vendredi 22 avril 2011

La DSI s'amuse avec Karotz (nouveau Nabaztag), un lapin pas si crétin que ça

Depuis plusieurs années il ne fait aucun doute que l'innovation est tirée par le marché grand public. Les entreprises essayent de suivre et parfois de s'adapter. Mais l'adoption des usages du grand public laisse souvent perplexe une entreprise, qui elle, a du mal à changer les habitudes de ses salariés et doit conduire le changement avec des armées de consultants et de méthodes savantes.


Pourtant Mme Michu qui, il y a 3 semaines, a déjà revendu sur ebay son premier iPad pour profiter de la caméra video de l'iPad2, passe maintenant plus de temps sur Facebook que sur Google (dernières statistiques US). Elle a même adopté le Cloud massivement, que se soit pour ses mails, ses photos, pour sa bureautique et même pour ses backup! Tout ça en s'appuyant sur sa force de consulting interne, ses deux ados et surtout son petit dernier qui se demande encore pourquoi on ne peut pas changer de chaîne en appuyant sur l'écran de la TV.
undefined
Et voilà qu'après plusieurs mois de retard le Karotz débarque (le nouveau Nabaztag repris par Mindscape - éditeur de logiciels de jeu). C'est à dire un nouvel objet communiquant relié a Internet qui promet de nous aider dans notre vie de tous les jours.
Alors pour une fois la DSI va essayer de ne pas se faire dépasser par ses utilisateurs. Avant même que le DG ne parle au DSI de cette formidable innovation que lui a montré sa voisine Mme Michu à la réunion de quartier, la DSI se mobilise et va mettre en place une réflexion interne pour identifier les opportunités de cet objet communiquant dans le système d'information. Situation totalement ridicule vous être en train de vous dire. Qu'est que la DSI irait faire à jouer avec un lapin Karotz?


Et pourtant un Karotz c'est sous le capot un microprocesseur ARM sous système d'exploitation Linux avec 256Mo de mémoire flash et 64Mo de RAM. Sans oublier une carte Wifi multi-protocole (WEP, WPA, WPA2), une carte RFID passive (NFC), une webcam basse résolution (dans le nombril !), un haut parleur intégré avec de la reconnaissance vocale et bien sûr un port USB pour être relié à un ordinateur. Le tout mobile car alimenté par batterie avec plein d'accessoires pour l'étendre (dont les fameuses étiquettes RFID - Flatnoz - qu'on peut lui passer sous le nez).
Enlevez la coque en forme de lapin, et cette quincaillerie ne sera pas techniquement ridicule du tout dans votre salle machine ou sur le bureau des collaborateurs de l'entreprise. Karotz c'est aussi un magasin en ligne pour y télécharger des applications qui vont exploiter ces composants permettant la création d'une nouvelle interface homme machine: lecture de RSS, télécommande par iPhone...
Karotz, c'est aussi un produit fortement social. Il a ça dans les gènes car le Nabaztag avait déjà sa communauté de bidouilleurs et de dépanneurs en ligne après l'arrêt du produit par son premier fabriquant. C'est même la vitalité de cette communauté, contribuant au coté positif de la marque Nabaztag, qui a du certainement influencer un repreneur de se pencher sur ce phénonème et d'essayer de le relancer. Le Karotz va donc bien sûr lancer aussi ses communautés en espérant construire une marque plus forte et des revenus récurrents.


Je résume. Un produit de communication, bourré d'informatique et de mémoire, avec une composante sociale forte, ne serait qu'un jouet qui ne passerait pas la porte de l'entreprise? Ne recommençons pas le scénario de l'iPhone! Le DSI doit se préparer à répondre à la question du DG dans l'ascenceur "au fait vous connaissez le Karotz ?"
Et finalement je trouve ce petit lapin très pédagogique et salutaire pour aider les DSI à perdre leur complexe vis-à-vis des métiers et des utilisateurs. Oui, la DSI a le droit d'essayer et d'avoir des idées. Elle n'est pas condamnée a attendre les cahiers des charges. Surtout quand il s'agit de construire l'entreprise numérique de demain.


Et pour en revenir a notre Karotz, la seule raison pour ne pas se presser, c'est qu'il n'a pas tenu ses promesses de délais (annoncé pour fin 2010), son catalogue d'application est encore léger et il n'a pas encore convaincu une communauté de développeurs de se rallier a son panache blanc. Mais si le succès démarre, ne le considérez pas comme un jouet, c'est juste un interface homme machine de plus au service de l'entreprise.

SHARE THIS

1 commentaires: