samedi 11 février 2012

Contrairement à ce que dit l’idéologie marketing tous les Cloud ne se valent pas...

Si vous êtes convié à une réunion informatique et que personne ne parle de Cloud, vérifiez bien si vous ne vous êtes pas trompé de salle!

Car la mutation vers les approches Cloud est bien engagée. Les indicateurs des analystes le montrent et les stratégies des offreurs s'y engouffrent
Le signal de prudence de GreenSI c'est qu'on entre dans cette phase de développement des technologies ou la confusion dans les discours commence a s'installer. 
Le marketing de ceux qui sont en avance commence à se complexifier (public, privé, mixte, administré, hosté, dématérialisée, ... ) et le marketing de ceux qui sont partis plus tard a nous faire douter de nos premiers choix et de tenter de nous expliquer que leur retard est une chance pour nous.
Saviez vous par exemple que Oracle est le N°1 des solutions dématérialisées? GreenSI non plus, mais c'est ce que vous trouvez sur Google en tapant "Oracle Cloud". Et d'ailleurs le lien tombe sur une "Internal Server Error", sans commentaire...

Alors gardons en tête que sous la couche de marketing tous les Cloud ne se valent pas et qu'il va falloir être vigilant sur les discours pour bien les choisir.
Regardons par exemple les Cloud publics pour ce premier billet. Ces Cloud dit aussi IaaS "Infrastructure as a Service" qui permettent de provisionner des environnements serveurs disponibles immédiatement sur des infrastructures publiques (pour les cloud privés avez vous lu le billet - Du cloud privé acheté en boîtes ?)

La confusion vient du fait que les frontières entre l'outsourcing, l'hébergement et l'infrastructure comme service sont en train de s'estomper. Au moins dans les discours. Les fournisseurs de IaaS proposent des options de matériel dédié ou "d'isolement" pour répondre aux objections sur la sécurité du Cloud public. Et on peut vite se retrouver dans un contexte d'hébergement sur une infrastructure publique, ce que les hébergeurs de sites internet vendent depuis plus de 10 ans. Pourtant on achète clairement pas la même chose par rapport à la scalabité, la capacité à s'intégrer à l'internet et bien sûr le prix.

Donc prudence surtout en ce moment de météo capricieuse sur les routes secondaires. Voici une compilation de quelques suggestions pour aborder ces projets. GreenSI vous invite à rajouter vos propres suggestions dans les commentaires... car la connaissance ne vaut que si elle est partagée! :
  • Lors de l'évaluation d'une offre IaaS, ne regardez pas que les critères techniques mais aussi (surtout?) comment ce fournisseur gagne sa vie? C'est très instructif sur les caractéristiques de son offre et cela doit être en phase avec vos objectifs. C'est bien sûr évident pour les offres gratuites financées par la publicité voire l'exploitation de vos données, mais ça reste aussi très vrai pour les acteurs où l'IaaS n'est pas l'offre majeure mais un complément.  Est-ce qu'il saura vous fournir les environnements techniques correspondant a vos choix?
  • Et comme tout va très vite dans ce monde, suivez l'actualité de vos fournisseurs (fusions, acquisitions, accords stratégiques...) et rencontrez les régulièrement si vous y avez des enjeux importants. Empruntez à l'outsourcing les méthodes de management des fournisseurs et de la qualité de service qu'ils ont développées ces 20 dernières années. Ce n'est pas parce que c'est nouveau que les méthodes de management ont changé!
  • Puisque le marché est développé et que les coûts d'entré et de sortie sont moins élevés que l'outsourcing, panachez les fournisseurs au lieu de les concentrer dans un "méga deal" comme cela était pertinent pour l'outsourcing.
    Ce sera un moyen de répondre a une dégradation subite de la qualité de service de votre fournisseur, pendant ces fameux "cas de force majeurs" écartés des contrats... J'ai vécu le lancement d'une application sur Amazon Web Services en aout 2011 le jour de la grande panne de leur datacenter européen a cause d'une coupure d'électricité. L'intégrateur Business&Décision a pu déplacer l'instance sur le Cloud américain et rétablir en quelques heures. Mais sur un Cloud avec un datacenter unique ce n'était pas gagné...
  • Et d'ailleurs certains environnement IaaS sont meilleurs pour certains types d'applications, parce que les environnements techniques offerts (sgbd, os, frameworks, ...) ou les configurations offertes (mémoire,...), sont plus adaptés à du décisionnel par exemple. Donc oui, on peut choisir Azure de Microsoft sans renoncer à AmazonWS qui offre pendant un an de tester gratuitement un environnement Windows Server, à condition de ne pas ​​dépasser 750 heures d'utilisation par mois. Je suis sûr que vous avez besoin de machines de développement par exemple et que votre DSI va vous adorer en ces périodes de vaches maigres!
On peut trouver des analyses des différentes offres chez Gartner par exemple et leur célèbre "Magic Quadrant", mais le focus est souvent sur les offres américaines, qui il est vrai dominent le marché mondial. Et donc en attendant que la nébuleuse d'Andromède se précise en France (projet de Cloud français - voir UnivCould) dans la bataille que se livrent Orange et SFR, il faudra se résoudre a ne pas acheter français... mais là encore si vous avez une offre "100% française pur jus", utilisez les commentaires pour en parler!

En conclusion si vous avancez vers Cloud, car c'est une tendance majeure des SI, résistez au "cloud washing" et restez vigilants! C'est d'ailleurs pour éveiller cette vigilance et partager nos expériences que GreenSI a été lancé alors n'hésitez pas commenter.


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