vendredi 8 avril 2011

CloudForce 2011 met le projecteur sur les tendances incontournables d'évolution des SI

Bienvenue à Cloudforce 2011 Paris, une journée entièrement dédiée à votre succès dans le Cloud !
C'est la première page du guide visiteur remis le 5 Avril au CNIT, a tous les participants de ce salon organisé par Salesforce. Le message est clair, vous n'etes pas venu içi pour chercher une application de force de vente ou de CRM en SaaS, ça c'était l'adolesence de Salesforce. Maintenant, supporté par la vague déferlante du Cloud Computing, et anticipant la vague du Social Computing, Salesforce adulte vous propose de repenser votre informatique!
Et si vous pouviez en douter au Cloud Force 2009, en 2011 il n'y a aucun doute, les partenaires se bousculent pour être partenaires Diamond ou Platinium et l'affluence de la journée a fait qu'on jouait a guichet fermé. Un DSI prévu dans le programme pour présenter son projet dans un atelier, s'est même fait refouler à l'entrée - avant qu'il ne fasse intervenir les organisateurs - car il n'était pas inscrit! 
On pourra toujours ergoter sur le fait que le chiffre d'affaire de $1,8Milliards (annoncé) c'est 3 fois moins que la marge de Microsoft ou que le nouveau concept de Cloud 3 présenté, ça fait quand même un peu marketing, a un moment où les DSI ont déjà du mal à expliquer à leur DG ce qu'est le 2.0.
N’empêche, Marc Benioff, le CEO de Salesforce, est un visionnaire comme on les aime dans l'industrie informatique. Son entreprise a amené ou parfois juste amplifié un changement phénoménal, qui est en train de se vivre dans les systèmes d'informations des entreprises :
  • oui le concept de progiciel mis a jour tous les 4 mois c'est possible. De nouvelles fonctionnalités sont disponibles régulièrement et sont mises en oeuvre sans projet informatique majeur comme on le rencontre souvent avec les ERP. Messieurs les éditeurs, quand on y a goûté, il va être difficile de revenir en arrière, et les grands comptes commencent a y goûter si j'en juge par les retours d'expérience de Schneider Electric, AXA, Natixis ou Lyonnaise des Eaux. 
  • oui le Cloud Computing est un modèle pertinent pour construire le SI. Surtout la partie du système d'information qui traite avec l'externe: les clients, les fournisseurs et les internautes. Quoi de plus naturel que de partager son système d'information avec eux et donc d'en héberger une partie de l'autre coté des murs de sécurité de nos SI tout en maîtrisant l'annuaire et ceux qui s'y connectent.
  • oui la clef est dans l'eco-système et la plateforme rend possible sa création. C'est clairement le message de CloudForce avec ses start-ups et maintenant ses géants du conseil et de l'intégration malgré le fait qu'un projet salesforce c'est 5 fois plus petit qu'un bon projet client serveur. l'eco-système c'est aussi depuis le longtemps celui des applications, avec l'AppExchange qui permet de compléter le produit initial et d'en revendre les droits d'usage a d'autres sociétés. Encore un coup dur pour nos intégrateurs qui revendaient le même projet a plusieurs clients alors que maintenant les clients s'échangent directement les applications entre eux. Ceci n'est possible que parce que tous ces acteurs partagent la même plateforme. Le rêve des services études et développement de ces 20 dernières années s'est réalisé (avant avec le mainframe c'était déjà vrai !)
  • oui les entreprises on le droit de développer du code si elles innovent. D'abord parce que l'entreprise est aussi un acteur de l'eco-système et surtout parce que Salesforce met a leur disposition cette capacité de développer et compléter le produit standard. Soit via Force.com l'atelier de Saleforce, soit VMforce une sorte de cloud d'entreprise (via un partenariat avec VMware) pour faire tourner du code Java. Car n'oublions pas que les entreprises ont besoin de se différencier et pour cela elles innovent, et parfois avec du logiciel.
  • oui les applications de nos SI vont devoir se "socialiser". Salesforce ouvre la voie avec Chatter, mais d'autres acteurs comme SeeMy ou Tibco avec Tibrr, se positionnent aussi sur l'intégration des diverses "activités" produites par nos ERP, comme une demande de facture a valider, ou une notification d'attribution d'un marché. Nos applications vont générer des messages qui seront repris, échangés et commentés par les équipes pour fluidifier les processus. La seconde étape sera la connexion de ces réseaux internes de l'entreprise, aux réseaux sociaux sur Internet. Et là encore Salesforce prend une longueur d'avance avec l'acquisition de Radian6, éditeur spécialisé dans la supervision et l'interaction avec les réseaux sociaux, ou la participation dans Seesmic un client multi-réseaux. Tout en faisant attention a ne pas confondre le "Social CRM et le réseau social commercial"
  • oui c'est la fin des applications mono-terminal et du concept de multicanal. C'est la fin de l'application qui marche sur PC 15" et qu'il faut réécrire avec des PC 21", un smartphone ou une tablette tactile. La démonstration de Salesforce, d'un service client qui engage la relation directement sur le web avec un client utilisant une application videoconference (FaceTime), est bluffante. Chaque terminal est devenu lui même multi-canal, puisque la simple tablette peut à la fois téléphoner, envoyer un email, lire une video sur une chaîne Youtube, poster dans Facebook et le retweeter sur twitter. Et bien sûr tout cela en même temps... surtout chez les ados. Le concept de multi-canal pensé par le CRM il a 10 ans a vécu, bienvenue dans "l'hyper-canal".
Reconnaissons que le chemin parcouru depuis 2004 (la première cotation en Bourse de l'action Salesforce), est impressionnant. Mais  Salesforce est dans un marché dynamique qui apprend vite.


Marc, je me méfierai quand même de « l'obsolescence de Lotus Notes, dont la conception remonte à avant la naissance de Mark Zuckerberg », comme tu nous le clames en introduction de ton show. J'ai aussi cru comprendre que Domino arrivait dans le Cloud, qu'il détenait toujours le coeur de l'entreprise (ses emails !), qu'il devenait social avec le Social Business, et qu'on pouvait même le compléter et y développer en Java des interfaces modernes. Et ton concurrent CRM de l'open source, SugarCRM, en conférence en même temps que toi, vient d'annoncer le rachat d'iExtensions, une société spécialisée dans l'intégration avec Lotus Notes et surtout son Cloud Lotus Live.

Attention quand même a Microsoft "accroché à Windows" comme tu le dit, et qui a peut être entendu ton message car il annonce le 8 Avril que 90% de son investissement R&D annuel, égal a 4 fois le chiffre d'affaire de Salesforce, va être investi dans le Cloud.

Je prendrai aussi garde de l'autre Mark, Zuckerberg, le CEO de Facebook, car un jour il pourrait réaliser qu'il détient la base client de la planète et qu'il devient donc de facto LE système de CRM des entreprises si il sait leur offrir les fonctionnalités qu'elles attendent pour booster leur ventes. Et ce jour le modèle par abonnement tant vanté deviendra une épée de Damoclès avec l'arrêt des paiements. D'ailleurs, il pourrait même profiter de sa valorisation de 500M€ pour racheter Salesforce valorisé à 17M€.


Enfin je surveillerai de près Apple qui a aussi une brique d'échange d'applications dans le Cloud, iTunes, et une marque en forme de pomme, a faire dire oui au plus récalcitrant des DSI, quand il s'agit d'équiper sa DG en iPad. Et d'ailleurs si un jour par malheur Apple doit chercher un autre CEO visionnaire, mon petit doigt me dit que les chasseurs de tête vont se souvenir du numéro de téléphone du siège de San Francisco.


L'avenir est toujours incertain mais une chose me semble sûre en sortant du CNIT, le futur du SI est en train de s'emballer et les retardataires auront du mal a prendre le train.

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4 commentaires: