samedi 30 avril 2011

Mme Michu est devenue une "digital mum", c'est confirmé!

Mme Michu est devenue une "digital mum", c'est confirmé!

GreenSI vous parle souvent de Mme Michu, cette ménagère de moins de cinquante ans qui a deux ados qui la poussent à découvrir les usages du numérique, engager la relation dans les réseaux sociaux et dépenser une partie toujours plus grande de son budget en ligne ou tout au moins a en décider l'achat en ligne avant de se rendre dans un magasin physique.
En quelques années Mme Michu est devenue une énigme pour nos Direction Marketing et de la Communication et pour leurs agences qui continuent à conseiller aux entreprises des actions totalement dépassées comme le marketing direct, l'emailing voire de créer un site web. Bien sûr à la clef on le comprend, leur modèle économique en dépend, car leur marge ne se réalise peut être pas sur le conseil mais sur les services annexes comme l'édition de livres, de brochures, d'affiches, la rédaction de page web  et même sur... l'hébergement de site web (si, si, je peux donner des noms si vous me demandez).

Et quand on parle d'agence et de réseaux sociaux, il y a agence et Agence! Certaines (les agences) n'ont pas encore compris qu'il ne fallait pas cocher l'option "protéger ses tweets" sinon l'effet buzz qui est l'intérêt principal de Twitter tombait (si, si, je peux encore donner des noms...) 
Et bien une Agence, Web media group  a compris le coté relationnel des réseaux et s'est attaquée avec IPSOS au sujet en étudiant plus en profondeur l'évolution de comportement de Mme Michu ces dernières années. Elle arrive à la conclusion que c'est devenue une "Digital Mum" et il y en a déjà plus de 8 millions en France. Elles se diviseraient en quatre groupes:
  • La "practical" (18%) : utilise Internet de façon purement utilitaire,
  • La "shopping" (28%) qui achète sur le web
  • La "social" (30%) utilise beaucoup Facebook, y regarde la télé (certainement les replay de ses films sentimentaux qui tombaient les jours de foot ;-) )
  • La "social & shopping" (24%) qui achète et le raconte sur Facebook
Cela amène de l'eau au moulin de GreenSI qui prône une rupture dans la construction des systèmes de relations tournés vers le grand public (social crm, open data, plateforme SI de l'entreprise sur le web...).
Je vous laisse découvrir la présentation de cette étude que je trouve très bien faite :

La DSI face à la "consumerisation" de l'informatique

La DSI face à la "consumerisation" de l'informatique


Nos responsables infrastructures ont le blues. Qu'est ce que c'était bien dans les année 1990 quand on avait réussi a éliminer Apple de l'entreprise et cantoner les Macintosh aux sociétés du secteur de la publicité et de la communication. Tout était PC. Et pendant 20 ans le tandem DSI et Direction des Achats n'avait qu'a organiser des appels d'offres pour baisser les prix des constructeurs. A tel point que celui qui avait dans les premiers industrialisé le PC et forgé son nom, IBM, a raccroché les gants et vendu son activité. Ce parc relativement homogène, administré et supporté professionnellement par des HelpDesk, a aidé l'entreprise a réduire ses coûts mais laissé des utilisateurs avec moins de liberté de choix et d'installation de logiciels "exotiques".
Mais depuis 2 ans la pression monte pour ces responsables d'infrastructures avec la "consumerisation" de l'informatique (tiré de l'anglais consommateur - Meaculpa à l'Académie). Elle leur rappelle au quotidien que les progrès de l'informatique en terme d'équipements sont tirés par le marché grand public. Leur champ de compétence s'est aussi élargi ces dernières années avec le rattachement de la téléphonie à la DSI ce qui fait sens sur le plan des infrastructures de réseaux convergentes. Mais cette nouvelle compétence est arrivée avec la responsabilité de fournir des postes téléphoniques fixes et mobiles aux utilisateurs, un domaine qui n’échappe pas non plus au phénomène de "consumérisation". De plus la téléphonie a jusqu'à présent bénéficié de plus de liberté que le PC et une partie des téléphones mobiles "de l'entreprise" sont souvent des téléphones personnels. Surtout à l'heure des smarts phones qui permettent d'avoir un accès internet en plus de pouvoir téléphoner et parfois l'abonnement est payé par l'entreprise (via la carte SIM) et le téléphone par le salarié. Ces smart phones évoluant avec les tablettes en véritables terminaux d'accès au SI. Alors on comprend qu'ils aient le blues du monde PC-Wintel (Windows Intel) si simple et si homogène... et si lucratif pour ceux qui le contrôlait.

Alors que leur environnement est en train de se transformer radicalement, les éditeurs cherchent à les convaincre de poursuivre leur route avec la virtualisation des postes de travail. En gros, on met tout dans le Cloud, les logins, les applications, la bureautique, et on y accède depuis n'importe où et n'importe quel terminal. En fait ce que vous voyez n'est qu'une image de ce qui se passe sur le serveur. Connexion réseau obligatoire bien sûr.
Sur le papier, ou plutôt sur la brochure commerciale quadrichromie car il y a encore peu de réalisation à grande échelle, c'est à la fois la poursuite de la stratégie de réduction des coûts engagée ces dernières années et la réponse aux nouveaux besoins des utilisateurs. C'est surtout rassurant pour les DSI car le cap du paquebot infrastructure n'a pas trop à dévier. Mais en est-on sûr que cela répond aux besoins des utilisateurs et qu'ils vont adhérer à la démarche ?
Depuis des lustres dans la Silicon Valley les développeurs peuvent venir avec leur propre machine et la connecter au réseau de l'entreprise. C'est la condition pour garder les meilleurs et éviter l'éternel débat Mac, PC ou Alienware. Cette tendance dite BYOD - Bring Your Own Device (amène ton propre équipement) est finalement plus un choix social et RH qu'un choix d'infrastructure. Bientôt peut être on reconnaîtra les salariés performant à la couleur de leur iPhone, noir en standard, blanc pour les cracks! D'ailleurs si salarié a décidé de se le payer (car il allait le faire pour lui de toutes les façons) il n'est pas évident que cela coûte finalement plus cher à l'entreprise... une fois la période de désorganisation de la DSI passée.
Ce n'est un secret pour personne non plus que les conseils d'administration des grandes entreprises se remplissent d'iPad, que les Directeurs veulent tous leur iPhone et les conseils généraux aussi d'ailleurs pour avoir discuté récemment avec la DSI d'une grande ville française. Après tout, ces "VIP" passent la majorité de leur temps d'utilisation de l'informatique, à lire des mails et des documents, regarder des tableaux de chiffres et valider des factures. N'est ce pas suffisant comme terminal ? On touche ici le point de la segmentation des usages pour fournir les équipements aux salariés. Le monde dont on vient c'est un peu comme si on demandait à tous les cadres du siège de mettre un casque et des chaussures de sécurité parce que peut être qu'une fois dans l'année ils vont aller visiter une usine.Les 80% de fonctions d'Office que l'on utilise pas sont certainement moins lourdes que ces équipements de sécurité mais tout aussi inutiles!

