dimanche 28 octobre 2012

Qui sera le chef des "big data", la DSI ou le marketing ?


undefinedPas une semaine ne passe sans une conférence ou un petit déjeuner qui n'aborde le "big data", en mineur ou en majeur. Tendance déjà identifiée par The Economist en 2010 qui en avait fait un dossier spécial fameux: "The data deluge".

Certains crient à l'imposture car le décisionnel, "BI" de son petit nom anglais pour Business Intelligence, existe depuis belle lurette. Et les datawarehouse qu'il a mis en place traitent déjà des volumes importants de données avec des techniques de "data mining" plus performantes que les outils classiques de bases de données.

Mais ceux qui défendent ce nouveau concept de "big data", mettent en avant qu'en plus du collosale volume de données qui se profile à l'horizon avec le développement d'internet et des objets connectés, le big data aborde aussi un traitement de données hétérogènes et souvent issues de flux temps réels qui vont rapidement mettre a genoux le BI et demander de nouvelles techniques d'analyse.

GreenSI est plus enclin à penser que le big data est une perspective long terme qui ne concerne pour l'instant de façon pratique que peu de domaines et d'industries. Une intuition confortée par plusieurs appels téléphoniques récents de journalistes ou d'organisateurs de conférences, à la recherche d'entreprises utilisatrices pour témoigner sur le big data, alors qu'elles croulent de demandes de fournisseurs pour parler de leur technologie.
Mais cela ne doit pas détourner notre attention de ce qui se joue réellement. Car pour GreenSI le point de rupture concerne bien la donnée.

Qu'elle soit "database", "big data", "open data" voire "semantic data" la donnée devient essentielle, c'est à dire l'essence même du monde numérique dans lequel ont été construits les 550 millions de sites web mondiaux et où un tiers de la population passe plus de 4h par jour, connectée via un terminal de plus en plus mobile.

Dans ce monde numérique tout est donnée: produits, magasins, argent, relation client, réputation,...
undefinedDans ce monde numérique ce sont les données qui circulent, qui sont capturées et analysées en temps réel. Et par un hasard de langage, le mot "essence" est proche de celui de "oil" utilisé par les anglosaxons pour parler des gisements de données que l'on pourra "pomper" et valoriser à l'image du géant Google et de son challenger Facebook ("data is the oil of the 21st century").

Et tout ça pour décider en temps réel, à la place de l'humain. Décider de choisir la bonne publicité et le bon prix à afficher sur ce site où ce client est déjà venu 3 fois regarder cette paire de chaussures. Décider de prévenir une marque qu'une discussion est en train d'entacher sa réputation dans tel réseau social. Décider de bloquer cette connexion à notre site web, dont le comportement étrange fait suspecter un piratage.

La construction de l'entreprise numérique et de ses plateformes de traitement de la donnée, big data ou pas,est certainement un domaine où les investissements vont continuer de croître. La direction en charge du système d'information et du traitement de l'information, la DSI, est donc bien positionnée pour accompagner ce développement. Et d'ailleurs les systèmes décisionnels des années précédentes ont généralement été mis en place dans l'entreprise par la DSI suite à une commande du marketing, de la clientèle voire de la finance.

Mais le monde numérique se développant largement sur Internet en dehors du système d'information "traditionnel" et les offres décisionnelles en SaaS se développant dans le Cloud, la légitimité de la DSI est parfois remise en cause par des métiers tentés par une relation directe avec ces nouveaux offreurs. Tendance révélée par le Gartner depuis plusieurs années avec une prédiction que d'ici 2014, un quart des budgets informatiques gérés par les DSI vont leur échapper (http://www.zdnet.com/research-the-devalued-future-of-it-in-a-marketing-world-7000003989/)

Sachant qu'une autre tendance montre que les budgets marketing ne faiblissent pas.
undefined

Alors le Directeur Marketing serait-il un futur "Chief Information Officer" et voudrait 'emparer du système d'information, au moins décisionnel ?
undefinedPas sûr...

Une autre façon de voir les choses est de revenir a cette donnée. Si elle est essentielle et qu'en se manipulant elle façonne l'entreprise numérique et l'avantage compétitif de toute l'entreprise, c'est bien au plus haut niveau de l'entreprise qu'il faut la piloter.
Bienvenue au nouveau "Chief Data Officer"!

Un profil que le cabinet de recrutement de cadres dirigeants Russell Reynolds Associates voit comme clef dans les grands groupes et dont les embauches vont commencer dès 2013. Et il ne s'agit pas de DSI mais bien d'un nouveau poste. Leur hypothèse est qu'en 2015 la moitié des Fortune 100 auront recruté leur Chief Data Officer (http://searchcio.techtarget.com/news/2240169355/The-rise-of-the-chief-data-officer)

Alors finalement peut être qu'il n'y aura pas besoin de départager le DSI et le Directeur Marketing à propos du big data et de l'entreprise numérique, c'est le Chief Data Officer qui s'en chargera.

GreenSI pense que cela va dépendre des secteurs et des métiers, au moins dans un premier temps en fonction de l'importance de ces plateformes. Mais à terme cela veut certainement dire que les organisations en charge du système d'information seront très diverses.

Qu'en pensez vous ?

SHARE THIS

1 commentaires: