samedi 12 février 2011

Evolution du SI: Partagez une vision avec la DG et cherchez la rupture

La bonne gouvernance informatique demande d’aligner la stratégie du système d’information sur la stratégie métier de l’entreprise. Pour cela, un éclairage de la « vision » du SI à 5 ans partagée avec les métiers me semble être la façon la plus simple de démarrer ce dialogue "métier-SI" avant d'engager des plans moyen terme contraignants et parfois engageant. Et surtout elle permet de bien différencier la cible que l'on vise à moyen terme pour supporter le métier, du moyen ou de la trajectoire pour y arriver. Nombre d'éditeurs et d'intégrateurs préfèrent l'inverse, c'est à dire le raccourci par la trajectoire qui impose leur vision cible, afin de sécuriser leur business et enfermer l'entreprise dans leur échoppe. C'est de bonne guerre mais ne soyons pas trop naïf sur leur motivations.
L'autre avantage d'une telle vision cible, est de la rendre tangible pour des directeurs qui sont peu habitués a parler informatique, à part avec leur fils ou leur fille qui ont créé un compte Facebook et qui leur explique que tout le reste c'est du détail (#blues_du_dsi)


Le cycle de diffusion des technologies s’est fortement accéléré depuis le téléphone ou la télévision. Il ne faut plus que 7 à 10 ans pour qu'une technologie devienne un standard mondial (ou termine dans le cimetière des dinosaures) et une entreprise dispose de moins de 3 ans pour gagner un avantage concurrentiel avec une nouvelle technologie.

Dans ce monde ou les ruptures technologiques arrivent rapidement, il faut donc pouvoir les intégrer dans la réflexion métier le plus tôt possible. Et c'est l'intérêt d'un tel exercice de vision avec une direction générale ou fonctionnelle.


Mais attention a bien ajuster l'effort souhaité : quatre types de sources d’informations alimentent la réflexion pour dégager une vision à 5ans. Deux sont liées au métier (la stratégie, l’appréciation des processus actuels) et deux sont liées à l’informatique (la technologie disponible, l’appréciation du SI actuel). 
Une autre façon de les aborder est de considérer celles qui vont faciliter la transformation (la stratégie, la technologie) et celles liées à l’amélioration de l'existant (les processus, le SI actuel). C’est ce que résume la matrice ci-dessous
.

En fonction du poids accordé à chaque type de source d’information, et du temps passé dans la démarche à exploiter cette source, la vision résultante et fédératrice permettra de dégager «une rupture» et d’entamer une transformation du SI et du métier, ou au contraire sera plus orientée sur l’amélioration opérationnelle et continue.


Aujourd'hui la rupture doit clairement être recherchée. Pour cela, l’idée est d’attribuer un poids plus faible à l’analyse des processus et du SI actuel et de passer plus de temps à identifier comment exploiter les ruptures technologiques et la stratégie métier. Et comme dans les réunions le quotidien et le micro-détail reviennent très vite sur le devant de la scène, il est recommandé de ne prendre en compte que ce qui est vraiment discriminant dans l’analyse du SI et des processus. Sinon, on a de grande chance de se retrouver in fine avec au mieux une vision d’amélioration opérationnelle ou continue, qui sera obsolète avant d'avoir été mise en œuvre.

Si on a un objectif de rupture, il est donc important de l’afficher et de le partager avec tous les acteurs dès le début de l’exercice. 

En ce qui concerne les ruptures à exploiter en 2011, il y en plein les archives de www.GreenSi.fr, et avec un peu d'imagination appliquée à son métier, on peut en imaginer beaucoup d'autres.
Si je ne devais n'en retenir que que cinq génériques qui concernent l'informatique:
  • L'innovation technologique est de plus en plus à l'extérieur à l'entreprise et est financée en majorité par le grand public via du capital risque
  • Nous quittons le monde de l'email pour aller vers des outils collaboratifs évolués, complémentaires et multi-canaux, qui transformeront les applications de l'entreprise
  • La numérisation de tous les actes de gestion se poursuit et transforme les processus et les modes d'organisations, développe l'intelligence via l'analyse des données, créant l'entreprise et la ville numérique de demain
  • Les applications fermées installées sur des infrastructures hétérogènes propriétaires et interfacées entres elles laissent la place a des infrastructures virtualisées en clouds privés, décloisonnées, délivrant des services et interopérables avec les services du cloud public
  • Le poste de travail n'existe plus, cela fait belle lurette qu'il ne sert plus qu'a travailler, et qu'il se transforme en environnement de ressources, publiques ou privées, personnelles ou professionnelles, accessibles depuis n'importe quel terminal

Alors profitez de 2011 et de l'élan donné aux études en début d'année, pour dégager la vision de votre SI qui fera progresser votre entreprise ou collectivité.

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4 commentaires: