samedi 24 décembre 2011

Blackberry, Microsoft... les choix de l'entreprise dans la tempête des produits grands publics


Article publié initialement sur ZDNet.


RIM n'a pas de chance. Après avoir misé sur un nouvel OS QNX, elle le renomme BBX pour réaffirmer son identité "BB" sur un noyau issu de l'open source et adapté a ses terminaux et là coup de théatre, BBX est une marque déposée d'une société inconnue. Elle est sommée de ne plus l'utiliser!
Dans le même temps après une première annonce de nouveaux terminaux en Août dont le 9900 tactile+clavier, ce qui est une révolution culturelle chez RIM ferme opposant du tactile, les travaux sur Blackberry 10 (ex BBX) patinent et les prochains terminaux ne seront disponibles que vers la fin 2012. Résultat un cours de bourse qui tombe et une société fragilisée que certains disent déjà "morte"... ce qui dans l'industrie technologique veut dire rachetée et absorbée par un autre. 
Pourtant Il ya deux ans, le Blackberry représentaient près de 50% du marché américain des smartphones et aujourd'hui à peine 9%.Qu'est-ce qu'il s'est passé?
Et bien en plus des difficultés de RIM a sortir des produits en phase avec son marché, tout simplement la montée du grand public dans les smartphones. Et quand on veut amortir les coûts fixes de la R&D, du marketing et de la production c'est la quantité qui compte donc le grand public l'emporte sur l'entreprise.

Et donc notre DSI qui a choisi RIM sur:
  • la performance de sa plateforme BES - Blackberry Enterprise Server - de distribution en push des mails (mise à mal par la panne mondiale quand même),
  • sur la sécurité des échanges (un peu chahutée par des pays moins regardant sur la confidentialité des échanges)
  • l'arrivée d'une tablette professionnelle qui bénéficie de la même infrastructure (mais qui ne se vend pas même après une chute du prix à $300)
se retrouve un peu seul à la table du Comité de Direction Générale (quand il y siège) pour justifier ses choix...
Pire, le Directeur Marketing qui lui ne jure que par Apple (et qui malheureusement lit GreenSI sur ZDNet !) lui rappelle que la société est en danger comme en atteste son cours de bourse. 
GreenSI avait déjà signalé le risque de chamboulement de cette industrie dans un billet en Août. Aujourd'hui on constate que les choix du DSI sont pris dans la tempête de la technologie grand public. Car avouez que c'est quand même un comble de devoir choisir un produit moins adapté à l'entreprise parce qu'il marche bien dans le grand public et donc qu'il est plus pérenne!

Malheureusement pur le DSI le cas de RIM n'est pas isolé. Cisco et HP ont aussi du donner un grand coup de frein a leur stratégie grand public après les premiers signes de difficultés à pénettrer de nouveaux marchés.
Pour Cisco c'est l'abandon du Flip, pourtant produit à succès et de toutes les initiatives vers les infrastructures des particuliers. Le marché est là quand on regarde la quantité dé réseau et d’électronique connectée qui envahie les maisons, mais la capture de ce marché n'est pas simple.
HP a fait le même constat, ce qui a valu la tête du DG, avec le marché des tablettes. Exit la PlayBook et son WebOS, ils n'offrent pas de perspectives suffisantes pour perpétuer le modèle d'une société innovante créée juste avant la seconde guerre mondiale.
Aujourd'hui une société qui cherche a développer le grand public et l'entreprise en même temps s'expose au principe des vases communicants qui peut aspirer rapidement les ressources humaines et financières et bientôt l'innovation.

Pour GreenSI il y a une vrai question qui se pose pour Microsoft.Et c'est peut être ce que veut dire la rumeur quand une semaine elle annonce le départ de Steve Balmer, la semaine suivante le retour de Bill Gates. Les attentes autour de Microsoft sont importantes notamment pour l'entreprise et tout le monde est déboussolé.
Si GreenSI en crois les analystes, le renouveau du business modèle de Microsoft très dépendant de Windows et de ses distributeurs (de matériel ou logiciels) passe par la réussite de Windows7 et surtout de la vente de Windows Phones tant l'informatique devient mobile. On met aussi déjà Windows 8 en perspective pour boucher "le trou de son offre", la tablette, élément de plus en plus considéré comme clef à l'avenir.

Mais ces batailles ne sont pas celles qu'attend l'entreprise pour qui l'OS du poste de travail est une commodité qui n'enthousiasme pas la DG. L'échec de Vista étant là pour le rappeler. Là où Microsoft développe une position très stratégique (outre Windows) c'est encore dans le jeu video avec la XBox et la Kinect. Encore deux sujets éloignés des attentes de l'entreprise.
En revanche l'entreprise veut :

  • une pérennité sur ses produits d'infrastructure, 
  • un accompagnement de sa stratégie dans le Cloud, avec Azure mais aussi la bureautique et l'offre progiciel Dynamics
  • et un peu plus d'innovation pour ses produits de collaboration Sharepoint. IBM est même repassé devant avec Lotus Connections 3.0 malgré sa moindre base installée et certains grands comptes dans l'assurance par exemple reviennent sur IBM après un passage chez Microsoft. N'est-ce pas un signe de la perte du leadership?
On commence donc a sentir l’écartèlement stratégique entre ces deux marchés...
Quelle sera la réaction de Microsoft en 2012? Modèle en divisions business comme actuellement ou éclatement en deux entités dont une grand public qui fusionne avec Nokia, Skype et autres emplettes pour le marché grand public. Et coté entreprises peut être se rapprocher plus des grandes SSII (Accenture et CapGemini en ligne de mire?) et du services et un peu moins de son réseau de distribution traditionnel.  
Fabulations de blogueur? Certainement, mais à suivre donc...
Alors cela vaut peut être le coup de profiter de la fin de l'année pour lister vos grands fournisseurs et regarder leur dépendance au marché grand public, non?Et pour reprendre les conseils de Meteo France, il y a un risque de vigilance orange avec peut être de gros nuages à l'horizon...

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