jeudi 26 août 2010

L'IT au coeur du développement durable : Green IT et IT for Green

Le thème "green IT" utilisé pour parler d'une approche environnementale pour les infrastructures informatiques a inspiré le nom de ce blog qui l'a "généralisé". L'approche des systèmes d'information (SI), et pas uniquement de l'infrastructure (IT), n'est pas toujours "durable" comme le serait une évolution en transition douce et sans rupture inévitable ou non anticipée. D'où le nom "Green SI".
Mais revenons avec ce post aux infrastructures IT, des entreprises mais aussi des particuliers, puisque n'oublions pas que quand une entreprise lance un site web elle incite les particuliers à acheter un ordinateur ou un smart phone pour y accéder (même si c'est souvent l'inverse qui se passe !)

Premier constat : l’informatique génère une quantité importante de déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) toxiques chaque année (50 millions de tonnes au niveau mondial en 2010, 75 millions de tonnes en 2014 - source Wikipedia).
En France, cela représente plus de 14 kg de déchets par an et par habitant, dont moins de 30% sont collectés et recyclés

Second constat :
 l'informatique au sens large consomme une quantité importante d'énergie électrique. Par conséquent les enjeux financiers de l'informatique verte sont très importants. Les acteurs économiques du secteur déploient d'ailleurs d'importants efforts de communication sur le thème de l'efficacité énergétique de leurs équipements : 

  1. Les NTIC consomment 13,5% de l'électricité en France. Elles sont responsables de 5% des émissions de CO2 de la France.
  2. La consommation électrique des micro-ordinateurs augmente de 5% tous les ans. La facture électrique des ordinateurs (sur leur durée de vie) est désormais supérieure au coût d’achat 
  3. En 2012 la consommation d'énergie des serveurs et datacenters aux Etats-Unis atteindra plus de 100 milliards de kWh pour un coût annuel de 7,4M$.
  4. En 2020 les infrastructures informatiques produiront indirectement plus de gaz à effet de serre que tous les avions de ligne combinés.
  5. La consommation des centres d'exploitation a augmentée de 13% en 2007 
  6. L’électricité représente 10% du budget des DSI (pas toujours identifiée dans les budgets)
Troisième constat : les infrastructures IT sont sous-utilisées. Certains chiffres donnent comme taux d'utilisation moyenne d'un serveur en moyenne autour de 6% (pour 30% des machines installées, moins de 3%). Le taux d'utilisation d'un centre d'exploitation, plus industrialisé, serait 56% de son potentiel.

Le tableau global n'est donc pas brillant : une infrastructure sous-exploitée, a faible durée de vie, qui génère des déchets électroniques et consomme beaucoup pendant sa durée de vie !

Il semble clair que les Directions des Systèmes d'Information ne peuvent pas se croiser les bras. Surtout dans des secteurs comme celui de l'environnement ou celui des collectivités locales, qui mettent souvent en avant une approche très "citoyenne".
Les chiffres et les données environnementales de l'informatique comme la consommation énergétique, les coûts d'énergie, les taux d'utilisation, la durée de vie... ne peuvent rester inexploités dans les décisions. La performance technique ne peut être le seul critère de choix et d'orientation des stratégies informatiques.

Dans mes échanges avec d'autres entreprises, deux domaines d'actions semblent être privilégiés par les DSI dans les plans court et moyen terme (ou peut être pour certains prennent de la visibilité sous cette étiquette et non sous une étiquette "technique" d'évolution de l'infrastructure). Quelques idées d'action dans chaque domaine :

GREEN IT : se pencher sur l'impact environnemental de l'informatique
  • les datacenters : localisation (la France produit une électricité qui dégage moins de gaz à effet de serre), compensation des émissions comme dans l'aérien, mutualisation pour une meilleure utilisation (virtualisation, Cloud computing)
  • la politique de gestion des déchets numériques : aller au delà de l'application de la Loi (recyclage, critère d'achat des équipements)
  • la gestion de Impression : réduire les moyens d'impression individuels, recyclage des cartouches
IT FOR GREEN : comment utiliser l'informatique pour réduire l'impact environnemental de l'entreprise
  • collaboration : réduire les déplacements (video-conférence, messagerie instantanée)
  • numérisation : accompagner l'entreprise dans la dématérialisation de tous ses flux (factures, bons de travaux, documents, ...)
  • accès au SI à distance de façon sécurisée :
  • application métier d'optimisation des déplacements, de suivi et de maîtrise énergétique, de gestion des données environnementales
NB : Le Gartner a publié son "Hype Cycle on sustainibility and green IT" pour ceux qui voudraient explorer toutes les pistes.

A ces deux axes j'ajouterai bien GREEN SI, pour éviter d'engager des moyens démesurés dans des directions fortement impactées par des ruptures a venir, qui provoqueront un vieillissement accéléré d'une partie de l'infrastructure mais aussi des applications. Et oui, chaque jour.homme investi dans la mauvaise direction a aussi un coût environnemental élevé !

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