La virtualisation qui va certainement verrouiller une technologie unique pour au moins 5 ans, dans un monde qui change tous les 18 mois, serait une réponse à l'évolution des besoins profonds des utilisateurs et à la complexification a tous les niveaux (équipement, OS, application, réseau) de l'accès au système d'information. GreenSI ne peut s'empècher de penser qu'il y ait un risque qu'on soit  en train de se diriger au galop vers le Grand Canyon (voir La carte) avec une impasse au bout pour ceux qui n'auront pas fait les bons choix. Et surtout l’impossibilité d'atteindre les opportunités attendues par l'entreprise qui sont sur l'autre rive. j'espère que les éditeurs pourront nous expliquer dans les commentaires de ce billet pourquoi ce chemin n'est pas risqué. Car si les utilisateurs n'adhèrent pas à la démarche, ne nous leurrons pas, ils vont avec l'aide de l'informatique grand public, construire le système d'information dont ils ont besoin et ce sera une mauvaise nouvelle pour la gouvernance des entreprises. Et d'ailleurs, et si c'était eux qui avaient raison et que finalement cette virtualisation n'était qu'une étape superflue dans ce voyage vers le Cloud computing?
Pour revenir à nos responsables d'infrastructure, il va falloir qu'ils déploient des trésors de pédagogie pour expliquer à la Direction Générale que les millions d'investissements qu'elle s’apprête à signer vont lui permettre de vivre dans un monde meilleur. Mon conseil serait qu'elle puisse consulter le document sur un iPad... mais sans trop lui dire qu'il ne marchera plus ensuite.

Laisser un commentaire c'est faire avancer le débat !

vendredi 22 avril 2011

La DSI s'amuse avec Karotz (nouveau Nabaztag), un lapin pas si crétin que ça

La DSI s'amuse avec Karotz (nouveau Nabaztag), un lapin pas si crétin que ça

Depuis plusieurs années il ne fait aucun doute que l'innovation est tirée par le marché grand public. Les entreprises essayent de suivre et parfois de s'adapter. Mais l'adoption des usages du grand public laisse souvent perplexe une entreprise, qui elle, a du mal à changer les habitudes de ses salariés et doit conduire le changement avec des armées de consultants et de méthodes savantes.


Pourtant Mme Michu qui, il y a 3 semaines, a déjà revendu sur ebay son premier iPad pour profiter de la caméra video de l'iPad2, passe maintenant plus de temps sur Facebook que sur Google (dernières statistiques US). Elle a même adopté le Cloud massivement, que se soit pour ses mails, ses photos, pour sa bureautique et même pour ses backup! Tout ça en s'appuyant sur sa force de consulting interne, ses deux ados et surtout son petit dernier qui se demande encore pourquoi on ne peut pas changer de chaîne en appuyant sur l'écran de la TV.
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Et voilà qu'après plusieurs mois de retard le Karotz débarque (le nouveau Nabaztag repris par Mindscape - éditeur de logiciels de jeu). C'est à dire un nouvel objet communiquant relié a Internet qui promet de nous aider dans notre vie de tous les jours.
Alors pour une fois la DSI va essayer de ne pas se faire dépasser par ses utilisateurs. Avant même que le DG ne parle au DSI de cette formidable innovation que lui a montré sa voisine Mme Michu à la réunion de quartier, la DSI se mobilise et va mettre en place une réflexion interne pour identifier les opportunités de cet objet communiquant dans le système d'information. Situation totalement ridicule vous être en train de vous dire. Qu'est que la DSI irait faire à jouer avec un lapin Karotz?


Et pourtant un Karotz c'est sous le capot un microprocesseur ARM sous système d'exploitation Linux avec 256Mo de mémoire flash et 64Mo de RAM. Sans oublier une carte Wifi multi-protocole (WEP, WPA, WPA2), une carte RFID passive (NFC), une webcam basse résolution (dans le nombril !), un haut parleur intégré avec de la reconnaissance vocale et bien sûr un port USB pour être relié à un ordinateur. Le tout mobile car alimenté par batterie avec plein d'accessoires pour l'étendre (dont les fameuses étiquettes RFID - Flatnoz - qu'on peut lui passer sous le nez).
Enlevez la coque en forme de lapin, et cette quincaillerie ne sera pas techniquement ridicule du tout dans votre salle machine ou sur le bureau des collaborateurs de l'entreprise. Karotz c'est aussi un magasin en ligne pour y télécharger des applications qui vont exploiter ces composants permettant la création d'une nouvelle interface homme machine: lecture de RSS, télécommande par iPhone...
Karotz, c'est aussi un produit fortement social. Il a ça dans les gènes car le Nabaztag avait déjà sa communauté de bidouilleurs et de dépanneurs en ligne après l'arrêt du produit par son premier fabriquant. C'est même la vitalité de cette communauté, contribuant au coté positif de la marque Nabaztag, qui a du certainement influencer un repreneur de se pencher sur ce phénonème et d'essayer de le relancer. Le Karotz va donc bien sûr lancer aussi ses communautés en espérant construire une marque plus forte et des revenus récurrents.


Je résume. Un produit de communication, bourré d'informatique et de mémoire, avec une composante sociale forte, ne serait qu'un jouet qui ne passerait pas la porte de l'entreprise? Ne recommençons pas le scénario de l'iPhone! Le DSI doit se préparer à répondre à la question du DG dans l'ascenceur "au fait vous connaissez le Karotz ?"
Et finalement je trouve ce petit lapin très pédagogique et salutaire pour aider les DSI à perdre leur complexe vis-à-vis des métiers et des utilisateurs. Oui, la DSI a le droit d'essayer et d'avoir des idées. Elle n'est pas condamnée a attendre les cahiers des charges. Surtout quand il s'agit de construire l'entreprise numérique de demain.


Et pour en revenir a notre Karotz, la seule raison pour ne pas se presser, c'est qu'il n'a pas tenu ses promesses de délais (annoncé pour fin 2010), son catalogue d'application est encore léger et il n'a pas encore convaincu une communauté de développeurs de se rallier a son panache blanc. Mais si le succès démarre, ne le considérez pas comme un jouet, c'est juste un interface homme machine de plus au service de l'entreprise.

dimanche 17 avril 2011

vendredi 15 avril 2011

Cisco se recentre sur le B2B: Business to Business et Back to Basics

Cisco se recentre sur le B2B: Business to Business et Back to Basics

TheFlip, stabilisateur d'image, qualité HD, compact et stylé, c'est le camescope grand public a succès racheté par Cisco en Mars 2009 - $590millions - avec dans l'idée de développer un business vidéo.
Pourquoi cette diversification? Et bien tout simplement parce que quand on vend des tuyaux plus il y a de contenu a y faire passer, plus on a besoin de vous.
D'ailleurs en entreprise, Cisco qui vante depuis longtemps la visioconférence avait aussi acheté deux ans plus tôt - Mars 2007 - une entreprise phare de ce domaine : Webex
Mais le monde de l'entreprise et le monde du grand public ce n'est pas pareil.
Intel nous l'a déjà montré en 1990. C'est une chose de clamer "Intel inside" pour faire deviner son existence au grand public et tenter de contrer un concurrent, AMD, qui devennait génant. Et 20 ans plus tard, Intel est présent dans les disques portable, la TV intelligente... mais regardez autour de vous. Est-ce qu'il y a un produit Intel qui trône dans votre salon ou sur votre bureau? Non, car vendre aux entreprises n'est pas une condition suffisante pour réussir avec le grand public.
C'est ce qu'a redécouvert Cisco cette semaine en lisant la lettre de son clairvoyant et stratège PDG, John Chambers qui par un email envoyé a ses 72.000 salariés et relayé sur le blog officiel, annonce une réorganisation de ses activités. Surtout celles qui "distraient" notre géant, sèment la confusion ou déçoivent les investisseurs. Dans les échanges sur les blogs cette semaine, il est clair que dans la ligne de mire il y a TheFlip et les activités grand public.
Le message est clair Back to Basics: "we globally deliver network-centric platforms that make them more competitive". Fini les gadgets, la stratégie de Cisco est d'étendre sa plateforme construite sur les réseaux pour permettre ce que les entreprises attendent: la collaboration, les datacenters, le cloud computing et les architectures permettant la video. On remet le cap sur le Business to Business et on rassure ses clients entreprises et son écosystème.


GreenSI aime bien et espérait il y a 9 mois dans un de ses billets, que Cisco puisse offrir un scénario pour le futur de la collaboration en entreprise avec le Cius ("see you"). Mais 9 mois à la vitesse des progrès technologiques de la collaboration, c'est long et on a toujours rien vu!
Hasard du calendrier ou effet Domino, le Wall Street journal nous annonçait l'hypothèse de la vente par Alcatel Lucent de sa téléphonie pour se recentrer sur les réseaux. Une fuite rapidement jugée de "spéculation" par la société mais des noms d'acheteurs comme HP et Microsoft circulent déjà. La rumeur ne dit pas ce qu'adviendra des systèmes de visioconférence et des routeurs... En tout cas la nouvelle ne pouvait pas mieux tomber pour Cisco car la collaboration d'entreprise, c'est du réseau haut débit, du soft mais aussi du hard. Et celui qui aura à la fois la capacité d'intégrer ces trois composants, tout en restant suffisamment ouvert pour laisser un eco-système se développer sur sa plateforme, risque d'être ancré dans l'entreprise pour de nombreuses années et d'accompagner la transformation numérique de ces entreprises. Ce ne sera donc pas Alcatel Lucent.
Mais le talon d'Achille de cette stratégie toute B2B c'est peut être nos salariés. Car une fois leur 35h effectuées ;-)  ils redeviennent de simples citoyens qui ne se passent plus de leur téléphone et de leur accès a internet. Et coté équipement grand public, il n'y a qu'a faire un détour à la FNAC ou chez ThePhone House pour réaliser que l'entreprise est à la traîne. Encore une fois l'innovation est coté marché grand public. Et avec la tendance du BYOD - Bring Your own Device - les salariés vont bientôt venir dans l'entreprise avec leur propres "gadgets" et vont être de plus en plus difficiles à contenter.
Un acteur de l'entreprise a d'ailleurs très bien réussi (par hasard ?) sa mutation vers le grand public, c'est BlackBerry. Quand un de mes fils m'a demandé a Noël un BlackBerry j'ai ressenti 5mn la fierté d'être un modèle et d'avoir un fils qui voulait imiter son père... Et bien pas du tout. Nos jeunes adorent le clavier du BlackBerry très efficace pour envoyer de simples SMS... surtout quand on a un forfait SMS illimité. Et BlackBerry arrive maintenant avec une tablette.


Alors Cisco si tu veux nous faire rêver, il va falloir mettre un sacré coup d'accélérateur et faire rentrer dans l'entreprise la simplicité et l'expérience utilisateur... car je ne voudrais pas devenir "techno-ringard" aux yeux de mon fils. GreenSI ne le supporterait pas.



vendredi 8 avril 2011

CloudForce 2011 met le projecteur sur les tendances incontournables d'évolution des SI

CloudForce 2011 met le projecteur sur les tendances incontournables d'évolution des SI

Bienvenue à Cloudforce 2011 Paris, une journée entièrement dédiée à votre succès dans le Cloud !
C'est la première page du guide visiteur remis le 5 Avril au CNIT, a tous les participants de ce salon organisé par Salesforce. Le message est clair, vous n'etes pas venu içi pour chercher une application de force de vente ou de CRM en SaaS, ça c'était l'adolesence de Salesforce. Maintenant, supporté par la vague déferlante du Cloud Computing, et anticipant la vague du Social Computing, Salesforce adulte vous propose de repenser votre informatique!
Et si vous pouviez en douter au Cloud Force 2009, en 2011 il n'y a aucun doute, les partenaires se bousculent pour être partenaires Diamond ou Platinium et l'affluence de la journée a fait qu'on jouait a guichet fermé. Un DSI prévu dans le programme pour présenter son projet dans un atelier, s'est même fait refouler à l'entrée - avant qu'il ne fasse intervenir les organisateurs - car il n'était pas inscrit! 
On pourra toujours ergoter sur le fait que le chiffre d'affaire de $1,8Milliards (annoncé) c'est 3 fois moins que la marge de Microsoft ou que le nouveau concept de Cloud 3 présenté, ça fait quand même un peu marketing, a un moment où les DSI ont déjà du mal à expliquer à leur DG ce qu'est le 2.0.
N’empêche, Marc Benioff, le CEO de Salesforce, est un visionnaire comme on les aime dans l'industrie informatique. Son entreprise a amené ou parfois juste amplifié un changement phénoménal, qui est en train de se vivre dans les systèmes d'informations des entreprises :
  • oui le concept de progiciel mis a jour tous les 4 mois c'est possible. De nouvelles fonctionnalités sont disponibles régulièrement et sont mises en oeuvre sans projet informatique majeur comme on le rencontre souvent avec les ERP. Messieurs les éditeurs, quand on y a goûté, il va être difficile de revenir en arrière, et les grands comptes commencent a y goûter si j'en juge par les retours d'expérience de Schneider Electric, AXA, Natixis ou Lyonnaise des Eaux. 
  • oui le Cloud Computing est un modèle pertinent pour construire le SI. Surtout la partie du système d'information qui traite avec l'externe: les clients, les fournisseurs et les internautes. Quoi de plus naturel que de partager son système d'information avec eux et donc d'en héberger une partie de l'autre coté des murs de sécurité de nos SI tout en maîtrisant l'annuaire et ceux qui s'y connectent.
  • oui la clef est dans l'eco-système et la plateforme rend possible sa création. C'est clairement le message de CloudForce avec ses start-ups et maintenant ses géants du conseil et de l'intégration malgré le fait qu'un projet salesforce c'est 5 fois plus petit qu'un bon projet client serveur. l'eco-système c'est aussi depuis le longtemps celui des applications, avec l'AppExchange qui permet de compléter le produit initial et d'en revendre les droits d'usage a d'autres sociétés. Encore un coup dur pour nos intégrateurs qui revendaient le même projet a plusieurs clients alors que maintenant les clients s'échangent directement les applications entre eux. Ceci n'est possible que parce que tous ces acteurs partagent la même plateforme. Le rêve des services études et développement de ces 20 dernières années s'est réalisé (avant avec le mainframe c'était déjà vrai !)
  • oui les entreprises on le droit de développer du code si elles innovent. D'abord parce que l'entreprise est aussi un acteur de l'eco-système et surtout parce que Salesforce met a leur disposition cette capacité de développer et compléter le produit standard. Soit via Force.com l'atelier de Saleforce, soit VMforce une sorte de cloud d'entreprise (via un partenariat avec VMware) pour faire tourner du code Java. Car n'oublions pas que les entreprises ont besoin de se différencier et pour cela elles innovent, et parfois avec du logiciel.
  • oui les applications de nos SI vont devoir se "socialiser". Salesforce ouvre la voie avec Chatter, mais d'autres acteurs comme SeeMy ou Tibco avec Tibrr, se positionnent aussi sur l'intégration des diverses "activités" produites par nos ERP, comme une demande de facture a valider, ou une notification d'attribution d'un marché. Nos applications vont générer des messages qui seront repris, échangés et commentés par les équipes pour fluidifier les processus. La seconde étape sera la connexion de ces réseaux internes de l'entreprise, aux réseaux sociaux sur Internet. Et là encore Salesforce prend une longueur d'avance avec l'acquisition de Radian6, éditeur spécialisé dans la supervision et l'interaction avec les réseaux sociaux, ou la participation dans Seesmic un client multi-réseaux. Tout en faisant attention a ne pas confondre le "Social CRM et le réseau social commercial"
  • oui c'est la fin des applications mono-terminal et du concept de multicanal. C'est la fin de l'application qui marche sur PC 15" et qu'il faut réécrire avec des PC 21", un smartphone ou une tablette tactile. La démonstration de Salesforce, d'un service client qui engage la relation directement sur le web avec un client utilisant une application videoconference (FaceTime), est bluffante. Chaque terminal est devenu lui même multi-canal, puisque la simple tablette peut à la fois téléphoner, envoyer un email, lire une video sur une chaîne Youtube, poster dans Facebook et le retweeter sur twitter. Et bien sûr tout cela en même temps... surtout chez les ados. Le concept de multi-canal pensé par le CRM il a 10 ans a vécu, bienvenue dans "l'hyper-canal".
Reconnaissons que le chemin parcouru depuis 2004 (la première cotation en Bourse de l'action Salesforce), est impressionnant. Mais  Salesforce est dans un marché dynamique qui apprend vite.


Marc, je me méfierai quand même de « l'obsolescence de Lotus Notes, dont la conception remonte à avant la naissance de Mark Zuckerberg », comme tu nous le clames en introduction de ton show. J'ai aussi cru comprendre que Domino arrivait dans le Cloud, qu'il détenait toujours le coeur de l'entreprise (ses emails !), qu'il devenait social avec le Social Business, et qu'on pouvait même le compléter et y développer en Java des interfaces modernes. Et ton concurrent CRM de l'open source, SugarCRM, en conférence en même temps que toi, vient d'annoncer le rachat d'iExtensions, une société spécialisée dans l'intégration avec Lotus Notes et surtout son Cloud Lotus Live.

Attention quand même a Microsoft "accroché à Windows" comme tu le dit, et qui a peut être entendu ton message car il annonce le 8 Avril que 90% de son investissement R&D annuel, égal a 4 fois le chiffre d'affaire de Salesforce, va être investi dans le Cloud.

Je prendrai aussi garde de l'autre Mark, Zuckerberg, le CEO de Facebook, car un jour il pourrait réaliser qu'il détient la base client de la planète et qu'il devient donc de facto LE système de CRM des entreprises si il sait leur offrir les fonctionnalités qu'elles attendent pour booster leur ventes. Et ce jour le modèle par abonnement tant vanté deviendra une épée de Damoclès avec l'arrêt des paiements. D'ailleurs, il pourrait même profiter de sa valorisation de 500M€ pour racheter Salesforce valorisé à 17M€.


Enfin je surveillerai de près Apple qui a aussi une brique d'échange d'applications dans le Cloud, iTunes, et une marque en forme de pomme, a faire dire oui au plus récalcitrant des DSI, quand il s'agit d'équiper sa DG en iPad. Et d'ailleurs si un jour par malheur Apple doit chercher un autre CEO visionnaire, mon petit doigt me dit que les chasseurs de tête vont se souvenir du numéro de téléphone du siège de San Francisco.


L'avenir est toujours incertain mais une chose me semble sûre en sortant du CNIT, le futur du SI est en train de s'emballer et les retardataires auront du mal a prendre le train.

samedi 2 avril 2011

Green SI est maintenant sur ZDnet

Green SI est maintenant sur ZDnet

Green SI est maintenant sur ZDnet.fr et rejoint donc les blogs de ce site d'information dédié aux Business et Technologies.
La liberté d'expression dans les blogs de ZDnet, la qualité des autres intervenants et le contexte d'un site d'actualité de renom, m'ont convaincu de donner une autre dimension à Green SI et de rejoindre cette tribune. 


Mais l'idée n'est ni d’arrêter GreenSI.fr ni de dupliquer tous ses articles sur ZDnet. GreenSI poursuit sa route et restera une tribune d'échanges libres complétés par une présence sur les réseaux sociaux Twitter, LinkedIn et Facebook.


GreenSI sur ZDnet trouvera sa marque en permettant de donner plus d'ampleur a certains articles qui auront connus le succès (notamment pour son lancement) ou d'attaquer l'actualité avec un autre angle pour la mettre en regard de l'expérience opérationnelle des professionnels de l'informatique. C'est aussi l'occasion de trouver un nouveau public et d'étendre l'influence de GreenSI.


Alors à bientôt sur www.zdnet.fr/blogs/green-si/

vendredi 1 avril 2011

Quand le poisson d'Avril ne nous fait plus rire

Quand le poisson d'Avril ne nous fait plus rire

Cette année il faut vraiment ne pas allumer son ordinateur le 1er Avril pour rater les poissons sur Internet.
On n'en est plus a la ligne modifiée dans un article et qui fait sourire, ni même a un article bidon entier dans un pur délire éditorial. Non, cette année c'est carrément les sites factices qui fleurissent!

Google lance GMail Motion, une nouvelle façon de communiquer avec une vidéo qui fait le buzz (pas loin du million a l'heure ou j'écris) et surtout un site qui imite les lancements de produits de Google, avec une fenêtre de poisson d'Avril qui apparaît (après avoir fait croire à un chargement) quand on clique sur "Try Gmail Motion".


Après ça je vais peut être fermer mes fenêtres quand j'utilise une Kinect, c'est vrai qu'on a l'air bête!

Plus près de chez nous, belle performance de LDLC et de son fondateur Laurent De La Clergerie qui a transformé son site de e-commerce en Le Dieu de La Carpe, avec une promo sur la Carpe graphique et je suis sûr de nombreuses autres Carpes mères en rayons.
A n'en pas douter le poisson d'Avril est devenue une opération commerciale et j'espère que LDLC partagera avec nous l'augmentation ou la baisse de ses ventes de ce 1er Avril.


En ce qui concerne GreenSI et le développement de l'économie numérique, il y a des phrases que l'on ne peut lire* dans la presse que le 1er Avril. Des phrases qui réchauffent le coeur des responsables des SI en entreprises et collectivités locales. Alors mettons nous en plein la tête de ces poissons improbables qu'on aurait aimé voir se réaliser:

Cloud Computing :
  • on a retrouvé toutes les données des 150.000 comptes Gmail effacés par erreur
  • l'ensemble des acteurs du marché unis, dans un même consortium "Cloud Force", vient de signer un accord d'interopérabilité pour protéger les investissements des entreprises
  • une charte d'éthique a été signée pour interdire aux vendeurs de SaaS de démarcher directement les utilisateurs non avertis sans en informer la Direction des Systèmes d'Information
  • la même charte précise que les dits vendeurs aborderont avec leurs clients les clauses de réversibilité
  • une garantie inter-opérateurs et internationale est mise en place pour assurer la sauvegarde et la restitution des données des entreprises après la faillite d'un opérateur
Réseaux Sociaux :
  • Facebook annonce qu'il restitue a tous ses membres ses droits sur leurs données.
  • L'association française des DRH engage une campagne nationale pour sensibiliser ses membres sur l'importance du développement des réseaux sociaux en entreprise
  • les principaux acteurs des RSE mettent en place un standard d'interopérabilité pour l'échange de profils riches et d'activités entre réseaux sociaux, et ainsi éviter une nouvelle tour de Babel
  • les communiquants en congrès à LaBaule ont décidé de ne pas bloquer le développement des réseaux sociaux et de la gestion documentaire en dehors de leur intranet en échange d'une obligation quotidienne de consultation de l'intranet par tous les salariés
OpenData :
  • l'état renonce a valoriser ses données avec un modèle payant et les ouvre gratuitement pour stimuler le développement économique des territoires
  • l'industrie du livre s'engage réellement dans la promotion du livre numérique et renonce a un scenario "Hadopi like"
Pas de doute, ce sont bien des poissons d'Avril et je suis sûr que vous venez d'en trouver de nouveaux au fur et à mesure de leur lecture. Mais tous ces poissons, dès demain matin ils ne nous feront plus rire!
Et pour les nouveaux que vous auriez trouvé, laissez les dans les commentaires...

* annonces inventées bien sûr, a moins que quelqu'un d'autre n'ai eu la même idée