui de la diversité et de l'interopérabilité. Ne confondons pas standard unique et solution unique. L'interopérabilité est recherchée par les nouveaux entrants et démultiplie la valeur de leurs solutions, par exemple un partage de photo ne cherche pas a refaire sa "couche sociale" mais s'intègre avec les principaux réseaux existant.
Cherchons donc a segmenter les usages et les utilisateurs au lieu de toujours globaliser les besoins. Certe, une solution d'entreprise permet de négocier un contrat unique et de faire quelques économies, mais n'est-ce pas au détriment de l'innovation? Une innovation qui dailleurs arrive rarement des grands acteurs les plus en vues des Directions Achats, sachant que le ROI de la solution va se faire dans son usage et non dans l'économie de sa négociation...

Le dogme de la sécurité, vu comme LA priorité, doit être repensé dans un monde totalement ouvert
Le monde est ouvert, mobile, les plateformes hors de l'entreprise existent et se développent dans le Cloud. C'est une réalité pour la majorité des entreprises. La sécurité qui vise à protéger les accès va vite trouver ses limites dans un monde de partage.
La sécurité des données est complémentaire à celle des accès et doit devenir plus intelligente en repérant les comportements suspects. Par exemple le changement de mot de passe ou un accès "inhabituel" est systématiquement confirmé par email (date/heure - IP) par les meilleures plateformes grand public. Dans l'entreprise c'est rarement fait. Et pourtant une des failles est l'usurpation d'identité en interne par les salariés eux-mêmes. D'autres comme Facebook ou Salesforce vont plus loin et renforcent la procédure de login quand elle ne se fait pas d'une adresse IP connue, d'un autre pays ou d'un autre terminal. Et pour valider l'accès il faut reconnaitre les photos de ses amis. La sécurité doit être repensée mais au lieu de ça elle est utilisée comme une raison pour empêcher l'entreprise de collaborer.

L'email est tout sauf un outil de collaboration, comment en faire un usage raisonné?
L'email est intrusif. Ce sont les autres qui choisissent les destinataires, le nombre et même la priorité! Les mails utiles sont noyés dans les spams et mails totalement inutiles pour lesquels on est en copie ou tout simplement que l'on a ouvert trop tard, la discussion étant terminée. Nos jeunes ne l'utilisent plus et sont passés sur la messagerie instantanée et les réseaux sociaux.
C'est aussi un destructeur massif de connaissances car a chaque départ de salariés, sa boîte mail disparaît avec lui. Non l'email n'est pas un outil collaboratif, et malheureusement si les quatre freins précédents ont réussi a bloquer votre projet collaboratif, ce sera la seule solution universelle laissée à vos salariés pour cela...

LES FONCTIONNALITÉS POUR COLLABORER

Pour revenir au poste de travail collaboratif, imaginons-le comme un terminal d'accès aux ressources et espaces partagés par les collaborateurs. Il leur permet de développer de nouveau modes de collaboration et notamment ceux portés par "l'entreprise 2.0".  Le terminal, fixe ou mobile, n'est finalement qu'un moyen d’accès et non un conteneur. Car ce poste est virtuel, en ligne dans un Cloud public ou privé, utilise des ressources interopérables et est personnalisé par rapport aux activités de chacun.

Mais pour commencer, de quelles fonctionnalités a t-on besoin pour collaborer?
 
Ce qui est en bleu est plutôt fortement structuré 1.0, alors que ce qui est en vert est plus déstructuré et porteur d'une approche 2.0.

Sur l'axe vertical du partage de l'information, on a tout en haut ce qui concerne la communication au sens, communication descendante dans l'entreprise. Des spécialistes des contenus qui produisent et mettent en forme de l'information a des fins de communication interne. Une communication aussi structurée que le sont les intranets qui permettent de la véhiculer. Même si parfois, on peut voter ou noter les contenus, on reste dans un univers pensé et structuré par d'autres... où les écarts en qualité graphique ne sont pas acceptés, même si ce n'est pas indispensable à la productivité.

A l'opposé on peut imaginer des contenus, textes, photos ou vidéos, produits par chaque salarié, partagés ou de référencés par lui. C'est la gestion documentaire collaborative, dans laquelle on peut y inclure la bureautique et le stockage, que l'on retrouvent a minima dans toutes les entreprises. Domaine qui contient aussi les blogs, wikis, photothèques, vidéothèques... autant de forme de partage et de co-création de contenus collaboratifs.


Au milieu l'email moyen de communication intermédiaire parfois utilisé comme un intranet (noyés d'emails envoyés à tous) et parfois comme un outil de partage documentaire (des pièces jointes dans tous les emails) ou tout simplement de boite à notifications de publications de contenus (en lieu et place du RSS).

Sur l'axe horizontal des relations entre collaborateurs, on a tout à gauche les workflows, des applications métiers (valider une note de frais) pour lesquels on ne peut pas faire grand chose si ce n'est accepter ou refuser. Une collaboration réduite a sa plus simple expression. Il ne s'agit pas ici d'intégrer toutes les applications de l'entreprise, mais uniquement leur "couche collaborative" ou d'échanges de messages avec les salariés. Ces messages qui une fois de plus se retrouvent souvent dans votre boite mail.

A l'opposé on a le réseau social, où l'on peut choisir d'aller ou de ne pas aller, et dans lequel on va initier des dialogues et non des workflows, avec des personnes qui décideront d'engager la conversation et pas uniquement avec celles que l'on a choisies.

Au milieu on va retrouver les interactions avec les applications, les notifications et les activités gérés par le salarié (ex. projets, tâches), qui sont structurées mais lui laissent un certain degré de liberté pour leur exécution.

La collaboration n'est donc pas une fonction, mais un assemblage de ces fonctions, au sein d'espaces collaboratifs qui se personnalisent en fonction des métiers de chacun et gèrent les droits d'accès et la sécurité. Car on a beau vouloir une collaboration la plus large possible, la réalité de l'entreprise fait que parfois on est obligé de cloisonner... pour la bonne cause! (confidentialité, réglementaire...) C'est l'objet de la couche transverse a toutes les fonctions, annuaire et sécurité.

Au cœur de ces 4 fonctions clefs (communication, les processus collaboratifs, la gestion documentaire et le réseau social) on trouve l'email qui est (malheureusement?) le seul outil du salarié quand les autres fonctions n'existent pas. L'enjeu du poste de travail collaboratif 2.0 est donc bien le transfert d'usages actuellement  dans l'email vers des briques fonctionnelles centrées sur ces nouvelles fonctions.

En complément 4 autres fonctionnalités sont utiles pour la collaboration et complètent le poste de travail:
  • la communication temps réelle avec le témoin de présence: messagerie instantanée, web conférence,...
  • le moteur de recherche global: documents, conversations, personnes, données
  • les référentiels structurés qui sont les invariants, repères de l'entreprise: lieux, territoires, organisation, clef comptable...
  • les outils pratiques de productivité: agenda, doodle,...
LE POSTE DE TRAVAIL COLLABORATIF
 
Alors comment imaginer un poste de travail adapté à ces différents usages en fonction des types de collaborateurs et d'activités, où la sécurité a été repensée sur les données et les comportements, et où l'email est redevenu un simple outil de communication ou de notification?

Pour cela, commençons par observer les archétypes de page d'accueil de ceux qui utilisent la collaboration pour atteindre leurs objectifs et être indispensables au quotidien de tous les internautes: Facebook, Microsoft, Google. Un objectif qui se décline aussi dans l'entreprise pour le poste de travail collaboratif. D'ailleurs ce poste de travail va devoir aussi permettre au salarié de collaborer avec le monde extérieur, clients, fournisseurs et partenaires... donc pas que "intranet" mais aussi "internet". les archétypes sont donc ceux de ce monde extérieur qui va se connecter à l'entreprise. Raison de plus pour y prêter un peu attention.

Facebook : le coeur c'est le flux social en temps réel dans lequel s'insèrent les quelques documents gérés, photos, vidéos et articles. En haut la zone de saisie du statut et la recherche dans le bandeau d'ailleurs totalement inefficace. Ce qui est intéressant (couleur orange) c'est le lien à gauche vers les applications qui s'exécutent soit en plein écran (généralement des jeux), soit dans la zone sociale (forums). Sur la droite Facebook joue a fond la communication temps réel car a bien compris que l'email n'était pas essentiel pour les jeunes et c'est ce qui en fait sa force en mobilité. L'adresse email "@facebook.com" a été ajoutée mais elle joue toujours un rôle secondaire. La sortie la semaine dernière sur iPhone, de l'application Camera pour mieux gérer ses photos, montre que le social ne remplacera pas la gestion documentaire des différents médias... et que Facebook a encore des progrès à faire!

Bing : vers la recherche sociale et mieux structurée. La nouvelle version de Bing (non disponible en France où pour l'instant Google règne en maître) est très intéressante pour comprendre l'évolution de ces outils. Partant de la recherche, Microsoft amène deux nouveaux espaces. Ce que GreenSI appelle les résultats structurés, comme par exemple les lieux, que l'on trouve actuellement dans les recherches sur Google mais à l'intérieur du flux de résultats et non dans une colonne à part. Et surtout, les résultats sociaux, c'est à dire le lien entre la recherche que l'on effectue et son réseau social. Qui connait, a vu et peut m'aider? On a même une fenêtre de dialogue qui permet d'engager la discussion immédiatement avec une personne de son réseau pour affiner sa recherche. Donc un découpage de l'espace entre Non structuré, Structuré, Social, qui pourrait s’avérer très intelligent à l'avenir. En revanche pas (encore?) de lien entre la recherche et l'univers "bureautique" Office365 qui mêle déjà documents et conversations dans le Cloud.

Gmail : l'intégration des services autour de l'email. Depuis toujours Google est "englué" dans l'email qui lui a donné un "single sign-on" et une matière d'analyse unique pour comprendre nos attentes et gérer en masse des publicités hyper-ciblées sur lesquelles reposent son modèle économique. Mais avec un transfert massif des conversations vers les réseaux sociaux, le risque de se retrouver à analyser une poubelle de notifications et de spams est grand. D'où Google+, la partie sociale reposant sur les cercles de partage, mais lancée "en dehors" de Gmail. Enfin Google a deux services intéressant pour le poste de travail collaboratif, Google Docs et Google Drive, le futur de la bureautique et du stockage documentaire dans le Cloud.

L'évolution de Google est donc très intéressante pour l'entreprise car Google est dans une situation proche de l'entreprise avec ses emails, sa bureautique, son stockage souvent obsolète et son réseau social généralement lancé non connecté à tout le reste.

Gmail a inventé les conversations dans les emails depuis plus de 5 ans et a poursuivi avec les fenêtres pour gérer ses emails prioritaires. Google croit toujours en l'email et l'améliore. Des informations sociales de nos correspondant apparaissent quand on est sur un email. Comme dans les messagerie unifiées, tout est fait pour proposer d'autres moyens de joindre ses correspondants et notamment les communications temps réel, messagerie instantanée, téléphonie sur IP ou web conférence.
Depuis quelques semaines les documents Google Docs sont aussi accessibles directement depuis les emails, les pièces jointes y sont stockées automatiquement. Le carnet d'adresse est partagée avec Google+ et on peut gérer ses cercles depuis Gmail. Donc pour Google, une partie de l'avenir du poste s'écrira autour de l'email en lui ayant supprimé le spam, et en le structurant mieux pour nous rendre plus efficace. Mais comment vont se rejoindre la couche sociale et la couche mail, puisqu'on ne peut pas mettre à jour son statut dans Gmail, mystère. L'avenir nous le dira certainement.

La synthèse proposée par GreenSI reprend la vision de Microsoft partant du moteur de recherche, en faisant le postulat que la recherche et l'accès à la connaissance est dans l'entreprise le meilleur gisement de productivité pour la collaboration. Le second volet est celui de l'organisation des activités dans lesquelles viennent se fondre les autres moyens de communication, emails, social et communications temp réel. Enfin, les structures qui resteront essentielles dans l'entreprise, apportent un moyen de trier, filtre, d'organiser, proche des préoccupations des différents métiers, et jouent un rôle intermédiaire clef pour rassembler social et recherche. Le bouton "Feedback" parait essentiel pour garder le lien en direct avec des utilisateurs dont les usages éévoluent vite.
Notons que l'ergonomie représentée est celle d'un "grand écran". Des choix sont a opérer pour une version mobile sur un écran plus réduit. A priori avec une ergonomie centrée sur la couche sociale et moins sur la recherche, qui elle peut alors bénéficier de la géolocalisation comme filtre supplémentaire.

RETOUR SUR LES OUTILS DU MARCHES
 
Est-ce que cet outil complet existe?
Actuellement non, mais ça bouge... et vite!

Google a une division entreprise et propose déjà ses outils à l'entreprise, mais rien de complet.
IBM lotus est peut être le plus avancé dans sa réflexion sur la couche sociale intégrée à l'email et aux documents, et annonce un Lotus Social Edition prometteur.
Tibrr de Tibco proposent la brique middleware d'intégration autour des activités a construire sois même.
Salesforce qui, dans une vision pour l'instant hégémonique, a décidé d'intégrer son propre réseau social dans ses applications.
SAP est sur le point de faire des annonces sur une couche sociale interopérable avec ses applications (voile levé lors du dernier Webcom de Montréal).
Coté moteur de recherche certains comme Polyspot ont compris l'importance de l'interopérabilité et du rôle que le moteur aura à jouer au sein du poste de travail.
Bizarrement Microsoft coté grand public a de très bonnes idées... qu'ils ne proposent pas dans l'entreprise dans sa suite Sharepoint, à suivre on espère.

Enfin quand GreenSI parle d'interopérabilité, on est loin des stratégies fermées que développent dans l'entreprise (de façon stérile) certains éditeurs.
Exemple grand public: quand j'envoi un tweet depuis le site de Twitter, il est géré comme si il avait été envoyé depuis un de ses nombreux clients proposés par d'autres sociétés sur de nombreux terminaux. Si j'ai couplé mon compte twitter a mon profil LinkedIn, ce tweet apparait aussi dans le flux d'activité de LinkedIn, en fonction des règles que j'ai choisies, et sans avoir besoin d'y aller. Ainsi quelqu'un qui préfère travailler dans LinkedIn pour la richesse de ses communautés métiers, peut le voir et le retweeter, comme si il avait été dans Twitter. La collaboration s’établit indépendamment de qui fourni telle ou telle brique fonctionnelle et en fonction des choix de l'utilisateur... qui semble le mieux placé pour savoir ce qui est lui est le plus adapté. C'est tout l’enjeu pour les entreprises de ne s'engager qu'avec des éditeurs qui visent des standards ouverts, comme par exemple Open Social, et de fuir les stratégies fermées.
Mais n'oublions pas que l'entreprise 2.0 c'est avant tout un programme de transformation de la collaboration.

Le poste de travail peut aider ou empêcher cette collaboration, mais il ne fera pas tout. Et comme cet article n'aurait la prétention d'être complet, vos commentaires sont très attendus pour l'enrichir!
ou sur Twitter @fcharles


 UN SUJET EN FORTE ÉBULLITION (Mai 2012)

Dans un de ses derniers billet F. Cavazza, consultant sur l'entreprise 2.0 parle de coïncidence quand la même semaine plusieurs articles, dont GreenSI, ont traité de ce sujet avec des angles différents. 
Je répondrai que GreenSI ne crois pas aux coïncidences.

Ces "coïncidences" ne reflètent qu'une pression de plus en plus en forte sur les contraintes exposées en partie 1, avec l'accroissement du fossé toujours plus grand entre les technologies grand public, déjà quasi mobiles et dans le Cloud, avec celles de l'entreprise.
Et comme pour un volcan, les premières échappées de laves ou de gaz annoncent l'éruption proche: le réel bouleversement des outils collaboratifs en entreprise d'ici 2015. Car d'içi 2105, l'entreprise sera confrontée a plusieurs ruptures au coeur de l’efficacité de la collaboration de ses salariés:
  • le cloud qui permet la collaboration étendue avec les clients (Social CRM) et les partenaires
  • la fin du navigateur unique IE avec Chrome qui dépasse les 50%
  • le remplacement de XP, Vista ou Seven avec un OS qui permet d'aborder les tablettes, la mobilité et dont le prix doit chuter car la valeur ajoutée est dans le Cloud, plus dans l'OS,
  • l'évolution d'une bureautique vissée à la machine avec des coûts de licences élevés, vers une bureautique en ligne et partagée
  • la prise en compte des matériels des salariés quand ils ne sont pas fournis par l'entreprise et améliorent l'efficacité.

vendredi 25 mai 2012

Opendata Week à Nantes, c'est aussi pour les entreprises!

Opendata Week à Nantes, c'est aussi pour les entreprises!


Cette semaine, la ville de Nantes vit au rythme de l'ouverture des données en organisant la semaine européenne de l'open data.
Des ateliers pratiques, des conférences, pour se familiariser avec les données, appréhender les compétences nécessaires à leur traitement, leur analyse ou leur visualisation.

L’ouverture des données publiques par les administrations et les collectivités, car c'est l'objectif de cette semaine, c'est la stimulation des projets de données qui peuvent avoir un impact direct sur la vie des citoyens connectés : sur leur mobilité, leur éducation ou leur environnement.

Mais l'ouverture des données concerne aussi les entreprises comme l'a montré la conférence de ce vendredi "Ouvrir les données du secteur privé" animée par la FING et BlueNove, où intervenaient entre autres TotalSuez Environnement ou la banque BBVA.

