samedi 24 mars 2012

J'ai rencontré le clavier AZERTY... de ma voiture électrique!

Savez-vous pourquoi les francophones ont un clavier AZERTY sur le début de la première ligne alphanumérique, quand les anglophones QWERTY et les germanophones QWERTZ?


Et bien tout simplement parce ce que c'était déjà la règle pour les machines à écrire électroniques. Certains constructeurs comme IBM (pour International Business Machines) sont passés par la machine à écrire électronique avant de s’intéresser à l'ordinateur tel qu'on le connait.
Et les machines à écrire électroniques copiaient elle même le clavier des machines à taper à marteaux sur un ruban comme sur la photo. On tape sur A, ça envoi le petit marteau avec un A au sur le ruban encreur et marque un A sur le papier avant de revenir à sa place, bien rangée avec les autres lettres.


Rien de bien nouveau puisque la technique avait elle-même été inventée par Gutemberg qui lui avait des lettres en bois et une presse en lieu et place du marteau. Comme quoi l'innovation ne cherche pas toujours à tout réinventer à la fois.

Mais pourquoi avoir choisi cette disposition QWERTY des touches des machines à écrire me dirait vous?
Et bien parce que ses utilisateurs de l'époque, des professionnels, utilisaient tous leurs doigts pour taper et non deux, comme peut être vous, en tout cas moi. Et donc ces professionnels du clavier arrivaient à des vitesses de frappe très rapides. Elles visaient le "speach to text" en temps réel; c'est-à-dire pouvoir taper en direct ce qu'on leur dicte sans passer par une phase de prise de notes manuelle (la sténo) puis la frappe sur machine en back-office.

Mais cette vitesse de frappe posait un problème mécanique insoluble pour les marteaux des machines à taper. C'était leur croisement. Si deux marteaux proches dans leur position au repos étaient activés l'un à la suite de l'autre, ils pouvaient se heurter et bloquer la machine. Celui qui revenait du ruban rencontrant celui qui y allait. On a donc cherché a mettre les marteaux des lettres qui se suivent en anglais le plus loin possible l'une de l'autre dans leur position au repos. Et de préférence être tapées l'une par la main droite (les marteaux de la moitié droite) et l'autre par la main gauche (les marteaux de la moitié gauche) pour maximiser l'écart et améliorer la productivité. Ces travaux qui ont conduit au QWERTY se sont appuyés sur la fréquence de succession des lettres dans la langue anglaise. Bref vous avez compris, la machine faisait tout pour freiner les humains!
Pire, l'AZERTY et les autres claviers sont des adaptations mineures du QWERTY qui s'appuient sur la langue anglaise qui n'a rien a voir avec les autres langues, et ce, afin de préserver un grand nombre de lettres au même endroit entre différents claviers (il faut bien les fabriquer en masse!).

Et quand ces contraintes mécaniques ont disparu avec les machines électroniques qui n'utilisaient pas de marteaux, on a gardé le clavier tel quel, car la position des lettres était connue des milliers de sténodactylos. Quand l'ordinateur est arrivé on a aussi gardé le clavier car on pensait qu'elles allaient continuer à jouer un rôle pour la saisie de texte, puis avec la généralisation de l'informatique et la disparation des dactylos, tout le monde continuent a utiliser un système désigné pour des contraintes qui n'existent plus!
Des alternatives sont apparues régulièrement, mais aucune n'a réussi à s'imposer sauf peut-être l'ordre alphabétique que l'on rencontre sur certains terminaux dédiés pour le grand public. A signaler par exemple le clavier ZHJAYSCPG  en 1907qui était adapté au français et à sa fréquence d'utilisation des lettres.


Quel rapport avec la voiture électrique?
Cette semaine j'ai séjourné en Belgique où j'ai pu voir entre autres, la nouvelle Peugeot électrique, et surtout son raccordement au domicile CarPlug d'Electrabell'électricien belge, pour brancher sa voiture le soir en rentrant du boulot.

Côté prise de courant sur le parking le design a intégré une nouvelle expérience utilisateur :

  • qui permet via un écran de choisir entre recharger de suite ou dans la nuit pour bénéficier d'une électricité moins chère,
  • qui gère la sécurité avec des voyants lumineux pour supprimer les risques liés à l'électricité lors des manipulations,
  • de suivre votre consommation sur un iPhone ou une autre console dans la maison,
  • de recevoir un SMS en cas d’interruption de la charge ou en fin de charge...
Bref on s'est creusé les méninges.

En revanche coté prise véhicule, on est surpris de retrouver quelque chose qui ressemble à s'y méprendre a un pistolet de pompe à essence. Lui-même conçu avec un design choisi pour bloquer automatiquement l'arrivée d'un liquide quand on relâche la poignée, courbé pour rentrer dans le tuyau d'accès au réservoir de toutes les voitures... et certainement d'autres contraintes de sécurité plus complexes.
Et bien côté voiture électrique on a opté pour un design "de clavier AZERTY".
C'est à dire un design, qui comme pour l'AZERTY, répond a des contraintes qui n'existent plus. Ainsi en branchant votre voiture vous aurez l'impression un instant faire le plein de votre voiture sans qu'aucun liquide sous pression ne circule entre votre parking et votre véhicule.
On aurait pu imaginer mille façons de raccorder une voiture à une prise, et c'est le pistolet de pompe à essence qui l'emporte.

La clef de ce choix c'est le "WAF", le "Wife Acceptance Factor" qui désigne le niveau de compatibilité d'un objet avec une personne du sexe féminin. Créé dans les années 1990, le sigle s'est peu à peu imposé.
Et bien pour une voiture raccordée a nos maisons, nos femmes ont leur mot à dire. Du moins en Belgique. Et c'est elles qui ont tranché pour nous... comme les dactylos américaines en leur temps d'ailleurs. 


Connaissez d'autres designs autour de vous qui suivent le "Clavier AZERTY" ?




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2 commentaires: