vendredi 8 juillet 2011

Cet été prenez un grand bol d'idées fraîches avec Peter Hinssen

Rencontre passionnante avec Peter Hinssen, auteur de plusieurs livres dont son dernier "The New Normal" que je ne peux m'empêcher de partager avec vous.

Peter a fait de l'évolution de l'informatique son fond de commerce, et pour percer sur ce créneau il faut une caution qu'il a obtenu auprès de McKinsey et la  London Business School, un style décapant qu'il a, et des thèmes de rupture comme la fusion de l'IT et du Business. Un grand bol d'air frais pour quitter notre débat franco-français de Maitrise d'ouvrage versus Maitrise d'œuvre...
D'ailleurs Peter n'est pas français et vit dans ce formidable pays "sans gouvernement" qu'est la Belgique. De quoi faire tomber encore bien des idées reçues.

"The New Normal" c'est l'histoire d'un monde dans lequel le fait que les choses soient digitales sera juste... normal! Avec la digitalisation de nos musiques, livres, échanges,... il arrive un moment où la norme devient le digital. Et à partir de là de nouvelles règles entrent en jeu et des principes qui étaient des évidences deviennent obsolètes

La première règle est la tolérance zéro pour le dysfonctionnement numérique. Les DSI le savent bien. Avant de dématérialiser les factures fournisseurs ont pouvait en perdre dans les boites aux lettres et les bannettes, c'était la vie. Depuis la mise en place de cette nouvelle chaîne de factures dématérialisées par un prestataire que l'on consulte et valide via une application, si on en perd quelques unes parce qu'un fichier n'a pas été chargé, c'est la catastrophe. Dans un monde digital, le stress de la défaillance augmente et la tolérance tend vers zéro.

La seconde c'est les "Good enough technologies": de façon amusante une technologie doit donc impérativement marcher sans faille mais peut être limitée. Ce sont par exemple les versions bétas des Google Apps auxquelles il manque de nombreuses fonctions par rapport aux produits bureautique existants, mais l'atout de leur disponibilité depuis partout fait que les utilisateurs acceptent leur limitation. La qualité à 100% n'est plus la cible si elle permet d'aller plus vite ou de lancer plusieurs projets.


On commence a comprendre que dans ce monde le changement risque d'être rude pour les futurs responsables des systèmes d'informations. On en arrive à basculer de la vision d'un SI conçu pour durer, a un SI conçu pour changer. Paradoxalement ceux qui ont implémenté le plus de changement dans l'entreprise, les DSI, ont parfois des difficultés à changer. Il les met en garde avec trois alertes A, B et C :
  • A pour l'alerte Apple, tout doit être aussi simple qu'Apple
  • B pour Bengalore, peut importe la localisation des services
  • C pour Cloud, car le modèle de service du cloud totalement digital est redoutable
Concernant le Cloud, il le voit à la fois comme une formidable opportunité de transformer le Système d'Information mais aussi la menace de balayer la DSI de la carte de l'entreprise. Jusque là rien de bien nouveau. Ce qui est intéressant c'est qu'il considère que le Cloud est que la résultante de la pression de l'outsourcing qui réduit les coûts combinée a celle de la virtualisation qui permet la flexibilité et les économies d'échelle. Et quand on a dit ça, le Cloud n'est pas un terminus mais un premier état. Ces deux tendances se poursuivront pour un système d'information totalement à la demande et centré sur le réseau. On pourra encore l'appeler Cloud mais il aura un nature différente.

La loi de Moore (la puissance double tous les 18 mois) a permis jusqu'à présent de justifier de changer de système régulièrement sous prétexte qu'il était devenu obsolète. Dans "The New Normal" Peter pense que les métiers ayant suffisamment de puissance, vont demander de réduire les coûts par 2 tous les 18 mois.


La réponse qu'il suggère aux technologistes des départements SI est quadruple:
  • People : les ressources et les compétences sont clefs
  • Governance : mettre l'emphase sur les relations et moins sur les organes
  • Value Driven : utiliser un modèle pour les projets mixan coûts, risques et valeur dégagée. S'appuyer sur la façon de mesurer la valeur par le métier et ne pas réinventer une échelle pour les projets IT
  • Architecture: dans ce monde digital elle devient encore plus clef
Pas de grand scoop mais cela permet de se rappeler ses bases et de ne pas se laisser emporter par le discours des vendeurs de technologies. La technologie est au service de l'entreprise et n'est pas une fin en soi.

Vous trouverez ses deux livres dans ma sélection Amazon a droite de l'article.


Et si vous voulez voir le style décapant de Peter, regardez cette video de présentation de l'évolution de la technologie a un grand groupe que l'on trouve sur Youtube:


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