L'importance et la culture des données dans les entreprises est grande. Peut être même plus que beaucoup d’établissement publics. Les systèmes d'information manipulent et génèrent de plus en plus de données:
  • Certaines sont des données descriptives ou structurelles de l'environnement du métier de l'entreprise comme la modélisation de réseaux, de territoires, d'ouvrages, de structures organisationnelles...
  • D'autres données sont les mesures réalisées, éventuellement remises en forme, qui quantifient les processus de production, de ventes.. Elles forment la majorité des données de pilotage opérationnel et des tableaux de bord des entreprises. Avec le développement des réseaux intelligents, de la traçabilité des chaînes de production,...  elles sont en forte croissance. Certains commencent à parle de "big data" et préparent des outils d'analyse de données en masse en temps rée.
  • Enfin des données transformées, par des modèles plus ou moins complexes, qui permettent de prendre des décisions voire des prévisions. Plus élaborés elles ont une valeur perçu plus grande. Les données financières ou de scoring client sont dans cette catégorie.
Une fois produites, quand elle ne terminent pas dans une poubelle, une archive ou sur un disque au format qui est devenu illisible, elles sont souvent gardées jalousement et peu partagées. Certaines sont confidentielles, mais pas toutes.

Et pourtant elles ont de la valeur...Certaines ex start-up comme Google ou Facebook, ont réussi en moins de 15 ans a devenir des entreprises mondiales, à la capitalisation boursière détrônant les pétroliers du haut des Top100. Et pour cela elles se sont positionnées avec des services gratuits permettant de capturer et exploiter en masse la rente des données personnelles. Elles nous confirment la tendance que "les données sont le pétrole du XXIeme siècle" et surtout qu'elles font parti du capital de l'entreprise.
Bien sûr l'opendata exclu, par charte, les données nominatives, mais elles ne sont pas les plus nombreuses.

Alors pourquoi ouvrir ce trésor et le partager avec d'autres?Et bien peut être parce qu'a l'extérieur de l'entreprise il n'y a pas que des prédateurs! Il y a aussi des clients et des partenaires connus ou des partenaires potentiels. Et depuis que des réseaux mondiaux fixes ou mobiles existent, elle peuvent circuler librement entre l'entreprise et eux. L'open data a donc un potentiel qui demande a être explorer.
Car la vente de données n'est pas la seule opportunité d'exploitation de ces données pour les entreprises. Elles peuvent rassembler autour d'elles un "data éco-système" avec par exemple les acteurs qui partagent les mêmes données structurelles, comme un territoire. Ainsi grâce a ces données communes, l'eco-système peuvent rapprocher, superposer, comparer, visualiser des données issues de plusieurs fournisseurs de données. Et de ce travail peuvent surgir des idées et des innovations qui n'auraient peut être pas vu le jour dans une seule entreprise. L'open data mène à l'open innovation.

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Pourquoi La Poste ne partagerait pas son fichier d'emplacement de boites aux lettres avec les données d'une société qui mesure les déplacements de piétons (par exemple pour calculer l'impact des panneaux publicitaires)? Ainsi on pourrait rapidement identifier les boîtes situées sur les parcours les plus utilisés, et ce, de façon dynamique. La seule question qui reste est celle du business modèle.

Mais pour une entreprise, l'open data c'est aussi d'aller chercher et de réutiliser les données déjà ouvertes par les autres, par exemple les administrations ou collectivités. De nombreux portails existent renfermant des jeux données réutilisables, comme par exemple celui de Nantes data.nantes.fr/ ou de la Communauté Urbaine de Bordeaux data.lacub.fr/
Et puis les collectivités qui se sont lancées il y a plus d'un an, sont un exemple et une source d'inspiration pour l'incubation de nouvelles idées ou de nouveaux services pour les citoyens.

Et maintenant?Après une première revue de vos données pour identifier les premières pistes et les partenaires de votre "data eco-système", lancez donc une première expérimentation... et venez la partager. C'est bien ça que veut dire "open" non?

dimanche 13 mai 2012

Adoptons la technologie grand public pour collaborer en entreprise

Adoptons la technologie grand public pour collaborer en entreprise


Entre la technologie en entreprise et celle pour le grand public rien ne va plus. 
D'un côté nous constatons de plus en plus deux mondes qui s'écartent et de l'autre côté on constate des forces impressionnantes à l'œuvre pour les rapprocher. Quels dangers pour l'entreprise ou le grand public dans cette tectonique des plaques ? Doit-on redouter un séisme ou un tsunami? Comment tirer parti d'une telle énergie? 

Pour mieux apprécier ces trajectoires, revenons en arrière sur ces 30 dernières années et plus précisément les technologies de collaboration dans l’entreprise.
Lotus Development, fondée en 1982 est initialement connu pour sa solution bureautique (tableur), pour ses solutions collaboratives (Lotus Notes) et pour avoir inventé le « groupware ». Des solutions très innovantes à l’époque qui ciblent l'entreprise pour améliorer la productivité, l’efficacité et la réactivité des équipes et du travail en groupe. Puis qui ont évolué vers la communication unifiée autour de l'email et des espaces de travail partagés. Une société rachetée par IBM en 1995, quelques années après les débuts du World Wide Web (1990) et la naissance du navigateur internet (1993) qui allait amener le grand public sur le plus grand réseau du monde. 

Coté internet tout est ensuite allé très vite après 1993. Le moteur de recherche universel avec Google, du cloud computing avec Amazon ou Google, des applications bureautiques en ligne avec GoogleDocs ou Office365, les photos avec Flickr, Instagram ou Pinterest, les vidéos avec Youtube ou Dailymotion, les Wiki avec Wikipedia, les blogs avec Wordpress ou Blogger, les réseaux sociaux avec Facebook ou LinkedIn, le micro-blogging avec Twitter, la géolocalisation, les places et les badges avec Foursquare,...  

Toutes ces innovations qui ont fait évoluer la collaboration l'ont été coté grand public. En 15 ans la technologie grand public a rattrapé et dépassé les 30 années d’expérience de l’entreprise. Elles sont utilisées en masse et leur nombre d'utilisateurs se compte en centaines de millions sur la planète et sont souvent interopérable entres elles (une video Youtube se poste sur Facebook ou s'insère en un clic sur un blog).

Car côté entreprise depuis 1993, des concurrents de Lotus sont apparus, certains ont déjà disparu, d'autres comme Microsoft Sharepoint sont encore là. Mais quand on compare les capacités de collaboration offertes aux salariés par rapport à celles dont ils disposent en entreprise, l'avantage est passé côté grand public. Elles tournent toujours autour de l'email et des répertoires partagés.Certes beaucoup d'autres solutions comme les réseaux sociaux d'entreprise ou les wikis, mais peu d'exemple en font des plateformes réellement partagées et utilisées par tous les salariés. Et elles sont rarement interopérables tant les éditeurs cherchent à imposer leur standard fermé et chercher une position dominante.

De son côté Mme Michu est devenue plus efficace et agile que nombreux salariés, surtout quand elle fait appel à son réseau social pour l'aider. Ne nous étonnons donc pas que des individus ou des associations puissent être cent plus influents que des entreprises du CAC40... avec des moyens cent fois plus faibles et des outils gratuits.

La technologie en entreprise est en train de se séparer d'une technologie grand public qui innove plus rapidement qu’elle. Et pourtant parfois ce sont les mêmes acteurs qui les produisent (de moins enmoins cependant), mais le moteur d'innovation n'est pas le même.
  • L'éditeur pour l’entreprise repose sur une R&D puissante, un réseau de distribution étoffé, un marketing onéreux, et un modèle économique déconnecté des usages. On paye une licence que l’utilisateur s’en serve, ou ne s’en serve pas…
    Mais le SaaS – software as a service – apparu ces dernières années a été salvateur pour stopper net cette inflation des coûts logiciels en imposant son modèle de paiement : par mois et par utilisateurs, en fonction de la valeur délivrée par le logiciel.
  • Pour l'éditeur grand public lui le moteur c'est souvent la publicité ou la capture de données personnelles qui permettront de mieux cibler... la publicité. Bref, on cherche le trafic et sa valorisation et pour cela on préfère avancer à petits pas rapides qu'a coup de grands projets et de changements de version majeures. Et le trafic, c'est l'usage. Donc un modèle vertueux puisque le seul intérêt de celui qui met en ligne un service gratuit c'est que les utilisateurs s’en servent. Un intérêt partagé avec l’utilisateur final. Ce qui n'est pas toujours le cas dans l'entreprise où le succès d'un logiciel peut s'arrêter dès le début une fois la vente réalisée.
Et puis dans l'entreprise les technologies qui mettent la pression sur l'évolution des organisations et du statu quo établi, ne sont pas toujours les bienvenues... Comme elles ne sont pas choisies par les salariés et arrivent à un moment pas non plus choisi par lui, elles demandent une conduite des changements importante. In fine elles ne sont donc pas toujours les seules responsables quand arrive parfois l’échec de leur mise en place.

Et puis la technologie dans l’entreprise, c'est le territoire de la DSI. Et les technologies de collaboration qui se résument parfois à l’email et aux répertoires partagés sont souvent dans le giron des infrastructures. Un domaine où pour maintenir la stabilité et la sécurité, on n’aime les changements... quand ils sont lents. Et comme aucun métier ne sent légitime pour prendre le sujet, même pas les RH, la DSI se sent bien seule avec ce fardeau.

Si ces deux mondes poursuivent sur cette lancée, il n'y a pas de doute qu'ils sont en train de s'écarter à grande vitesse et une crevasse de se former. Mais en regardant plus près on peut voir des forces de cohésion qui sont en train de se mettre en œuvre pour les rapprocher :
  • La première c'est celle qui veut que pour les entreprises en B2C, les clients étant plongés dans ce monde d'innovation rapide, les entreprises se doivent de l'adopter pour garder le lien... ou disparaître. C’est ce qui est arrivé à Kodak ou Borders.
  • La seconde ce sont les salariés de l'entreprise eux même, qui une fois rentrée chez eux se retrouvent dans le grand public. Voir qui peuvent ramener dans l'entreprise la technologie qu'ils utilisent chez eux...
Ces deux forces conduisent à rapprocher l'entreprise du grand public, parce que l'entreprise s’approprie progressivement les technologies grand public. Comme cela s'était déjà produit début des années 2000 avec les standards de l'internet et les navigateurs.

Il y a donc fort à parier que l'entreprise va rapidement réaliser qu'elle a tout intérêt à aussi adopter les nouvelles technologies de collaboration du grand public :
  • le stockage et le partage de contenus multimédias largement dans l’entreprise: photos, vidéos, présentations,…
  • les réseaux sociaux en interne et avec les clients et partenaires
  • les blogs, wiki pour sa gestion documentaire
  • la bureautique en ligne
  • la géolocalisation,
  • la « gamification »: badges et autres check-in
  • et enfin les activités comme concept d'intégration de tous ces évènements pour leur donner une vision d’ensemble sur leur collaboration dans l’entreprise
Ainsi, à l’image des internautes qui s’approprient les outils du web en fonction de leurs besoins, les salariés devraient pouvoir créer à la demande des espaces collaboratifs qui soutiennent leurs projets et leurs activités. Le collaboratif de l’entreprise peut être vu comme une plateforme mise à disposition des salariés, au moment ou ils sont prêts, pour leur donner cette agilité maximum.

Bien sûr tout le système d'information n’a pas besoin de cette innovation tirée par le grand public. Une partie du système d’information n'a besoin que de ce pourquoi il a été fait au départ, traiter en masse des données et assurer la traçabilité nécessaire aux activités métiers. En revanche toute la collaboration et la communication, en interne et avec l'externe, et les applications fortement collaboratives comme la relation client ou fournisseurs, vont basculer dans ce monde grand public. 

Pour cela la DSI, le département qui maîtrise le mieux la technologie, doit se pencher sur ces applications et plateformes grand public disponibles, les qualifier, les intégrer et les proposer comme briques utilisables en interne sur les PC qui dominent le monde de l'entreprise, mais aussi sur les smartphones et tablettes qui pour les mêmes raisons vont aussi rentrer dans l'entreprise.

Car maintenant que les clients et les salariés ont eux aussi leur propre système d'information, est-ce que finalement la question n'est pas de savoir où s'arrête le système d'information et où commence l'outil du salarié ou du client ? Un outil qui prolonge sa main pour lui permettre d'agir et de collaborer dans un monde de plus en plus numérique.

mercredi 2 mai 2012

Microsoft tisse sa toile dans le livre numérique

Microsoft tisse sa toile dans le livre numérique


Microsoft et Barnes & Noble - B&N - ont annoncé hier la conclusion d'un partenariat sous la forme d'une nouvelle société commune. Ce serait la division numérique de B&N, le libraire américain le plus avancé dans le développement du livre numérique avec sa liseuse Nook sous Androïd, qui avait annoncé au préalable vouloir séparer ses activités d'éditions de celles liées au numérique. Rappelons que le livre numérique décole sur le marché américain et que Borders l'un de ses anciens concurrents de B&N a mis la clef sous la porte pour avoir raté ce virage (Livre numérique un petit village gaulois résiste et regarde passer les opportunités).

L'effet a donc été immédiat pour B&N dont l'action cotée à New York s'est envolée, signe que ce partenariat est vu positivement pour eux. Mais qu'en est-il pour Microsoft? Pourquoi diantre Microsoft s'embarque dans l'aventure du livre numérique alors que tout le monde l'attend sur le Cloud, le téléphone avec WindowsPhone + Nokia et Windows 8?

Déjà, cette société commune règle le différend entre Microsoft et B&N qui portait sur l'utilisation de brevets de Microsoft dans la liseuse de B&N. Ainsi la nouvelle société est détentrice des droits, ce qui assurera des revenus de propriété intellectuelle à Microsoft. Bien joué pour une opération qui rappelle l'importance des brevets dans ces ecosystèmes en forte évolution. Et aussi que Microsoft touche $5 par smartphone HTC Androïd grâce a ces mêmes droits sur les brevets.

Mais aussi bien joué car les derniers dénouements de l'affaire allaient dans le sens de la non-violation de brevets Microsoft par B&N (Le lecteur de Barnes & Noble ne violerait pas de brevets de Microsoft)...



Mais au-delà de ce différend sur les brevets il y a de vrais enjeux industriels :

  • pour B&N qui peut miser sur le succès de Windows 8 et la sortie d'une version de son Nook sous ce futur OS afin de renouveller sa liseuse et d'augmenter le nombre de clients potentiels de ses livres numériques. On peut aussi imaginer la disponibilité d'un logiciel lecteur de livre numérique Nook installé en standard sur toutes les moutures de Windows 8 pour contrer l'approche multiplateformes de son concurrent Amazon que l'on peut lire sur un Kindle, mais qui a aussi son appli sur PC, iPad, iPhone, Androïd... Tous les livres étant stockés avec leur "DRM" dans le nuage. Et puis si Windows8 ne décolle pas, la maîtrise de la carte Androïd est toujours un atout dans la main de B&N. Rappelons l'échec de la Fnac qui a voulu introduire son propre FnacBook en 2010 pour l'abandonner un an plus tard et rejoindre la technologie du canadien Kobo avec "Kobo by Fnac". Et donc, économies d'échelle obligent, un partenaire industriel de taille mondiale sur ces nouveaux équipements.
  • pour Microsoft c'est un moyen d'ajouter un fil de plus à la toile de son futur écosysteme Cloud+Mobile qui combine une accès multiplateformes via Windows8 a ses "clouds" qui eux gèrent le contenu et les services : Office365, Windows Live et XBox Live et Zune pour la musique. Comme le modèle iTunes+iPad+iPhone.
    Et là, en plus de Google et Apple qui adoptent une stratégie d'intégration verticale similaire, Microsof a un adversaire potentiel commun avec B&N... Amazon bien sûr!
    Aujourd'hui c'est le leader des plateformes Cloud, même si son offre de services se concentre pour l'instant que sur les biens culturels numériques. Et pour parler encore de la Fnac, notre référence nationale, la disponibilité cette semaine en France du nouveau Kindle Touch d'Amazon, lui a fait baisser son Kobo de 130€ a 100€ pour s'aligner sur le prix d'entré d'Amazon. Il n'y a donc aucun doute sur qui domine ce marché. 
Aucune annonce n'a été faite sur la feuille de route de cette société commune, alors restons prudents, mais il semblerait que cette alliance a quand même beaucoup de sens.

GreenSI y mettra quand même un bémol: la nature du marché visé. Il s'agit du B2C, Business to Consummer, et non pas du B2B le marché entreprises où Microsoft est aujourd'hui dominant et où se joue la partie Windows8 et Office365 en remplacement de Office, WindowsXP et Windows7 dont l'entreprise tire une grande part de ses revenus et certainement le meilleur de sa marge. 
Il ne sera pas simple de continuer à mobiliser des ressources sur deux marchés qui n'évoluent pas à la même vitesse et qui demandent chacun leur propre mode de commercialisation et leur propre écosystème.

GreenSI ne serait donc pas surpris par une claire séparation des activités entreprises et leur rapprochement avec des intégrateurs ou des constructeurs pour en tirer de plus fortes synergies et rendre plus lisible sa stratégie globale. Car au bout du compte le marché ne voit toujours par le potentiel de Microsoft si on se réfère à la simple comparaison de son cours de bourse depuis 2009 avec Apple et Amazon.

A suivre donc...