vendredi 26 novembre 2010

L'intranet est mort, vive l'intranet!

L'intranet est mort, vive l'intranet!

La tendance d'évolution des intranets ces 5 dernières années est l'ajout de services pour rendre le salarié plus efficace, lui rendre service justement.

Sur le plan de la gouvernance, la Direction de la Communication a laissé droit au chapitre à d'autres Directions Fonctionnelles, dont la DSI pour l'intégration au poste de travail et aux applications, et la DRH pour les services pratiques de gestion des congés par exemple. Dans des entreprises en réseau, la Direction de la Communication s'est aussi organisée avec un réseau de correspondants locaux pour apporter une information plus locale, plus proche des salariés.


Ainsi la collaboration entre Directions s'est donc organisée pour rendre cohérente et enrichissante l'expérience utilisateur. Un utilisateur cependant encore cantonné à un rôle individueld'autres ont pensé pour lui son plaisir et son efficacité, sur un poste de travail vissé à son bureau.
Et pourtant ce même utilisateur rentré chez lui, est amené a produire du contenu lui même et non plus uniquement le lire (blogs, commentaires...), a activer son réseau pour échanger et s'informer (réseaux sociaux, fils d'information,...). D'ailleurs avant d'arriver chez lui, il avait déjà commencé cette recherche d'information via son téléphone portable ou smartphone. Paradox, non ?


Ne nous y trompons pas, l'intranet centré sur l'information et les services transactionnels unilatéraux ne se développera plus. Les salariés y prennent ce qu'ils doivent y prendre et puis c'est tout. D'ailleurs des responsables intranet vous confirmeront que le trafic sur leur intranet stagne. Il peuvent le monter un peu en accélérant la cadence d'information et en faisant des animations, mais cela retombe une fois l'opération "Saint Valentin" ou "Journée du Développement Durable" terminée.
Mon message aux DSI est donc d'être vigilant avec des projets de refonte d'intranet qui n'amèneraient pas une avancée par rapport aux nouvelles attentes des salariés. Investissement pour repeindre et relooker un local qui n'aura pas plus de valeur à la fin et dont un ROI nul. Car cette nouvelle attente est simple: je veux être au centre du nouvel intranet, et pas par procuration !


A coté de cet intranet traditionnel qui stagne, deux domaines se développent rapidement en terme de trafic, quand les entreprises cherchent à les mettre en place :
  • les réseaux sociaux,
  • la gestion documentaire collaborative (tags, wiki, ...)
Et bien c'est facile alors, il suffit d'ajouter sur ma plateforme intranet des fonctions de réseaux sociaux et de gestion documentaire. Ça tombe bien car mon éditeur me tanne pour changer de version et justement c'est ce qu'il a ajouté. En plus la Direction de la Communication trouverait bien de pouvoir commenter les news, ça va créer un super réseau social... Stop!


Une communauté partage le même intérêt du bien commun. De lire ensemble le même article peut nous rapprocher temporairement, mais ne sera certainement pas une communauté d'intérêts. Encore moins de pratiques.
Enfin la collaboration de demain se fera avec les clients et les partenaires. Quelle idée saugrenue de vouloir mettre les communautés et la gestion documentaire collaborative dans le cœur de l'INTRAnet, là où elle est inaccessible de l'extérieur a cause de la sécurité, et non dans un extranet.

Coté logiciel, l'ergonomie pour retrouver des documents et les partager est radicalement différente d'une ergonomie pour échanger, entrer en relation et échanger des idées. Les études sur les logiciels de collaboration faites par Useo montrent qu'il n'y a pas de logiciel leader sur tous les domaines et chacun a ses avantages et ses inconvénients.


Si vous devez refondre votre intranet, développez vos communautés ("des vrais") y compris avec des réseaux externes, développez votre gestion documentaire collaborative, y compris avec vos partenaires externes, puis unifiez et sécurisez le tout pour vos salariés avec votre intranet actuel. Utilisez pour cela des mécanismes simples de syndications comme les flux RSS simples ou sécurisés ou tout autre "liant" permettant un couplage faible.

Et ma page portail alors ? Et bien l'utilisateur choisira lui même son point d'accès privilégié en fonction de son métier et pourra depuis ce point (cette page), suivre ce qui se passe ailleurs, y compris sur les communautés et sites externes. L'intranet de demain sera ubiquitaire et moins centré sur un portail unique. Est-ce qu'on a tous la même page d'accueil pour aller sur Internet ? Alors pourquoi l'imposer en entreprise cela peut nuire a mon efficacité ?


Choisissez les logiciels leaders dans chaque domaine pour bénéficier de leur rythme d'innovation continu et ajoutez les à votre CMS (Content Management System) qui sert a votre intranet actuel, il fera bien encore l'affaire. Enfin, la création de contenu étant devenue décentralisée, elle sera accessible en mobilité comme la consultation des principaux contenus.

En résumé pour votre feuille de route gardez en tête que l'intranet de demain c'est 3 fonctions à l'ergonomie différentes (CMS, Doc2.0, RSE), unifiées par des flux RSS et avec la puissance de la Mobilité, que je résume en une formule qui plaira aux matheux j'espère :



vendredi 19 novembre 2010

Cloud privé: étape indispensable ou concept marketing ?

Cloud privé: étape indispensable ou concept marketing ?

Il ne se passe pas de semaine, comme me le faisait remarquer Bertrand Duperrin sur Twitter, sans que l'on ne parle ou annonce de nouvelles offres collaboratives en « Cloud privé ». Est-ce une tendance de fond, ou encore un concept marketing qui va nous amener "au bord Grand Canyon" sans autre possibilité d'évolution que le retour arrière ou la mort assurée de nos investissements (voir onglet Carte pour les nouveaux sur GreenSI) ?

Le Cloud computing, c'est la capacité à acheter ou mettre son informatique — logiciels, environnements, plateformes — « dans les nuages », traduire sur Internet accessible avec un navigateur, donc hors de l'entreprise et surtout derrière le sacrosaint « pare-feu». Celui qui a guidé nos démarches de sécurisation et de construction de nos infrastructures réseau, surtout depuis le développement du fameux Internet. Après tout l'entreprise physique à ses propres locaux avec son gardien au portail et ses hôtesses à l'accueil, pourquoi aller inventer un autre modèle pour l'entreprise numérique ?

Les avantages du Cloud computing sont principalement liés à la virtualisation (indépendance de la machine physique) et à la mutualisation :




  • L’abstraction sur la localisation (« les nuages »)
  • L’utilisation de ressources partagées et d’architectures « multitenant » (colocatives)
  • L’élasticité des ressources pour s'adapter aux besoins
  • Ce qui permet le paiement à la demande et le passage de coûts fixes en coûts variables
  • Et tout ceci résulte généralement en un meilleur « time to market»

  • Il y a bien sûr des inconvénients, du moins des points de vigilance, dans ce monde qui se décrit presque parfait. Je citerais :
    Le Cloud privé c'est la capacité pour une entreprise, a mettre en place "en interne" sur une infrastructure a construire, les offres normalement disponibles en Cloud computing. Les éditeurs qui peinent à faire basculer certaines entreprises dans le Cloud, utilisent cet argumentaire en fin de réunion dans un style très fast-food, et vous demandent si c'est pour consommer sur place (Cloud) ou emporter (Cloud privé).



  • Le prestataire et son infrastructure dont on dépend (contrats, SLA)
  • La réversibilité de cette décision, sujet que l'on connait bien avec la vague précédente d'outsourcing dans les DSI 
  • Les coûts sur le long terme, car il y a un acteur de plus à nourrir
  • Et enfin la sécurité, notamment des données sensibles

  •  
    Franchement, à première vue, c'est faire ce que l'entreprise fait depuis toujours c'est-à-dire réinstaller son gardien et ses hôtesses à l'accueil du SI et assurer les investissements et les coûts fixes.
    Certains trouveront que Cloud privé est un néologisme. On n’a rien inventé, au contraire on a peut être détruit de la valeur car les économies d'échelles "tout seul" ne sont accessibles qu'au très grandes entreprises. Cela sent donc l'impasse a plein nez par rapport au Cloud computing industriel a destination des entreprises.
     
    Cependant en y regardant à deux fois on peut quand même trouver des bénéfices au Cloud privé :
    • La sécurité : une des règles en la matière est d'en maîtriser toute la chaine et il est vrai que l'insertion d'un prestataire qui a lui même ses sous-traitants dans la chaîne, n'est pas le moyen le plus direct pour y arriver. Pour des entreprises soumises aux règles « SOX», cela reviendrait à demander aux prestataires de se conformer aux contrôles prévus par les règles internes ou à brandir un niveau de certification comme SAS70 réservé aux meilleurs. Le Cloud privé permet de remettre sous contrôle cette dimension uniquement prévue dans les contrats avec le Cloud computing (et encore les meilleurs).
    • La localisation: les nuages c'est bien, mais pour remplir une déclaration qui demande la localisation des données personnelles ou bancaires, voire qui peut impacter la juridiction en cas de recours, de la maîtriser c'est mieux. Le Cloud privé permet de maitriser la localisation des données.
    • La conduite des changements: à supposer que le Cloud soit LE modèle informatique d'avenir, on ne va faire évoluer les mentalités du jour au lendemain. Cetaines entreprise ont aussi investi dans de l'infrastructure qui n'est pas encore amortie et que l'on ne va pas arrêter.
      Le Cloud privé permet donc aux DSI (et aussi aux intégrateurs) de « se faire la main» sur le chemin du Graal et de rendre progressive une bascule d'infrastructure.
      De plus toutes les offres annoncées en Cloud, ne sont pas encore professionnelles en terme de qualité de service, certaines n'étant d’ailleurs que du simple hébergement dédié sur serveur mutualisé dans le meilleur des cas (exemple comme beaucoup d'autres, One2team qui annonce du collaboratif en SaaS sur sa page d'accueil et offre en réalité un serveur dédié avec un paramétrage par ses équipes à la limite du développement spécifique). Dans le cas d'une "mauvaise offre Cloud" le Cloud privé devient clairement une alternative incontournable surtout en terme de sécurité, de connexion aux annuaires et de contrôle des accès.
    Donc le Cloud privé est finalement une première étape qui peut donner du temps au temps, pour que l'écosystème du Cloud computing se mette en place, et ce faisant en accélérant son développement. Après tout, Amazon a bien construit son offre "PaaS" (plateforme as a service) en mettant a disposition la surcapacité de ses propres datacenters et donc a commencé a construire un Cloud privé avant de revendre...

    Mais attention de bien construire votre Cloud privé en pensant a vos clients, fournisseurs et partenaires qui utilisent votre SI, donc sans trop l'enfouir dans une infrastructure fermée, car votre Cloud privé est le SI de votre entreprise numérique. La tendance étant a l'augmentation des liens et relations électroniques avec tous ces partenaires, comme pour le "social CRM" qui va demander une intégration temps réel avec les réseaux sociaux par exemple.

    22/11/2010 - COMPLEMENT - Baromètre IDC sur la perception du Cloud computing en entreprises. Il donne une pondération assez en phase avec les idées (vécues en DSI) développées dans ce post

    Télécharger le Second baromètre IDC

    jeudi 11 novembre 2010

    OpenData, tendance de fond pour les SI des collectivités ?

    OpenData, tendance de fond pour les SI des collectivités ?

    Ce qui émerge comme une tendance forte pour les SI gouvernementaux et des collectivités locales est l’Open Data. Un « forum européen sur l'open data» se tiendra d'ailleurs en France à Rennes, ville pionnière pour l'initiation de ce mouvement, le 29 novembre (plaquette). Mais Bordeaux, Montpellier et Paris pour ne citer qu'elles ont aussi des projets, démontrant le dynamisme de la France sur ce sujet suite à la politique européenne datant de 2005.

    Mais de quoi parle-t-on ? L'open data est le terme utilisé quand l’Etat à la volonté d’ouvrir au public les données de l’administration ; et de passer d’une logique où le gouvernement protège ses données à une logique de diffusion massive. Ce mouvement a été initié dans des pays anglo-saxons : Australie, États-Unis (http://www.data.gov/), et Royaume Unis quand James Cameron a ouvert un portail après son élection (http://data.gov.uk/).
    Le site de Rennes Metropole étant : http://www.data.rennes-metropole.fr/
    Ces portails permettent d'accéder à des milliers de données publiques sous diverses formes, du simple pdf ou tableur en passant par des services (c'est la cible) intégrables dans d'autres SI par le biais d'API. Et dans ce cas là accès à des données temps réels!

    Car l'enjeu pour la collectivité ou l'Etat est de créer de la valeur, et pour cela trouver ceux qui sont mieux placés pour le faire et les inciter à développer cette valeur (parfois avec un appel a projet ou un concours). Généralement on pense à des start-ups qui vont développer des services innovants qu'ils sauront valoriser:
    • les données des stations de vélo Star de Rennes, exploitées par d'autres pour faire des applications de réalité virtuelle 

    • les données des transports en commun
    • les données géolocalisées de la ville, utilisée par l'application "Vivre à Rennes" sur iPhone
    • ...
    Une normalisation des interfaces de programmation est en cours c'est l'Open311. Le déploiement de capteurs dans la ville par les différents opérateurs (pollution, circulation, énergie, eau...) multiplie de façon exponentielle les données qui peuvent être partagées en temps réel.Aujourd'hui on en est encore au stade des premiers projets. Le modèle économique de l'ensemble n'est pas encore démontré une fois passé les premières subventions et récompenses de projets. L'émergence d'une nouvelle citoyenneté demandant plus de services citoyens est certes mise en avant, mais l'Internet a montré que les services payants étaient difficiles à vendre.

    D'autre part, tout en appréciant les efforts de l'Administration pour se moderniser, comme la mise en oeuvre de service-public.fr par exemple, l'État français est rarement le plus rapide à déployer les nouvelles technologies. La période électorale qui démarre n'est pas non plus propice à de grands projets sur le plan national.

    Les collectivités locales seront donc certainement plus dynamiques que l'État, mais je pense que seules les grandes villes auront les moyens matériels et financiers pour s'engouffrer dans cette voie. C'est pourquoi sur la période 2011-2015 je parlerai plus d'une tendance « Open City Data" qui ne concernera certainement pas plus de 10-15 villes (en tant que citoyen je ne demande qu'a me tromper, mais je ne me fais pas trop d'illusions !)

    Enfin en d'ici 2015 la majorité de l'internet se consommera via des terminaux mobiles, téléphones et autres terminaux connectés. "Vivre sa mobilité" sera donc certainement un axe majeur de développement des services puisant les données dans les réservoirs de l'open data local. Encore une raison qui milite pour les collectivités locales par rapport aux grandes administrations.

    Cette tendance va demander aux systèmes d'information de ces grandes collectivités de s'ouvrir, de traiter des millions de données et d'aborder le temps réel. Mais c'est une rare occasion de structurer leurs systèmes "de production" souvent éclipsés par les systèmes de gestion. Pour cela elles pourront s'inspirer des SI d'entreprises déjà habituées à traiter l'information comme un flux et à gérer l'ensemble de ces sources en réseaux. Car si le SI d'une grande collectivité se met à "cahoter", ce sera tout l'écosystème qui aura été créé qui ne sera plus irrigué.

    Donc finalement pour y aller, je pense qu'il faut effectivement une vraie volonté politique, car une fois la démarche engagée il sera difficile de revenir en arrière.


    Des liens vers les premières bases : 
    • http://www.data-publica.com/
    • http://www.nosdonnees.fr/

    vendredi 5 novembre 2010

    iPad, objets de rupture dont devraient se soucier les DSI

    iPad, objets de rupture dont devraient se soucier les DSI

    A deux jours du Symposium Gartner a Cannes, de nombreuses discussions se déroulent sur les réseaux sociaux pour parler du rôle de perturbateur de l'iPad, alors que le cabinet d'analystes se prépare a conseiller aux DG de s'y intéresser maintenant... même contre l'avis de son DSI!


    Gartner recommande en effet que son potentiel soit évalué sérieusement et qu'il ne soit pas relégué au rang de "dernier des gadgets à la mode" par les filières technologiques de l'entreprise. 


    Pour Greensi, l'iPad d'Apple et son écosystème, sont clairement des éléments de ruptures et avaient déjà fait l'objet d'un post en Aout (iPad strategy, pourquoi les si des entreprises sont concernés). Au delà de la machine, l'iPad est le révélateur de la révolution des interfaces d'accès au système d'information: le tactile, la 3D, la réalité augmentée, et la communication machine à machine (M2M) 


    Mais cette rupture sera très profonde dans l'entreprise et touchera bien sûr le marketing et la R&D, qui devraient chercher à comprendre les implications du développement de cet "ovni" et de ses concurrents (RIM, Samsung, Dell, HP...), sur le business modèle de l'entreprise, sur les opportunités offertes la possibilité d'être les premiers de leur industrie à en exploiter une caractéristique.


    L'iPad n'est pas un remplaçant des portables, même si il est maintenant avéré que son arrivée a fait chuter les ventes des notebook puis maintenant des portables. C'est d'ailleurs une menaces sur l'empire Windows, prise certainement très au sérieux par Microsoft.



    L'iPad est un dispositif complémentaire adapté a des environnements et des situations où la technologie doit se faire petite, voire être esthétique (banque d'affaire, avocats, ventes, magazines haut de gamme, hôtels, classe affaire, ...). L'enquête sur ses usages publiée par Fullsix, montre une utilisation en France de 2h par jour 
    en 10 fois. Un temps pris essentiellement sur l’ordinateur, la presse papier et la télévision.


    Et si vous doutez encore de l'effet imprévisible de l'iPad, que pensez vous des sociétés de marketing aux Etats Unis qui ont utilisé des iPad dès cet été, pour des enquêtes dans la rue, et qui ont multiplié le taux de personnes répondant grâce à l'attrait de la machine...

    Les DSI doivent donc s'en préoccuper pour comprendre cette révolution, et sans jeu de mot, pour la toucher du doigt.



    Pour cela plusieurs approches peuvent être retenues allant de quelques utilisateurs pilotes, a la mise à disposition de certaines applications, pour les agents ou les clients, sur cette plateforme. On peut même imaginer des salariés sont prêt a payer leur iPad eux même pour avoir le droit de l'utiliser en entreprise!
    A l'image des iPhones personnels complémentaires aux téléphones fournis pas l'entreprise qui se rencontrent de plus en plus (nb: un iPad Wifi sans abonnement coûte beaucoup moins cher qu'un iPhone souscrit sur 2ans)

    Gartner conseille aux PDG d'agir plus tôt, que tard. Alors au DSI de saisir la balle au bon. C'est d'ailleurs l'époque des budgets 2011. Je pense que celui-ci ne sera pas ensuite coupé par votre DG!