dimanche 11 novembre 2012

Quelles tendances pour le Cloud et la transformation des SI qu'il engendre

Le Cloud computing, que l’on parle du SaaS, de l’Iaas ou du PaaS, est une informatique globale, « en libre service », qui doit aider les entreprises à se recentrer sur leurs métiers tout en leur permettant de « digitaliser » leur activités pour aborder l’économie numérique.

La Direction des Systèmes d’Information, première impactée par le développement du Cloud, doit y voir une formidable opportunité de transformer sa technologie et ses méthodes, voire de repenser son "business modèle".

Car le Cloud s’impose, et pour les entreprises, l’heure n’est plus au questionnement de sa pertinence mais au choix d’une réponse

C'est ce que décrit la vision de dix professionels confrontés dans chacun de leur métiers à cette transformation amenée par ce nouveau paradigme, dont Louis Naugès blogueur sur ZDNet, comme GreenSI. Téléchargez cette vision partagée dans le livre blanc "tendances cloud" sur le site dédiée www.tendances-cloud.com et retrouvez ci-après la contribution de GreenSI à cet ouvrage.


Le Cloud comme vecteur d’efficacité

Mis à part quelques DSI de grands groupes, et surtout celles de groupes internationaux, la majorité des DSI ne peuvent pas atteindre les économies d’échelle, pour la production de logiciels et leur exploitation, que peuvent obtenir les sociétés mondiales et spécialisées du Cloud.
Le Cloud s’impose, et pour les entreprises, l’heure n’est plus au questionnement de sa pertinence mais au choix d’une réponse.
 
Celles qui le peuvent vont construire des cloud dits « privés », les autres s’appuieront sur les cloud dits « publics » avec des offres standards du marché. Tous les grands éditeurs et constructeurs ont maintenant une offre pour cela.  
Mais comme tous les domaines fonctionnels de l’entreprise ne sont pas nécessairement adaptés aux offres actuelles (localisation des données, SLA transactionnel, « legacy »,…) et que la durée de vie moyenne d’une application est entre 7 et 10 ans, les prochaines années verront en majorité des environnements cloud « hybrides » cohabiter avec les systèmes internes des entreprises.

De plus, l'entreprise demande que ses infrastructures soient maintenant plus ouvertes et plus globales, par exemple, pour raccorder autre chose que des PC en réseau comme les tablettes et smartphones en mobilité ("over the air"). Là encore, le Cloud amène une réponse en proposant à l’entreprise cette infrastructure mondiale, bien intégrée avec l’Internet et permettant de bénéficier de la multiplicité de ses accès (Wifi, 3G, 4G,…) pour étendre le réseau de l’entreprise.
Le Cloud computing permet donc des économies d’échelles, offre un réseau global et amène une productivité redoutable des infrastructures via des datacenters hyper-automatisés.
Pour les plus petites et moyennes entreprises, bénéficier de cet environnement n’était pas possible avant le Cloud. Ce sont elles qui vont le plus en bénéficier si elles savent saisir cette opportunité rapidement.
Aujourd’hui, une start-up de 10 personnes peut acheter à coût variable très compétitif, et sans investissement, autant de puissance dont elle a besoin pour concurrencer les plus grands groupes dans l’analyse de données ou la mise à disposition de ses clients d’un système de relation clients mondial et totalement intégré aux réseaux sociaux.

Le Cloud au coeur de la transformation de la DSI

En première ligne dans l’entreprise, la DSI est clairement confrontée par le Cloud, à la remise en cause de son modèle de production traditionnel (datacenter, projets applicatifs, développement, support).Une étude 2010 du Cigref auprès d’une dizaine de grandes entreprises françaises, qui s’étaient lancées dans le Cloud, avait fait ressortir que l’impact du Cloud sur la DSI dépendait de sa « posture » et de sa position dans l’entreprise :

  • Une DSI, vue comme un centre de coûts, est clairement impactée sur toutes les dimensions de ses activités car elle se retrouve en concurrence directe avec les offres de PaaS. Une DSI, vue comme un centre de coûts, est clairement impactée sur toutes les dimensions de ses activités car elle se retrouve en concurrence directe avec les offres de PaaS.
  • Une DSI, impliquée fortement dans la stratégie de l’entreprise par les métiers, va exploiter le SaaS comme un catalogue de solutions sur étagère à disposition de ses métiers et va les accompagner pour sécuriser et gouverner l’ensemble.

En 2012, la DSI aborde une transformation profonde sur quatre fronts : l’usine à services de son métier de base, l’interface avec les métiers, l’interface avec les clients et produits/services de l’entreprise et sa relation avec les utilisateurs.
Sur chaque front, le Cloud est à la fois une partie du problème mais surtout un élément de la réponse :

• L'usine à services informatiques (Infrastructure, Exploitation) : incluant la plateforme technique, c'est le coeur et les poumons de la DSI depuis son origine (le mainframe souvent), là où elle a développé le plus d'expertise et de méthodes. Parfois, quand elle ne l'a pas déjà externalisé, c'est aussi là qu'elle y a le plus de ressources.
Le cloud privé, public ou mixte, est la voie à suivre pour moderniser cette usine avec le cloud qui permet d’activer les leviers efficacité et réduction des coûts unitaires.


• Les métiers (Projets, Applications) : les 20 dernières années ont aligné l'action de la DSI sur l'organisation et les processus pour servir des métiers qui ont pris le rôle de maîtrise d'ouvrage du SI, et la DSI celui de coordination
de la maîtrise d’oeuvre. Cette organisation a vécu. Elle ne délivre plus l'agilité dont l'entreprise a besoin dans un monde qui s’accélère.L’appropriation du SaaS par la DSI, l’existence de plateformes de développement dans le Cloud, sont des opportunités pour repenser le modèle de mise à disposition des applications.


• Les clients (Produits & Services) : l'innovation permanente et le rôle des technologies de l'information font que dans un nombre toujours plus grand d'industries, le SI est incorporé aux produits et aux services de l'entreprise.
C’est la fulgurante numérisation de l’économie dans la publicité, la musique, les films, les jeux, le cinéma, qui va se poursuivre dans de nombreuses industries, au fur et à mesure, de la numérisation des contenus ou des relations.
Et là encore, le Cloud public offre à tous les acteurs du B2C une plateforme extraordinaire pour expérimenter et développer, sans engager des investissements importants.
Pour le B2B, la DSI peut mettre ses applications en SaaS pour les commercialiser. Le SI sert les clients et la DSI devient un acteur de l'innovation... et aussi du service après-vente en lien direct avec les clients.


• les utilisateurs (Poste de travail) : c'est le dernier des quatre fronts. Le poste de travail a toujours été vu comme un élément de l'infrastructure, mais c'est en train de changer. La "consumerisation de l'IT" a généré une plus
grande maturité des utilisateurs, habitués à une innovation permanente pour leur informatique individuelle et une grande personnalisation de leurs outils personnels.
Cela met la pression sur les moyens standardisées et souvent volontairement) "en retard" proposés par les DSI.
L’offre collaborative de la DSI se trouve en concurrence directe avec les offres grand public. Avec le BYOD - bring your own device - ces utilisateurs revendiquent même de construire le SI, dont ils ont besoin, en commençant par le terminal. Mais ne nous y trompons pas, les applications vont suivre tant l’offre est importante en SaaS ou en mobilité (les fameux « stores »). La frontière du SI se déplace donc entre la DSI et les utilisateurs. La porosité entre le Cloud public et le SI de l’entreprise va se poursuivre.

Le Cloud, c’est donc pour de nombreuses entreprises la possibilité de poursuivre leur transformation numérique, et pour la DSI, une formidable opportunité de repenser son modèle et d'accompagner la transformation numérique de l’entreprise.
Mais, cette transformation est loin de n’être que technologique.
L’adoption du Cloud par les DSI débouche sur l’évolution de la gouvernance du système d’information.

Les DSI, qui embrassent cette transformation, rencontrent alors de nouveaux challenges qui leur demandent encore de s'adapter et de revoir leurs méthodes :
la gestion de la sécurité : qui doit faire face à une architecture plus ouverte et partagée avec plus d'acteurs, pas toujours salariés de l’entreprise, ni dans ses locaux ;
• les méthodes, normes et standards : qui doivent s'adapterau Cloud. CoBIT et ITIL ont permis de standardiser, il faut maintenant apprendre à les « flexibiliser ». Par exemple, CoBIT v5, publié il y a un mois, tente un exercice d'intégration du Cloud ;
• une architecture ouverte : qui est au coeur de la compétence de la DSI pour assembler des plateformes et des applications de diverses origines, et ouvrir ses données et ses API a un tout nouveau écosystème venant s'y sourcer.

Et cette transformation n'amène pas que des changements induits. Elle ouvre aussi au SI des opportunités de changement pour capturer, stocker et traiter, des quantités de données plus importantes (big data) en utilisant une
infrastructure à la demande, au moment où elle en a besoin et a un coût très inférieur a ce que cela lui aurait coûté si elle avait une infrastructure propre. C'est aussi l'opportunité pour l'entreprise d'ouvrir ses données (open data) et de construire un écosystème qui va l'aider à mieux les exploiter. Et bien plus encore...


La France, une nouvelle exception culturelle dans le monde du Cloud ?

Et pourtant, aujourd’hui en France, nous n’assistons pas à un raz-de-marée vers le Cloud, même si les professionnels s’entendent pour dire que 2012 est une année charnière avec ce sujet abordé à chaque rencontre de clients. Pourtant, les entreprises de la Silicon Valley définissent toutes leurs stratégies sur la vision d’un cloud public mondial et d’un accès internet mobile omniprésent. Décalage culturel ?

Or, la France est l’un des pays les mieux positionnés pour héberger ces fameux datacenter sophistiqués, notamment à cause de son coût de l’électricité et de la qualification de ses ingénieurs.
D’ailleurs, les recommandations du Cigref de 2010 pointaient justement l’occasion pour les pouvoirs publics de favoriser l’émergence de start-ups et de champions nationaux, et d’insister sur leurs rôles à jouer en matière de réglementation ou de régulation : protection du patrimoine numérique et à la sécurité numérique des entreprises.

Des initiatives sont en cours, comme celle du projet Andromède, le « cloud à la française » pour héberger les données des services publics en France, mais beaucoup reste à faire.


L’avenir nous dira si la France et ses entreprises ont su profiter du Cloud pour améliorer leur compétitivité et leur capacité d’innovation.

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2 commentaires: