samedi 14 avril 2012

Les applications du SI vont voler en "écl' Apps"


Regardez les enfants dans un magasin de TVs, ils cherchent tous à toucher l'écran et faire défiler les images... Le multi-touch et les petites applications sont devenus la norme de l'expérience utilisateur. Le choix des applications par les utilisateurs, leur lien permanent avec Internet et leur utilisation en mobilité sont autant de ruptures par rapport aux applications de l'entreprise.
Et si elles sont là pour durer, l'entreprise et son SI vont devoir s'adapter pour exploiter cette appétence des utilisateurs et répondre à leur nouvelles attentes. Des utilisateurs qui peuvent être des personnels de l'entreprise, mais aussi et surtout des clients ou des citoyens. D'ailleurs pour Morgan Stanley Research, c'est le début d'une nouvelle ère pour l'informatique Post-PC, celle où le nombre d'utilisateurs et d'équipements raccordés fait encore x10, comme le montre le graphique ci-dessous. Pour l'entreprise aussi, le nombre d'utilisateur du SI augmente et va continuer à croître, comme le nombre de terminaux d'accès, en nombre et en formes.





"The App Effect" est un ouvrage collaboratif produit par Sogeti qui nous raconte comment la révolution mobile est en train de façonner nos usages et comment elle va impacter durablement nos entreprises. Cet ouvrage, en anglais ou neerlandais, peut être téléchargé (gratuitement contre un tweet) à l'adresse donnée en fin d'article.
Green SI y a sélectionné quelques idées de ce livre qui vont impacter l'évolution des SI:
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  • L'effet de surprise: attention à l'innovation qui traverse les secteurs, et qui peut être une menace comme devenir une opportunité
  • L'immédiateté: la réactivité devient la norme pour l'utilisateur
  • Les "gadgets": et les mises à jour logicielles permanentes des Apps
  • Le graphique: moins de texte, plus d'images et de mouvements, c'est la règle du tactile
  • La personnalisation: un nouveau comportement numérique exacerbé
  • La surcharge d'information: il est temps de travailler sur les filtres informationnels
L'effet de surprise c'est l'histoire d'Apple qui ne connaissait rien à la musique avant de devenir le premier magasin de musique en ligne avec iTunes. C'est toujours Apple qui ne connaissait rien non plus à la téléphonie et n'avait aucune expérience de travail avec les opérateurs de téléphonie avant de devenir le premier fournisseur de téléphones et de changer les règles de cette industrie, laissant agonissant BlackBerry et Nokia, deux leaders il y a encore 4 ans.
Dans un monde numérique où les biens sont dématérialisés, les frontières traditionnelles des industries n'existent plus. Votre système d'information devient donc un vaisseau amiral pour débarquer dans d'autres industries et réciproquement attendez vous à voir d'autres industries débarquer sur ce que vous croyez être "chez vous". La DSI est defacto un acteur du développement ou de la résistance de l'entreprise. Kodak a disparue pour avoir hésité à troquer ses films chimiques contre des disques durs dans le Cloud, pour stocker à vie les photos des consommateurs (Kodak ou la lente inadaptation à une vérité qui dérange)


L'immédiateté, le graphique et la personnalisation correspondent à une nouvelle façon de construire les applications. On a toujours prôné l'implication des utilisateurs en amont et les méthodes RAD, mais avec les Apps, le découpage même des applications et de l'information demande de maquetter avec eux en conditions opérationnelles c'est à dire en mobilité bien souvent. La bonne information et le bon lien sur chaque écran pour créer cette expérience utilisateur enrichie et naturelle.
Ne nous y trompons pas les applications telles que nous les avons conçues par le passé sont à oublier, avec leurs menus infinissables, leurs écrans chargés de données et leur absence de graphisme, elles sont l'inverse de ce qui est attendu. De plus la façon de penser leur cycle de vie change aussi. Google nous avait déjà habitué aux versions "béta permanentes" avec une seule règle la vitesse de mise en oeuvre des fonctionnalités. Avec les "gadgets" les mises à jour sont permanentes et limitées, toute la chaîne de recette et de mise en production est a repenser. Comme on ne pourra pas tout refaire, les habillages risquent de refleurir comme au début du web pour maquiller les mainframes.


Enfin la surcharge d'information est une réalité mais n'est pas le problème. Car dire qu'il y a plus de données dans un monde numérique est une évidence. Le vrai problème c'est le manque de filtre. Quand je cherche une station service j'ai besoin d'avoir le choix entre les 3 plus proches de là où je me trouve, pas la liste des 1253 fournisseurs de ma carte entreprise dans la catégorie carburant...
The App Effect, aborde beaucoup plus de ruptures ou de changements, notamment ceux en lien avec la culture numérique et le social. Mais ces 6 effets mis bout à bout, demandent déjà à la DSI de revisiter ses approches pour accompagner les métiers dans la construction et la mise en place de ce vaisseau amiral numérique dont elle va avoir besoin pour mener son développpement.
Green SI tente ici sans prétention une première liste à explorer :
  • oubliez les applications et leurs frontières d'aujourd'hui, elles vont voler en "écl'Apps"
  • séparez le code qui n'a pas de contact avec l'utilisateur (et mettez le dans des services - le retour de la SOA!) de celui qui gère l'interface utilisateur et va arriver dans les Apps,
  • sortez les données des applications, la plupart des Apps les consomment sans les modifier et sans frontière
  • imaginez les Apps avec vos utilisateurs
  • imaginez les services et règles de gestion avec le métier,
  • montez la plateforme de mise à jour permanente, de provisioning et de suivi des utilisateurs
  • ....
 
L'ouvrage peut se trouver içi: http://theappeffect.org/ Bonne lecture!
Sur le même sujet mais il a 10 mois à relire sur Green SI : Cloud, Mobilité Social, l'ère post-PC a commençée

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